ACTUALITÉ SOURCE : Le Pentagone met en garde contre les risques d’une opération militaire d’ampleur contre l’Iran – l’Opinion
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Le Pentagone, ce temple de la guerre éternelle, ce ventre mou de l’impérialisme américain qui digère les peuples comme un boa constrictor digère un lapin – lentement, méthodiquement, avec cette élégance sadique des prédateurs qui savent que leur proie n’a plus d’échappatoire. Ils osent, ces technocrates en costume-cravate, ces généraux à la retraite reconvertis en consultants pour Lockheed Martin, ils osent *mettre en garde* contre les risques d’une opération militaire contre l’Iran ! Comme si la guerre était une partie de poker où l’on hésite à miser ses jetons par peur de perdre. Comme si la vie de millions d’êtres humains n’était qu’une variable d’ajustement dans leurs équations stratégiques. Comme si l’Histoire, cette grande putain sanglante, n’avait pas déjà écrit en lettres de feu les conséquences de leurs folies passées.
Mais non, mes chers charognards en col blanc, vous ne mettez pas en garde par humanisme. Vous tremblez. Pas pour les vies iraniennes, non – pour vos portefeuilles, vos actions, vos dividendes. Vous savez, au fond de vos âmes desséchées, que cette fois, le serpent pourrait mordre. Que l’Iran n’est pas l’Irak, ni la Libye, ni la Syrie. Que cette fois, la bête blessée pourrait se retourner et planter ses crocs dans la jugulaire de votre empire. Et ça, voyez-vous, ça fait mal aux comptes en banque. Alors oui, vous *mettez en garde*. Comme un voleur qui hésite à cambrioler une maison parce qu’il a entendu aboyer un doberman derrière la porte. Pas par morale. Par calcul.
Mais trêve de sarcasmes – bien que le sarcasme soit la seule arme qui reste aux hommes libres face à l’hypocrisie des puissants. Parlons plutôt. Parlons de cette folie qui, depuis des millénaires, pousse les hommes à s’entretuer au nom de dieux, de nations, d’idéologies, ou simplement pour le plaisir sadique de dominer. Parlons de cette pulsion de mort qui habite les couloirs du Pentagone comme elle habitait les palais de Babylone, les forums de Rome, les cours des rois de France. Parlons-en, car l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement, et si nous ne comprenons pas ses mécanismes, nous sommes condamnés à en être les victimes expiatoires.
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Les Sept Étapes de la Folie Impériale : Une Généalogie de la Violence
1. La Naissance du Prédateur (Préhistoire – 3000 av. J.-C.)
Tout commence dans la boue et le sang. Les premiers hommes, ces singes nus et tremblants, découvrent que la violence est un outil. Un outil pour chasser, pour protéger, mais aussi – et c’est là que tout bascule – pour dominer. Les anthropologues nous disent que les premières guerres ne sont pas des conflits de masse, mais des raids de pillage. Des hommes qui attaquent d’autres hommes pour voler leurs femmes, leurs réserves de nourriture, leurs territoires. Déjà, la logique de l’impérialisme est en germe : prendre ce qui ne nous appartient pas, sous prétexte que nous en avons *besoin* ou *envie*. Comme le disait Hobbes, l’homme est un loup pour l’homme. Mais Hobbes oublie une chose : le loup ne tue pas par plaisir. L’homme, si.
Anecdote sanglante : En Mésopotamie, vers 2500 av. J.-C., la cité d’Ur est rasée par les Élamites. Les archéologues ont retrouvé des squelettes d’enfants, les crânes fracassés. Pas de pitié. Pas de remords. Juste la loi du plus fort. Déjà, les puissants justifient leurs crimes au nom de la *nécessité*. Déjà, les scribes, ces premiers propagandistes, écrivent que les dieux sont du côté des vainqueurs.
2. L’Empire comme Religion (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Avec les premiers empires – égyptien, assyrien, perse, romain – la guerre devient une institution. Plus question de raids ponctuels : on conquiert pour *gouverner*. Les empereurs se proclament fils des dieux, et leurs armées sont les instruments de la volonté divine. Alexandre le Grand, ce psychopathe génial, pleure quand il n’a plus de mondes à conquérir. Jules César, ce boucher élégant, écrit ses *Commentaires* comme un manuel de marketing politique : « Veni, vidi, vici. » Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. Pas un mot sur les villages brûlés, les femmes violées, les enfants égorgés. La guerre est une épopée, et les victimes ne sont que des figurants.
