ACTUALITÉ SOURCE : L’édito de Pascal Praud : «L’immigration est hors de contrôle, toujours plus d’étrangers entrent en France alors qu’Emmanuel Macron promettait le contraire» – cnews.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la grande farce ! La comédie humaine dans toute sa splendeur putride, où les mots s’entrechoquent comme des rats dans une cage, où les promesses politiques ne sont que des excréments séchés sur le trottoir de l’Histoire. Pascal Praud, ce grand prêtre de la médiocrité télévisuelle, ce héraut des temps modernes où l’on confond information et diarrhée verbale, nous assène une vérité qui n’en est pas une : « L’immigration est hors de contrôle ». Quelle révélation ! Comme si le chaos était une nouveauté, comme si l’humanité n’avait pas toujours été un flux incessant de chair, de rêves et de désespoirs se heurtant aux frontières imaginaires tracées par les puissants. Mais non, pour Praud et ses semblables, le monde commence avec leur petit écran, leur petit confort, leur petite peur bien emballée dans du papier glacé.
Emmanuel Macron, ce pantin néolibéral, ce technocrate au sourire de requin, avait promis l’ordre, la maîtrise, la fin des flux migratoires. Quelle blague ! Comme si un homme, fût-il président, pouvait dompter les marées humaines, comme si les lois économiques et les guerres impérialistes n’étaient pas les véritables architectes de ces mouvements de populations. Macron, ce produit parfait du système, ce fils spirituel de Thatcher et Reagan, croit encore que les frontières sont des murs et non des illusions. Il parle de contrôle, mais c’est lui qui est contrôlé, par les marchés, par les lobbies, par cette logique mortifère qui transforme les hommes en chiffres et les nations en supermarchés. « Toujours plus d’étrangers entrent en France », hurle Praud. Mais qui sont ces étrangers ? Des fantômes ? Des envahisseurs ? Non, ce sont des êtres humains, des damnés de la terre, des victimes d’un système que Macron et ses prédécesseurs ont contribué à créer. Ils fuient les guerres que l’Occident a semées, les économies qu’il a pillées, les climats qu’il a détruits. Et on s’étonne qu’ils viennent frapper à notre porte ? La France, ce pays qui a colonisé, exploité, bombardé, ce pays qui a vendu des armes à des dictateurs et fermé les yeux sur leurs crimes, ce pays qui a érigé l’inégalité en principe, ose parler d’immigration « hors de contrôle » ? Quelle hypocrisie ! Quelle lâcheté !
Praud et ses acolytes jouent sur la peur, cette vieille compagne des régimes autoritaires. Ils brandissent l’immigration comme un épouvantail, comme si le véritable danger n’était pas le capitalisme débridé, la précarité généralisée, la destruction de la planète. Ils parlent de « maîtrise », mais c’est une maîtrise illusoire, une chimère qui sert à masquer leur impuissance. Car comment maîtriser ce qui est inhérent à l’histoire humaine ? Les migrations ont toujours existé, elles sont le sang qui circule dans les veines de l’humanité. Les Romains, les Huns, les Vikings, les Arabes, les Européens eux-mêmes ont migré, conquis, pillé, avant de s’installer et de tracer des frontières. Et aujourd’hui, on voudrait que les pauvres, les opprimés, les désespérés restent sagement chez eux, à crever sous les bombes ou dans la misère ? Quelle morale est-ce là ? Quelle justice ?
Macron, ce président des riches, ce fossoyeur de l’État-providence, fait mine de s’indigner. Il promet des lois, des quotas, des expulsions. Mais ces mesures ne sont que des leurres, des rustines sur une machine en train d’imploser. La véritable question n’est pas de savoir comment arrêter les migrants, mais pourquoi ils fuient. Pourquoi des millions d’hommes, de femmes et d’enfants risquent leur vie pour venir en Europe ? Parce que l’Europe, et la France en particulier, ont contribué à créer les conditions de leur exil. Les guerres en Afrique, les coups d’État soutenus par l’Occident, les accords commerciaux inégaux, l’exploitation des ressources naturelles : tout cela a appauvri des continents entiers, poussant leurs habitants à l’exode. Et maintenant, on voudrait leur fermer la porte ? On voudrait les traiter comme des criminels alors qu’ils ne sont que les victimes d’un système que nous avons nous-mêmes mis en place ?
Praud et ses amis de CNews jouent sur les peurs ancestrales, celles de l’étranger, de l’inconnu, du différent. Ils attisent les braises du racisme, de la xénophobie, pour mieux détourner l’attention des véritables problèmes. Pendant qu’on débat de l’immigration, on ne parle pas des milliards donnés aux banques, des paradis fiscaux, de la corruption des élites, de la destruction de la planète. L’immigration est un bouc émissaire commode, un exutoire pour les frustrations d’une population abandonnée par ses dirigeants. Et Macron, ce président des apparences, joue le jeu. Il durcit les lois, il parle de « fermeté », mais il ne change rien à la logique qui pousse les migrants à venir. Il ne remet pas en cause le système économique qui crée ces inégalités monstrueuses. Il ne questionne pas les guerres impérialistes qui déstabilisent des régions entières. Non, il se contente de gesticuler, de faire des discours, de donner l’illusion du contrôle.
