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« La gauche se fait la guerre à elle-même », déplore Marine Tondelier, patronne des Écologistes, au lendemain de municipales difficiles pour son parti – France Info
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! La gauche… Ce grand corps malade, ce cadavre encore tiède qui se déchire les entrailles à coups de petites cuillères en argent, tandis que les vautours du capitalisme mondialisé affûtent leurs serres au-dessus de ses restes fumants. Marine Tondelier, dans son désarroi si touchant, si pathétique, nous offre une phrase qui résonne comme un glas : « La gauche se fait la guerre à elle-même ». Quelle lucidité ! Quelle clairvoyance ! Mais aussi, quelle naïveté crasse, quelle méconnaissance abyssale des mécanismes historiques qui ont conduit à cette autodestruction programmée.
Car enfin, mes chers amis, cette guerre intestine n’est pas un accident de parcours, non. Elle est le fruit mûr, pourri jusqu’à la moelle, d’une histoire longue, tortueuse, où la gauche, depuis ses origines, a toujours été son propre bourreau. Permettez-moi, à travers sept étapes cruciales, de disséquer cette tragédie avec la précision d’un scalpel et la verve d’un pamphlétaire enragé.
I. Les Origines : La Gauche, Enfant Illégitime de la Révolution
Tout commence dans le sang et les cris, en 1789, lorsque la gauche émerge des entrailles de la Révolution française comme un monstre difforme, déjà divisé. Robespierre, Danton, Marat : trois têtes d’un même hydre, trois visions d’une même utopie. Robespierre, l’Incorruptible, rêve d’une vertu républicaine pure, ascétique, presque religieuse. Danton, lui, est un pragmatique, un jouisseur, un homme de compromis. Et Marat, dans son bain, hurle à la trahison. La Terreur n’est pas seulement une période historique, c’est le premier acte d’une guerre civile idéologique qui ne s’arrêtera jamais. La gauche, dès sa naissance, porte en elle le germe de sa propre destruction : l’intolérance à la différence, le dogmatisme, la pureté mortifère.
Prenez Saint-Just, ce jeune homme pâle aux lèvres minces : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Quelle phrase magnifique ! Quelle phrase terrifiante ! Elle résume à elle seule l’éternel paradoxe de la gauche : comment construire un monde libre en écrasant ceux qui ne pensent pas comme vous ? Dès lors, la gauche est condamnée à se dévorer elle-même, car elle ne supporte pas les nuances, les demi-teintes, les compromis. Elle veut le paradis, tout de suite, et ceux qui ne marchent pas assez vite vers l’Éden sont des traîtres.
II. Le XIXe Siècle : La Gauche se Fracture en mille Églises
Avec le XIXe siècle, la gauche se complexifie, se diversifie, et donc, se déchire. Marx contre Proudhon, les communistes contre les anarchistes, les socialistes contre les syndicalistes révolutionnaires… Chaque courant devient une secte, chaque leader un prophète, chaque doctrine une religion. Lisez « Les Luttes de classes en France » de Marx, et vous verrez déjà poindre les futures divisions : les ouvriers contre les paysans, les urbains contre les ruraux, les internationalistes contre les patriotes.
Et puis, il y a cette scène, en 1871, pendant la Commune de Paris. Les communards, ces héros tragiques, ces rêveurs en armes, se déchirent entre blanquistes, proudhoniens, jacobins… Ils passent plus de temps à s’entretuer qu’à combattre les Versaillais. Louise Michel, cette lionne, cette sainte laïque, hurle sa colère contre les divisions : « Nous sommes tous des frères, et nous nous égorgeons comme des chiens ! ». Trop tard. La Semaine sanglante arrive, et avec elle, la défaite. La gauche, une fois de plus, a perdu parce qu’elle n’a pas su s’unir.
III. Le XXe Siècle : La Gauche face au Monstre Totalitaire
Ah, le XXe siècle ! Le siècle des idéologies, des grands récits, des espoirs fous et des désillusions sanglantes. La gauche se scinde en deux : d’un côté, les sociaux-démocrates, ces tièdes, ces traîtres aux yeux des purs ; de l’autre, les communistes, ces fanatiques, ces adorateurs de Staline. En 1914, la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) se déchire sur la question de la guerre. Jean Jaurès, ce géant, est assassiné pour avoir prôné la paix. Les socialistes votent les crédits de guerre, trahissant leur idéal internationaliste. La gauche, une fois de plus, se suicide.
