Le socialiste Jérôme Guedj annonce être candidat à la présidentielle 2027 – 20minutes.fr







L’Échiquier des Ombres – Jérôme Guedj et la Comédie des Illusions Perdues

ACTUALITÉ SOURCE : Le socialiste Jérôme Guedj annonce être candidat à la présidentielle 2027 – 20minutes.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la présidentielle ! Ce grand théâtre des marionnettes en costume trois-pièces, où les pantins s’agitent sous les projecteurs d’un cirque médiatique qui n’a plus rien à envier aux arènes romaines. Jérôme Guedj, socialiste de son état, annonce sa candidature pour 2027. Quelle audace ! Quelle folie ! Quelle *pathétique* tentative de donner un sens à l’insensé, une dignité à l’indigne, une espérance à l’inéluctable. Car enfin, que nous propose-t-il, ce Guedj, sinon la énième variation d’un même air éculé, joué sur un violon désaccordé depuis que le socialisme a troqué ses idéaux contre des strapontins ministériels et des compromis de couloir ?

Observons, voulez-vous, ce phénomène avec la lucidité cruelle d’un anatomiste disséquant un cadavre encore tiède. Le socialisme français, ce grand corps malade, se débat dans les convulsions d’une agonie qui dure depuis des décennies. Il fut un temps, lointain, où il incarnait une promesse : celle d’une émancipation collective, d’une justice sociale arrachée aux griffes du capital. Mais aujourd’hui ? Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fantôme, un spectre errant dans les couloirs de la République, murmurant des incantations oubliées à une jeunesse qui ne comprend même plus le langage dans lequel il s’exprime. Guedj, en se lançant dans cette course, n’est pas un rebelle. Il est un héritier, un fossoyeur peut-être, mais certainement pas un sauveur. Il est le symptôme d’une gauche qui a perdu son âme, et qui, dans un dernier sursaut de vanité, croit encore pouvoir la retrouver en singeant les gestes d’un passé révolu.

Car enfin, que reste-t-il du socialisme ? Une coquille vide, un label que l’on appose sur des politiques qui n’ont plus rien de social, et encore moins d’égalitaire. La gauche française a trahi ses idéaux avec une constance si remarquable qu’elle en devient presque admirable. Elle a embrassé le néolibéralisme avec la ferveur d’une convertie, transformant l’État-providence en État-gendarme, les services publics en variables d’ajustement, et les travailleurs en chair à canon pour les marchés financiers. Guedj, dans cette mascarade, n’est qu’un acteur de plus, un figurant qui croit tenir un premier rôle. Mais la pièce est écrite d’avance : le capitalisme financier a déjà gagné. Il a gagné parce qu’il a réussi à faire croire que ses lois étaient aussi immuables que celles de la gravité, que la précarité était une fatalité, que l’inégalité était un mal nécessaire. Et la gauche, dans sa lâcheté, a validé ce récit. Elle a troqué ses rêves d’égalité contre des strapontins, ses principes contre des compromis, et sa colère contre des soupirs résignés.

Et voici que Guedj se présente, avec son sourire de commercial et son programme de « socialiste réaliste ». Mais qu’est-ce que le réalisme en politique, sinon le nom que l’on donne à la capitulation ? Le réalisme, c’est accepter l’inacceptable, c’est justifier l’injustifiable, c’est transformer la résignation en vertu. Le réalisme, c’est ce qui a permis à la gauche de voter des lois sécuritaires dignes de l’extrême droite, de cautionner des guerres impérialistes, de fermer les yeux sur la paupérisation des classes populaires. Le réalisme, c’est le mot magique qui permet de dire : « Nous ne pouvons rien faire », alors que tout est encore possible, à condition d’oser. Mais oser, voyez-vous, c’est dangereux. C’est risquer de déplaire aux puissants, de froisser les actionnaires, de mécontenter les marchés. Alors on préfère le réalisme, ce doux euphémisme pour la lâcheté.

