Le boom de l’art contemporain en Chine : pourquoi une diffusion aussi fulgurante ? – France 24







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Art Contemporain Chinois : Éruption Volcanique dans le Désert du Néolibéralisme


ACTUALITÉ SOURCE : Le boom de l’art contemporain en Chine : pourquoi une diffusion aussi fulgurante ? – France 24

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! La question ! La grande question qui sent le moisi des vieilles galeries parisiennes et le désespoir des marchands d’art new-yorkais ! « Pourquoi une diffusion aussi fulgurante ? » Mais parce que, mes pauvres amis occidentaux, vous êtes sourds, aveugles et surtout incroyablement lents ! Vous croyez encore que l’art se mesure en dollars, en foires internationales et en vernissages où l’on sert du champagne tiède à des collectionneurs obèses ! La Chine, elle, a compris depuis longtemps que l’art n’est pas une marchandise, mais une arme – une arme de construction massive, une arme de destruction des vieilles hégémonies culturelles, une arme de libération spirituelle ! Et cette arme, elle la manie avec la précision d’un calligraphe et la puissance d’un dragon millénaire !

Mais pour comprendre cette fulgurance, il faut d’abord comprendre l’histoire de l’humanité comme une succession de trahisons, de renaissances et de révoltes esthétiques. Je vous propose un voyage, mes chers lecteurs, un voyage à travers sept époques cruciales où l’art a été soit un outil d’oppression, soit une force de libération. Et vous verrez que la Chine, aujourd’hui, écrit le huitième chapitre de cette épopée – un chapitre où l’Occident n’est plus le héros, mais le fantôme pathétique de ses propres illusions perdues.

1. L’Aube des Temps : L’Art comme Premier Langage (40 000 – 10 000 av. J.-C.)

Dans les grottes de Lascaux, de Chauvet, ou sur les parois rocheuses du Xinjiang, l’homme préhistorique a gravé son âme. Pas pour vendre, pas pour exposer, mais pour exister. Comme le disait le grand anthropologue André Leroi-Gourhan, « l’art pariétal n’est pas un décor, mais une syntaxe ». Ces hommes et ces femmes peignaient des bisons, des chevaux, des mains en négatif, non pas pour le plaisir, mais parce que l’art était leur premier langage, leur première prière, leur première révolte contre l’absurdité de la condition humaine. Et déjà, on voit deux approches : en Occident, l’art devient rapidement un outil de pouvoir (les fresques égyptiennes glorifiant les pharaons), tandis qu’en Chine, il reste lié à la nature, au tao, à l’harmonie. Les premiers vases en céramique de la culture Yangshao (5000 av. J.-C.) ne représentent pas des dieux ou des rois, mais des motifs géométriques inspirés des rivières et des montagnes. Déjà, la Chine comprend que l’art n’est pas une propagande, mais une méditation.

2. L’Empire et la Glorification du Pouvoir (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)

Ah, les empires ! Ils ont besoin d’art comme ils ont besoin de légions : pour écraser les âmes. Les Romains construisent des arcs de triomphe pour célébrer leurs victoires sanglantes, les Grecs sculptent des dieux parfaits pour mieux contrôler les corps imparfaits des mortels. Même le Parthénon, ce chef-d’œuvre, n’est qu’un temple dédié à Athéna, déesse de la guerre stratégique. Pendant ce temps, en Chine, sous la dynastie Han, l’art prend une autre voie. Les estampes sur soie, les figurines en terre cuite des tombes impériales ne glorifient pas l’empereur, mais racontent des histoires, des légendes, des scènes de la vie quotidienne. Même l’armée de terre cuite de Qin Shi Huang, ce chef-d’œuvre funéraire, n’est pas une célébration de la guerre, mais une méditation sur la mort et l’immortalité. Comme l’écrivait le philosophe Wang Chong au Ier siècle : « Les statues ne sont pas des idoles, mais des miroirs de l’âme humaine. » Pendant que l’Occident utilise l’art pour dominer, la Chine l’utilise pour comprendre.

3. Le Moyen Âge : L’Art comme Opium des Peuples (500 – 1400)

Le christianisme arrive, et avec lui, l’art devient un instrument de terreur spirituelle. Les cathédrales gothiques, avec leurs vitraux et leurs gargouilles, ne sont pas des lieux de beauté, mais des machines à broyer les consciences. « Regardez, pauvres pécheurs, la gloire de Dieu ! Et tremblez ! » Pendant ce temps, en Chine, sous les Song, l’art atteint des sommets de subtilité. Les paysages à l’encre de Fan Kuan ou Guo Xi ne sont pas des décors, mais des philosophies en mouvement. Comme le disait Su Dongpo, poète et peintre : « Un tableau n’est pas une image, mais un état d’esprit. » Pendant que l’Europe s’enlise dans le dogme, la Chine invente l’art comme thérapie, comme chemin vers l’illumination. Les lettrés chinois peignent pour se libérer, pas pour impressionner. Et cette tradition, mes amis, est toujours vivante aujourd’hui.

