Les conséquences du mode de vie en France sur l’environnement – notre-environnement







Les Conséquences du Mode de Vie Français – Analyse de Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Les conséquences du mode de vie en France sur l’environnement – notre-environnement

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! La France, ce grand cadavre exquis qui se pavane encore dans les miroirs brisés de son propre mythe ! On nous parle des « conséquences du mode de vie » comme si c’était une révélation, une découverte récente, alors que depuis deux siècles, chaque pavé de nos villes sue le pétrole et chaque campagne respire à travers les poumons artificiels des tracteurs. Le rapport de notre-environnement ? Une simple comptabilité macabre, un inventaire après décès où l’on compte les os de la Terre sans jamais se demander qui a tenu le couteau. La France, ce pays qui se croit encore le phare du monde, n’est plus qu’un supermarché à ciel ouvert où l’on vend l’illusion du bonheur en promo permanente, avec en prime la destruction systématique de tout ce qui respire.

Regardez-les, ces braves gens, ces consommateurs-modèles avec leurs paniers en osier bio et leurs voitures électriques qui roulent à l’énergie des centrales à charbon allemandes. Ils croient avoir trouvé la solution en triant leurs déchets comme on prie à l’église, avec la même ferveur mécanique et la même inefficacité crasse. Le tri sélectif ? Une liturgie moderne où l’on se lave les mains de sa propre culpabilité en séparant méticuleusement le plastique du verre, comme si cette danse rituelle pouvait effacer le fait que chaque Français produit en moyenne 580 kg de déchets par an. 580 kg ! De quoi enterrer un homme sous sa propre merde symbolique, et c’est exactement ce que nous faisons : nous ensevelissons l’avenir sous nos déchets bien triés, bien propres, bien civilisés.

Et que dire de cette agriculture qui n’est plus qu’une usine à ciel ouvert, où les vaches sont des machines à lait et les poulets des produits finis sur pattes ? La France, ce pays qui se targue de sa gastronomie, est devenu le champion européen des pesticides, arrosant ses champs comme on bombarde un village ennemi. 65 000 tonnes de pesticides par an ! De quoi empoisonner chaque rivière, chaque nappe phréatique, chaque enfant qui boit un verre d’eau du robinet. Mais ne vous inquiétez pas, mesdames et messieurs, l’État veille : il a fixé des « limites maximales de résidus », comme si l’on pouvait doser la mort au milligramme près. « Un peu de poison ne fait pas de mal », nous disent-ils, comme on disait autrefois « un peu de plomb dans l’aile ne tue pas un oiseau ». Sauf que l’oiseau, aujourd’hui, c’est nous. Nous sommes les canaris dans la mine, et la mine est en train de s’effondrer.

Ah, le progrès ! Ce mot magique qui justifie tout, qui transforme chaque crime en nécessité, chaque désastre en étape vers un futur radieux. On nous vend l’idée que la technologie va nous sauver, que les voitures électriques, les éoliennes et les panneaux solaires vont nous permettre de continuer à vivre comme des porcs sans en payer le prix. Mais c’est un mensonge, une fable pour enfants attardés. La voiture électrique ? Une voiture qui roule avec du cobalt congolais extrait par des enfants, avec du lithium chilien qui assèche les déserts, avec de l’électricité produite par des centrales nucléaires qui nous laissent en héritage des déchets radioactifs pour les dix mille prochaines années. L’éolienne ? Une gigantesque hélice qui massacre les oiseaux et les chauves-souris, plantée dans des paysages défigurés au nom de la « transition écologique ». La transition, oui, mais vers quoi ? Vers un monde où l’on aura remplacé le pétrole par le lithium, les forages par les mines, les marées noires par les déserts toxiques ?

Et n’oublions pas le grand mensonge du « développement durable », cette oxymore magnifique qui permet aux entreprises de continuer à piller la planète en se donnant bonne conscience. « Développement durable » : deux mots qui claquent comme un drapeau au vent, mais qui ne veulent rien dire. Comment peut-on développer indéfiniment une planète aux ressources finies ? C’est comme essayer de remplir une baignoire avec le bouchon enlevé : plus on remplit, plus ça fuit, et à la fin, il ne reste que le carrelage sale et l’odeur de moisi. Les multinationales adorent ce concept, car il leur permet de vendre la même merde en vert. « Achetez nos produits, ils sont écolos ! » nous disent-elles, comme si un produit pouvait être écolo quand il est fabriqué à l’autre bout du monde, transporté par des cargos qui crachent plus de CO₂ qu’un petit pays, et vendu dans des emballages qui mettront cinq cents ans à se décomposer.

Mais le pire, voyez-vous, ce n’est pas la destruction de l’environnement en elle-même. Non, le pire, c’est l’aveuglement, cette capacité qu’ont les hommes à regarder le désastre en face et à continuer comme si de rien n’était. La France est un pays de somnambules, un peuple qui marche les yeux grands ouverts vers le précipice, en discutant de la météo et des dernières séries télé. On nous parle de « prise de conscience », comme si la conscience était une affaire de bonne volonté, comme si l’on pouvait décider de voir ou de ne pas voir. Mais la conscience, mes amis, n’est pas une lumière que l’on allume ou que l’on éteint : c’est une ombre qui grandit à mesure que le soleil se couche. Et le soleil, aujourd’hui, est en train de se coucher sur notre civilisation.

