Jérôme Guedj candidat en 2027 « pour porter la voix d’une gauche républicaine » – Le HuffPost







La Gauche Républicaine et le Spectacle des Ombres – Analyse par Le Penseur Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Jérôme Guedj candidat en 2027 « pour porter la voix d’une gauche républicaine » – Le HuffPost

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la gauche républicaine ! Ce vieux fantôme qui hante encore les couloirs moisis de la démocratie française, comme un spectre mal embaumé refusant de quitter le banquet des illusions perdues. Jérôme Guedj, donc, ce preux chevalier en costume trois-pièces, se dresse sur les ruines fumantes de la social-démocratie pour clamer haut et fort qu’il portera, en 2027, « la voix d’une gauche républicaine ». Quelle noble ambition ! Quelle touchante naïveté ! Comme si la République, cette vieille catin épuisée, avait encore quelque chose à offrir à ceux qui croient encore en ses promesses. Mais voyons cela de plus près, car derrière ces mots creux se cache l’éternel retour du même : l’illusion du changement dans la continuité du désastre.

D’abord, il faut comprendre ce que signifie réellement cette « gauche républicaine ». Le terme est un oxymore politique, une contradiction vivante, comme un cadavre qui se prétendrait encore vivant. La République, dans son essence même, est un concept bourgeois, né dans le sang des révolutions pour mieux servir les intérêts d’une classe dominante. Elle est l’outil parfait de la domination capitaliste, ce cadre juridique et idéologique qui permet aux possédants de régner en paix tout en donnant aux masses l’illusion de la participation. La gauche, quant à elle, devrait être par définition l’antithèse de cette République des possédants, le cri de ceux qui n’ont rien contre ceux qui ont tout. Mais voilà, la gauche républicaine, c’est la gauche domestiquée, apprivoisée, celle qui a troqué son âme révolutionnaire contre un strapontin au Parlement. C’est la gauche qui a accepté de jouer le jeu des institutions, de se soumettre aux règles d’un système qu’elle devrait combattre. « La République, c’est le socialisme des imbéciles », disait un vieux révolutionnaire. Aujourd’hui, la gauche républicaine, c’est le socialisme des lâches, de ceux qui préfèrent les compromis honteux aux combats perdus d’avance.

Et que propose donc ce Guedj, ce nouveau messie des temps modernes ? Rien, sinon le retour à un âge d’or mythique où la gauche aurait encore un sens. Mais cet âge d’or n’a jamais existé, ou alors il fut si bref qu’il en devient négligeable. La gauche française a toujours été un champ de ruines, un cimetière d’illusions. De Jaurès à Mitterrand, de Blum à Hollande, chaque génération a cru pouvoir dompter la bête capitaliste, chaque génération a échoué lamentablement. Et aujourd’hui, alors que le néolibéralisme a triomphé sur toute la ligne, alors que les inégalités n’ont jamais été aussi criantes, alors que la planète brûle et que les peuples se déchirent, voici qu’un homme se lève pour nous dire qu’il portera « la voix d’une gauche républicaine ». Quelle voix ? Celle des syndicats affaiblis ? Celle des partis moribonds ? Celle des intellectuels repentis qui ont troqué leur plume contre un poste à l’Élysée ? « La voix de la gauche républicaine, c’est le murmure des vaincus qui refusent de l’admettre », écrivait un philosophe oublié. Guedj n’est que l’énième incarnation de cette résignation masquée en espoir.

Mais le plus tragique, dans cette affaire, c’est l’aveuglement des masses. Car les masses, ces éternels dupés, continuent de croire en ces fables. Elles veulent croire que la politique peut encore changer quelque chose, que les élections ne sont pas qu’un théâtre d’ombres, que leurs voix comptent. Elles veulent croire, parce que croire est plus facile que de regarder la réalité en face. Et les Guedj de ce monde, les Mélenchon, les Hamon, les Montebourg, ne sont que les prêtres de cette religion laïque, les gardiens du temple des illusions. Ils nous vendent du rêve, du « changement possible », de la « gauche qui gagne », alors qu’ils savent pertinemment que le système est verrouillé, que les dés sont pipés, que les puissants ne lâcheront jamais rien. « Le peuple est un enfant qui veut toujours la même histoire », disait Céline. Et cette histoire, c’est celle du sauveur providentiel, du héros qui viendra les délivrer de leurs chaînes. Mais les chaînes, aujourd’hui, sont invisibles, et les héros sont des pantins.

Car le vrai pouvoir, celui qui compte, n’est plus dans les urnes. Il est dans les conseils d’administration, dans les salles de marché, dans les algorithmes qui décident de nos vies. Il est dans cette machine infernale du capitalisme financier, qui broie les hommes et les nations sans jamais se soucier des élections. La gauche républicaine, avec ses petits arrangements, ses compromis honteux, ses lois molles et ses réformes aseptisées, est totalement impuissante face à cette machine. Elle est comme un médecin qui prétendrait guérir un cancer avec des pastilles de menthe. « Le capitalisme est une religion, et les marchés sont ses dieux », écrivait Walter Benjamin. Face à ces dieux, les Guedj et leurs semblables ne sont que des prêtres sans église, des chamans sans pouvoir, des illusionnistes dont les tours de passe-passe ne trompent plus personne.