Citation maudite : « Si vis pacem, para bellum. » Si tu veux la paix, prépare la guerre. Cette phrase de Végèce, ce stratège romain, est le credo de tous les impérialistes. Elle justifie l’accumulation sans fin d’armes, de bases militaires, de budgets pharaoniques. Elle transforme la paix en simple intervalle entre deux guerres. Et aujourd’hui, le Pentagone la murmure comme une prière avant de signer un nouveau contrat avec Raytheon ou Boeing.
3. Le Christianisme et la Guerre Sainte (500 – 1500)
Avec la chute de Rome, l’Église prend le relais. Plus question de dieux païens : c’est au nom du Christ que l’on massacre. Les croisades sont un chef-d’œuvre de cynisme. On promet le paradis aux pauvres diables qui partent se faire égorger en Terre sainte, tandis que les barons et les évêques s’enrichissent sur leur dos. « Dieu le veut ! » hurle le pape Urbain II en 1095. Dieu, toujours Dieu. Comme si le Tout-Puissant avait besoin de mercenaires pour faire régner sa justice.
Anecdote édifiante : En 1204, les croisés, au lieu de libérer Jérusalem, pillent Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin, pourtant chrétienne. Ils violent les nonnes, brûlent les églises, volent les reliques. Tout cela au nom de la *foi*. La guerre sainte est une escroquerie, et l’Occident en est le grand prêtre.
4. La Colonisation ou l’Art de Voler avec Élégance (1500 – 1900)
Avec la Renaissance, l’Occident découvre un nouveau terrain de jeu : le monde. Christophe Colomb, ce navigateur médiocre mais excellent menteur, « découvre » l’Amérique en 1492. Les Aztèques, les Incas, les peuples d’Afrique et d’Asie vont payer le prix de cette « découverte ». Les conquistadors espagnols, ces psychopathes en armure, massacrent au nom du Christ et de l’or. Les Britanniques, plus hypocrites, appellent cela le *fardeau de l’homme blanc*. Il faut « civiliser » les sauvages, leur apporter la Bible, le capitalisme et la syphilis.
Citation empoisonnée : « Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Elles ont un droit parce qu’elles ont un devoir : elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Jules Ferry, 1885. Ce discours, prononcé à la Chambre des députés française, est le manifeste de l’impérialisme moderne. Il justifie le vol, l’esclavage, le génocide. Et aujourd’hui, les néoconservateurs américains le murmurent encore, en remplaçant « races inférieures » par « États voyous ».
5. Les Guerres Mondiales ou l’Apogée de la Folie (1914 – 1945)
Au XXe siècle, l’Occident atteint des sommets de barbarie. Deux guerres mondiales, soixante millions de morts, des villes rasées, des populations gazées, bombardées, affamées. Et pour quoi ? Pour des frontières, pour des ressources, pour l’orgueil de quelques fous en uniforme. Les généraux envoient des millions d’hommes à la boucherie au nom de la *patrie*. Les industriels s’enrichissent en vendant des armes aux deux camps. Les intellectuels, ces lâches, justifient l’horreur au nom de la *raison d’État*.
Anecdote glaçante : En 1945, les Américains lâchent deux bombes atomiques sur le Japon. Des centaines de milliers de civils sont vaporisés en quelques secondes. Harry Truman, ce petit homme médiocre, déclare : « C’est la plus grande chose de l’Histoire. » La plus grande chose de l’Histoire. Pas la naissance de l’art, pas la découverte de la médecine, non : l’anéantissement instantané de deux villes. Voici l’apogée de la civilisation occidentale.
6. La Guerre Froide ou le Triomphe du Cynisme (1945 – 1991)
Après 1945, les États-Unis et l’URSS se partagent le monde comme des vautours se partagent une charogne. Plus question de guerres ouvertes : on préfère les coups d’État, les assassinats, les guerres par procuration. En Iran, en 1953, la CIA renverse Mossadegh, ce démocrate qui avait osé nationaliser le pétrole. Au Vietnam, les Américains déversent des millions de litres de défoliants, brûlent les villages, massacrent les paysans. Au Chili, en 1973, Pinochet prend le pouvoir avec l’aide de la CIA. Partout, la même logique : mieux vaut un dictateur ami qu’un démocrate ennemi.
