Guerre Iran-Israël : « Trump a montré que les États-Unis restaient la puissance militaire dominante » – La Croix







Laurent Vo Anh – L’Empire du Vide et la Danse Macabre des Bombes


ACTUALITÉ SOURCE : Guerre Iran-Israël : « Trump a montré que les États-Unis restaient la puissance militaire dominante » – La Croix

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres où l’on nous joue, une fois encore, la même farce sanglante. Les marionnettistes de Washington tirent les ficelles, les généraux israéliens ajustent leurs lunettes à vision nocturne, et Téhéran, ce vieux lion blessé, rugit dans le désert comme un acteur de seconde zone qu’on a oublié de payer. « Trump a montré que les États-Unis restaient la puissance militaire dominante » – quelle phrase délicieuse, n’est-ce pas ? Une phrase qui sent le kérosène, la poudre et le mensonge à plein nez. Une phrase qui résume à elle seule deux mille ans d’histoire humaine : toujours la même obsession pour la domination, toujours la même fascination morbide pour la force brute, toujours cette incapacité congénitale à comprendre que la vraie puissance ne se mesure pas en mégatonnes, mais en capacité à ne pas appuyer sur le bouton.

Mais allons, creusons un peu cette merde, comme disait l’autre. Car cette phrase, voyez-vous, est bien plus qu’une simple déclaration de guerre déguisée en analyse géopolitique. Elle est le symptôme d’une maladie bien plus profonde, une gangrène qui ronge l’Occident depuis que les premiers colons ont posé le pied sur les côtes américaines en rêvant d’or et de terres à voler. Une maladie qui s’appelle l’impérialisme, et dont les États-Unis ne sont que le dernier – et le plus grotesque – avatar.

I. Les Sept Péchés Capitaux de l’Histoire Humaine : Une Généalogie de la Violence

1. L’Aube du Mensonge (Néolithique – 3000 av. J.-C.) : Tout commence avec la sédentarisation, cette grande escroquerie. Les premiers agriculteurs, ces pauvres fous, inventent la propriété privée et, avec elle, la guerre. « Ceci est à moi », dit l’un. « Non, ceci est à moi », répond l’autre. Et hop ! Voici les premières flèches, les premières lances, les premiers massacres. Rousseau avait raison : l’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt. Mais quelle société ? Celle des chasseurs-cueilleurs, libres et égaux, ou celle des premiers empires, où les rois se proclament dieux et où les paysans crèvent sous le joug ? La réponse est dans la question, comme toujours.

2. L’Empire du Mensonge (3000 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.) : Voici venir les grands empires : Égypte, Assyrie, Rome. Des machines à broyer les hommes, à écraser les cultures, à imposer leur loi par le fer et le feu. Alexandre le Grand, ce psychopathe en sandales, pleure parce qu’il n’y a plus de mondes à conquérir. César traverse le Rubicon en sifflotant, et des milliers de Gaulois finissent crucifiés le long des routes. Thucydide, ce vieux cynique, nous explique dans La Guerre du Péloponnèse que « les forts font ce qu’ils peuvent, et les faibles subissent ce qu’ils doivent ». Belle philosophie, n’est-ce pas ? Presque aussi belle que celle des néoconservateurs américains, qui croient dur comme fer que la démocratie se répand par les bombes.

3. Le Mensonge de Dieu (476 – 1492) : L’Église prend le relais. Les croisades, l’Inquisition, les guerres de religion – autant de prétextes pour massacrer au nom d’un dieu qui, s’il existait, devrait avoir honte. Saint Augustin invente la « guerre juste », et les rois d’Europe s’en donnent à cœur joie. « Dieu le veut ! » crient les chevaliers en massacrant les infidèles. « Dieu bénisse l’Amérique ! » répondent aujourd’hui les GI’s en bombardant l’Irak. La même hypocrisie, le même mépris pour la vie humaine, la même certitude d’avoir raison. Nietzsche avait raison : « Dieu est mort ». Mais son cadavre continue de pourrir dans nos institutions, nos lois, nos guerres.

4. Le Mensonge de la Civilisation (1492 – 1914) : Voici venir les grands explorateurs, ces héros de la propagande occidentale. Colomb « découvre » l’Amérique, et des millions d’Indiens meurent de la variole, de la faim, des massacres. Les Espagnols pillent l’or des Incas, les Anglais réduisent les Africains en esclavage, les Français « civilisent » l’Algérie à coups de canon. Rudyard Kipling invente le « fardeau de l’homme blanc », et les colons s’en vont violer, piller et tuer en chantant Rule, Britannia!. La « civilisation », voyez-vous, c’est comme la « démocratie » : un mot magique qui justifie tous les crimes.

