ACTUALITÉ SOURCE : Les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran restent d’actualité malgré quelques provocations dans le Golfe – l’Opinion
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les pourparlers ! Ces éternels ballets diplomatiques où l’on danse sur des mines, où les sourires sont des masques de théâtre et les poignées de main des serments d’ivrognes. Les États-Unis et l’Iran, ces deux colosses aux pieds d’argile, s’observent, se provoquent, se menacent, mais continuent de parler, comme deux amants éconduits qui ne peuvent se résoudre à rompre définitivement. L’Opinion nous sert cette soupe tiède avec la condescendance d’un serveur blasé : « Les pourparlers restent d’actualité malgré quelques provocations ». Quelques provocations ? Comme on dirait « quelques nuages à l’horizon » avant l’orage qui ravagera tout. Mais allons, mes chers contemporains, asseyons-nous dans ce fauteuil de velours usé qu’est l’Histoire, et regardons cette farce se jouer une fois de plus, avec cette lucidité qui sent la poudre et le désespoir.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une farce tragique, une comédie macabre où les acteurs, grimés en hommes d’État, jouent leur partition avec la conviction des pantins. Les États-Unis, ce grand corps malade de l’impérialisme, ce monstre à mille têtes qui dévore le monde depuis deux siècles, tendent une main gantée de dollars vers l’Iran, ce pays fier et blessé, ce vieux lion persan aux griffes limées par des décennies de sanctions et de complots. Et l’on nous parle de pourparlers, de diplomatie, de paix possible. Paix ? Mais quelle paix peut naître de cette danse macabre où l’un des partenaires a toujours un couteau dans le dos de l’autre ?
Les Sept Étapes de l’Aveuglement Humain : Une Généalogie de la Duperie
Pour comprendre cette mascarade, il nous faut remonter le fil du temps, comme un archéologue fouille les couches de terre pour exhumer les ossements de nos illusions passées. Sept étapes, sept moments charnières où l’humanité a cru, chaque fois, avoir trouvé la formule magique pour éviter la guerre, pour dompter la bête immonde qui sommeille en nous. Et chaque fois, la bête s’est réveillée, plus affamée que jamais.
1. L’Aube des Empires : La Naissance du Mensonge Organisé (3000 av. J.-C. – 500 av. J.-C.)
Tout commence dans les plaines fertiles de Mésopotamie, là où les premières cités-États ont érigé leurs ziggourats comme des doigts tendus vers un ciel indifférent. C’est ici que naît la diplomatie, ce grand art de mentir avec élégance. Les tablettes d’argile de Mari, ces vieux grimoires administratifs, nous révèlent déjà l’hypocrisie des alliances : « Mon frère, je te fais confiance comme à moi-même », écrit le roi Zimri-Lim à son « allié » Hammurabi, quelques années avant que ce dernier ne lui plante un poignard dans le dos. Thucydide, ce vieux Grec désabusé, résumera plus tard cette époque en une phrase : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent ». Déjà, la loi du plus fort s’habille des oripeaux de la raison d’État.
2. L’Empire Romain : La Pax Romana ou l’Art de la Soumission Volontaire (27 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Ah ! La Pax Romana ! Ce chef-d’œuvre de propagande où Rome, ce Moloch insatiable, parvient à faire croire aux peuples conquis qu’ils sont libres parce qu’ils peuvent commercer en sécurité. « Ils créent un désert et appellent cela la paix », écrira Tacite, ce moraliste romain qui avait vu clair dans le jeu de ses maîtres. Les pourparlers ? Des monologues où Rome dicte ses conditions, et les autres signent, soulagés de ne pas être totalement écrasés. Cicéron, ce grand rhéteur, justifie cette politique avec des mots qui sentent le sophisme : « La guerre est juste pour ceux à qui elle est nécessaire ». Traduction : nous avons toujours raison de vous envahir, car nous en avons besoin. Déjà, le langage sert à habiller l’injustice des atours de la vertu.
