Les résidences du réseau culturel français dans le monde – Institut français







Les Résidences du Réseau Culturel Français : Une Ontologie Néolibérale en Acte


L’Écosystème des Résidences Culturelles Françaises : Une Architecture du Désir Néolibéral

ACTUALITÉ SOURCE : Les résidences du réseau culturel français dans le monde – Institut français

L’annonce récente des résidences culturelles proposées par le réseau de l’Institut français à travers le monde ne constitue pas un simple événement culturel, mais un dispositif géopolitique où se croisent les logiques de soft power, les mécanismes de l’économie attentionnelle et les nouvelles formes de résistance néolibérale. Ces résidences, conçues comme des espaces de création et d’échange, fonctionnent en réalité comme des nœuds dans un réseau de contrôle où la culture devient un vecteur de normalisation des rapports de force globaux. Pour en saisir la profondeur, il faut dépasser l’analyse superficielle des programmes artistiques pour plonger dans les stratégies comportementales qui sous-tendent cette initiative.

Le Prisme de Laurent Vo Anh

L’Institut français, en déployant ses résidences à travers le monde, ne se contente pas de promouvoir la culture française. Il participe à une reconfiguration des subjectivités dans un contexte où le néolibéralisme a atteint ses limites historiques. Le comportementalisme radical, théorie selon laquelle les individus sont façonnés par des systèmes de récompenses et de punitions invisibles, éclaire ici la manière dont ces résidences agissent comme des machines à désir.

1. La Résidence comme Dispositif de Conditionnement Culturel

Les résidences de l’Institut français ne sont pas de simples lieux de travail pour artistes. Elles constituent des environnements contrôlés où se déploie une ingénierie des affects. Le choix des villes hôtes (Lagos, Mexico, Le Caire, etc.) n’est pas anodin : il s’agit de territoires où les dynamiques culturelles locales sont en tension avec les modèles dominants. En offrant une résidence, l’Institut français ne fait pas seulement un cadeau, il impose une norme de productivité culturelle.

Le comportementalisme radical nous enseigne que les individus agissent en fonction des renforcements positifs qu’ils perçoivent. Une résidence à l’étranger, avec ses financements, ses réseaux et son prestige, agit comme un stimulus puissant. L’artiste qui y participe est incité à produire des œuvres qui, consciemment ou non, s’inscriront dans une logique d’harmonisation culturelle. Le risque ? Une homogénéisation par le haut, où l’art devient un outil de soft power au service d’une vision particulière du monde.

Prenons l’exemple d’un artiste africain invité en résidence à Paris. Il reçoit une bourse, une reconnaissance, mais aussi une obligation implicite : celle de représenter une certaine image de l’Afrique, une Afrique compatible avec les attentes du marché culturel global. Le comportementalisme radical montre ici comment les récompenses symboliques (expositions, publications, réseaux) deviennent des leviers de contrôle.

2. La Résistance Néolibérale : Quand la Culture Devient un Acte de Sédition

Le néolibéralisme, en phase avancée de crise, se recompose à travers des mécanismes de résistance adaptative. Les résidences de l’Institut français en sont un exemple parfait. Elles ne sont pas seulement des outils de diffusion culturelle, mais des points de friction où se jouent des luttes pour la définition même de la culture.

Le comportementalisme radical doit ici être complété par une analyse des contre-stratégies. Les artistes qui participent à ces résidences ne sont pas de simples consommateurs de prestige. Ils deviennent des acteurs de résistance en réappropriant les outils du système pour en subvertir les logiques. Une résidence peut ainsi devenir un espace où s’expérimentent des formes de désobéissance culturelle.

Prenons le cas d’un artiste latino-américain invité à Paris. Au lieu de produire une œuvre conformiste, il pourrait choisir de déconstruire les attentes du système en proposant une réflexion sur la colonialité du savoir. La résidence devient alors un lieu de guerre culturelle, où l’artiste utilise les ressources offertes pour saper les fondements mêmes du dispositif.

Cette dynamique révèle une paradoxe néolibéral : plus le système devient contrôlant, plus les possibilités de résistance s’y développent. Les résidences de l’Institut français sont à la fois des pièges et des opportunités. Elles illustrent la manière dont le néolibéralisme, en poussant les individus à s’adapter, finit par créer les conditions de sa propre subversion.

3. L’Économie Attentionnelle et la Monnaie Symbolique des Résidences

Au-delà des mécanismes comportementaux, les résidences fonctionnent comme des machines à capter l’attention. Dans un monde saturé d’informations, l’attention devient une ressource rare, et les résidences en sont des concentrateurs.

L’Institut français, en organisant ces résidences, ne vend pas seulement de la culture. Il vend de l’attention. Les artistes sélectionnés deviennent des porteurs de sens, dont les œuvres sont destinées à être consommées, partagées, commentées. Chaque résidence génère un capital attentionnel qui se mesure en likes, en articles de presse, en discussions sur les réseaux sociaux.

Le comportementalisme radical nous montre comment les systèmes de récompense liés à cette attention fonctionnent. Une résidence bien médiatisée rapporte plus que des financements directs : elle rapporte de la visibilité, qui est une forme de pouvoir. Les artistes sont ainsi incités à jouer le jeu des résidences, même si cela implique une certaine autocensure.

Pourtant, cette économie attentionnelle n’est pas sans faille. Les artistes qui refusent de se conformer aux attentes du système peuvent perturber la machine. Une œuvre trop subversive, une résidence mal médiatisée, et c’est tout l’édifice qui vacille. La résistance néolibérale passe alors par la détournement des codes : utiliser les résidences pour désorienter le système plutôt que pour l’alimenter.

4. La Géopolitique des Résidences : Un Réseau de Contrôle et de Libération

Les résidences de l’Institut français ne sont pas neutres. Elles s’inscrivent dans une géopolitique culturelle où chaque lieu choisi est un point stratégique. Lagos, Mexico, Le Caire : ces villes ne sont pas sélectionnées au hasard. Elles représentent des zones de tension où les modèles culturels occidentaux entrent en contact avec des réalités locales complexes.

Le comportementalisme radical nous permet de comprendre comment ces résidences agissent comme des points de contact entre des systèmes culturels différents. L’artiste invité est soumis à une double pression : celle de son contexte local et celle des attentes du système français. Cette tension peut mener à des œuvres hybrides, qui ne sont ni tout à fait locales, ni tout à fait occidentales.

Pourtant, cette hybridité n’est pas toujours une libération. Elle peut aussi être une stratégie de neutralisation, où les différences culturelles sont absorbées par le système dominant. La résistance néolibérale, dans ce contexte, passe par la réaffirmation des spécificités, même au risque de perturber le dialogue.

Les résidences deviennent ainsi des lieux de bataille, où se joue la question de savoir qui contrôle la définition de la culture. L’Institut français y a un rôle à jouer, mais il n


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