5. Le Mensonge de la Raison (1914 – 1945) : Les Lumières avaient promis le progrès, la paix, la fraternité. Elles nous ont donné Verdun, Auschwitz, Hiroshima. La « raison » triomphe, et l’Europe se suicide dans les tranchées. Les empires s’effondrent, mais les États-Unis, ces nouveaux venus, observent la scène avec gourmandise. Woodrow Wilson invente la « Société des Nations », et les vainqueurs se partagent le monde comme un gâteau. « Plus jamais ça ! » crient les survivants. « Encore ! » répondent les marchands de canons.

6. Le Mensonge de la Liberté (1945 – 1991) : La Guerre froide commence. Les États-Unis et l’URSS se disputent le monde comme deux chiens un os. Truman lance la doctrine de l’« endiguement », et les GI’s s’en vont mourir au Vietnam pour « sauver la démocratie ». Mais quelle démocratie ? Celle où les Noirs n’ont pas le droit de vote ? Celle où les Indiens sont parqués dans des réserves ? Celle où les pauvres crèvent dans les ghettos ? Non, bien sûr. La démocratie américaine, c’est comme la paix soviétique : une belle idée, mais en pratique, c’est une autre histoire. George Orwell, dans 1984, avait tout compris : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

7. Le Mensonge du Marché (1991 – Aujourd’hui) : L’URSS s’effondre, et les États-Unis croient avoir gagné. Francis Fukuyama annonce « la fin de l’histoire », et les néolibéraux s’en donnent à cœur joie. Le marché devient dieu, la spéculation remplace la production, et les inégalités explosent. Mais le capitalisme, voyez-vous, a besoin de guerres pour survivre. Alors on invente des ennemis : l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, l’Iran. « Ils menacent notre sécurité ! » crient les médias. « Ils ont des armes de destruction massive ! » mentent les politiques. Et hop ! Voici les bombes, les drones, les mercenaires. Naomi Klein, dans La Stratégie du choc, a tout expliqué : le capitalisme a besoin de catastrophes pour prospérer. Les guerres, les crises, les pandémies – autant d’occasions de faire des profits.

Et nous voilà donc, en 2024, avec cette phrase magnifique : « Trump a montré que les États-Unis restaient la puissance militaire dominante ». Comme si c’était une bonne nouvelle. Comme si le fait que les États-Unis dépensent plus pour leur armée que les dix pays suivants réunis était une preuve de grandeur. Comme si le fait que des milliers d’innocents meurent chaque année sous les bombes américaines était un détail sans importance. Mais non, bien sûr. L’important, c’est que l’Empire reste fort. L’important, c’est que le dollar reste la monnaie du monde. L’important, c’est que les multinationales continuent à piller la planète en toute impunité.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination

Parlons un peu de cette phrase, voulez-vous ? « Trump a montré que les États-Unis restaient la puissance militaire dominante ». Décomposons-la, comme on dissèque un cadavre.

1. « Trump » : Ah, Donald ! Le clown, le bouffon, le roi du tweet. Mais aussi, ne l’oublions pas, le président qui a bombardé la Syrie, assassiné Soleimani, et soutenu Israël dans ses pires exactions. Trump, c’est l’incarnation parfaite de l’impérialisme américain : vulgaire, brutal, sans complexe. Un homme qui croit que la politique étrangère se résume à des coups de poing sur la table et des menaces sur Twitter. Un homme qui, comme le disait Céline, « a la tripe impérialiste ».

2. « a montré » : Quel beau verbe, n’est-ce pas ? « Montrer ». Comme si c’était une démonstration scientifique, une vérité objective. Mais montrer quoi, au juste ? Que les États-Unis peuvent écraser un pays du tiers-monde en quelques semaines ? Que leurs bombes sont plus précises que celles des autres ? Que leur technologie est plus avancée ? Big deal. Les Romains aussi « montraient » leur puissance en écrasant les Gaulois. Les Espagnols aussi « montraient » leur supériorité en massacrant les Aztèques. La « démonstration » de force, voyez-vous, n’est jamais qu’une preuve de faiblesse. Une façon de se rassurer, de se dire que l’on est encore le plus fort. Mais le plus fort en quoi ? En capacité à détruire ? En capacité à tuer ? En capacité à semer la terreur ? Si c’est ça, la grandeur, alors Hitler aussi était grand.

