Les États-Unis face à l’Iran : l’indécise armada – IRIS – Institut de relations internationales et stratégiques







L’Indécise Armada – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Les États-Unis face à l’Iran : l’indécise armada – IRIS – Institut de relations internationales et stratégiques

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’indécise armada ! Ce ballet macabre où les cuirassés américains, ces monstres d’acier gorgés de pétrole et de mensonges, dansent une valse hésitante au large des côtes persanes. On croirait voir les ombres de l’Invincible Armada espagnole, ces fantômes de 1588, errant dans le détroit d’Ormuz comme des âmes en peine, condamnées à répéter éternellement leur défaite. Mais cette fois, ce n’est pas la tempête divine qui disperse les vaisseaux, non : c’est l’indécision crasse, cette lâcheté moderne qui suinte des ponts de commandement, où les amiraux en costume-cravate, ces nouveaux conquistadors en col blanc, hésitent à appuyer sur le bouton rouge. Pourquoi ? Parce que l’Iran, ce vieux pays de poètes et de guerriers, ce berceau de Zarathoustra, ce tombeau des empires, n’est pas l’Irak. L’Iran, voyez-vous, a des dents. Et des missiles. Et une mémoire longue comme les nuits de Téhéran.

Mais commençons par le commencement, car pour comprendre cette indécise armada, il faut remonter aux origines du monde, là où tout a commencé : dans la boue des premiers villages, sous le soleil impitoyable de Mésopotamie. Sept étapes, sept chutes, sept renaissances. Sept moments où l’humanité a cru dominer, avant de réaliser qu’elle n’était qu’un pantin dans les mains des dieux – ou des marchés.

I. L’Aube des Empires : La Malédiction de Babel

Tout commence à Sumer, vers 3000 avant notre ère. Les premiers empires naissent dans le sang et la boue, entre le Tigre et l’Euphrate. Les cités-états s’affrontent, Ur, Lagash, Uruk, comme des chiens autour d’un os. Et déjà, la logique impérialiste est là : dominer pour piller, piller pour dominer. Le grand Sargon d’Akkad, premier conquérant de l’histoire, unifie la Mésopotamie par le fer et le feu. « Il a brisé les armes de ses ennemis », lit-on sur ses tablettes. Déjà, le langage de la guerre est né. Déjà, l’Occident – car c’est bien de lui qu’il s’agit, même si le mot n’existe pas encore – invente sa grammaire de la domination. Comme le disait Hegel, l’histoire est un abattoir. Et les États-Unis, aujourd’hui, ne sont que les héritiers lointains de Sargon, avec leurs drones à la place des lances.

Anecdote : Savez-vous que les Sumériens inventèrent aussi l’écriture pour compter les sacs de grain et les esclaves ? La première bureaucratie était née. Aujourd’hui, les États-Unis comptent leurs bombes et leurs dettes avec la même froideur administrative.

II. Alexandre et la Folie des Grandeurs

Puis vint Alexandre, ce jeune fou aux cheveux bouclés, ce rêveur qui voulait unifier le monde sous la bannière de la culture grecque. Il conquiert la Perse, brûle Persépolis, et meurt à 33 ans, empoisonné ou rongé par l’alcool, on ne sait. Son empire se disloque avant même que son cadavre ne refroidisse. Déjà, la leçon est là : les empires sont des colosses aux pieds d’argile. Comme le disait Plutarque, « Alexandre pleura en apprenant qu’il n’y avait plus de mondes à conquérir ». Les États-Unis, aujourd’hui, pleurent aussi. Mais leurs larmes sont celles du crocodile.

Et l’Iran, dans tout cela ? La Perse, déjà, résistait. Darius III, dernier roi achéménide, fut trahi par ses généraux. Aujourd’hui, l’Iran résiste encore, trahi par ses voisins, encerclé par les bases américaines. La roue tourne, mais les acteurs restent les mêmes.