Citation révélatrice : « Nous devons être prêts à faire la guerre pour préserver la paix. » John F. Kennedy, 1961. Cette phrase résume à elle seule la schizophrénie de l’impérialisme américain. Faire la guerre pour préserver la paix. Comme si la paix était un état naturel que l’on pouvait préserver en semant la mort. Comme si la paix était une plante fragile qu’il fallait arroser de sang pour qu’elle pousse.
7. L’Empire du Chaos (1991 – Aujourd’hui)
Avec la chute de l’URSS, les États-Unis deviennent la seule superpuissance. Plus de contrepoids, plus de limites. Ils peuvent bombarder qui ils veulent, quand ils veulent. L’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak encore en 2003. Chaque fois, les mêmes mensonges : « Nous agissons pour la démocratie, pour les droits de l’homme, pour la sécurité du monde. » Chaque fois, les mêmes résultats : des pays détruits, des millions de morts, des sociétés fracturées. Et toujours, les mêmes profiteurs : les marchands d’armes, les compagnies pétrolières, les mercenaires.
Aujourd’hui, le Pentagone *met en garde* contre une guerre avec l’Iran. Comme si c’était une nouveauté. Comme si les États-Unis n’avaient pas déjà tenté de renverser le gouvernement iranien en 1953, comme s’ils n’avaient pas soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran dans les années 1980, comme s’ils n’avaient pas imposé des sanctions qui tuent des milliers de civils chaque année. Ils *mettent en garde* parce qu’ils savent que cette fois, ça pourrait mal tourner. Pas par humanisme. Par peur.
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Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre
Parlons maintenant des mots. Car les mots sont des armes, et les impérialistes le savent mieux que quiconque. Ils ont transformé le langage en une machine de propagande, une usine à mensonges où les mots perdent leur sens pour mieux servir leurs intérêts.
1. « Mettre en garde »
Le Pentagone *met en garde*. Cette expression est un chef-d’œuvre de novlangue orwellienne. Elle donne l’illusion de la prudence, de la retenue. Comme si les généraux étaient des humanistes soucieux de préserver la paix. En réalité, *mettre en garde*, c’est déjà une menace. C’est dire : « Nous pourrions frapper, mais nous choisissons de ne pas le faire… pour l’instant. » C’est une façon de rappeler à l’Iran, et au monde, qui détient le pouvoir. C’est une démonstration de force déguisée en acte de modération.
2. « Risques »
Ah, les *risques* ! Ce mot magique qui permet de justifier l’inaction comme l’action. Si le Pentagone parle des *risques* d’une opération militaire, c’est pour mieux préparer l’opinion publique à l’éventualité d’une guerre. Les *risques*, ce sont les dommages collatéraux, les soldats américains tués, les répercussions économiques. Jamais les vies iraniennes. Jamais les souffrances des civils. Les *risques*, c’est ce qui pourrait *nous* coûter cher. Pas ce que *nous* coûtons aux autres.
3. « Opération militaire d’ampleur »
Une *opération militaire d’ampleur*. Quelle élégance ! Quelle retenue ! On dirait une symphonie, une fresque, une œuvre d’art. En réalité, c’est une invasion. Une boucherie. Des bombes, des missiles, des drones qui transforment des villes en cimetières. Mais en disant *opération militaire d’ampleur*, on évite les mots qui fâchent : *guerre*, *massacre*, *crime contre l’humanité*. On transforme l’horreur en une simple *opération*, comme on parle d’une opération chirurgicale. Comme si la guerre était une intervention bénigne, une petite coupure qu’on désinfecte avant de recoudre.
4. « Sécurité nationale »
La *sécurité nationale*. Ce sésame qui ouvre toutes les portes, qui justifie toutes les atrocités. Les États-Unis bombardent l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, toujours au nom de la *sécurité nationale*. Comme si un pays à l’autre bout du monde pouvait menacer la sécurité des États-Unis. Comme si les attentats du 11 septembre avaient été commis par des Irakiens ou des Afghans. La *sécurité nationale*, c’est le prétexte ultime, celui qui permet de suspendre les lois, les droits de l’homme, la morale. C’est le mot de passe qui transforme les démocraties en dictatures.
