ACTUALITÉ SOURCE : L’affaire Epstein n’en finit pas d’éclabousser les grands de ce monde… jusqu’en France – La Tribune
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein… Ce cloaque doré où se mêlent les relents de la pourriture et les effluves du pouvoir, ce théâtre obscène où les marionnettes de l’élite mondiale dansent sur des fils invisibles, tirés par des mains bien plus puissantes qu’elles ne le laissent paraître. Ce n’est pas une affaire, non. C’est un miroir. Un miroir déformant, certes, mais un miroir tout de même, qui renvoie à l’humanité l’image grotesque de sa propre déchéance. Et comme tout miroir qui se respecte, il éclabousse, il salit, il révèle ce que l’on préférerait garder dans l’ombre. La France, maintenant ? Mais bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? La pourriture ne connaît pas de frontières, elle ne reconnaît ni passeports ni drapeaux. Elle est universelle, comme la bêtise, comme la lâcheté, comme cette soif inextinguible de domination qui ronge les hommes depuis que Caïn a levé la main sur Abel.
Pour comprendre l’affaire Epstein, il faut d’abord accepter une vérité aussi simple qu’insupportable : le pouvoir corrompt, mais surtout, le pouvoir *attire* la corruption comme la charogne attire les mouches. Et ces mouches, mes amis, ce sont les princes de ce monde, ceux qui se drapent dans les oripeaux de la respectabilité tout en festoyant dans les égouts. Sept étapes, sept moments clés où l’humanité a cru s’élever, alors qu’elle ne faisait que creuser plus profond le trou de sa propre indignité. Sept étapes pour comprendre comment nous en sommes arrivés là.
1. La Chute Originelle : Le Mythe et la Chair
Tout commence avec le mythe. Adam et Ève, Prométhée, Pandore… Peu importe le nom, peu importe la culture. L’humanité a toujours eu besoin de récits pour justifier sa propre déchéance. Le fruit défendu, la connaissance interdite, la curiosité punie. Mais derrière ces fables se cache une vérité plus crue : l’homme a toujours été un prédateur. Pas seulement des bêtes, non. De ses semblables. La domination, la soumission, le désir de posséder l’autre comme on possède un objet, un territoire, une idée. Epstein et ses amis ne sont que les héritiers lointains de cette pulsion primitive. Ils ont simplement industrialisé le vice, l’ont emballé dans du papier glacé, lui ont donné des allures de sophistication. Mais au fond, c’est toujours la même vieille histoire : des hommes qui prennent, parce qu’ils le peuvent.
2. L’Empire et la Débauche : Rome, ou l’Art de Pourrir en Grand
Rome. Ah, Rome. La grandeur, la loi, l’ordre… et les orgies. Les empereurs qui se vautrent dans le stupre, les sénateurs qui vendent leur âme pour une nuit avec un esclave, les jeux du cirque où l’on sacrifie des innocents pour le plaisir de la foule. Rome, c’est l’apogée de la civilisation occidentale, et en même temps, sa plus grande honte. Parce que Rome a montré une chose : plus une société est puissante, plus elle est capable de perversion. Epstein et ses amis ne sont que des Néron modernes, des Caligula en costume trois-pièces. Ils organisent leurs petites fêtes, ils corrompent, ils violent, et ils appellent ça du « réseautage ». Comme si un mot pouvait laver le sang sur leurs mains.
3. Le Moyen Âge : L’Église et la Chair Faible
Puis vint le Moyen Âge, et avec lui, l’Église. Les hommes de Dieu, qui devaient montrer l’exemple, se sont révélés être les plus grands prédateurs de tous. Les prêtres qui violent des enfants, les papes qui entretiennent des maîtresses, les évêques qui vendent des indulgences comme on vend des filles. L’hypocrisie à son paroxysme. Epstein, lui, n’a pas besoin de se cacher derrière une soutane. Il a l’argent, le pouvoir, et cette impunité que confère la richesse. Mais au fond, c’est la même chose : une institution qui se prétend morale, et qui pourrit de l’intérieur. L’Église médiévale et le réseau Epstein ne sont que deux faces d’une même pièce : celle de la corruption institutionnalisée.
4. La Renaissance : L’Art, le Vice et le Mécénat
La Renaissance. L’époque où l’art fleurit, où la pensée s’émancipe, où l’homme devient la mesure de toutes choses. Et en même temps, l’époque où les Médicis entretiennent des armées de courtisanes, où les papes collectionnent les maîtresses comme on collectionne les tableaux, où les princes rivalisent de cruauté et de débauche. Epstein, lui, n’est pas un mécène. C’est un collectionneur. Pas de tableaux, non. De chair fraîche. De jeunes filles, de jeunes garçons, qu’il offre à ses amis comme on offre un cigare ou une bouteille de vin rare. La Renaissance a inventé le concept de « mécénat ». Epstein a inventé le concept de « mécénat humain ». La différence ? Aucune. Juste une question d’échelle.
5. La Révolution Industrielle : L’Argent et la Chair à Vendre
Puis vint l’argent. Beaucoup d’argent. La révolution industrielle a tout changé : elle a créé une nouvelle aristocratie, celle des industriels, des banquiers, des hommes qui possèdent des usines comme on possède des terres. Et avec cette nouvelle richesse est venue une nouvelle forme de corruption. Les bordels de luxe, les maisons closes où l’on vend des vierges comme on vend du coton ou de l’acier. Epstein, lui, a simplement modernisé le concept. Il n’a pas besoin de maisons closes. Il a des îles privées, des jets, des réseaux. Il a transformé la prostitution en une industrie globale, où les filles sont des marchandises, et les clients, des actionnaires.