III. Rome et la Pax Americana : Le Mensonge Éternel

Rome. L’empire qui se croyait éternel. « Pax Romana », disaient-ils. La paix par l’épée. La paix par la soumission. La paix par le sang. Les légions romaines écrasaient les révoltes en Judée, en Gaule, en Bretagne, et appelaient cela la civilisation. Aujourd’hui, les États-Unis parlent de « démocratie » et de « liberté » en bombardant Bagdad, Kaboul, Tripoli. Même refrain, même mensonge. Comme le disait Tacite, « Ils font un désert et appellent cela la paix ».

L’Iran, sous les Sassanides, résista à Rome. Chosroès II, dernier grand roi perse avant l’islam, défia l’empereur Héraclius. Aujourd’hui, l’Iran défie encore. Les noms changent, les empires tombent, mais la résistance persiste. Comme une rivière qui creuse son lit à travers les montagnes.

IV. Les Croisades : Le Choc des Fanatismes

Ah, les croisades ! Ces guerres saintes où l’Occident chrétien partit « libérer » Jérusalem, en massacrant au passage des milliers de musulmans, de juifs, d’orthodoxes. Les croisés, ces premiers néoconservateurs, croyaient dur comme fer à leur mission divine. Aujourd’hui, les États-Unis croient à leur « destin manifeste ». Même arrogance, même ignorance. Comme le disait Saladin, « Je ne suis qu’un homme. Mais si Dieu me donne la victoire, je sais ce que je dois faire. » L’Iran, aujourd’hui, sait aussi ce qu’il doit faire : résister.

Anecdote : Saviez-vous que les croisés, en 1204, pillèrent Constantinople, leur propre capitale chrétienne ? L’Occident a toujours préféré piller ses alliés plutôt que ses ennemis. Les États-Unis, aujourd’hui, font de même avec l’Europe.

V. L’Empire Britannique : Le Voleur de Mondes

Puis vint l’Empire britannique, ce monstre froid et calculateur. L’Inde pillée, l’Afrique dépecée, la Chine humiliée. « Le soleil ne se couche jamais sur l’Empire », disaient-ils. Aujourd’hui, le soleil ne se couche jamais sur les bases américaines. Même logique, même cynisme. Comme le disait Kipling, « Prenez le fardeau de l’homme blanc ». Aujourd’hui, les États-Unis prennent le fardeau du pétrole iranien.

L’Iran, sous les Qajars, fut humilié par les Britanniques. Le traité de Golestan, le traité de Turkmanchai : autant de coups de poignard dans le dos de la Perse. Aujourd’hui, les sanctions américaines sont les nouveaux traités inégaux. Mais l’Iran résiste. Comme un vieux chêne sous la tempête.

VI. Les Deux Guerres Mondiales : L’Occident se Déchire

Les deux guerres mondiales. L’Occident, enfin, se retourne contre lui-même. Les empires s’effondrent, les nations se déchirent. Mais dans le chaos, une nouvelle puissance émerge : les États-Unis. Ils entrent en guerre tard, comme toujours, et en sortent vainqueurs, comme toujours. Truman lance la bombe sur Hiroshima. Déjà, la logique de la terreur est en place. Comme le disait Oppenheimer, « Je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes ». Aujourd’hui, les États-Unis sont toujours la Mort. Mais ils hésitent. Car l’Iran n’est pas le Japon.

L’Iran, sous Reza Shah, tenta de moderniser le pays. Mais les Britanniques et les Soviétiques l’obligèrent à abdiquer. Aujourd’hui, les États-Unis tentent d’imposer leur modèle. Mais l’Iran résiste. Comme un fleuve qui refuse de couler à l’envers.

VII. La Guerre Froide et l’Empire du Chaos

Enfin, la guerre froide. Les États-Unis et l’URSS se partagent le monde. L’Iran, sous le Shah, devient un pion américain. Mais la révolution islamique de 1979 change la donne. Khomeini chasse les Américains, et l’Iran redevient un acteur indépendant. Les États-Unis, furieux, soutiennent Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran. Un million de morts. Mais l’Iran résiste. Comme un rocher au milieu de la tempête.