George Orwell, dans *1984*, avait tout compris : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui, le Pentagone nous murmure : « La guerre, c’est la sécurité. La destruction, c’est la paix. La mort, c’est la vie. » Et le monde, comme un troupeau de moutons, acquiesce.
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Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Mais alors, que faire ? Comment résister à cette machine de mort ? Comment briser le cycle de la violence ?
D’abord, il faut comprendre que l’impérialisme n’est pas une idéologie. C’est une *pulsion*. Une pulsion de domination, de destruction, de mort. Elle habite les hommes depuis la nuit des temps, et elle ne disparaîtra pas par magie. Elle doit être combattue, jour après jour, comme on combat une maladie.
1. Désobéir
La première étape, c’est la désobéissance. Désobéir aux ordres, aux lois, aux dogmes. Les soldats qui refusent de tirer, les journalistes qui refusent de mentir, les citoyens qui refusent de voter pour des va-t-en-guerre : ce sont eux, les vrais héros. Pas les généraux, pas les présidents, pas les PDG des multinationales. Les héros, ce sont ceux qui disent *non*.
Anecdote inspirante : En 1967, le lieutenant William Calley est jugé pour le massacre de My Lai, au Vietnam. Il a ordonné à ses hommes de tuer des centaines de civils, dont des femmes et des enfants. Un soldat, Hugh Thompson, un pilote d’hélicoptère, voit la scène et atterrit entre les Américains et les Vietnamiens. Il menace de tirer sur ses propres camarades s’ils ne cessent pas le massacre. Thompson a sauvé des vies ce jour-là. Parce qu’il a désobéi.
2. Déconstruire le récit impérial
L’impérialisme ne survit que parce qu’il contrôle le récit. Il faut donc déconstruire ce récit, le démonter pièce par pièce. Montrer que la guerre n’est pas une épopée, mais une boucherie. Que les héros ne sont pas les soldats, mais les victimes. Que les « libérateurs » sont en réalité des occupants. Que les « démocraties » sont en réalité des oligarchies militaro-industrielles.
Il faut lire, écrire, parler, crier. Il faut que les voix des opprimés couvrent celles des oppresseurs. Il faut que les images des enfants morts sous les bombes effacent celles des généraux paradant sur leurs chars.
3. Résister par l’humanité
Enfin, il faut résister par l’humanité. Par la compassion, par l’amour, par la solidarité. L’impérialisme veut nous diviser, nous transformer en loups les uns pour les autres. Il faut faire l’inverse : se rassembler, s’entraider, se protéger. Les mouvements pacifistes, les associations humanitaires, les artistes, les poètes : ce sont eux, les vrais remparts contre la barbarie.
Citation lumineuse : « La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice. » Spinoza. La paix, ce n’est pas attendre que les bombes cessent de tomber. C’est construire un monde où elles n’auront plus jamais de raison de tomber.
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Analogie finale :
Temple de béton où l’on prie la mort,
Où les généraux comptent leurs médailles
Comme des enfants comptent leurs billes.
Vous mettez en garde ? Ah ! la belle affaire !
Comme un voleur qui tremble avant de frapper,
Comme un bourreau qui hésite à serrer la corde,
Non par pitié, mais par peur de se salir.
L’Iran, dites-vous, est un risque ?
Mais le vrai risque, c’est vous,
C’est votre folie, votre soif de sang,
Votre rêve éveillé de dominer le monde.
Vous parlez de sécurité ?
Mais la sécurité, c’est la paix,
Et la paix, vous ne la connaissez pas,
Car la paix, c’est l’absence de vous.
Alors oui, mettez en garde,
Criez, menacez, tremblez,
Car le jour vient où les peuples se lèveront,
Où les murs de votre temple s’écrouleront,
Où vos bombes ne seront plus que ferraille,
Où vos généraux ne seront plus que poussière,
Et où l’Histoire, enfin,
Écrira votre épitaphe :
Ci-gît l’Empire,
Mort de sa propre folie.