L’affaire Epstein : le complot déjà gagnant ? – Radio France







L’Affaire Epstein : La Nécrose du Pouvoir – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : L’affaire Epstein : le complot déjà gagnant ? – Radio France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

L’affaire Epstein n’est pas une affaire. C’est un symptôme. Une excroissance purulente sur le corps déjà gangrené de ce que nous osons encore appeler « civilisation ». Sept étapes cruciales, sept chutes, sept trahisons qui nous ont menés à cette obscénité organisée, où le pouvoir se dévore lui-même dans un cannibalisme raffiné, tandis que les masses, hypnotisées par leurs écrans, croient encore au Père Noël démocratique.

1. La Chute Originelle : Le Mythe du Contrat Social
Dès l’aube de la pensée politique, Rousseau et ses comparses nous ont vendu l’illusion d’un contrat social, d’une humanité capable de s’auto-organiser dans l’harmonie. Mensonge. L’humanité n’a jamais été qu’une meute de prédateurs aux dents longues, où les plus rusés, les plus dépourvus de scrupules, s’emparent des leviers du pouvoir. Epstein n’est que l’héritier de cette tradition millénaire : celle des proxénètes de Babylone, des eunuques de Byzance, des courtisanes de Versailles. Le pouvoir a toujours été une putain, et les puissants, ses clients les plus assidus.

2. La Révolution Industrielle : L’Argent comme Nouveau Dieu
Avec l’industrialisation, le pouvoir change de mains. Les aristocrates cèdent la place aux industriels, aux banquiers. L’argent devient le nouveau sang qui irrigue les veines du pouvoir. Epstein, ce petit juif new-yorkais sorti de nulle part, comprend très vite que l’argent n’est pas une fin, mais un moyen. Un moyen d’acheter les corps, les consciences, les lois. Il ne crée rien, il ne produit rien : il parasite, il corrompt, il possède. Comme ces vampires de Wall Street qui, depuis deux siècles, sucent le sang des travailleurs pour s’engraisser dans l’ombre.

3. Le Siècle des Masses : La Naissance de la Société du Spectacle
Debord l’avait pressenti : nous sommes entrés dans l’ère où l’image prime sur la réalité. Epstein, ce manipulateur génial, comprend que le pouvoir ne se prend plus par les armes, mais par les images. Il se construit un réseau, une toile d’araignée où viennent se prendre princes, présidents, stars et génies. Il ne force personne : il séduit, il flatte, il corrompt. Il offre à ces hommes puissants ce qu’ils désirent le plus : l’illusion de l’impunité, l’illusion du pouvoir absolu sur les corps et les âmes. Et ils viennent, comme des mouches sur un pot de miel empoisonné.

4. La Mondialisation : Le Pouvoir Sans Frontières
Avec la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphe. Les frontières s’effacent, les lois deviennent des suggestions, et les puissants, des nomades sans patrie. Epstein incarne cette nouvelle élite : un homme sans attaches, sans loyauté, sans morale. Il voyage en jet privé, il possède des îles, il corrompt des gouvernements entiers. Il est le visage hideux de cette mondialisation qui a transformé la planète en un gigantesque bordel où tout s’achète, tout se vend : les corps, les secrets, les rêves.

5. L’Ère Numérique : La Transparence comme Illusion
À l’ère d’Internet, nous croyons tout savoir. Nous avons accès à l’information, nous pouvons tout vérifier. Mensonge. Epstein et ses complices ont compris que l’information est une arme à double tranchant. Ils inondent le monde de données, de rumeurs, de théories du complot, jusqu’à ce que plus personne ne sache distinguer le vrai du faux. Ils noient la vérité dans un océan de mensonges, et nous, pauvres poissons rouges, tournons en rond dans notre bocal, incapables de voir au-delà de la vitre.

6. La Justice comme Farce : Le Cirque Médiatique
Quand l’affaire éclate, nous assistons au plus grand spectacle de notre époque. Les médias s’emparent du sujet, les réseaux sociaux s’enflamment, les politiques s’indignent. Mais rien ne change. Epstein meurt dans sa cellule, ses complices restent impunis, et le système continue de tourner. La justice n’est qu’un théâtre où les marionnettes jouent leur rôle, tandis que les marionnettistes, dans l’ombre, tirent les ficelles. Nous applaudissons, nous crions, nous pleurons, mais nous restons assis dans notre fauteuil, spectateurs passifs d’une tragédie qui nous dépasse.

