Les images les plus marquantes de cette folle semaine de l’art 2025 à Paris – Beaux Arts







La Semaine de l’Art 2025 : Décomposition et Mirages – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Les images les plus marquantes de cette folle semaine de l’art 2025 à Paris – Beaux Arts

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la « folle semaine de l’art » ! Comme si l’art, ce vieux cadavre exquis, pouvait encore danser la gigue sur les décombres de notre civilisation en putréfaction. Paris, 2025, cette ville-mirage où les fantômes de Baudelaire et de Duchamp se cognent aux murs des galeries climatisées, où l’on exhibe des « images marquantes » comme on expose des reliques d’un culte oublié. Mais qu’est-ce qu’une image marquante, sinon la cicatrice d’une époque qui n’a plus rien à dire, sinon le hoquet d’une humanité en train de s’étouffer avec ses propres excréments culturels ?

Observons, analysons, disséquons cette mascarade avec la précision d’un scalpel rouillé par le cynisme. Car l’art, aujourd’hui, n’est plus qu’un symptôme, une fièvre, un délire collectif où se reflètent toutes les pathologies de notre temps : la narcose médiatique, l’obsession de la visibilité, la pornographie du scandale, et cette terreur sacrée devant le vide que nous avons creusé sous nos pieds.

I. Les Sept Étapes de la Décomposition : Une Archéologie du Regard

Pour comprendre cette « folle semaine », il faut remonter aux origines de la représentation, là où tout a commencé à pourrir. Car l’image, depuis toujours, est un mensonge qui se prend pour une vérité, une illusion qui se croit plus réelle que le réel. Voici les sept étapes de cette chute, de Lascaux à la FIAC 2025.

1. L’Ère du Sacré : Lascaux et la Naissance du Mythe (30 000 av. J.-C.)

Les premiers hommes peignent des bisons sur les parois des grottes, non pour « faire joli », mais pour conjurer la terreur du monde. Ces images sont des prières, des exorcismes. Mircea Eliade écrit : « L’homme archaïque ne distingue pas le sacré du profane, car le sacré est la seule réalité. » Mais déjà, dans ces traits de charbon, se glisse le premier mensonge : l’image n’est pas la chose, elle en est la pâle copie, le fantôme. Et le fantôme, un jour, se mettra à hanter son créateur.

2. L’Ère de la Beauté : La Grèce et le Canon (Ve siècle av. J.-C.)

Avec Polyclète et son « Doryphore », l’art devient une équation mathématique. Le corps humain est réduit à des proportions idéales, comme si la perfection pouvait exorciser la mort. Platon, dans La République, méprise les peintres, ces « faiseurs d’illusions » qui éloignent l’homme de la vérité des Idées. Mais qui écoute Platon ? Les Grecs préfèrent leurs statues, ces dieux de marbre qui sourient en silence tandis que la peste ravage Athènes. Déjà, l’art est une fuite, une anesthésie.

3. L’Ère du Pouvoir : Rome et la Propagande (Ier siècle ap. J.-C.)

Auguste comprend le premier que l’image est une arme. Ses statues le représentent jeune et vigoureux, alors qu’il est vieux et malade. Les fresques de Pompéi célèbrent la puissance de Rome, tandis que les légions pillent le monde connu. L’art devient un outil de domination. Tacite, dans Annales, décrit ces « images flatteuses » qui masquent la pourriture du pouvoir. Mais qui s’en soucie ? Le peuple veut des spectacles, des jeux, des illusions. Panem et circenses. Le pain et les images. Toujours la même rengaine.

4. L’Ère de la Foi : Byzance et l’Iconoclasme (VIIIe siècle)

Les Byzantins se déchirent sur la question des icônes. Faut-il représenter Dieu ? Les iconoclastes brisent les images, arguant qu’elles sont des idoles. Les iconodules répondent que l’image est une fenêtre sur le divin. Jean Damascène écrit : « Ce que le livre est pour ceux qui savent lire, l’image l’est pour les illettrés. » Mais déjà, l’image est devenue un objet de pouvoir, un enjeu théologique. Et quand le pouvoir s’en mêle, l’art devient une affaire de police.

5. L’Ère de la Raison : La Renaissance et le Triomphe de l’Homme (XVe siècle)

Avec Léonard de Vinci et Michel-Ange, l’homme devient la mesure de toute chose. Les proportions divines cèdent la place à l’anatomie, la perspective, la science. Mais cette « libération » est un leurre. Vasari, dans Les Vies des meilleurs peintres, célèbre les génies, ces nouveaux dieux laïcs. Pourtant, derrière les sourires de la Joconde et les muscles de David, se cache une angoisse nouvelle : et si l’homme n’était qu’une machine, un assemblage de chair et d’os ? La Renaissance est le premier pas vers le désenchantement du monde.