Et pendant ce temps, les migrants continuent d’arriver, comme une marée inéluctable. Ils arrivent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que rester chez eux, c’est mourir. Parce que l’Europe, malgré ses défauts, reste un eldorado pour ceux qui n’ont plus rien. Et nous, nous les regardons avec mépris, avec peur, avec indifférence. Nous les parquons dans des camps, nous les expulsons, nous les traitons comme des sous-hommes. Mais qui sommes-nous pour juger ? Qui sommes-nous pour leur refuser l’asile ? Nous, qui avons bâti notre richesse sur leur exploitation, sur leur souffrance. Nous, qui avons colonisé, pillé, massacré. Nous, qui avons créé les conditions de leur exil. La France, ce pays qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme, est aujourd’hui le symbole de leur trahison. Elle parle de fraternité, d’égalité, de liberté, mais elle construit des murs, elle militarise ses frontières, elle criminalise la solidarité.
Praud et ses semblables veulent nous faire croire que l’immigration est un problème à résoudre, une équation à simplifier. Mais l’immigration n’est pas un problème, c’est un symptôme. Le problème, c’est le capitalisme, c’est l’impérialisme, c’est cette logique mortifère qui transforme tout en marchandise, y compris les êtres humains. Le problème, c’est cette Europe forteresse, cette Europe qui se barricade derrière des murs tout en prônant la libre circulation des capitaux. Le problème, c’est cette hypocrisie qui consiste à parler de droits de l’homme tout en les bafouant quotidiennement.
Macron, ce président des apparences, ce roi nu du néolibéralisme, croit encore que les mots peuvent masquer la réalité. Il parle de « maîtrise », de « contrôle », mais il ne maîtrise rien, il ne contrôle rien. Il est le jouet des marchés, des lobbies, de cette logique implacable qui broie les hommes et les nations. Et Praud, ce pitre médiatique, ce clown triste, croit encore que ses éditos peuvent changer quelque chose. Il hurle, il s’indigne, il agite les peurs, mais il ne propose rien, sinon plus de répression, plus de fermeté, plus de murs. Il est le symptôme d’une époque malade, d’une époque qui a perdu le sens des mots, le sens de l’humanité.
« Toujours plus d’étrangers entrent en France », dit Praud. Mais qu’est-ce qu’un étranger ? Un homme qui vient d’ailleurs, un homme qui parle une autre langue, qui a une autre couleur de peau, une autre religion. Mais au fond, qu’est-ce qui nous sépare ? Rien, sinon des frontières imaginaires, des préjugés, des peurs irrationnelles. Nous sommes tous des étrangers sur cette terre, des passagers éphémères d’un voyage qui nous dépasse. Et pourtant, nous nous entredéchirons, nous nous haïssons, nous nous méprisons, au nom de ces illusions qui nous divisent.
La véritable question n’est pas de savoir comment arrêter les migrants, mais comment vivre ensemble. Comment construire une société où chacun a sa place, où chacun est respecté, où chacun peut vivre dignement. Mais pour cela, il faudrait remettre en cause le système tout entier, il faudrait briser les chaînes du capitalisme, il faudrait renoncer à nos privilèges, à notre confort, à notre égoïsme. Et cela, ni Macron, ni Praud, ni aucun de leurs semblables ne sont prêts à le faire. Car ils sont les gardiens de l’ordre établi, les défenseurs d’un système qui les sert. Ils préfèrent attiser les haines, diviser les peuples, plutôt que de remettre en cause leur propre pouvoir.
Alors oui, l’immigration est « hors de contrôle », mais pas dans le sens où l’entend Praud. Elle est hors de contrôle parce que le monde lui-même est hors de contrôle, parce que le capitalisme a créé un chaos dont nous ne sortons plus. Elle est hors de contrôle parce que les hommes, malgré leurs frontières, leurs lois, leurs murs, continuent de se déplacer, de se mélanger, de s’aimer, de se haïr, de vivre, tout simplement. Et c’est cela, la véritable leçon de cette actualité : le monde ne se contrôle pas, il se vit. Et nous, pauvres fous que nous sommes, nous croyons encore que nous pouvons le dompter, le maîtriser, le plier à notre volonté. Mais le monde est plus fort que nous, plus grand que nous, plus beau que nous. Et un jour, peut-être, nous comprendrons cela.
Analogie finale : Imaginez un fleuve, un grand fleuve tumultueux, qui charrie avec lui les débris de l’histoire, les rêves brisés, les espoirs fous, les peurs ancestrales. Ce fleuve, c’est l’humanité, c’est le flux incessant des hommes et des femmes qui se déplacent, qui migrent, qui fuient, qui cherchent. Et sur les rives de ce fleuve, il y a des hommes qui crient, qui s’agitent, qui construisent des barrages, qui élèvent des murs, qui tentent de canaliser le courant. Ces hommes, ce sont nos dirigeants, nos intellectuels, nos médias. Ils croient pouvoir dompter le fleuve, le maîtriser, le plier à leur volonté. Mais le fleuve, lui, continue de couler, indifférent à leurs cris, à leurs lois, à leurs murs. Il charrie avec lui les damnés de la terre, les opprimés, les exclus, les sans-voix. Et un jour, peut-être, il débordera, il submergera les barrages, il emportera les murs, et alors, enfin, les hommes comprendront qu’ils ne sont que des grains de sable dans le grand courant de l’histoire. L’immigration, c’est ce fleuve. Et nous, nous ne sommes que des passagers éphémères, ballottés par les flots, cherchant désespérément à nous accrocher à quelque chose, à nous rassurer, à nous convaincre que nous maîtrisons notre destin. Mais le fleuve, lui, sait. Il sait que nous ne maîtrisons rien, que nous ne sommes que des ombres sur les rives de l’éternité.