ACTUALITÉ SOURCE : « Jack est pleinement impliqué » : de nouveaux documents minent la défense de Jack Lang dans l’affaire Epstein – Mediapart
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la chute des idoles ! Toujours le même spectacle, toujours la même nausée. Quand les masques tombent, ce n’est jamais beau à voir, mais c’est toujours nécessaire. Comme un chirurgien qui ouvre le ventre d’une société pourrie, Mediapart nous offre aujourd’hui le spectacle répugnant de Jack Lang, ce grand prêtre de la culture officielle, ce ministre qui a fait de l’art un instrument de pouvoir, empêtré jusqu’au cou dans les filets visqueux de Jeffrey Epstein. « Jack est pleinement impliqué » – quelle phrase délicieuse ! Elle résume à elle seule l’hypocrisie de toute une caste, de toute une époque.
Pour comprendre l’ampleur de cette affaire, il faut remonter aux origines mêmes de la corruption humaine, à cette malédiction qui nous poursuit depuis que l’homme a quitté les cavernes pour construire des palais. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers, cette danse macabre entre le pouvoir et la perversion :
1. La naissance du pouvoir sacré (Néolithique) : Quand l’homme a cessé d’être nomade pour devenir sédentaire, il a aussi cessé d’être libre. Le pouvoir est né avec les premiers chefs de tribu, ces hommes qui ont compris que la domination passait par le contrôle des corps et des esprits. Epstein, dans cette perspective, n’est qu’un héritier lointain de ces premiers prédateurs sacralisés.
2. La cour des rois (Antiquité) : Les palais de Babylone, de Perse, de Rome ont été les premiers laboratoires de la corruption systémique. Les courtisans, les favoris, les mignons – autant de termes pour désigner ceux qui vendaient leur âme pour un peu de pouvoir. Jack Lang, avec son sourire de sphinx et ses costumes sur mesure, n’est qu’un courtisan moderne, un favori du système.
3. L’Église et la culpabilité (Moyen Âge) : Le christianisme a inventé la culpabilité, mais aussi l’absolution. Les prêtres qui abusaient des enfants savaient qu’ils pouvaient toujours se confesser et recommencer. Epstein, avec son réseau de complices, a reproduit ce système à l’échelle industrielle : la culpabilité partagée, l’omerta institutionnelle, l’impunité garantie.
4. La Renaissance et le culte de l’apparence (XVe-XVIe siècles) : Machiavel a théorisé la duplicité du pouvoir. Les Médicis, les Borgia ont montré que la beauté, l’art, la culture pouvaient servir de paravent à la plus noire des cruautés. Jack Lang, ministre de la Culture, a parfaitement compris cette leçon : il a fait de l’art un instrument de propagande, un moyen de masquer la pourriture du système.
5. Les Lumières et l’hypocrisie bourgeoise (XVIIIe siècle) : Les philosophes ont prêché la vertu, mais la bourgeoisie a inventé l’hypocrisie moderne. Les maisons closes, les enfants exploités, les réseaux de prostitution – tout cela a prospéré à l’ombre des salons littéraires. Epstein, avec ses dîners mondains et ses amis influents, n’est qu’un héritier de cette tradition bourgeoise.
6. La société du spectacle (XXe siècle) : Guy Debord l’avait prédit : tout est devenu image, représentation, mensonge. Les politiques, les artistes, les intellectuels ne sont plus que des marionnettes dans un grand spectacle médiatique. Jack Lang, avec son sens aigu de la communication, a parfaitement compris les règles de ce jeu : il suffit de sourire, de serrer des mains, de parler d’art et de culture pour que personne ne regarde ce qui se passe dans l’ombre.
7. L’ère numérique et la transparence impossible (XXIe siècle) : Internet devait tout révéler, tout démocratiser. Mais les puissants ont appris à manipuler les algorithmes, à contrôler les flux d’information, à noyer les scandales sous un déluge de fake news. Mediapart, avec ses révélations, tente de percer ce brouillard, mais combien de temps encore les Jack Lang de ce monde pourront-ils échapper à la justice ?