Et puis, il y a 1936, le Front populaire. Enfin, une victoire ! Enfin, l’unité ! Mais regardez de plus près : les communistes méprisent les socialistes, les socialistes se méfient des radicaux, les trotskistes hurlent à la trahison… Léon Blum, ce grand homme, ce rêveur pragmatique, est haï par les siens autant que par ses ennemis. « Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron », dira plus tard un intellectuel de gauche. Quelle phrase révélatrice ! La gauche préfère l’échec glorieux à la réussite modeste. Elle préfère la pureté idéologique à l’efficacité concrète.
IV. Mai 68 : La Gauche se Perd dans le Labyrinthe des Identités
Mai 68. Le grand soubresaut. La révolte des enfants gâtés contre leurs pères. Mais aussi, le moment où la gauche se fragmente en mille morceaux, où chaque groupe devient une tribu, où chaque cause devient une religion. Les maoïstes contre les trotskistes, les féministes contre les ouvriers, les écologistes contre les marxistes… La gauche, désormais, est un archipel d’îlots qui ne communiquent plus entre eux.
Lisez « La Société du spectacle » de Guy Debord, et vous comprendrez : la gauche, en se fragmentant, a perdu son grand récit. Elle n’est plus qu’une somme d’identités, de revendications particulières, de luttes sectorielles. Elle a oublié l’universel. Elle a oublié le peuple. Elle est devenue un supermarché des causes, où chacun vient piocher ce qui l’arrange, sans se soucier du reste. Et dans ce supermarché, les écologistes de Marine Tondelier ne sont qu’un rayon parmi d’autres, en concurrence avec les antiracistes, les décoloniaux, les LGBT+, les zadistes… La guerre est permanente, car chacun veut être le plus pur, le plus radical, le plus « woke ».
V. La Chute du Mur : La Gauche Perd son Nord
1989. La chute du Mur de Berlin. L’effondrement du communisme. Pour la gauche, c’est un séisme. Elle perd son grand adversaire, mais aussi son grand miroir. Elle perd sa boussole. Que faire, désormais ? Se rallier au libéralisme, comme Blair ou Clinton ? Se réfugier dans le local, le micro, le particulier ? Ou bien se radicaliser, devenir une secte marginale, une chapelle pour happy few ?
En France, le PS, sous Mitterrand, avait déjà commencé sa mue. Il avait abandonné le socialisme pour le social-libéralisme. Les communistes, eux, se sont recroquevillés sur leurs dernières forteresses. Et les écologistes ? Ils ont émergé comme une force nouvelle, mais déjà divisée entre les réalistes et les radicaux. La gauche, désormais, est un champ de ruines. Elle n’a plus de projet, plus de vision, plus d’avenir. Elle n’a plus que ses divisions, ses querelles, ses petites guerres picrocholines.
VI. Le XXIe Siècle : La Gauche face au Néolibéralisme et à l’Extrême Droite
Et nous voici au XXIe siècle. La gauche, en lambeaux, doit affronter deux monstres : le néolibéralisme, ce cancer qui ronge le monde, et l’extrême droite, ce spectre qui hante l’Europe. Et que fait-elle ? Elle se déchire. Elle se querelle. Elle se suicide.
Prenez l’exemple des municipales. Les écologistes, les socialistes, les insoumis, les communistes… Chacun veut sa part du gâteau. Chacun veut être le premier. Personne ne veut s’effacer. Personne ne veut faire des compromis. Résultat : la droite et l’extrême droite raflent la mise. Et Marine Tondelier, dans son désespoir, s’exclame : « La gauche se fait la guerre à elle-même ». Mais que croit-elle ? Que cette guerre est nouvelle ? Qu’elle est accidentelle ? Non, ma chère. Cette guerre est consubstantielle à la gauche. Elle est dans son ADN.
Regardez Mélenchon. Ce tribun, ce dernier grand orateur de la gauche, ce dernier rêveur d’une révolution citoyenne. Il est haï par les siens. Les socialistes le traitent de populiste. Les écologistes le trouvent trop autoritaire. Les communistes le trouvent trop mou. Et les trotskistes, ces éternels diviseurs, le trouvent trop… tout. Mélenchon, lui, hurle dans le désert. Il veut l’union, mais l’union, c’est comme la paix : tout le monde en parle, personne ne la veut vraiment.
VII. Aujourd’hui : La Gauche, ou l’Art de Perdre des Batailles qu’elle n’a pas Livrées
Et nous voici, aujourd’hui, avec une gauche qui perd des élections qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Une gauche qui se déchire sur des questions de personnes, de stratégies, de postures. Une gauche qui préfère la pureté à l’efficacité, le dogme à l’action, la division à l’union.
Marine Tondelier a raison sur un point : la gauche se fait la guerre à elle-même. Mais elle a tort de croire que c’est une nouveauté. Cette guerre est vieille comme la gauche elle-même. Elle est le fruit d’une histoire longue, d’une culture de la division, d’une incapacité chronique à accepter les compromis, les nuances, les demi-mesures.