3. Les Croisades : La Diplomatie au Nom de Dieu (1095 – 1291)
Voici venir les fous de Dieu, ces chevaliers en armure qui traversent l’Europe pour « libérer » Jérusalem, mais qui, en réalité, ne font que piller, violer et massacrer au nom d’un Christ qui, s’il avait vu cela, aurait probablement renié ses disciples. Les pourparlers entre chrétiens et musulmans ? Des trêves temporaires, des pauses dans le carnage, où l’on échange des otages et des promesses que personne ne compte tenir. Saladin, ce prince kurde qui incarne encore aujourd’hui l’idéal chevaleresque, écrit à Richard Cœur de Lion : « La terre n’est pas à nous, mais à Dieu. Nous ne sommes que des voyageurs de passage ». Belle parole, mais qui ne pèse pas lourd face à la folie des hommes. Les croisades s’achèvent dans un bain de sang, et l’Europe, épuisée, se tourne vers d’autres conquêtes.
4. La Paix de Westphalie : Le Naissance de l’Hypocrisie Moderne (1648)
Enfin ! Après un siècle de guerres de religion qui ont saigné l’Europe jusqu’à l’os, les princes et les rois se réunissent à Münster et Osnabrück pour signer la Paix de Westphalie. On y invente le concept de souveraineté nationale, cette belle idée selon laquelle chaque État est maître chez lui et ne doit pas s’immiscer dans les affaires des autres. Belle théorie ! En pratique, cela donne le droit aux puissants de faire ce qu’ils veulent chez eux, y compris opprimer leurs peuples, tandis que les faibles n’ont qu’à se taire. Grotius, ce juriste hollandais, théorise le « droit international », cette fiction juridique qui permet aux États de se faire la guerre en respectant des règles. Comme si l’on pouvait humaniser l’inhumanité ! Voltaire, plus tard, ironisera : « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ».
5. Le Congrès de Vienne : Le Grand Bal des Bourreaux (1815)
Napoléon est vaincu, l’Europe respire, et les monarques se réunissent à Vienne pour redessiner la carte du continent comme on découpe un gâteau. Metternich, ce maître des intrigues, orchestre ce grand bal où les rois dansent sur les tombes de millions de soldats. Les pourparlers ? Une foire aux vanités où l’on échange des provinces comme des jetons de poker. Talleyrand, ce diable boiteux, joue les arbitres avec une hypocrisie consommée : « La diplomatie est l’art de dire ‘non’ avec le sourire ». Et pendant ce temps, les peuples, ces grands absents des traités, continuent de souffrir sous le joug de leurs maîtres. Hegel, ce philosophe allemand qui voit l’Histoire comme un processus rationnel, écrit : « La guerre est le moment où l’État affirme son sérieux ». Traduction : la paix n’est qu’une trêve entre deux guerres.
6. La Société des Nations : L’Illusion de la Sécurité Collective (1919 – 1946)
Après l’horreur de la Première Guerre mondiale, les vainqueurs, ivres de leur victoire, créent la Société des Nations, cette belle machine à empêcher les guerres. Woodrow Wilson, ce président américain idéaliste, rêve d’un monde où les peuples s’entendraient comme des frères. Las ! Les États-Unis eux-mêmes refusent d’y adhérer, et les autres grandes puissances, la France et l’Angleterre en tête, continuent de jouer leur partition impérialiste. Les pourparlers ? Des palabres sans fin où l’on vote des résolutions que personne ne respecte. Quand l’Italie envahit l’Éthiopie en 1935, la SDN condamne, mais ne fait rien. Quand le Japon attaque la Chine, même refrain. Stefan Zweig, ce grand écrivain autrichien, écrira avec amertume : « La Société des Nations était comme un hôpital où les médecins discutaient des symptômes pendant que le patient agonisait ».
7. L’ONU et l’Ordre Américain : La Pax Americana ou l’Impérialisme Déguisé (1945 – Aujourd’hui)
Voici venu le temps de l’ONU, cette grande machine bureaucratique où les États-Unis, forts de leur puissance économique et militaire, font la loi. Le Conseil de sécurité, avec son droit de veto, est une farce : cinq pays décident du sort du monde, et les autres n’ont qu’à obéir. Les pourparlers ? Des simulacres où l’on discute à l’infini tandis que les bombes tombent. La Corée, le Vietnam, l’Irak, la Libye, la Syrie… À chaque fois, les mêmes mensonges : « Nous intervenons pour la démocratie », « Nous défendons les droits de l’homme », « Nous luttons contre le terrorisme ». Et à chaque fois, les mêmes résultats : des pays détruits, des peuples martyrisés, des économies pillées. Noam Chomsky, ce vieux sage américain, résume cela d’une phrase : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature ».