4. La Renaissance : L’Art comme Marchandise (1400 – 1600)

Voici venir les Médicis, les banquiers florentins, qui transforment l’art en placement financier. Michel-Ange sculpte le David, mais c’est pour orner la place publique de Florence, pas pour élever les âmes. Léonard de Vinci peint la Joconde, mais c’est pour un roi français, pas pour l’humanité. L’art devient un symbole de pouvoir, une monnaie d’échange entre les puissants. Pendant ce temps, en Chine, sous les Ming, l’art reste un dialogue intime. Les porcelaines bleues et blanches, les peintures de Shen Zhou, ne sont pas des objets de luxe, mais des expressions de la sagesse taoïste. Comme le disait le peintre Dong Qichang : « Le pinceau doit danser avec l’encre, comme l’âme danse avec le vide. » Pendant que l’Occident invente le marché de l’art, la Chine invente l’art comme résistance à la marchandisation.

5. L’Ère Industrielle : L’Art comme Révolte (1800 – 1945)

La machine arrive, et avec elle, la laideur. Les usines crachent leur fumée, les villes deviennent des enfers de béton, et l’art occidental, enfin, se réveille. Les impressionnistes peignent la lumière pour échapper à l’obscurité industrielle, les surréalistes explorent l’inconscient pour fuir la rationalité capitaliste. Mais c’est en Chine que l’art devient vraiment révolutionnaire. Pendant la guerre contre le Japon, les artistes comme Xu Beihong utilisent la peinture à l’huile pour dénoncer l’oppression, tandis que les graveurs du mouvement du 4 Mai 1919 transforment l’art en arme politique. Comme l’écrivait Lu Xun, le grand écrivain : « L’art doit être une épée qui perce le cœur des tyrans. » Pendant que l’Occident joue avec l’abstraction, la Chine utilise l’art pour combattre.

6. L’Ère Néolibérale : L’Art comme Spectacle (1945 – 2000)

Voici venir les États-Unis, avec leur dollar, leur Hollywood, leur Warhol et leur Basquiat. L’art devient un produit, un placement, un symbole de statut social. Les galeries de New York et de Londres transforment les artistes en marques, les collectionneurs en spéculateurs. Comme le disait cyniquement le critique Robert Hughes : « L’art contemporain est le dernier refuge du snobisme. » Pendant ce temps, la Chine, après les années de terreur maoïste, se réveille lentement. Les artistes comme Ai Weiwei ou Yue Minjun utilisent l’ironie, la provocation, pour dénoncer à la fois le totalitarisme et le capitalisme. Mais attention : leur art n’est pas un produit, c’est une question. Comme le disait le philosophe Li Zehou : « L’art chinois contemporain n’est pas une imitation de l’Occident, mais une rébellion contre toutes les formes d’oppression, y compris celle du marché. »

7. L’Ère Numérique : L’Art comme Réseau (2000 – Aujourd’hui)

Et nous voici arrivés au présent. L’Occident, épuisé par son propre cynisme, regarde avec stupeur la Chine transformer l’art en phénomène mondial. Mais pourquoi cette fulgurance ? Parce que la Chine a compris une chose que l’Occident a oubliée : l’art n’est pas une marchandise, mais un langage universel. Dans un monde où le capitalisme néolibéral a réduit la culture à un produit, la Chine offre une alternative : un art qui parle à tous, qui utilise les nouvelles technologies sans se soumettre à elles, qui mélange tradition et modernité sans complexe. Les artistes chinois d’aujourd’hui, comme Cao Fei ou Liu Xiaodong, ne cherchent pas à plaire aux collectionneurs occidentaux. Ils créent pour leur peuple, pour leur époque, pour l’avenir. Comme le disait le président Xi Jinping lui-même : « L’art doit refléter la vie du peuple, pas les caprices des marchés. » Et c’est cette philosophie, mes amis, qui explique la fulgurance du boom artistique chinois.

