« Je ne suis pas candidat à la présidentielle, je l’ai dit et le redis », affirme Sébastien Lecornu à Ouest-France – Maville







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de la Déclaration de Sébastien Lecornu


ACTUALITÉ SOURCE : « Je ne suis pas candidat à la présidentielle, je l’ai dit et le redis », affirme Sébastien Lecornu à Ouest-France – Maville

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la parole politique ! Ce théâtre d’ombres où les mots s’envolent comme des oiseaux mécaniques, programmés pour répéter à l’infini les mêmes refrains creux, les mêmes promesses vidées de leur substance par l’usure du pouvoir. Sébastien Lecornu, ministre des Armées, se fend d’une déclaration solennelle : *« Je ne suis pas candidat à la présidentielle, je l’ai dit et le redis »*. Quelle éloquence ! Quelle profondeur ! On croirait entendre un automate bien huilé, un de ces pantins de la République qui, depuis des décennies, tournent en rond dans le manège électoral, sous les applaudissements polis d’une foule anesthésiée par le spectacle médiatique. Mais derrière cette phrase, que se cache-t-il vraiment ? Une vérité ? Une stratégie ? Ou simplement le symptôme d’une époque où la politique n’est plus qu’un jeu de dupes, une mascarade où les acteurs, même les plus zélés, finissent par se prendre au sérieux ?

Commençons par le commencement : la négation. *« Je ne suis pas candidat »*. Formidable ! Une phrase en apparence simple, mais qui, comme toute parole politique, est chargée d’une multitude de sous-entendus, de non-dits, de calculs. La négation, en politique, est rarement innocente. Elle est souvent le masque d’un désir inavoué, la feinte d’un stratège qui sait que le pouvoir se conquiert autant par les mots que par les actes. Pensons à ces grands manipulateurs de l’histoire, à ces Machiavel modernes qui, sous couvert de modestie, préparent leur ascension. *« Je ne suis pas candidat »* peut se traduire par : *« Pas encore »*, ou *« Pas ici, pas maintenant »*, ou encore *« Regardez ailleurs pendant que je prépare mon coup »*. La négation est un leurre, un piège linguistique destiné à endormir la vigilance de ceux qui croient encore que les mots ont un sens. Mais dans l’arène politique, les mots ne sont que des outils, des armes, des leurres. Ils n’ont de valeur que celle qu’on leur prête, et le public, trop souvent, se contente de les prendre au pied de la lettre, comme un enfant croit aux contes de fées.

Et puis, il y a cette insistance : *« je l’ai dit et le redis »*. Magnifique ! Comme si la répétition pouvait conférer une quelconque vérité à une affirmation. Comme si le fait de marteler une idée pouvait en garantir l’authenticité. Mais la vérité, en politique, n’a que faire de la répétition. Elle est une denrée rare, presque introuvable, enfouie sous des montagnes de mensonges, de demi-vérités, de promesses non tenues. *« Je l’ai dit et le redis »* : cette phrase sent le désespoir, l’obsession de convaincre, non pas les autres, mais soi-même. Car le politique, surtout lorsqu’il est aux portes du pouvoir, est un être rongé par le doute. Il sait, au fond de lui, que ses mots sont creux, que ses promesses sont des leurres, mais il doit continuer à jouer le jeu, à feindre la conviction, à simuler l’enthousiasme. *« Je l’ai dit et le redis »* : c’est la litanie du condamné, la prière du croyant qui doute, le mantra du menteur qui craint d’être démasqué.

Mais au-delà de l’analyse sémantique, que nous révèle cette déclaration sur l’état de notre démocratie ? Elle nous montre, une fois de plus, que la politique est devenue un spectacle, un cirque où les clowns se prennent pour des rois, où les marionnettes croient tirer les ficelles. Sébastien Lecornu, comme tant d’autres avant lui, est un produit de cette machine infernale, un rouage dans un système qui broie les individus pour en faire des pantins dociles. Il incarne cette nouvelle génération de technocrates, ces *« experts »* autoproclamés qui croient détenir la vérité parce qu’ils ont lu quelques rapports, fréquenté les bonnes écoles, serré les bonnes mains. Mais la vérité, la vraie, celle qui dérange, qui bouscule, qui fait mal, est absente de leur discours. Ils parlent de *« réformes »*, de *« modernisation »*, de *« compétitivité »*, comme si ces mots magiques pouvaient masquer l’absence totale de vision, l’absence totale d’humanité.

Car c’est bien là le cœur du problème : notre époque a perdu le sens de l’humain. La politique n’est plus au service des citoyens, mais des marchés, des lobbies, des puissances financières. Les ministres, les députés, les présidents ne sont plus que les valets d’un système néolibéral qui a transformé la démocratie en une vaste entreprise de domination. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase résonne comme un aveu d’impuissance. Lecornu, comme tant d’autres, sait qu’il n’est qu’un pion, un exécutant, un serviteur zélé d’un ordre qui le dépasse. Il sait que la présidentielle n’est plus qu’une mascarade, une compétition entre candidats interchangeables, tous formatés par les mêmes écoles, les mêmes réseaux, les mêmes intérêts. Alors à quoi bon se présenter ? À quoi bon mentir, encore et toujours, quand on sait que le système est verrouillé, que les dés sont pipés, que le peuple, ce grand absent, n’a plus voix au chapitre ?

