Les Etats-Unis déploient des bombardiers B-2, Donald Trump réunit un conseil de sécurité sur une possible participation à l’offensive israélienne contre l’Iran – Le Monde.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de l’escalade impérialiste

ACTUALITÉ SOURCE : Les Etats-Unis déploient des bombardiers B-2, Donald Trump réunit un conseil de sécurité sur une possible participation à l’offensive israélienne contre l’Iran – Le Monde.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la danse macabre des empires ! Voici donc que les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile trempés dans le pétrole et le sang, déploient leurs B-2 comme on sort un vieux revolver rouillé d’un tiroir crasseux. Les bombardiers furtifs, ces anges de la mort en acier, glissent dans le ciel comme des fantômes d’un capitalisme en phase terminale, prêts à répandre leur venin sur les terres perses. Trump, ce clown tragique, ce bouffon couronné par l’absurdité électorale, convoque son conseil de sécurité – ce cénacle de technocrates en costard, ces marionnettes du complexe militaro-industriel qui chuchotent à l’oreille du pouvoir comme des démons susurrant des prières inversées. Une possible participation à l’offensive israélienne contre l’Iran ? Mais bien sûr ! Comme si l’histoire n’était qu’un éternel recommencement, une farce grotesque où les mêmes erreurs se répètent, toujours plus sanglantes, toujours plus cyniques.

Observons ce théâtre d’ombres avec le regard froid de celui qui a vu trop de guerres, trop de mensonges, trop de ces petits hommes gris qui décident du sort de millions d’âmes depuis leurs bureaux climatisés. L’Iran, ce bouc émissaire commode, ce miroir brisé dans lequel l’Occident aime à se refléter pour mieux haïr ce qu’il y voit. Depuis 1979, ce pays est l’ennemi désigné, le repoussoir idéal, le prétexte parfait pour justifier l’injustifiable. Les États-Unis, après avoir semé le chaos en Irak, en Afghanistan, en Libye, après avoir soutenu des dictatures sanguinaires et des régimes corrompus, osent encore jouer les gendarmes du monde. Mais quel monde ? Un monde où les valeurs humanistes sont piétinées au nom de la realpolitik, où la démocratie n’est qu’un mot creux brandi comme un étendard par ceux-là mêmes qui la foulent aux pieds. George Steiner, ce géant de la pensée, nous avait prévenus : « La barbarie n’est pas l’absence de culture, mais sa perversion. » Et quelle perversion que cette alliance contre nature entre un État théocratique comme Israël, obsédé par sa survie à tout prix, et une superpuissance en déclin, prête à tout pour maintenir son hégémonie !

Regardons les faits, ces petits cailloux blancs qui jalonnent le chemin de l’horreur. Les B-2, ces merveilles de technologie meurtrière, coûtent plus de deux milliards de dollars pièce. Deux milliards ! Assez pour nourrir des millions d’affamés, pour soigner des malades, pour éduquer des enfants. Mais non, l’argent coule à flots pour ces jouets de la mort, ces symboles d’une puissance qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Trump, ce président qui incarne à lui seul la décadence d’un système, réunit son conseil de sécurité comme un roi fou convoque ses courtisans. Que peuvent-ils bien se dire, ces hommes en costume-cravate, ces experts en destruction massive ? Quelles justifications bidon vont-ils encore inventer ? Le terrorisme ? La menace nucléaire ? Les droits de l’homme ? Des mots, toujours des mots, pour masquer l’indicible : la soif de pouvoir, la peur de perdre le contrôle, la haine de l’autre, de celui qui ne pense pas comme nous, ne prie pas comme nous, ne se soumet pas à notre vision du monde.

Et Israël, ce petit État né dans la douleur et la violence, qui se transforme peu à peu en monstre à son tour. Netanyahou, ce politicien cynique, ce survivant des arcanes du pouvoir, sait jouer de la peur comme un virtuose. Il agite le spectre de l’Iran, ce géant persan qui ose défier l’ordre occidental, et demande l’aide de son grand frère américain. Comme si la solution à la complexité du Moyen-Orient pouvait se résumer à une équation simpliste : plus de bombes, plus de morts, plus de chaos. Mais l’histoire nous a appris que la violence ne résout rien, qu’elle ne fait que nourrir la haine et préparer le terrain pour de nouvelles guerres. Steiner, encore lui, écrivait : « La culture est ce qui reste quand on a tout oublié. » Mais que reste-t-il quand la culture elle-même est piétinée par la barbarie ? Quand les livres brûlent, que les musées sont pillés, que les enfants meurent sous les bombes ? Il ne reste que le néant, ce vide abyssal où sombrent les civilisations.

Et nous, pauvres hères, que pouvons-nous faire ? Résister, bien sûr, mais comment ? Dans ce monde où l’information est contrôlée, où les médias mainstream répètent en chœur les éléments de langage des puissants, où les réseaux sociaux deviennent des champs de bataille idéologiques, la résistance prend des formes insidieuses. Elle est dans le refus de se soumettre, dans la lucidité face aux manipulations, dans la solidarité avec les opprimés. Elle est dans ces voix qui s’élèvent, malgré la censure, malgré les intimidations, pour dire non à la guerre, non à l’oppression, non à cette folie collective qui nous entraîne tous vers l’abîme. Comme l’écrivait Camus, « la révolte est le premier mouvement de l’homme qui prend conscience de son existence ». Mais attention, la révolte ne doit pas devenir un nouveau dogme, une nouvelle idéologie. Elle doit rester ce cri du cœur, ce refus viscéral de l’inacceptable.