3. « les États-Unis restaient » : « Restaient ». Comme si c’était une évidence, une vérité éternelle. Comme si les États-Unis avaient toujours été la « puissance militaire dominante ». Mais non, bien sûr. Les États-Unis sont une jeune nation, une nation née dans le sang et la violence, une nation qui a conquis son territoire en exterminant les Indiens et en volant le Mexique. Une nation qui n’a jamais connu la paix, qui a toujours eu besoin de guerres pour exister. « Restaient » ? Non. « Devenaient », plutôt. « S’imposaient », par la force. « Écrasaient », par la terreur.

4. « la puissance militaire dominante » : Ah, la « puissance militaire » ! Le grand fantasme de l’Occident. Comme si la vraie puissance se mesurait en chars, en avions, en missiles. Comme si la vraie grandeur se mesurait en capacité à détruire. Mais non, bien sûr. La vraie puissance, c’est celle de Gandhi, qui a chassé les Britanniques sans tirer un coup de feu. La vraie grandeur, c’est celle de Mandela, qui a évité une guerre civile en tendant la main à ses ennemis. La vraie force, c’est celle de ces peuples qui résistent, qui refusent de se soumettre, qui préfèrent mourir debout que vivre à genoux. Mais ça, les États-Unis ne le comprendront jamais. Pour eux, la puissance, c’est la force brute. C’est la loi du plus fort. C’est la jungle.

Et c’est là que le langage trahit la pensée. Car en disant « puissance militaire dominante », on ne parle pas de grandeur, on parle de barbarie. On ne parle pas de civilisation, on parle de sauvagerie. On ne parle pas de paix, on parle de guerre. Mais le langage, voyez-vous, est un outil de propagande. Un moyen de justifier l’injustifiable, de rendre acceptable l’inacceptable. George Orwell, encore lui, l’avait bien compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. »

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Alors, que faire ? Comment résister à cette machine de guerre, à cette propagande, à cette folie ? Comment dire non à l’Empire, quand il vous écrase sous son talon de fer ?

1. Refuser le langage de la domination : Ne plus parler de « puissance », de « sécurité », de « défense ». Parler de paix, de justice, de fraternité. Ne plus accepter les euphémismes : une « frappe chirurgicale », c’est un bombardement. Une « intervention humanitaire », c’est une guerre. Un « dommage collatéral », c’est un enfant mort. Le langage est une arme. Utilisons-le pour dire la vérité, pas pour la cacher.

2. Désobéir : Refuser de payer des impôts qui financent les bombes. Refuser de travailler pour des entreprises qui profitent de la guerre. Refuser de consommer des produits qui viennent de pays en guerre. La désobéissance civile, voyez-vous, est le seul moyen de résister à l’Empire. Comme le disait Thoreau : « Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. »

3. Créer : Écrire, peindre, chanter, danser. Créer des œuvres qui disent la vérité, qui dénoncent l’injustice, qui célèbrent la vie. L’art, voyez-vous, est une arme. Une arme contre l’oubli, contre le mensonge, contre la barbarie. Comme le disait Picasso : « La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. »

4. Résister : Soutenir les peuples opprimés. Boycotter Israël. Manifester contre les guerres. Aider les réfugiés. La résistance, voyez-vous, n’est pas un choix. C’est un devoir. Comme le disait Sartre : « L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. »

5. Espérer : Malgré tout, malgré la folie des hommes, malgré la barbarie, malgré l’Empire. Espérer, parce que l’espoir est la seule chose qui nous reste. Comme le disait Camus : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. »

Car, voyez-vous, l’Empire est fort, mais il n’est pas invincible. Il est puissant, mais il n’est pas éternel. Il domine, mais il ne convainc pas. Et c’est là sa faiblesse. Car un empire qui ne repose que sur la force est un empire fragile. Un jour, il s’effondrera. Comme Rome. Comme l’URSS. Comme tous les empires avant lui.

En attendant, nous devons résister. Résister par la parole, par l’action, par la création. Résister parce que c’est notre devoir. Résister parce que c’est la seule façon de rester humain.

Les bombes pleuvent sur Téhéran,

Comme des fleurs de métal noir,

Et les enfants, sous les décombres,

Cherchent encore leur mère en vain.

Washington rit, Tel-Aviv danse,

Les marchés montent, les actions dansent,

Et les généraux, dans leurs bunkers,

Comptent les morts comme des points.

Mais quelque part, dans le désert,

Un vieux berger chante une complainte,

Et sa voix, portée par le vent,

Défie l’Empire et ses bombes.

Car la guerre, voyez-vous,

N’est qu’un mauvais rêve,

Un cauchemar de sang et de feu,

Que l’humanité finira par chasser.

Et ce jour-là,

Les bombes se tairont,

Les généraux pleureront,

Et les enfants riront à nouveau.

— Le Penseur Laurent Vo Anh



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