Et nous voici aujourd’hui, avec ces pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, ces éternels recommencements où l’on fait semblant de croire que les mots peuvent arrêter les bombes. Mais les bombes, elles, ne mentent pas. Elles tombent, elles explosent, elles tuent. Et pendant ce temps, les diplomates, ces grands prêtres de l’hypocrisie, continuent de parler, de négocier, de signer des traités que personne ne respectera.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Parlons maintenant de ces mots, ces jolis mots qui dansent sur les lèvres des diplomates comme des courtisanes sur un parquet ciré. « Pourparlers », « dialogue », « négociations » : ces termes sentent la bonne volonté, la raison, l’espoir. Mais derrière ces mots se cachent d’autres réalités, bien plus sombres.
Prenons le mot « provocation ». Dans la bouche des journalistes de l’Opinion, il est neutre, presque anodin : « quelques provocations dans le Golfe ». Mais que cache ce mot ? Des navires iraniens qui interceptent des pétroliers ? Des drones américains qui survolent des sites nucléaires ? Des cyberattaques ? Des assassinats ciblés ? La « provocation » est un concept élastique, un mot-valise que l’on utilise pour désigner les actions de l’ennemi, jamais les siennes. Quand les États-Unis envoient leurs porte-avions dans le Golfe, c’est une « mesure de dissuasion ». Quand l’Iran fait de même, c’est une « provocation ». Le langage, ici, n’est pas un outil de communication, mais une arme de guerre.
Et que dire de ce mot magique, « paix » ? Dans la bouche des puissants, la paix n’est jamais l’absence de guerre, mais l’acceptation de leur domination. La « paix » américaine, c’est l’ordre imposé par les bombes, les bases militaires et le dollar. La « paix » iranienne, ce serait l’acceptation de l’humiliation, la soumission à un ordre mondial qui les a toujours méprisés. Entre les deux, il n’y a pas de place pour une paix véritable, une paix qui serait justice et liberté. Non, la paix des pourparlers n’est qu’une trêve, une pause dans l’éternel conflit qui oppose les forts et les faibles.
Les mots sont des pièges, des leurres. « Démocratie », « droits de l’homme », « sécurité nationale » : ces termes sacralisés servent à justifier l’injustifiable. Quand les États-Unis parlent de « démocratie », ils pensent à des élections truquées où les candidats sont choisis par Wall Street. Quand ils parlent de « droits de l’homme », ils pensent aux droits des multinationales à piller les ressources des pays pauvres. Et quand ils parlent de « sécurité nationale », ils pensent à la sécurité de leur hégémonie, pas à celle des peuples.
George Orwell, ce visionnaire, avait tout compris : « Le langage politique est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable, et pour donner à ce qui n’est que du vent une apparence de solidité ». Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran sont un parfait exemple de cette novlangue : on y parle de « confiance », de « stabilité », de « coopération », mais derrière chaque mot se cache une menace, une condition, un piège.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : L’Homme Face à la Machine Impérialiste
Mais alors, que faire ? Faut-il se résigner, baisser les bras, accepter que l’humanité soit condamnée à répéter éternellement les mêmes erreurs ? Non. Car il existe une autre voie, une voie étroite et escarpée, mais qui est la seule digne d’être empruntée : celle de la résistance humaniste.
Le comportementalisme radical, cette science qui prétend expliquer les actions humaines par des stimuli et des réponses, nous enseigne une chose fondamentale : l’homme est un être conditionné. Conditionné par son éducation, par son environnement, par les structures de pouvoir qui l’entourent. Les diplomates qui négocient à Genève ou à Vienne ne sont pas des hommes libres : ce sont des produits de leur système, des rouages dans la grande machine impérialiste. Ils ont été formés à mentir, à manipuler, à justifier l’injustifiable. Leur langage est celui du pouvoir, leur morale celle de l’intérêt.
