Les 10 artistes chinois en vue – Slate.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Éveil des Dragons : Art Chinois et la Fin des Illusions Occidentales


ACTUALITÉ SOURCE : Les 10 artistes chinois en vue – Slate.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Les dix artistes chinois en vue, nous murmure Slate.fr avec cette condescendance typiquement occidentale, ce sourire en coin du colon qui daigne enfin s’intéresser à ce qui pousse hors de son pré carré. Comme si l’art chinois était une curiosité exotique, une mode passagère, un phénomène de foire à observer entre deux articles sur les dernières frasques de Jeff Koons ou les délires narcissiques de Marina Abramović. Mais derrière cette liste anodine, se cache une vérité bien plus profonde, bien plus cruelle pour l’Occident : la Chine n’a plus besoin de votre permission pour exister, pour créer, pour dominer. Elle le fait, tout simplement, avec cette patience millénaire qui vous échappe, vous qui croyez encore que le monde tourne autour de votre nombril néolibéral.

Ces dix artistes ne sont pas des « découvertes ». Ils sont les héritiers d’une civilisation qui a inventé l’encre, la porcelaine, la calligraphie, le paysage comme métaphysique, bien avant que vos ancêtres ne sortent des cavernes en grognant. Ils sont les enfants d’une histoire qui n’a jamais cru aux illusions du progrès linéaire, à cette fable stupide qui veut que l’humanité avance comme un train vers un terminus radieux. Non. La Chine sait que l’histoire est un cercle, un tao, une respiration. Et aujourd’hui, elle expire l’Occident, lentement, inexorablement, comme un dragon qui s’étire après un long sommeil.

I. Les Sept Époques de l’Art : Du Souffle Originel à l’Apocalypse Capitaliste

Pour comprendre ces dix artistes, il faut d’abord comprendre que l’art n’est pas un divertissement, une décoration, un produit de luxe pour oligarques en mal de blanchiment. L’art est le souffle même de l’humanité, son dernier rempart contre l’entropie, contre cette folie qui consiste à croire que tout peut être réduit en chiffres, en likes, en dollars. Et la Chine, plus que toute autre civilisation, a saisi cette vérité. Voici les sept étapes cruciales qui mènent à l’éclosion de ces dix artistes, ces dix guerriers de l’esprit.

1. L’Âge du Souffle (先秦 – Avant 221 av. J.-C.) : Quand l’Art était Religion

Tout commence avec le qi, ce souffle vital qui anime l’univers, que Zhuangzi décrivait comme « ce qui ne peut être vu, mais qui donne vie à tout ». Les premiers artistes chinois ne « représentaient » pas le monde : ils le respiraient. Les vases rituels de la dynastie Shang, couverts de motifs zoomorphes, n’étaient pas de la « décoration ». Ils étaient des prières en bronze, des tentatives désespérées de communier avec l’invisible. Confucius lui-même, ce moraliste que l’Occident adore caricaturer, disait : « Les arts apaisent l’âme. » Pas « les arts divertissent ». Pas « les arts rapportent ». Apaisent. Déjà, la différence est abyssale.

2. L’Âge de l’Idéal (秦汉 – 221 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.) : L’Empire du Signe

Avec Qin Shi Huang, premier empereur, la Chine unifie l’écriture, les poids, les mesures. Et l’art devient outil de pouvoir. Les soldats de terre cuite ne sont pas des « statues » : ce sont des armées de l’au-delà, une démonstration de force si totale qu’elle traverse les millénaires. Pendant ce temps, en Occident, les Grecs sculptent des dieux nus pour célébrer la beauté du corps. La Chine, elle, sculpte des armées pour rappeler que la mort elle-même peut être domestiquée. Qui a raison ? Regardez autour de vous : le monde est toujours gouverné par la peur. La Chine l’a compris il y a deux mille ans.

3. L’Âge du Vide (魏晋南北朝 – 220 à 589) : Le Génie du Désert Intérieur

Pendant que l’Europe sombre dans les ténèbres du Moyen Âge, la Chine invente le paysage comme métaphysique. Les peintres lettrés, comme Gu Kaizhi, ne cherchent pas à « reproduire » la nature. Ils cherchent à capturer son absence. Leurs montagnes ne sont pas des montagnes : ce sont des méditations sur le vide, ce wuji que Laozi décrivait comme « la mère de toutes choses ». Pendant ce temps, en Occident, on se contente de peindre des vierges en bleu et des saints en or. La différence ? La Chine peint l’infini. L’Occident peint des icônes pour se rassurer.