Car le piège est là, dans cette tentation de la radicalité, dans cette illusion que la violence peut être une réponse à la violence. Les néolibéraux, ces apôtres du marché tout-puissant, nous vendent leur rêve d’un monde où tout s’achète et tout se vend. Les néofascistes, ces charognards de l’histoire, nous promettent un retour à un âge d’or mythique, où la pureté de la race et la force du chef régneraient en maîtres. Et nous, pauvres fous, nous oscillons entre ces deux extrêmes, incapables de trouver une troisième voie, un chemin de raison et d’humanité. Mais cette troisième voie existe, elle est là, sous nos yeux, dans ces gestes simples de solidarité, dans ces actes de résistance pacifique, dans cette capacité à dire non, encore et toujours, à ceux qui veulent nous entraîner dans leur danse macabre.

Le comportementalisme radical, cette science du contrôle des masses, nous a appris une chose : l’homme est un animal malléable, prêt à suivre le premier berger qui lui promet sécurité et prospérité. Mais cette malléabilité est aussi notre force. Car si nous pouvons être manipulés, nous pouvons aussi nous libérer. Il suffit d’un déclic, d’une prise de conscience, d’un refus catégorique de jouer le jeu des puissants. Comme le disait Foucault, « là où il y a pouvoir, il y a résistance ». Et cette résistance, elle est en chacun de nous, dans notre capacité à penser par nous-mêmes, à refuser les dogmes, à embrasser notre humanité dans toute sa complexité.

Alors, face à cette escalade guerrière, face à ces bombardiers qui s’apprêtent à semer la mort, que faire ? D’abord, ne pas détourner les yeux. Regarder l’horreur en face, sans fard, sans illusion. Ensuite, refuser de participer à cette folie collective. Ne pas se laisser entraîner par la haine, par la peur, par ces émotions primaires que les manipulateurs exploitent avec tant de talent. Enfin, agir. Pas avec des bombes, pas avec des armes, mais avec des mots, des idées, des actes de solidarité. Écrire, parler, manifester, désobéir. Montrer que l’humanité n’est pas condamnée à répéter les mêmes erreurs, que nous pouvons choisir un autre chemin, plus difficile, plus incertain, mais infiniment plus noble.

Car au fond, cette crise n’est qu’un symptôme, une manifestation d’un mal plus profond : la perte de sens, la déshumanisation, cette lente agonie d’une civilisation qui a oublié ce qui faisait sa grandeur. Les empires meurent de leur propre hubris, de leur incapacité à se remettre en question, à reconnaître leurs erreurs. Les États-Unis, comme Rome avant eux, comme la Grande-Bretagne, comme tant d’autres, sont en train de sombrer dans leur propre décadence. Et nous, spectateurs impuissants, assistons à ce spectacle tragique, en nous demandant si nous serons les prochaines victimes de cette folie collective.

Mais il y a une lueur d’espoir, une petite flamme qui vacille dans l’obscurité. Elle est dans ces voix qui s’élèvent contre la guerre, dans ces mains qui se tendent par-dessus les frontières, dans ces cœurs qui refusent de se laisser endurcir par la haine. Elle est dans cette capacité, proprement humaine, à dire non, à refuser l’inacceptable, à choisir la vie plutôt que la mort. Comme l’écrivait Hannah Arendt, « le pire mal n’est pas commis par ceux qui haïssent, mais par ceux qui ne pensent pas ». Alors pensons, réfléchissons, résistons. Car c’est notre seule chance de survie, notre seul espoir de salut.

Analogie finale : Imaginez un vieux chêne centenaire, aux racines profondes et aux branches noueuses, qui domine une forêt depuis des siècles. Ce chêne, c’est l’humanité, avec toute sa sagesse et toute sa folie, ses triomphes et ses échecs. Autour de lui, des loups affamés tournent en cercle, prêts à le dévorer. Ces loups, ce sont les puissants, les manipulateurs, ceux qui veulent contrôler, dominer, détruire. Le chêne pourrait se défendre, déployer ses branches comme des armes, écraser ses ennemis sous son poids. Mais il sait que la violence ne ferait que nourrir la haine, que chaque coup porté affaiblirait un peu plus sa propre essence. Alors, il choisit une autre voie. Il laisse le vent porter ses graines au loin, il offre son ombre aux voyageurs égarés, il murmure des histoires anciennes à ceux qui veulent bien l’écouter. Et peu à peu, autour de lui, la forêt se peuple de jeunes pousses, de nouveaux arbres qui grandissent dans la lumière de sa sagesse. Les loups, eux, finissent par s’éloigner, vaincus non par la force, mais par la persévérance, par cette capacité à grandir, à résister, à transmettre. Ainsi en va-t-il de l’humanité. Face aux loups de la guerre et de l’oppression, nous pouvons choisir de nous battre avec leurs armes, ou de grandir, de résister, de transmettre. Le choix nous appartient.



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