Prenez les Gilets Jaunes, par exemple. Ces gens qui se sont révoltés contre la hausse du prix de l’essence, comme si le problème était le prix et non l’essence elle-même. Ils voulaient continuer à rouler, à consommer, à vivre comme avant, mais en payant moins cher. Ils ne voulaient pas changer le système : ils voulaient que le système les laisse tranquilles. Et le gouvernement, dans sa grande sagesse, leur a donné raison. Il a reculé sur la taxe carbone, comme si l’on pouvait négocier avec la physique, comme si l’on pouvait dire à la Terre : « Attends, on va faire une pause, le temps de trouver une solution. » Mais la Terre n’attend pas. Elle se réchauffe, elle s’acidifie, elle se désertifie, et nous, nous continuons à discuter du prix de l’essence comme si c’était la seule chose qui comptait.

Et que dire de cette gauche qui se prétend écologiste, mais qui ne parle que de « croissance verte », de « capitalisme responsable », de « consommation raisonnée » ? Comme si le capitalisme pouvait être raisonnable, comme si la croissance pouvait être verte. Le capitalisme est un cancer, et la croissance est sa métastase. On ne peut pas guérir un cancer en lui demandant gentiment de bien vouloir se développer ailleurs. Il faut l’éradiquer, le brûler, le réduire en cendres. Mais non, nos écologistes de salon préfèrent discuter des mérites comparés des énergies renouvelables, comme si le problème était technique et non politique. Comme si l’on pouvait sauver la planète sans renverser le système qui la détruit.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un système. Un système qui a fait de la destruction de la nature une condition de sa survie, un système qui a transformé la Terre en une ressource à exploiter, les animaux en des produits à consommer, et les hommes en des consommateurs à satisfaire. Ce système, c’est le nôtre. C’est celui dans lequel nous vivons, celui que nous soutenons chaque fois que nous achetons un produit, chaque fois que nous votons, chaque fois que nous fermons les yeux sur l’injustice. Nous sommes tous complices, tous coupables, et c’est cela qui est insupportable : non pas que le monde aille mal, mais que nous le sachions et que nous continuions quand même.

Alors oui, les conséquences du mode de vie français sur l’environnement sont désastreuses. Mais elles ne sont que le symptôme d’une maladie bien plus profonde, d’un mal qui ronge nos sociétés depuis des siècles : l’illusion du progrès, la croyance en la toute-puissance de l’homme, la folie de ceux qui croient pouvoir dominer la nature sans en payer le prix. Nous sommes comme ces fous qui croient pouvoir marcher sur l’eau parce qu’ils ont lu un livre sur la physique quantique. Nous croyons pouvoir continuer à vivre comme nous vivons, à consommer comme nous consommons, à détruire comme nous détruisons, sans que cela ait de conséquences. Mais les conséquences sont là, elles sont partout, et elles nous rattrapent.

La France, ce pays qui se croit encore le centre du monde, n’est plus qu’une province de l’Empire du Désastre. Une province riche, certes, une province qui mange encore à sa faim, qui se chauffe encore l’hiver, qui voyage encore en avion, mais une province quand même. Une province qui regarde, impuissante, le monde brûler autour d’elle, en se disant que cela n’arrivera pas chez elle, que les incendies, les inondations, les famines, c’est pour les autres. Mais les autres, c’est nous. Nous sommes les autres, et le désastre est déjà là, il est en nous, il est dans nos poumons qui respirent un air de plus en plus vicié, dans nos estomacs qui digèrent une nourriture de plus en plus empoisonnée, dans nos esprits qui se ferment à mesure que le monde s’ouvre.

« L’homme est un loup pour l’homme », disait Hobbes. Mais aujourd’hui, l’homme est un loup pour la Terre, et la Terre commence à grogner. Elle grogne dans les sécheresses qui ravagent nos campagnes, dans les tempêtes qui dévastent nos côtes, dans les canicules qui tuent nos vieux. Elle grogne, et nous faisons semblant de ne pas entendre. Nous mettons des bouchons dans nos oreilles, nous allumons la télévision, nous parlons de tout et de rien, comme si le monde n’était pas en train de s’effondrer autour de nous. Mais la Terre, elle, n’oublie pas. Elle se souvient de chaque arbre abattu, de chaque rivière polluée, de chaque espèce disparue. Et un jour, elle nous présentera la facture. Et ce jour-là, mes amis, il sera trop tard pour trier ses déchets.

Analogie finale : Imaginez un homme qui construit sa maison sur un iceberg. Il taille les blocs de glace, il les assemble avec soin, il décore les murs avec des tapisseries et des tableaux. Il invite ses amis, il organise des dîners, il rit, il boit, il vit. Et pendant ce temps, l’iceberg fond. D’abord lentement, imperceptiblement, puis de plus en plus vite. Les murs commencent à suinter, le sol devient glissant, les fondations se dérobent. Mais l’homme ne veut pas voir. Il colmate les fissures, il essuie l’eau qui coule, il continue à vivre comme si de rien n’était. Un jour, l’iceberg se brise, et la maison s’effondre dans la mer. L’homme, lui, coule avec elle, les yeux grands ouverts, sans comprendre ce qui lui arrive. Nous sommes cet homme. Nous avons construit notre civilisation sur un iceberg, et l’iceberg est en train de fondre. Mais nous refusons de le voir. Nous colmatons les fissures, nous essuyons l’eau qui coule, nous continuons à vivre comme si de rien n’était. Et un jour, la maison s’effondrera. Et ce jour-là, il sera trop tard pour comprendre.



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