La gauche, aujourd’hui, est comme ces vieux couples qui se déchirent après des décennies de vie commune. Ils n’ont plus rien à se dire, mais ils ne peuvent pas se quitter. Ils se haïssent, mais ils ont besoin l’un de l’autre. Ils se font la guerre, mais ils savent, au fond, que sans cette guerre, ils n’existeraient plus.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Division
Regardons de plus près les mots, ces armes terribles. Quand Marine Tondelier parle de « guerre », elle utilise un terme martial, violent. La gauche, en effet, ne se contente pas de discuter, de débattre, de négocier. Non, elle se fait la « guerre ». Comme si les désaccords étaient des champs de bataille, comme si les divergences étaient des blessures.
Et puis, il y a ce « elle-même ». La gauche est à la fois le sujet et l’objet de cette guerre. Elle est son propre ennemi. Elle se retourne contre elle-même, comme un serpent qui se mord la queue. Ce « elle-même » est révélateur : la gauche est schizophrène. Elle est divisée en son sein, fracturée, éclatée.
Enfin, il y a ce « déplore ». Un verbe faible, presque plaintif. Marine Tondelier ne condamne pas, elle ne s’indigne pas, elle ne propose pas. Elle « déplore ». Comme si cette guerre était une fatalité, un malheur qui s’abat sur la gauche sans qu’elle puisse rien y faire. Comme si la division était une malédiction, et non le résultat de choix politiques, de stratégies, de postures.
Analyse Comportementaliste : La Gauche, ou l’Art de l’Autodestruction
La gauche, voyez-vous, est comme ces familles dysfonctionnelles où chacun se déteste, mais où personne ne peut partir. Elle est prisonnière de ses propres contradictions, de ses propres dogmes, de ses propres peurs.
Prenez les écologistes. Ils veulent sauver la planète, mais ils se déchirent sur les moyens. Faut-il être réaliste ou radical ? Faut-il s’allier avec les socialistes ou rester purs ? Faut-il parler aux classes populaires ou aux bobos des grandes villes ? Chaque question devient un champ de bataille, chaque réponse une trahison.
Prenez les insoumis. Ils veulent une révolution citoyenne, mais ils passent leur temps à se quereller sur des détails. Faut-il soutenir les Gilets jaunes ? Faut-il boycotter les médias ? Faut-il s’allier avec les communistes ? Chaque décision devient un casus belli, chaque désaccord une déclaration de guerre.
Et les socialistes ? Ils ne savent plus qui ils sont. Ils oscillent entre le libéralisme et le socialisme, entre le réalisme et l’utopie. Ils sont comme ces vieux aristocrates qui ont tout perdu, mais qui continuent à faire semblant.
La gauche, aujourd’hui, est un champ de ruines. Mais elle est aussi, paradoxalement, une force vivante, une énergie qui ne demande qu’à exploser. Pour cela, il faudrait qu’elle accepte de se remettre en question, qu’elle accepte les compromis, qu’elle accepte les nuances. Il faudrait qu’elle accepte, enfin, que l’unité ne signifie pas l’uniformité.
Mais la gauche, voyez-vous, préfère l’échec glorieux à la victoire modeste. Elle préfère la pureté à l’efficacité. Elle préfère se déchirer que de se remettre en question.
Résistance Humaniste : Pour une Gauche qui ose Gagner
Alors, que faire ? Faut-il baisser les bras, accepter cette guerre intestine comme une fatalité ? Non. Il faut, au contraire, se battre. Se battre pour une gauche unie, une gauche qui ose gagner, une gauche qui accepte les compromis sans renoncer à ses idéaux.
Il faut une gauche qui parle aux classes populaires, qui défend les services publics, qui lutte contre le néolibéralisme, qui protège l’environnement. Une gauche qui ne se contente pas de gérer la décroissance, mais qui propose un nouveau modèle de société. Une gauche qui ne se déchire pas sur des questions de personnes, mais qui se bat pour des idées.
Il faut une gauche qui accepte les alliances, les compromis, les demi-mesures. Une gauche qui comprend que l’unité ne signifie pas l’uniformité, que la diversité des opinions est une richesse, pas une faiblesse.
Il faut une gauche qui ose dire non au capitalisme, non à l’impérialisme, non à l’extrême droite. Une gauche qui ose rêver, qui ose proposer, qui ose gagner.
Mais pour cela, il faut d’abord que la gauche accepte de se regarder dans le miroir. Il faut qu’elle accepte de voir ses divisions, ses contradictions, ses échecs. Il faut qu’elle accepte, enfin, que la guerre intestine n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques.