6. L’Ère du Marché : L’Art Moderne et la Marchandisation (XIXe-XXe siècles)

Avec l’impressionnisme, puis le cubisme, puis Dada, l’art se rebelle, explose, se fragmente. Mais cette rébellion est vite récupérée. Les marchands d’art, de Kahnweiler à Larry Gagosian, transforment les toiles en actions boursières. Duchamp signe un urinoir et le monde s’extasie. Warhol répète des boîtes de soupe Campbell en série et on parle de « génie ». L’art devient un produit, une spéculation, un placement financier. Comme l’écrit Walter Benjamin dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique : « L’aura de l’œuvre d’art se dissout dans l’air du capitalisme. »

7. L’Ère du Néant : L’Art Contemporain et la Fin des Images (XXIe siècle)

Nous y voilà. En 2025, à Paris, l’art n’est plus qu’un simulacre, un spectacle sans substance, une suite d’images « marquantes » qui ne marquent plus rien. Les installations interactives, les NFT, les performances éphémères, les selfies devant des « œuvres » incompréhensibles… Tout cela n’est que le symptôme d’une civilisation qui a perdu le sens même de la représentation. Comme l’écrit Jean Baudrillard dans Simulacres et Simulation : « Le réel a disparu, il ne reste que l’hyperréel, cette simulation qui se prend pour la réalité. » Les images de cette « folle semaine » ne sont que des leurres, des mirages, des reflets d’un monde qui n’existe plus.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Décomposition

Observons maintenant les mots, ces petits cadavres sonores qui traînent dans le titre : « Les images les plus marquantes de cette folle semaine de l’art 2025 à Paris ». Décomposons cette phrase comme on dissèque un rat mort.

  • « Images » : Le mot est neutre, presque technique. Une image, c’est une représentation, une copie, un double. Mais une copie de quoi ? De rien. Car l’image, aujourd’hui, ne représente plus rien. Elle est autoreférentielle, comme un serpent qui se mord la queue. Elle ne renvoie qu’à elle-même, à son propre spectacle. Comme l’écrit Roland Barthes dans La Chambre claire : « L’image est toujours déjà morte, car elle est la trace d’un instant qui a fui. »
  • « Marquantes » : Ah, le participe présent ! Un mot qui sonne comme un coup de tampon, une estampille officielle. « Marquant » implique une permanence, une trace indélébile. Mais dans un monde où tout est éphémère, où les images défilent à la vitesse de la lumière sur les écrans, que signifie « marquant » ? Rien. C’est un mot vide, un leurre sémantique. Comme si l’on pouvait encore être marqué par quoi que ce soit dans ce flux continu d’images jetables.
  • « Folle semaine » : La folie, voilà le mot clé. Mais de quelle folie s’agit-il ? Pas de celle des asiles, non, de celle, plus insidieuse, de la société du spectacle. Guy Debord, dans La Société du Spectacle, écrit : « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. » Cette « folle semaine » n’est donc pas une parenthèse de délire, mais la norme, la quintessence de notre époque. Une folie organisée, institutionnalisée, financée par des mécènes qui ont plus d’argent que de goût.
  • « De l’art » : Le mot « art » est ici réduit à une simple préposition. L’art n’est plus un concept, une quête, une transcendance. Il est devenu un événement, une foire, un salon. Comme si l’on pouvait mettre l’art en boîte, le ranger dans une semaine, le vendre au kilo. Comme l’écrit Theodor Adorno dans Théorie esthétique : « L’art est ce qui résiste à sa propre marchandisation. » Mais en 2025, l’art ne résiste plus. Il se couche, il se vend, il se consume.
  • « 2025 à Paris » : La date et le lieu. 2025, c’est demain, mais un demain déjà périmé. Paris, c’est la ville-lumière, la capitale des arts, le musée à ciel ouvert. Mais Paris, aujourd’hui, n’est plus qu’une vitrine, un décor, un parc d’attractions pour touristes fortunés. Comme l’écrit Céline dans Bagatelles pour un massacre : « Paris, c’est une ville morte, une ville fantôme, une ville qui pue la pourriture et le fric. »

Cette phrase, en apparence anodine, est donc un concentré de notre époque : une époque où les images ne marquent plus rien, où la folie est devenue la norme, où l’art n’est plus qu’un produit, où les villes ne sont plus que des musées à ciel ouvert pour consommateurs blasés.