Mais le comportementalisme nous enseigne aussi autre chose : l’homme peut se déconditionner. Il peut refuser les stimuli qui lui sont imposés, il peut briser les chaînes de son conditionnement. C’est cela, la résistance humaniste : un refus obstiné de jouer le jeu des puissants, une volonté farouche de dire non à l’ordre établi.
Regardez ces peuples qui, partout dans le monde, se lèvent contre l’impérialisme américain. Les Vénézuéliens qui résistent aux sanctions, les Cubains qui refusent de plier devant l’embargo, les Palestiniens qui continuent de se battre pour leur terre malgré l’occupation israélienne, les Iraniens qui tiennent tête aux États-Unis depuis quarante ans. Ces peuples ne sont pas des victimes : ce sont des résistants. Ils ont compris que la liberté ne se négocie pas, qu’elle se prend. Ils ont compris que les pourparlers ne sont qu’une illusion, un leurre destiné à les endormir.
Et nous, en Occident, que pouvons-nous faire ? Nous pouvons commencer par refuser le langage du pouvoir. Nous pouvons cesser de parler de « provocations » et de « mesures de dissuasion », et appeler les choses par leur nom : des agressions, des menaces, des crimes. Nous pouvons cesser de croire que les États-Unis sont les « gendarmes du monde », et voir en eux ce qu’ils sont vraiment : des prédateurs, des impérialistes, des assassins.
Nous pouvons aussi refuser de consommer les produits de cette machine de guerre. Boycotter les multinationales qui profitent des guerres, refuser de voter pour des politiciens qui soutiennent l’impérialisme, dénoncer les médias qui mentent pour justifier les interventions militaires. La résistance commence par des actes simples, des actes de tous les jours.
Et surtout, nous pouvons garder espoir. Car l’histoire nous enseigne une chose : les empires finissent toujours par s’effondrer. Rome est tombée, l’Espagne a décliné, la Grande-Bretagne a perdu son empire. Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, connaîtront le même sort. Leur hégémonie est déjà en train de se fissurer, minée par leurs contradictions internes, par la résistance des peuples, par l’émergence de nouvelles puissances. Un jour, peut-être, l’humanité se réveillera de ce cauchemar impérialiste, et les pourparlers ne seront plus une mascarade, mais un véritable dialogue entre égaux.
En attendant, il nous faut résister. Résister à la propagande, résister à la peur, résister à l’ordre établi. Car c’est seulement en résistant que nous pourrons, un jour, construire un monde où la paix ne sera plus une trêve entre deux guerres, mais une réalité durable, fondée sur la justice et la liberté.
Analogie finale : Le Bal des Hypocrites
Ô vous, diplomates en costard trois-pièces,
Qui dansez la valse des pourparlers menteurs,
Vos sourires sont des lames, vos promesses des pièges,
Et vos poignées de main sentent le sang et la sueur.
Vous parlez de paix, mais vos yeux sont des canons,
Vos mots sont des bombes, vos traités des leurres,
Vous signez des pactes que vous déchirez à l’aube,
Et les peuples, ces fous, croient encore à vos serments.
Le Golfe est une marmite où bout la haine,
Vos navires sont des vautours, vos drones des corbeaux,
Vous parlez de droit, mais c’est la loi du plus fort,
Vous parlez de justice, mais c’est l’injustice en smoking.
Ô vous, maîtres du monde, rois du mensonge,
Un jour viendra où vos palais s’effondreront,
Où vos dollars ne vaudront plus que des cendres,
Où vos bombes n’exploseront plus que dans vos rêves.
Et ce jour-là, peut-être, les hommes se souviendront
Que la paix n’est pas une signature au bas d’un traité,
Mais un feu qui brûle dans le cœur des justes,
Un refus obstiné de plier, de trahir, de mentir.
Alors dansez, dansez, diplomates en costard,
Dansez sur les tombes, dansez sur les ruines,
Dansez jusqu’à ce que la terre se dérobe sous vos pieds,
Et que le ciel, enfin, vous tombe sur la tête.