Il faut une gauche qui ose dire : « Assez ! ». Assez des querelles stériles, assez des divisions inutiles, assez des guerres picrocholines. Assez de se déchirer, assez de se haïr, assez de se suicider.
Il faut une gauche qui ose se rassembler, qui ose s’unir, qui ose gagner.
Exemples à travers l’Art, la Mythologie, le Cinéma et la Littérature
La gauche qui se déchire, ce n’est pas qu’un phénomène politique. C’est aussi un thème récurrent dans l’art, la mythologie, le cinéma, la littérature.
Prenez « La Guerre des dieux » dans la mythologie grecque. Les dieux de l’Olympe passent leur temps à se quereller, à se trahir, à se faire la guerre. Zeus contre Cronos, Athéna contre Poséidon, Héra contre Zeus… Les dieux sont immortels, mais ils sont aussi divisés, déchirés, incapables de s’unir. La gauche, aujourd’hui, ressemble à ces dieux grecs : elle est immortelle dans ses idéaux, mais mortelle dans ses divisions.
Prenez « Le Guépard » de Lampedusa. Dans ce roman magnifique, le prince Fabrizio comprend que tout doit changer pour que rien ne change. La gauche, aujourd’hui, est comme ce prince : elle veut changer le monde, mais elle ne veut pas changer elle-même. Elle veut la révolution, mais elle ne veut pas se remettre en question. Elle veut l’unité, mais elle ne veut pas faire de compromis.
Prenez « La Haine » de Mathieu Kassovitz. Ce film culte montre la fracture sociale, la colère des banlieues, l’échec de la gauche à représenter les classes populaires. Mais il montre aussi, en filigrane, la division de la gauche. Les personnages du film, Vinz, Saïd, Hubert, sont tous des victimes du système, mais ils ne parviennent pas à s’unir. Ils se déchirent, se méfient les uns des autres, sont incapables de faire front commun. La gauche, aujourd’hui, est comme ces trois personnages : elle est divisée, fracturée, incapable de s’unir pour combattre l’ennemi commun.
Prenez « Les Misérables » de Victor Hugo. Dans ce roman monumental, la gauche est incarnée par les révolutionnaires de 1832, ces jeunes gens idéalistes qui se battent pour la justice, pour l’égalité, pour la liberté. Mais ces révolutionnaires sont aussi divisés, querelleurs, incapables de s’unir. Ils se déchirent sur des questions de stratégie, de tactique, de leadership. Et au final, ils échouent. La barricade tombe, les rêves s’effondrent. La gauche, aujourd’hui, est comme ces révolutionnaires : elle a des idéaux magnifiques, mais elle est incapable de les réaliser, parce qu’elle est incapable de s’unir.
Analogie finale : Poème
Ô gauche, ma gauche, mon amour en lambeaux,
Toi qui dansais jadis sous les cieux enflammés,
Te voilà maintenant, vieille putain éreintée,
À te griffer le ventre avec tes ongles sales.Tu fus Robespierre, l’Incorruptible, le Pur,
Et tu n’es plus qu’un chien qui mord sa propre queue,
Un serpent qui se tord dans les spasmes de l’agonie,
Un cadavre qui danse encore sur la musique des balles.Tes enfants, tes petits, tes héritiers maudits,
Se déchirent comme des rats dans un sac trop étroit,
Chacun veut sa part du gâteau pourri,
Chacun veut être le roi d’un royaume en cendres.Ô gauche, ma gauche, ma sœur en délire,
Tu as cru que l’histoire était un long fleuve tranquille,
Mais l’histoire est un égout, une fosse commune,
Où pourrissent tes rêves, tes espoirs, tes illusions.Tu as cru que le peuple était un seul corps,
Mais le peuple est une hydre aux mille têtes hurlantes,
Chacune veut sa part, chacune veut son dû,
Et toi, tu n’es plus que la putain qui les sert.Tu as cru que la révolution était une fête,
Mais la révolution est un abattoir, une boucherie,
Où les tiens s’entretuent pour des mots, des chimères,
Où les tiens se saignent pour des rêves en miettes.Ô gauche, ma gauche, ma mère indigne,
Tu as engendré des monstres, des fous, des traîtres,
Et maintenant, ils te dévorent, ils te déchirent,
Ils boivent ton sang comme un vin trop âpre.Mais écoute, écoute bien, ma vieille putain,
Car même en lambeaux, même en sang, même en larmes,
Tu es encore la seule, la dernière, l’unique,
La seule qui ose encore dire non au monde.Alors relève-toi, ma gauche, ma sœur,
Secoue ta crinière de lionne blessée,
Et hurle, hurle encore, hurle ta rage,
Car même en mourant, tu fais trembler les dieux.