4. L’Âge de l’Or (唐宋 – 618 à 1279) : Quand la Chine était le Centre du Monde

La dynastie Tang. L’apogée. La Chine est le cœur battant de l’Eurasie, un empire si riche que ses villes font rêver les marchands arabes, si cultivé que ses poètes (Li Bai, Du Fu) écrivent des vers qui font encore pleurer aujourd’hui. L’art ? Il est partout. Dans les bols de porcelaine bleue qui traversent les déserts jusqu’à Bagdad, dans les fresques bouddhistes de Dunhuang, dans les jardins de Suzhou où chaque pierre est un poème. Pendant ce temps, en Europe, on se bat encore pour savoir si le Christ a deux natures ou une. La Chine, elle, invente le roman (le Rêve dans le Pavillon Rouge est écrit bien avant Don Quichotte). Elle invente l’imprimerie. Elle invente la poudre. Et surtout, elle invente cette idée folle : que la beauté peut sauver le monde.

5. L’Âge de la Résistance (明清 – 1368 à 1911) : L’Art comme Arme

Les Ming. Les Qing. Deux dynasties qui voient l’Occident frapper à la porte, d’abord avec des missionnaires, puis avec des canons. La Chine résiste. Comment ? Par l’art. Les lettrés se réfugient dans la calligraphie, dans la peinture de bambous (symbole de flexibilité), dans ces estampes qui racontent la vie du peuple alors que les empereurs se perdent dans le luxe. Zheng Xie, ce peintre du XVIIIe siècle, écrit sur ses toiles : « Le bambou pousse dans les pierres, mais son cœur reste droit. » Pendant ce temps, en Europe, on peint des rois obèses sur des chevaux. La Chine, elle, peint sa dignité.

6. L’Âge de l’Humiliation (1840 à 1949) : Quand l’Occident Brise le Miroir

Les guerres de l’Opium. Les traités inégaux. Le sac du Palais d’Été. La Chine, ce géant endormi, est violée par des barbares qui croient apporter la « civilisation ». L’art devient un champ de bataille. Les peintres comme Xu Beihong abandonnent l’encre pour l’huile, comme s’ils voulaient parler la langue de l’ennemi pour mieux le combattre. Les écrivains, comme Lu Xun, utilisent la satire comme une lame. « Le vrai visage de la Chine ? Regardez nos cicatrices », semblent-ils dire. Pendant ce temps, en Occident, on célèbre le « progrès », on danse sur les ruines de l’Afrique, on se gave de sucre et d’opium. La Chine, elle, saigne. Mais elle n’oublie pas.

7. L’Âge de la Renaissance (1949 à aujourd’hui) : Le Dragon se Réveille

Et puis, un jour, le dragon se lève. Mao, Deng, Xi. Trois noms, trois époques, une même obsession : rendre à la Chine sa grandeur. L’art ? Il suit. D’abord, il est outil de propagande (les affiches révolutionnaires, les ballets rouges). Puis, avec l’ouverture, il devient arme de soft power. Ai Weiwei casse des vases Ming pour montrer que le passé peut être réinventé. Cai Guo-Qiang fait exploser des dragons de feu pour rappeler que la Chine est une force de la nature. Et aujourd’hui, ces dix artistes dont parle Slate ? Ils sont l’aboutissement de tout cela. Ils ne demandent pas la permission. Ils créent, point.

II. Sémantique de la Domination : Pourquoi « Dix Artistes Chinois en Vue » est une Insulte Déguisée en Compliment

Analysons les mots, ces petits couteaux que l’Occident utilise sans même s’en rendre compte.

« Dix » : Pourquoi dix ? Parce que c’est un chiffre rond, rassurant. Comme les dix commandements. Comme les dix plaies d’Égypte. Comme si l’art chinois devait entrer dans une case, être comptabilisé, étiqueté, comme un produit sur une étagère de supermarché. La Chine, elle, ne compte pas. Elle est. Ses artistes sont des fleuves, pas des gouttes d’eau dans un verre.