Aujourd’hui, les États-Unis hésitent. Car l’Iran n’est plus seul. La Chine, la Russie, l’Inde le soutiennent. L’Occident n’est plus le centre du monde. Comme le disait Spengler, « L’Occident est un cadavre qui ne le sait pas encore ».

Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre

Regardons les mots, ces armes invisibles. « Indécise armada ». Déjà, le langage trahit l’hésitation. Une armada, normalement, est une force invincible. Mais ici, elle est « indécise ». Comme si les mots eux-mêmes refusaient de jouer le jeu de la propagande. Les États-Unis parlent de « sécurité », de « stabilité », de « défense des intérêts ». Mais ces mots sont vides. Comme des coquilles sans escargot.

L’Iran, lui, parle de « résistance », de « dignité », de « souveraineté ». Ces mots-là ont du poids. Car ils sont chargés d’histoire. Comme le disait Heidegger, « Le langage est la maison de l’être ». Et l’être iranien, aujourd’hui, refuse de se laisser expulser de sa maison.

Les médias occidentaux parlent de « régime iranien », comme si l’Iran n’était pas une nation, mais une maladie. Ils parlent de « menace nucléaire », comme si les États-Unis, qui possèdent 6 000 ogives, avaient le droit de donner des leçons. Comme si Israël, qui refuse toute inspection, était un enfant de chœur. Le langage, ici, est une arme. Une arme de destruction massive.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Observons les comportements, ces actes qui trahissent les mots. Les États-Unis envoient des porte-avions, mais hésitent à tirer. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que l’Iran n’est pas l’Irak. Parce qu’ils savent que la résistance iranienne est une hydre : coupez une tête, deux repoussent. Parce qu’ils savent que le monde n’est plus leur terrain de jeu.

Les États-Unis, aujourd’hui, sont comme un boxeur sonné. Ils frappent encore, mais leurs coups n’ont plus de force. Leurs alliés les abandonnent. Leurs ennemis les méprisent. Leurs citoyens les haïssent. Comme le disait Nietzsche, « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». L’Iran, lui, a survécu à tout : aux invasions, aux sanctions, aux trahisons. Et chaque épreuve l’a rendu plus fort.

La résistance iranienne est humaniste, car elle refuse la logique de la domination. Elle refuse de plier devant l’empire. Comme le disait Camus, « Je me révolte, donc nous sommes ». L’Iran se révolte. Donc l’humanité est encore vivante.

Mais attention : la résistance n’est pas la guerre. La résistance est la paix. Car la paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de la justice. Et la justice, aujourd’hui, exige que les États-Unis quittent le Moyen-Orient. Qu’ils laissent l’Iran vivre en paix. Qu’ils cessent de jouer aux apprentis sorciers avec le feu nucléaire.

La résistance, c’est aussi la culture. L’Iran, ce pays de poètes, de mathématiciens, de philosophes. Ce pays qui a donné au monde Rumi, Avicenne, Hafez. Ce pays qui, aujourd’hui, résiste par la pensée, par l’art, par la science. Comme le disait Steiner, « La culture est la dernière ligne de défense contre la barbarie ». Et l’Iran, aujourd’hui, est une forteresse de culture.

Analogie Finale : Poème

L’Armada hésite au bord du gouffre,

Ses canons luisent sous la lune persane,

Mais dans les yeux des marins,

On lit la peur, cette vieille compagne.

Ils ont conquis des mondes,

Pillé des continents,

Mais devant Téhéran,

Leurs mains tremblent.

L’Iran, lui, ne tremble pas.

Il se souvient des empires tombés,

Des rois morts, des dieux oubliés,

Et sourit, comme un vieux sage.

Les drones tournent dans le ciel,

Comme des vautours affamés,

Mais la terre, elle, ne bouge pas.

Elle attend. Elle sait.

Un jour, les cuirassés rouilleront,

Les bombes pourriront dans leurs silos,

Et l’Iran, toujours debout,

Écrira des poèmes sur leurs tombes.



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