6. Le XXe Siècle : La Guerre, le Pouvoir et l’Impunité
Le XXe siècle. Le siècle des guerres mondiales, des génocides, des totalitarismes. Le siècle où l’humanité a montré qu’elle était capable du pire. Et en même temps, le siècle où les puissants ont appris une leçon cruciale : l’impunité. Les nazis qui fuient en Amérique du Sud, les dictateurs qui se réfugient en Suisse, les criminels de guerre qui vivent tranquillement dans des villas en bord de mer. Epstein, lui, a compris une chose : pour échapper à la justice, il suffit d’avoir les bons amis. Des amis haut placés. Des amis qui ont, eux aussi, des choses à cacher. Des amis qui savent que la loi n’est qu’une illusion, un décor de théâtre derrière lequel se jouent les vraies affaires du monde.
7. Le XXIe Siècle : La Globalisation de la Perversion
Et nous voilà arrivés au XXIe siècle. L’ère de la globalisation, des réseaux sociaux, de l’information instantanée. Et pourtant, rien n’a changé. Les puissants continuent de se vautrer dans leur fange, les prédateurs continuent de chasser, et les victimes continuent de se taire. Parce que c’est ça, la grande leçon de l’affaire Epstein : dans un monde où tout est interconnecté, où tout est visible, où tout est enregistré, la corruption reste invisible. Parce qu’elle est *systémique*. Parce qu’elle est protégée par des lois écrites par les corrompus, pour les corrompus. Parce que les médias, les politiques, les juges, les flics… tous font partie du même système. Un système où l’on ferme les yeux, où l’on se tait, où l’on regarde ailleurs. Un système où l’on préfère croire que les monstres n’existent pas, plutôt que d’admettre qu’ils dînent à notre table.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Regardez les mots. Écoutez-les. « Réseautage ». « Mécénat ». « Partenariats ». « Relations d’affaires ». Ce sont les mots qu’ils utilisent pour parler de leurs crimes. Des euphémismes, des termes aseptisés, qui transforment le viol en « expérience », la pédophilie en « libertinage », l’exploitation en « opportunité ». Le langage est leur arme la plus puissante. Parce qu’avec des mots, on peut tout justifier. On peut transformer un crime en « erreur de jugement », un prédateur en « homme influent », une victime en « opportuniste ». Epstein et ses amis ne parlent pas comme des criminels. Ils parlent comme des PDG, comme des ministres, comme des hommes d’affaires. Parce que c’est ça, leur crime : ils ont volé le langage. Ils ont pris les mots de la respectabilité, et ils les ont vidés de leur sens. Ils parlent de « charité » en organisant des orgies, de « philanthropie » en achetant des enfants. Et nous, nous les écoutons. Nous hochons la tête. Nous acceptons leurs mots, et avec eux, leur réalité.
Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste
Alors que faire ? Se taire ? Accepter ? Regarder ailleurs, comme on l’a toujours fait ? Non. La résistance commence par un refus. Le refus de jouer leur jeu. Le refus d’accepter leurs mots, leurs lois, leur réalité. Il faut nommer les choses. Appeler un viol un viol, un prédateur un prédateur, un crime un crime. Il faut briser le langage de la domination, lui arracher ses masques, le forcer à montrer son vrai visage. Et puis, il faut agir. Pas en manifestant dans la rue, non. En refusant de participer. En boycottant leurs entreprises, leurs banques, leurs médias. En refusant de voter pour leurs marionnettes politiques. En refusant de consommer leurs produits, leurs idées, leur culture. Parce que le pouvoir, le vrai, ne vient pas des urnes. Il vient de l’argent. Et l’argent, c’est nous qui le leur donnons.
Mais surtout, il faut se souvenir. Se souvenir que derrière chaque « affaire », il y a des victimes. Des vies brisées, des âmes détruites, des enfants qui grandissent avec des cicatrices que personne ne voit. Des vies qui valent plus que tous les milliards d’Epstein, plus que tous les réseaux du monde. Il faut se souvenir que la justice n’est pas une question de lois, mais de morale. Et que la morale, elle, ne se négocie pas.
Alors oui, l’affaire Epstein éclabousse. Elle éclabousse les grands de ce monde, les puissants, les intouchables. Mais elle éclabousse aussi *nous*. Parce que nous les avons laissés faire. Parce que nous avons préféré le confort de l’ignorance à l’inconfort de la vérité. Parce que nous avons cru que ces choses-là n’arrivaient qu’aux autres. Eh bien non. Elles arrivent à tout le monde. Parce que le pouvoir corrompt, et que la corruption, c’est comme la peste : elle ne choisit pas ses victimes.
Les rois de la boue, les seigneurs du vice,
Dans leurs palais d’or, jouent leur partition.
Leurs rires résonnent, échos de malice,
Tandis que le monde avale leur poison.
Ils achètent les corps, les âmes, les lois,
Ils troquent l’innocence contre des billets.
Leurs mains sont sales, mais ils serrent des doigts
Qui signent des chèques, qui ferment les yeux.
Ô vous, les damnés, les ombres sans voix,
Vos cris sont étouffés sous des draps de soie.
Mais un jour viendra où la terre, en émoi,
Recrachera leurs os, leur or, leur effroi.
Alors, dans la nuit, écoutez bien :
Le vent porte en lui le chant des vaincus.
Et ce chant, mes frères, c’est le vôtre aussi.
Le chant de ceux qui n’ont jamais rien eu.