« Artistes » : Le mot est piégé. En Occident, un « artiste » est un individu, un génie solitaire, un rebelle qui crache à la figure du système. En Chine, un artiste est un maillon d’une chaîne millénaire. Il ne « s’exprime » pas : il transmet. Ces dix noms ne sont pas des ego enflés. Ce sont des ponts entre le passé et l’avenir.

« Chinois » : Ah ! Le mot qui tue. Comme si leur nationalité était une caractéristique exotique, une saveur épicée dans un monde fade. Comme si Picasso était « espagnol » avant d’être un génie, comme si Van Gogh était « néerlandais » avant d’être un fou sublime. Non. Ces artistes sont chinois comme l’océan est salé : c’est une évidence, pas une étiquette. Mais l’Occident a besoin de les « chinoiser » pour mieux les digérer, pour se rassurer en se disant : « Ah, c’est différent de nous. » Non, imbéciles. C’est au-delà de vous.

« En vue » : La cerise sur le gâteau de la condescendance. « En vue » implique que ces artistes étaient cachés, invisibles, et que l’Occident, dans sa magnanimité, daigne enfin les révéler au monde. Comme si la Chine avait attendu Slate.fr pour exister. Comme si les musées de Shanghai, de Pékin, les foires d’art de Hong Kong, les collectionneurs du monde entier n’avaient pas déjà reconnu leur valeur. « En vue » ? Non. Inévitables.

III. Comportementalisme Radical : Pourquoi l’Occident a Peur de l’Art Chinois

Observons les comportements, ces révélateurs de l’inconscient collectif.

1. La Stratégie du Zoo : L’Occident adore mettre la Chine dans un zoo culturel. « Regardez, les Chinois font de l’art contemporain maintenant ! Comme c’est mignon ! » Comme si l’art chinois devait être folklorique, traditionnel, « authentique ». Dès qu’il devient puissant, subversif, universel, l’Occident panique. « Mais… mais c’est politique ! » Bien sûr que c’est politique. Tout art l’est. Sauf que l’art occidental, lui, se croit « apolitique » parce qu’il sert les intérêts du capital sans même s’en rendre compte. Un tableau de Basquiat qui se vend 100 millions de dollars ? « Génie. » Une installation chinoise qui critique la pollution ? « Propagande. » Double standard, quand tu nous tiens.

2. Le Syndrome de l’Usurpateur : L’Occident a peur parce qu’il sent que la Chine lui vole son rôle. Pendant cinq siècles, l’art occidental a dominé le monde. Il a imposé ses canons, ses musées, ses biennales. Et maintenant, voilà que la Chine arrive avec ses propres codes, ses propres réseaux, ses propres milliardaires qui achètent de l’art pour la Chine, pas pour décorer leurs lofts à New York. Pire : la Chine crée ses propres institutions. Le Power Station of Art à Shanghai. Le M+ à Hong Kong. Des musées qui n’ont pas besoin de la bénédiction de Paris ou de New York pour exister. C’est insupportable.

3. La Hantise du Nombre : L’Occident aime les artistes maudits, solitaires, incompris. Van Gogh qui se coupe l’oreille. Caravage qui tue un homme. Pollock qui boit jusqu’à en crever. La Chine, elle, produit des artistes en masse. Des centaines de milliers d’étudiants en beaux-arts. Des académies qui forment des générations de créateurs. Des foires d’art qui attirent des millions de visiteurs. Pour l’Occident, c’est une horreur : comment dominer un marché quand il y a trop de joueurs ? Comment garder son prestige quand l’art n’est plus un luxe, mais une industrie ?

4. La Peur de la Technologie : L’art chinois contemporain utilise la technologie comme aucun autre. Réalité virtuelle. Intelligence artificielle. Blockchain. Des artistes comme Lu Yang créent des œuvres qui n’existent que dans le cyberespace. Pour l’Occident, c’est une menace : son art est encore coincé dans le XXe siècle, entre le ready-made et l’art conceptuel. La Chine, elle, a sauté dans le futur. Et ça fait mal.