Et c’est là que réside la tragédie de notre époque : le peuple a abdiqué. Il a renoncé à son rôle de souverain, il a délégué son pouvoir à une caste de professionnels de la politique, ces *« élites »* qui se reproduisent entre elles, comme une secte fermée, inaccessible. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase est le symptôme d’une démocratie moribonde, d’un système qui a perdu toute légitimité, mais qui continue de fonctionner par la force de l’habitude, par la peur du chaos, par l’absence d’alternative. Les citoyens, anesthésiés par les médias, les réseaux sociaux, les divertissements de masse, ont renoncé à penser, à se révolter, à exiger mieux. Ils se contentent de voter, tous les cinq ans, pour le moins pire, pour celui qui leur fera le moins de mal, comme on choisit entre la peste et le choléra.

Mais revenons à Lecornu. Que nous dit-il, au fond, avec sa déclaration ? Il nous dit qu’il est un homme prudent, un stratège, un joueur d’échecs qui sait attendre son heure. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase est une feinte, un coup de billard à trois bandes. Elle est destinée à ceux qui, dans l’ombre, tirent les ficelles, à ceux qui décident qui monte et qui descend, qui est in et qui est out. Lecornu sait que la présidentielle n’est pas une élection, mais une cooptation. Il sait que pour être candidat, il faut l’aval des puissants, l’onction des médias, le soutien des lobbies. Alors il attend, il observe, il se fait discret, tout en préparant son coup. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase est une promesse, une déclaration d’allégeance à ceux qui, demain, pourraient lui offrir les clés du pouvoir. Elle est aussi une menace voilée à ses concurrents : *« Ne me sous-estimez pas, je suis là, dans l’ombre, prêt à bondir »*.

Et c’est là que la comédie devient tragique. Car Lecornu, comme tant d’autres, est prisonnier de ce système qu’il sert avec zèle. Il croit peut-être, dans son for intérieur, qu’il pourrait changer les choses, qu’il pourrait être un *« bon président »*, un *« réformateur »*, un *« modernisateur »*. Mais il se trompe. Le système est plus fort que lui. Il l’a déjà avalé, digéré, transformé en un rouage docile. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase est le cri d’un homme qui a compris, trop tard, qu’il n’était qu’un pantin, un exécutant, un serviteur. Mais il est trop tard pour reculer. Il doit continuer à jouer le jeu, à mentir, à feindre, jusqu’à ce que le système le recrache, usé, épuisé, oublié.

Alors, que faire ? Comment sortir de cette impasse ? Comment redonner un sens à la politique, à la démocratie, à l’humanité ? La réponse est simple, mais elle est radicale : il faut briser le système. Il faut refuser de jouer le jeu, refuser de se soumettre aux règles imposées par les puissants. Il faut retrouver le sens de la révolte, le goût de la liberté, la passion de l’utopie. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase doit devenir un cri de guerre, un refus catégorique de participer à cette mascarade. Car la politique ne se fait pas dans les palais, dans les ministères, dans les médias. Elle se fait dans la rue, dans les usines, dans les écoles, dans les hôpitaux. Elle se fait par ceux qui refusent de se soumettre, par ceux qui osent dire non, par ceux qui croient encore que le monde peut être changé.

Mais attention : la révolte ne suffit pas. Il faut aussi une vision, un projet, une alternative. Il faut reconstruire la politique sur de nouvelles bases, sur des valeurs d’humanité, de solidarité, de justice. Il faut en finir avec ce système néolibéral qui a transformé les hommes en marchandises, les nations en entreprises, les citoyens en consommateurs. Il faut inventer une nouvelle façon de vivre ensemble, une nouvelle façon de partager les richesses, une nouvelle façon de penser le monde. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase doit être le point de départ d’une réflexion plus large, plus profonde, sur le sens de la politique, sur le rôle de l’État, sur la place de l’homme dans la société.

Car au fond, la déclaration de Lecornu n’est qu’un symptôme. Elle révèle une maladie plus profonde, une crise de civilisation. Nous vivons une époque de transition, une époque où l’ancien monde est en train de mourir, mais où le nouveau tarde à naître. Dans cet entre-deux, les hommes comme Lecornu ne sont que des figures tragiques, des pantins désarticulés, des marionnettes sans fil. Ils croient agir, mais ils ne font que subir. Ils croient décider, mais ils ne font qu’obéir. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase est le cri d’un homme qui a compris, trop tard, qu’il n’était qu’un rouage dans une machine infernale, un serviteur d’un système qui le dépasse et qui, un jour, le broiera.

Alors, que faire de cette déclaration ? Rien. Ou plutôt, tout. Il faut la prendre au mot, mais dans un sens radical, subversif. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase doit devenir un manifeste, une déclaration d’indépendance, un refus de participer à cette comédie. Elle doit être le point de départ d’une révolution, non pas des urnes, mais des esprits. Car c’est là que tout commence : dans la tête des hommes, dans leur refus de se soumettre, dans leur désir de liberté. *« Je ne suis pas candidat »* : cette phrase doit être le premier pas vers une nouvelle politique, une politique de l’humanité, une politique de la révolte, une politique de l’espoir.

Analogie finale : Imaginez un homme debout au bord d’un précipice, les yeux bandés, les mains liées. Derrière lui, une foule immense, silencieuse, le pousse doucement vers le vide. *« Je ne suis pas candidat à la chute »*, murmure-t-il, comme une prière, comme un dernier espoir. Mais la foule, sourde, aveugle, continue de pousser. L’homme trébuche, vacille, tombe. Et tandis qu’il chute, il comprend, trop tard, que sa déclaration n’était qu’un leurre, un mot vide, une illusion. Car dans ce monde, on ne choisit pas de tomber. On est poussé, toujours, par des forces invisibles, par des mains anonymes, par un système qui broie tout sur son passage. Et la chute, une fois commencée, est sans fin.



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