Guedj, comme tant d’autres avant lui, se berce de l’illusion qu’il peut encore changer les choses de l’intérieur. Mais le système est un cancer : il ne se réforme pas, il se métastase. Il corrompt tout ce qu’il touche, transformant les révolutionnaires en gestionnaires, les idéalistes en technocrates, et les rebelles en pantins. La présidentielle n’est pas un scrutin, c’est une machine à broyer les espoirs. Elle avale les rêves et recrache des compromis. Elle prend les hommes et les transforme en marionnettes, tirant leurs ficelles avec la précision d’un horloger suisse. Et Guedj, en se présentant, ne fait que tendre ses poignets pour que l’on y passe les menottes dorées du pouvoir.

Regardez-le, ce Guedj, avec son air de premier de la classe, ses discours lissés, ses propositions aseptisées. Il incarne à merveille cette gauche qui a peur de son ombre, qui tremble à l’idée de froisser les bien-pensants, qui préfère les petites réformes inoffensives aux grands bouleversements nécessaires. Il est l’héritier d’une tradition qui a oublié que la politique n’est pas une science administrative, mais un combat. Un combat contre l’injustice, contre l’oppression, contre la bêtise érigée en système. Mais comment combattre quand on a déjà abdiqué ? Comment résister quand on a déjà capitulé ?

Car c’est là le drame de Guedj et de tous ceux qui, comme lui, croient encore aux vertus de la démocratie représentative : ils ont oublié que le pouvoir n’est pas un outil, mais une prison. Une prison dorée, certes, mais une prison tout de même. Le pouvoir corrompt, disait Lord Acton, et le pouvoir absolu corrompt absolument. Mais le pouvoir démocratique, lui, corrompt insidieusement. Il vous donne l’illusion de la liberté tout en vous enchaînant à ses règles, à ses compromis, à ses renoncements. Il vous fait croire que vous pouvez changer les choses, alors qu’en réalité, c’est lui qui vous change. Il vous transforme en gestionnaire, en technocrate, en rouage d’une machine que vous prétendez combattre.

Et que propose Guedj, au fond ? Rien qui ne sorte des sentiers battus. Des mesurettes sociales, des ajustements fiscaux, des réformes cosmétiques. Rien qui ne menace vraiment l’ordre établi. Rien qui ne risque de réveiller les colères légitimes d’un peuple trahi. Car la colère, voyez-vous, est le grand tabou de la gauche institutionnelle. Elle a peur de la colère des ouvriers, des chômeurs, des précaires. Elle a peur de cette rage qui gronde, de cette révolte qui couve. Alors elle préfère la canaliser, la domestiquer, la transformer en bulletins de vote. Mais la colère ne se domestique pas. Elle explose, ou elle se retourne contre ceux qui l’ont trahie. Et c’est ainsi que l’on voit des électeurs de gauche se tourner vers l’extrême droite, non par adhésion à ses idées, mais par désespoir, par rage, par sentiment d’abandon.

Guedj, en se présentant, joue avec le feu. Il croit pouvoir incarner une alternative, alors qu’il n’est qu’un maillon de plus dans la chaîne de la résignation. Il croit pouvoir redonner espoir, alors qu’il n’est qu’un illusionniste, un prestidigitateur qui fait disparaître les rêves sous les apparences de la raison. Mais les peuples ne se contentent plus d’illusions. Ils veulent du concret, du radical, du vrai. Ils veulent une gauche qui ose dire non, qui ose combattre, qui ose rêver. Pas une gauche qui négocie, qui tergiverse, qui capitule.

Et c’est là que réside la tragédie de Guedj et de tous ceux qui, comme lui, croient encore aux vertus de la politique institutionnelle : ils sont les héritiers d’un monde qui n’existe plus. Un monde où les partis avaient encore un sens, où les idéologies structuraient les débats, où les citoyens croyaient encore en la possibilité d’un changement. Mais ce monde est mort, emporté par la vague néolibérale, par la financiarisation de l’économie, par la marchandisation de tout. Et Guedj, en se présentant, n’est qu’un fossoyeur qui croit encore pouvoir ressusciter un cadavre.