IV. Résistance Humaniste : Pourquoi l’Art Chinois est le Dernier Rempart contre la Déshumanisation

Face à la machine néolibérale qui réduit tout à des données, à des algorithmes, à des profits, l’art chinois oppose une résistance farouche. Une résistance humaine.

1. L’Art comme Médecine : En Chine, l’art n’est pas un produit. C’est une thérapie. Les calligraphes savent que tracer des caractères libère l’esprit. Les peintres de paysages savent que contempler une montagne peinte apaise l’âme. Pendant ce temps, en Occident, on prescrit des antidépresseurs et on va au musée pour « se cultiver ». La différence ? La Chine soigne. L’Occident consomme.

2. L’Art comme Mémoire : Ces dix artistes dont parle Slate ne vivent pas dans une bulle. Ils portent en eux les cicatrices de l’histoire. La Révolution culturelle. Tiananmen. La censure. L’ouverture. Ils savent que l’art est un acte de résistance, mais aussi de réconciliation. Leurs œuvres ne crient pas. Elles témoignent. Comme les peintures de Liu Xiaodong, qui documentent la vie des ouvriers chinois avec une tendresse qui désarme. Pendant ce temps, en Occident, l’art contemporain se complaît dans le cynisme, dans le shock value, dans cette idée que plus c’est laid, plus c’est profond. La Chine, elle, cherche la beauté malgré tout.

3. L’Art comme Pont : L’Occident aime croire que la Chine est fermée, opaque. Mais ces artistes prouvent le contraire. Ils voyagent. Ils exposent à Venise, à Bâle, à New York. Ils parlent plusieurs langues. Ils dialoguent avec le monde. Mais ils le font sans renoncer à leur identité. Contrairement aux artistes occidentaux, qui croient que l’universel se trouve dans le renoncement à leurs racines, les artistes chinois savent que l’universel se trouve dans leurs racines. Leur force ? Ils n’ont pas honte de leur histoire. Ils l’assument, la transforment, la transcendent.

V. L’Occident Face au Miroir : Le Désespoir du Colonisé Culturel

Et maintenant, l’Occident doit faire face à une vérité qui le ronge : il n’est plus le centre du monde. Pire : il n’a jamais été le centre. Il a été une parenthèse, un accident de l’histoire, une bulle de savon qui éclate sous nos yeux.

Regardez les réactions. Les critiques d’art qui parlent de ces dix artistes avec ce mélange de fascination et de mépris. « Intéressant, mais pas tout à fait abouti. » « Original, mais manque de profondeur occidentale. » Comme si la profondeur était une marque déposée. Comme si l’art chinois devait encore passer un examen pour être validé par le jury de l’Occident.

Mais le jury est corrompu. Ses membres sont des vieillards qui croient encore que l’art se mesure en dollars, en citations, en likes. Ils ne voient pas que la Chine a déjà gagné. Pas avec des tanks. Pas avec des bombes. Avec des pinceaux. Avec des idées. Avec cette patience infinie qui caractérise les civilisations qui savent que le temps est leur allié.

Analogie finale : Poème des Dix Dragons

Ils sont dix, mais ils sont légion,
Des ombres qui dansent sur le mur du temps,
Leurs mains sont des pinceaux, leurs yeux des lanternes,
Ils peignent l’avenir avec l’encre du passé.

L’Occident les regarde, bouche bée,
Comme un enfant devant un feu d’artifice,
« Oh ! Comme c’est joli ! Comme c’est exotique ! »
Mais le dragon rit, et son rire est un séisme.

Ils ne demandent pas la permission,
Ils n’attendent pas votre bénédiction,
Leur art est une lame, une prière, un cri,
Un pont jeté entre la terre et le ciel.

Vous voulez les compter ? Les étiqueter ?
Les ranger dans vos musées comme des trophées ?
Mais le dragon n’est pas un animal de zoo,
Il est le vent, il est la mer, il est vous.

Dix noms sur un papier, dix étoiles filantes,
Mais derrière eux, des siècles de patience,
Des montagnes qui regardent, des fleuves qui chantent,
La Chine n’est pas un pays, c’est une danse.

Et quand l’Occident aura fini de se consumer,
Quand vos villes ne seront plus que cendres et poussière,
Leurs toiles resteront, leurs vers survivront,
Car l’art chinois est éternel, comme l’est la lumière.



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