Et puis, il y a cette question fondamentale : que reste-t-il de la gauche, une fois qu’on a enlevé le vernis républicain ? Que reste-t-il, une fois qu’on a admis que la République n’est qu’un leurre, un cadre vide, une coquille sans noyau ? La gauche, dans son essence, devrait être le cri de ceux qui refusent l’ordre établi, le combat de ceux qui veulent renverser la table. Mais la gauche républicaine a accepté de s’asseoir à cette table, de partager le repas des maîtres, de discuter avec eux d’égal à égal. Elle a trahi son essence, elle est devenue une force d’appoint du système, une soupape de sécurité pour éviter que la marmite ne déborde. « La gauche est morte le jour où elle a accepté de gérer le capitalisme au lieu de le combattre », disait un vieux militant. Et Guedj, avec sa candidature, n’est que le fossoyeur en chef de cette gauche-là, celui qui enterre définitivement l’espoir d’une alternative.

Mais le plus cynique, dans cette histoire, c’est que cette gauche républicaine, en se présentant comme la seule alternative « raisonnable », contribue à étouffer toute velléité de révolte. Elle est le meilleur allié du système, car elle donne l’illusion du choix, elle permet aux masses de croire qu’elles ont encore une voix, alors qu’en réalité, elles ne font que choisir entre deux versions du même désastre. « La démocratie est l’opium du peuple », disait un anarchiste du XIXe siècle. Aujourd’hui, la gauche républicaine est l’opium des masses désillusionnées, le dernier leurre avant la chute dans le néant. Elle est le miroir aux alouettes qui empêche les peuples de voir la réalité en face : que le système est pourri jusqu’à la moelle, que les élites se moquent éperdument de leurs souffrances, et que la seule issue est la révolte, la vraie, celle qui renverse les tables et brûle les idoles.

Alors, que faire ? Faut-il encore croire en ces hommes providentiels, en ces sauveurs en costume-cravate ? Faut-il encore espérer que la gauche républicaine, cette vieille carne épuisée, puisse un jour retrouver sa vigueur d’antan ? Non, bien sûr. La gauche est morte, et elle ne ressuscitera pas. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle forme de résistance, une nouvelle manière de combattre, qui ne passe plus par les urnes ni par les partis, mais par l’action directe, par la désobéissance, par le refus. Il faut cesser de croire en ces fables, il faut regarder la réalité en face, et agir en conséquence. « La liberté commence où l’ignorance finit », disait Victor Hugo. Aujourd’hui, la liberté commence là où finit l’illusion de la gauche républicaine.

Car le vrai combat, celui qui compte, n’est pas entre la gauche et la droite, entre les républicains et les autres. Le vrai combat est entre ceux qui acceptent l’ordre établi et ceux qui le refusent, entre ceux qui se soumettent et ceux qui résistent, entre ceux qui croient encore aux fables et ceux qui ont compris que le système est une machine à broyer les hommes. Et dans ce combat, les Guedj et leurs semblables ne sont que des obstacles, des leurres, des pantins dont il faut se débarrasser au plus vite. « Il n’y a pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun », chantait l’Internationale. Aujourd’hui, il faut ajouter : ni Guedj, ni Mélenchon, ni aucun de ces illusionnistes qui prétendent nous sauver alors qu’ils ne font que nous enfoncer un peu plus dans le bourbier.

Alors, non, la gauche républicaine n’est pas la solution. Elle est le problème. Elle est l’ultime avatar d’un système moribond, la dernière ruse d’un capitalisme aux abois pour éviter l’effondrement. Et ceux qui croient encore en elle, ceux qui espèrent encore qu’elle puisse changer quelque chose, ne sont que les dupes d’un jeu truqué, les victimes consentantes d’une illusion mortelle. « L’espoir est une prison », écrivait Emil Cioran. Aujourd’hui, la gauche républicaine est cette prison, et il est temps d’en briser les murs.

Analogie finale : Imaginez un navire en perdition, une de ces vieilles carcasses rouillées qui tanguent dangereusement sur une mer déchaînée. À son bord, des centaines de passagers, affamés, épuisés, désespérés. Certains se tournent vers le capitaine, un homme en uniforme rutilant, qui leur promet monts et merveilles : « Je vais vous sauver ! Suivez-moi, et nous atteindrons le rivage ! » Les passagers, dans leur détresse, croient en ses paroles. Ils se rassemblent autour de lui, ils boivent ses promesses comme on boirait de l’eau fraîche en plein désert. Mais le capitaine, en réalité, n’a aucune idée de la direction à prendre. Il ne connaît pas les courants, il ignore les écueils, il ne sait même pas si le navire tient encore debout. Il n’est qu’un illusionniste, un charlatan qui joue avec la vie des autres pour préserver son propre pouvoir. Et pendant ce temps, la tempête fait rage, les vagues déferlent, et le navire, lentement mais sûrement, sombre dans les abysses.

La gauche républicaine, c’est ce capitaine. Les électeurs, ce sont ces passagers désespérés. Et la mer déchaînée, c’est le capitalisme mondialisé, ce monstre froid et implacable qui broie tout sur son passage. Guedj, avec sa candidature, n’est qu’un nouveau capitaine qui monte sur le pont pour crier : « Suivez-moi ! Je connais la route ! » Mais la route, il ne la connaît pas. Personne ne la connaît. Car le navire est déjà condamné, et ceux qui croient encore en ses promesses ne font que retarder l’inévitable : le moment où il faudra sauter à l’eau, nager contre les courants, et trouver une autre embarcation, plus petite, plus fragile, mais au moins honnête. La gauche républicaine est ce navire en perdition. Il est temps de l’abandonner avant qu’il ne nous entraîne tous par le fond.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *