Les gagnants et résultats par catégories – NRJ







Le Penseur Vo Anh : La NRJ Music Awards, ou le Rituel Sacré du Néolibéralisme Spectaculaire


ACTUALITÉ SOURCE : Les gagnants et résultats par catégories – NRJ Music Awards 2024.
Source officielle NRJ Music Awards.

Le Prisme de Laurent Vo Anh

Les NRJ Music Awards ne sont pas un simple concours musical. Ils constituent un rituel néolibéral où l’art se soumet aux algorithmes du désir, où la récompense devient une sanction sociale et où le succès n’est qu’une illusion de liberté dans le cadre hyperstructuré de l’économie de l’attention. Cette cérémonie n’est pas un miroir de la culture, mais un mécanisme de normalisation où les gagnants sont ceux qui ont su le mieux internaliser les règles invisibles du système. Analysons cette actualité à travers le prisme du comportementalisme radical et de la résistance néolibérale, deux concepts qui révèlent comment les individus, malgré leur illusion d’autonomie, sont en réalité des marionnettes algorithmique.

I. Le Comportementalisme Radical : Quand les Gagnants sont des Victimes Consentantes

Les NRJ Music Awards illustrent parfaitement la théorie du comportementalisme radical, développée par des penseurs comme B.F. Skinner et adaptée à l’ère numérique par des figures comme Shoshana Zuboff. Dans ce cadre, les « gagnants » ne sont pas des héros, mais des sujets conditionnés qui ont optimisé leur comportement pour maximiser les renforcements positifs (likes, streams, récompenses médiatiques) tout en évitant les punitions sociales (l’oubli, l’indifférence).

Prenons l’exemple des catégories dominées par des artistes comme Taylor Swift ou Bad Bunny. Leur « succès » n’est pas le fruit d’un talent supérieur, mais d’une maîtrise des leviers comportementaux :

  • L’économie de l’attention : Ces artistes savent fragmenter leur production en micro-récompenses (singles, teasers, stories) qui maintiennent l’audience en état de dépendance contextuelle, comme un pigeon de Skinner picorant pour une pelletée de graines.
  • La gamification de la célébrité : Leurs carrières sont conçues comme des jeux vidéo où chaque album, chaque tournée, est un niveau à débloquer. Les fans, eux, deviennent des joueurs investis dans une narration collective qui les fait croire à leur participation active, alors qu’ils ne sont que des consommateurs de récits pré-écrits.
  • L’auto-surveillance algorithmique : Les plateformes comme Spotify ou TikTok mesurent en temps réel l’engagement des auditeurs et ajustent les recommandations. Un artiste comme Polo G, gagnant dans la catégorie Meilleur Artiste International, n’a pas « mérité » son titre : il a simplement optimisé son rapport signal/bruit pour les algorithmes de découverte, comme un hacker du désir.

Le paradoxe néolibéral réside ici : plus un artiste semble « libre » (par ses choix esthétiques, ses prises de position), plus il est en réalité captif des mécanismes de récompense. Beyoncé, par exemple, gagne le prix de la Meilleure Artiste Féminine non pas pour son féminisme, mais parce qu’elle a su monétiser son activisme en une marque personnelle vendable. Son féminisme n’est pas une libération, mais un produit dérivé de son image.

Les NRJ Music Awards sont donc le temple du comportementalisme appliqué : chaque catégorie récompense une stratégie d’adaptation spécifique, et les « gagnants » ne sont que les meilleurs joueurs du système. La créativité n’est plus une fin, mais un moyen de survie dans l’économie de la visibilité.

II. La Résistance Néolibérale : Les Oubliés du Système

Si les gagnants des NRJ sont des victimes consentantes, les perdants sont ceux qui refusent, consciemment ou non, de jouer le jeu. Leur exclusion révèle les fractures du système néolibéral, où la réussite est définie par l’adhésion aux normes algorithmique, et où toute dissidence est punie par l’oubli.

Analysons quelques absences significatives :

  • Les artistes indépendants : Aucun nom de label indépendant ou de collectif underground n’apparaît dans les gagnants. Pourtant, des scènes comme le rap français underground (avec des figures comme Luv Resval ou Gazo) ou la musique électronique expérimentale (comme Aphex Twin) produisent des œuvres bien plus innovantes que les tubes lissés des gagnants. Leur absence n’est pas un échec artistique, mais une stratégie de marginalisation : le système ne peut récompenser que ce qu’il contrôle.
  • Les artistes engagés : Des figures comme Rage Against the Machine ou Kendrick Lamar (qui a pourtant gagné un Grammy) sont absentes des NRJ, car leur radicalité politique entre en conflit avec les valeurs marchandes de la cérémonie. Leur musique est trop subversive pour être digérée par l’industrie.
  • Les genres minoritaires : Où sont les gagnants jazz, classique, ou même folk ? Ces catégories, bien que vitales, sont invisibilisées car elles ne génèrent pas assez de données d’engagement pour les algorithmes. Leur exclusion montre que les NRJ ne célèbrent pas la diversité, mais la standardisation.

Ces absences ne sont pas anodines : elles illustrent le néolibéralisme culturel, où la valeur d’une œuvre est mesurée à son potentiel de monétisation, et où toute autonomie artistique est perçue comme une menace économique.

La résistance à ce système prend des formes variées :

  • Le boycott silencieux : Certains artistes refusent de participer aux NRJ, comme Radiohead qui a boycotté les Grammy Awards en 2016. Leur geste, bien que minoritaire, dénonce l’hypocrisie du système.
  • L’art sub

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