III. Comportementalisme Radical : La Résistance par le Mépris

Face à cette mascarade, que faire ? Se révolter ? Manifester ? Écrire des pamphlets ? Non. La seule réponse possible, c’est le mépris. Un mépris radical, absolu, sans concession. Car le système ne craint pas la révolte, il la récupère, il la digère, il la transforme en produit dérivé. Mais le mépris, lui, est indomptable. Il est la seule arme des hommes libres dans un monde d’esclaves consentants.

Observez les comportements lors de cette « folle semaine » :

  • Les visiteurs, smartphones à la main, prennent des selfies devant des « œuvres » qu’ils ne comprennent pas. Ils ne regardent pas, ils consomment. Ils ne ressentent pas, ils postent. Leur émotion est simulée, leur admiration est calculée. Comme l’écrit Pierre Bourdieu dans La Distinction : « Le goût est une stratégie de distinction sociale. » Ces gens ne viennent pas pour l’art, mais pour se distinguer, pour afficher leur capital culturel, pour se rassurer sur leur propre valeur.
  • Les artistes, eux, jouent le jeu. Ils produisent des « pièces » éphémères, des installations interactives, des performances absurdes. Ils savent que l’art n’est plus qu’un marché, mais ils font semblant d’y croire. Comme l’écrit Arthur Danto dans La Transfiguration du banal : « L’art contemporain est une blague que tout le monde a comprise, mais que personne n’ose avouer. » Ils sont les bouffons d’un roi nu, les clowns d’un cirque sans piste.
  • Les critiques, enfin, pondent des articles dithyrambiques, des analyses fumeuses, des interprétations absconses. Ils parlent de « rupture », de « transgression », de « révolution esthétique ». Mais tout cela n’est que verbiage, du vent, du bruit. Comme l’écrit Susan Sontag dans Contre l’interprétation : « L’interprétation est la vengeance de l’intellect sur l’art. » Ils tuent l’art en voulant l’expliquer, ils l’étouffent sous des couches de jargon et de théorie.

Face à cela, la seule attitude possible est le mépris. Un mépris actif, militant, presque physique. Il faut tourner le dos à ces simulacres, refuser de jouer le jeu, ne plus participer à cette mascarade. Comme l’écrit Emil Cioran dans De l’inconvénient d’être né : « Le mépris est la seule arme des vaincus. »

Mais attention : ce mépris ne doit pas être passif. Il doit être créateur. Il doit pousser à inventer autre chose, à chercher ailleurs, à refuser les catégories imposées. L’art n’est pas mort, il s’est simplement réfugié dans les marges, dans les interstices, dans les lieux où le marché n’a pas encore mis sa patte. Il est dans les graffitis des banlieues, dans les dessins des enfants, dans les rêves des fous, dans les cauchemars des insomniaques. Il est là où on ne l’attend pas, là où on ne le cherche pas.

La résistance, aujourd’hui, passe par un retour au sauvage, à l’incontrôlé, à l’informe. Il faut cesser de vouloir « faire de l’art », et simplement faire. Comme l’écrit Antonin Artaud dans Le Théâtre et son double : « L’art n’est pas une imitation de la vie, mais une vie plus intense, plus vraie, plus réelle que la réalité. » Cette vie plus intense, elle est là, à portée de main, pour ceux qui osent la saisir.

IV. Résistance Humaniste : L’Art comme Dernier Refuge

Mais au-delà du mépris, il y a l’espoir. Un espoir ténu, fragile, presque ridicule, mais tenace. Car l’art, malgré tout, reste le dernier refuge de l’humanité. Dans un monde où tout est marchandise, où tout est calculé, où tout est optimisé, l’art est le dernier espace de liberté, le dernier territoire du gratuit, du désintéressé, du pur.

Regardez les enfants dessiner. Ils ne cherchent pas à « faire de l’art », ils dessinent, c’est tout. Leurs traits sont maladroits, leurs couleurs criardes, leurs formes approximatives. Mais dans ces gribouillis, il y a une vérité, une authenticité, une joie qui manquent cruellement à nos « images marquantes ». Comme l’écrit Kandinsky dans Du spirituel dans l’art : « L’art est un langage qui parle à l’âme. » Et l’âme, contrairement aux images, ne se marchande pas.

L’art, aujourd’hui, doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un cri, une prière, un exorcisme. Il doit cesser d’être un produit, une spéculation, une distraction. Il doit redevenir dangereux, subversif, incontrôlable. Comme l’écrit Georges Bataille


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