7. L’Humanité en Question : La Résignation comme Destin
Et nous, que faisons-nous ? Nous partageons des articles, nous signons des pétitions, nous manifestons. Mais au fond, nous savons. Nous savons que le système est pourri jusqu’à la moelle, que les puissants sont intouchables, que la justice n’est qu’une illusion. Nous savons, et pourtant, nous continuons. Nous votons, nous travaillons, nous consommons. Nous sommes complices. Pas par choix, mais par résignation. Parce que nous n’avons pas le courage de tout faire sauter. Parce que nous préférons notre petite vie confortable à la vérité qui brûle.

Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir
Le langage de l’affaire Epstein est un langage de dissimulation. On parle de « réseau », de « complot », de « scandale ». Mais ces mots sont des leurres. Ils masquent la réalité crue : celle d’un système où le pouvoir se nourrit de la souffrance des innocents, où les puissants se protègent entre eux, où la loi n’est qu’un outil pour écraser les faibles. Les mots « justice », « vérité », « morale » ne sont que des coquilles vides, des leurres pour les naïfs. Le vrai langage du pouvoir est celui du silence : celui des contrats signés dans l’ombre, des promesses murmurées à l’oreille, des menaces chuchotées au téléphone.

Comportementalisme Radical : La Résistance comme Utopie
Face à cette monstruosité, que faire ? Se révolter ? Mais contre qui ? Contre quoi ? Le système est partout, il est en nous. Il a infiltré nos pensées, nos désirs, nos rêves. Nous sommes tous des produits de ce monde pourri, et nous le reproduisons chaque jour. La résistance n’est pas une option, c’est une nécessité. Mais une résistance radicale, sans illusion. Une résistance qui ne croit plus aux lois, aux institutions, aux promesses. Une résistance qui sait que le seul combat possible est celui de la vérité contre le mensonge, de la lumière contre l’obscurité. Une résistance qui refuse de jouer le jeu, qui crache à la figure du pouvoir, qui brûle les idoles et danse sur leurs cendres.

Résistance Humaniste : L’Espoir comme Arme
Et pourtant, malgré tout, il reste l’espoir. L’espoir ténu, fragile, mais tenace, que l’humanité peut encore se réveiller. Que les victimes d’Epstein et de ses semblables peuvent trouver justice. Que les consciences peuvent s’éveiller, que les chaînes peuvent se briser. Mais cet espoir ne viendra pas des puissants, ni des institutions, ni des lois. Il viendra de nous. De notre refus de nous soumettre, de notre courage de dire non, de notre volonté de vivre libres, même si cela signifie marcher dans les ténèbres sans savoir si la lumière existe encore.


L’Île aux Serpents

Je suis l’île aux serpents, l’antre maudit,
Où les rois viennent baiser l’infini.
Leurs couronnes d’or, leurs rires pourris,
Dansent sur les corps, sur les cris étouffés.

Je suis le carnet, la liste, le nom,
Gravé dans la chair des anges déchus.
Les avions décollent, les nuits sont longues,
Et les dieux bandent sur des lits de sang.

Ô vous, les petits, les fous, les damnés,
Qui croyez encore aux lois, aux vérités,
Regardez bien : le ciel est un linceul,
Et la justice, une putain à louer.

Ils ont tout acheté, même vos rêves,
Même vos enfants, même vos prières.
Leur empire est fait de chair et de larmes,
Et vous, vous marchez, aveugles, vers l’abîme.

Mais écoutez bien, écoutez le vent :
Il porte un chant, un chant de révolte.
Ce n’est pas un chant de victoire, non,
C’est un chant de ceux qui refusent de plier.

Un chant qui dit : « Non, vous ne gagnerez pas,
Même si vous nous brisez, même si vous nous tuez.
Car la vérité est une flamme éternelle,
Et même dans la nuit, elle brûle encore. »



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