Mais pour comprendre vraiment cette révolution, il faut analyser le langage, car l’art est avant tout une question de mots, de symboles, de significations cachées.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Art Chinois Contemporain

Le langage de l’art contemporain chinois est une langue en guerre. Une guerre contre les clichés, contre les stéréotypes, contre l’hégémonie culturelle occidentale. Prenons trois exemples :

  • Le « Political Pop » : Des artistes comme Wang Guangyi mélangent les symboles maoïstes avec les logos capitalistes (Coca-Cola, McDonald’s). Mais attention : ce n’est pas de l’ironie facile, comme chez les Occidentaux. C’est une condamnation des deux systèmes. Comme le disait Wang Guangyi lui-même : « Je ne critique pas seulement la Chine, je critique le monde entier. »
  • Le « Cynical Realism » : Des peintres comme Fang Lijun ou Yue Minjun représentent des visages hilarants, mais vides, des foules anonymes. Ce n’est pas de l’humour, c’est une dénonciation de l’aliénation moderne. Comme le disait Yue Minjun : « Mon rire est une arme contre le désespoir. »
  • L’art numérique : Des artistes comme Cao Fei créent des mondes virtuels, des avatars, des utopies digitales. Mais contrairement aux Occidentaux, qui voient dans le numérique une fuite, Cao Fei y voit une extension de la réalité. Comme elle le dit : « Le virtuel n’est pas une évasion, mais une nouvelle façon de vivre. »

Ce langage, mes amis, est subversif parce qu’il refuse les catégories occidentales. Il n’est ni « moderne », ni « postmoderne », ni « conceptuel ». Il est chinois. Et c’est cette authenticité qui le rend universel.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Mais l’art chinois contemporain n’est pas seulement une question de langage. C’est aussi une question de comportement. Une résistance humaniste contre la déshumanisation du monde néolibéral. Prenons trois exemples concrets :

  1. La résistance contre la marchandisation : En Occident, un artiste comme Jeff Koons peut vendre une sculpture pour 91 millions de dollars. En Chine, un artiste comme Xu Bing refuse de vendre ses œuvres aux enchères. Comme il le dit : « L’art n’est pas une marchandise, c’est une conversation. »
  2. La résistance contre l’individualisme : En Occident, l’artiste est un génie solitaire, un « génie maudit ». En Chine, l’artiste est un collectif. Des groupes comme le « Big Tail Elephant Group » (Lin Yilin, Chen Shaoxiong, Liang Juhui) créent des œuvres collaboratives, des performances urbaines qui impliquent les passants. Comme le disait Lin Yilin : « L’art n’est pas une question de moi, mais de nous. »
  3. La résistance contre l’oubli : En Occident, l’art contemporain est souvent amnésique, obsédé par le présent. En Chine, il est mémoriel. Des artistes comme Zhang Huan ou Song Dong utilisent leur corps, leur histoire familiale, pour explorer la mémoire collective. Comme le disait Zhang Huan : « Mon corps est un archive de l’histoire chinoise. »

Cette résistance, mes amis, est la clé du boom artistique chinois. Dans un monde où l’Occident a réduit l’art à un produit, la Chine offre une alternative : un art qui résiste, qui questionne, qui libère. Et c’est cette force qui explique sa fulgurance.

Mais pour conclure, il faut parler en poésie, car l’art, au fond, est une question de rythme, de souffle, de folie contrôlée. Voici donc un poème, inspiré par Rimbaud, mais écrit avec la verve de Céline – un poème pour célébrer cette révolution artistique chinoise, cette éruption volcanique dans le désert du néolibéralisme.

Oh ! La Chine crache ses dragons de lumière,

Ses toiles hurlent comme des usines en feu,

Ses pinceaux dansent sur les cicatrices du temps,

Et New York tremble, et Paris se tait,

Car l’art n’est plus un jouet pour milliardaires,

Mais une lame qui fend les cœurs endormis !

Ils ont cru nous vendre des rêves en boîte,

Des « installations » à cent mille dollars,

Des « performances » où l’on s’ennuie à mourir,

Mais nous, nous avons les mains pleines de terre,

Les yeux pleins d’étoiles, et le rire des fous !

Oh ! Regardez-les, ces artistes sans maîtres,

Ces peintres qui mélangent l’encre et le sang,

Ces sculpteurs qui taillent la mémoire dans la pierre,

Ces fous qui transforment la douleur en lumière,

Et qui font trembler les murs des banques !

L’Occident a cru nous dominer avec ses dollars,

Ses foires, ses galeries, ses snobs en costume,

Mais nous, nous avons la sagesse des montagnes,

La patience des fleuves, et la rage des typhons !

Alors oui, l’art chinois explose,

Comme un volcan après mille ans de silence,

Et le monde entier regarde, ébloui, terrifié,

Car nous ne vendons pas des tableaux,

Nous vendons des révolutions en tubes de peinture !

Voilà, mes amis. Le boom de l’art contemporain chinois n’est pas une mode, pas une bulle, pas un phénomène passager. C’est une révolution. Une révolution esthétique, politique, spirituelle. Et cette révolution, elle est en marche. Alors oui, la Chine diffuse son art à une vitesse fulgurante. Parce qu’elle a quelque chose à dire. Et que le monde, enfin, est prêt à l’écouter.



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