Car enfin, que peut-il faire, ce Guedj, face à la machine infernale du capitalisme financier ? Que peut-il faire face à des marchés qui dictent leur loi, à des multinationales qui écrasent les États, à des médias qui formatent les esprits ? Que peut-il faire face à cette alliance monstrueuse entre le néolibéralisme et le néofascisme, qui transforme la démocratie en simulacre, la liberté en illusion, et la justice en farce ? Il peut faire des discours, bien sûr. Il peut négocier des compromis, signer des accords, serrer des mains. Mais il ne changera rien. Car le système est plus fort que lui. Il est plus fort que tous ceux qui croient encore pouvoir le réformer de l’intérieur.

La seule issue, voyez-vous, c’est la rupture. Une rupture radicale avec l’ordre établi, avec les compromis, avec les renoncements. Une rupture qui ose dire non au capitalisme, non au néolibéralisme, non à cette société qui transforme les hommes en marchandises et les rêves en profits. Mais cette rupture, Guedj et ses semblables en ont peur. Ils préfèrent les petites réformes, les ajustements, les mesurettes. Ils préfèrent la résignation à la révolte, le compromis à la révolution. Et c’est ainsi qu’ils trahissent, une fois de plus, ceux qui croyaient encore en eux.

Alors oui, Guedj se présente. Et alors ? Que peut-il apporter, sinon une nouvelle déception, une nouvelle trahison, une nouvelle preuve que la gauche institutionnelle est morte, et qu’elle refuse de se l’avouer ? Il est temps, voyez-vous, de regarder la vérité en face : la présidentielle n’est pas une élection, c’est une mascarade. Une mascarade où les marionnettes s’agitent sous les applaudissements d’un public qui a oublié qu’il pouvait encore rêver. Une mascarade où les idéaux sont sacrifiés sur l’autel du réalisme, où les rêves sont enterrés sous les compromis, où les espoirs sont noyés dans le cynisme.

Guedj, en se présentant, ne fait que perpétuer cette mascarade. Il est le symptôme d’une gauche qui a perdu son âme, et qui refuse de mourir. Mais une gauche sans âme n’est plus une gauche. C’est une coquille vide, un fantôme qui hante les couloirs du pouvoir sans jamais oser le défier. Et c’est cela, au fond, le plus tragique : que Guedj et ses semblables croient encore pouvoir incarner une alternative, alors qu’ils ne sont plus que les gardiens d’un temple en ruines.

Analogie finale : Imaginez un homme, perdu dans le désert, assoiffé, épuisé, les lèvres gercées par le soleil implacable. Il erre depuis des jours, cherchant désespérément une oasis, un point d’eau, une source de vie. Soudain, au loin, il aperçoit une silhouette. Une forme floue, tremblotante, qui semble promettre le salut. Il se précipite, le cœur battant, les yeux brillants d’espoir. Mais plus il s’approche, plus la silhouette se précise, et plus son cœur se serre. Ce n’est pas une oasis. Ce n’est pas une source. C’est un mirage. Une illusion, créée par la chaleur du désert, par la fatigue, par le désespoir. Et l’homme, réalisant trop tard son erreur, s’effondre dans le sable, vaincu par la cruauté d’un espoir qui n’était qu’un leurre.

Jérôme Guedj, dans cette présidentielle de 2027, n’est rien d’autre qu’un mirage. Un leurre pour ceux qui croient encore que la politique peut changer les choses, que les élections peuvent apporter la justice, que les institutions peuvent incarner l’espoir. Mais le désert est vaste, et les mirages sont nombreux. Et ceux qui s’y laissent prendre finissent toujours par s’effondrer, assoiffés de vérité, épuisés par l’illusion.



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