Passons maintenant à l’analyse sémantique de cette affaire. Le langage, ici, est un champ de bataille. « Jack est pleinement impliqué » – cette phrase est un chef-d’œuvre de sous-entendus. « Pleinement » suggère une participation active, totale, sans ambiguïté. « Impliqué » est un euphémisme poli pour dire « complice », « coupable », « corrompu ». Le langage officiel, celui des communiqués de presse et des déclarations ministérielles, utilise toujours ces termes édulcorés pour masquer la réalité crue. Mais Mediapart, en citant des documents, des témoignages, des preuves, force le langage à révéler ce qu’il cherche à cacher.
Le nom même de « Jack Lang » est devenu un symbole. « Jack » évoque la familiarité, la bonhomie, l’accessibilité – tout ce que Lang a cultivé pendant des décennies. « Lang », en allemand, signifie « long » – comme une ombre qui s’étend sur toute une époque. Mais aujourd’hui, ce nom résonne comme une malédiction. Il incarne l’hypocrisie d’une gauche caviar, d’une élite qui a trahi ses idéaux pour se vautrer dans les privilèges et les compromissions.
Quant au comportementalisme radical, il faut le comprendre comme une réponse à cette pourriture généralisée. Les hommes comme Epstein et ses complices fonctionnent selon un schéma bien précis : ils exploitent les failles du système, ils utilisent la peur, la honte, la culpabilité pour réduire leurs victimes au silence. Ils savent que la plupart des gens préféreront fermer les yeux plutôt que de risquer leur réputation, leur carrière, leur confort. Mais il y a toujours des résistants, des rebelles, des fous qui refusent de jouer le jeu. Mediapart, dans cette affaire, incarne cette résistance. En publiant ces documents, en refusant l’omerta, en exigeant des comptes, ils montrent que l’humanisme n’est pas mort, qu’il existe encore des hommes et des femmes prêts à se battre pour la vérité.
Cette résistance humaniste passe par plusieurs étapes : d’abord, le refus de l’aveuglement volontaire. Beaucoup préfèrent ne pas savoir, ne pas voir, ne pas entendre. C’est plus confortable. Mais la résistance commence par le choix de regarder la réalité en face, aussi laide soit-elle. Ensuite, il y a l’acte de parole : dire la vérité, même quand elle dérange, même quand elle met en danger. Enfin, il y a l’action : exiger des comptes, demander des sanctions, refuser l’impunité.
Mais attention : cette résistance ne doit pas se contenter de cibler les individus. Epstein est mort, Lang sera peut-être condamné, mais le système, lui, reste intact. Tant que les réseaux de pouvoir, les complicités institutionnelles, les mécanismes de corruption ne seront pas démantelés, rien ne changera. La résistance humaniste doit donc être radicale : elle doit s’attaquer aux racines du mal, pas seulement à ses symptômes.
Et maintenant, place au poème. Parce que devant l’horreur, il faut aussi savoir chanter, hurler, maudire. Parce que l’art, quand il est vrai, est toujours une arme.
Analogie finale : Le Bal des Vampires
Ils dansent, ils tournent, ils rient sous la lune,
Les seigneurs en smoking, les dames en satin.
Leurs dents sont dorées, leurs mains sont si douces,
Mais leurs yeux sont vides comme un vieux matin.
Jack, Jack, mon beau Jack, où donc est ta gauche ?
Dans les poches d’Epstein, dans les lits des enfants ?
Tu parlais d’art, de rêve, de lumière,
Mais tu n’étais qu’un spectre, qu’un pantin sanglant.
Les documents tombent comme des feuilles mortes,
Ils révèlent l’horreur, ils crient la vérité.
Mais les juges sont sourds, les médias sont lâches,
Et la justice n’est qu’une vieille putain fatiguée.
Alors dansez, dansez, mes beaux messieurs,
Vos masques tomberont, vos noms seront maudits.
La postérité n’est qu’un miroir brisé,
Où se reflètent vos visages pourris.
Un jour, peut-être, un enfant lira votre histoire,
Et crachera par terre en apprenant vos noms.
Mais d’ici là, dansez, dansez encore,
Sur la tombe des innocents, sur le sang des damnés.