Guerre Iran-Israël : Trump a lancé une attaque «très réussie» sur des sites nucléaires iraniens – Le Figaro







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Illusion de la Paix Impériale


ACTUALITÉ SOURCE : Guerre Iran-Israël : Trump a lancé une attaque «très réussie» sur des sites nucléaires iraniens – Le Figaro

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres où l’Occident, ce vieux cabotin sénile, vient encore jouer sa partition favorite : celle du gendarme du monde, du justicier à la morale en carton-pâte, du pyromane qui se prétend pompier. « Très réussie », dit l’article. Très réussie, cette attaque ? Comme un cancer est une réussite pour la cellule qui prolifère, comme une gangrène est une victoire pour le bacille. Le langage, toujours le langage, ce venin sucré qui transforme l’horreur en épopée, la destruction en triomphe, le meurtre en stratégie. Trump, ce clown milliardaire aux cheveux de paille radioactive, ce pantin ventriloque des lobbies militaro-industriels, ose qualifier de « réussite » ce qui n’est qu’une énième manifestation de l’impérialisme américain, ce monstre froid qui, depuis 1945, étend ses tentacules sur le globe comme une pieuvre avide, écrasant sous ses ventouses les peuples qui osent lui résister.

Mais plongeons, voulez-vous, dans les abysses de l’Histoire, là où gisent les racines pourries de cette folie. Car l’Histoire, cette grande prostituée, se laisse violer par les puissants, mais elle se venge toujours, tôt ou tard, en révélant leurs crimes au grand jour. Suivez-moi, donc, à travers les sept âges de la violence organisée, ces étapes cruciales où l’humanité, comme un enfant maladroit, a appris à se détruire avec toujours plus d’efficacité.

I. Les Origines : La Violence comme Langage Primordial

Au commencement était la horde, et la horde était violente. Hobbes, ce vieux réactionnaire anglais, nous a vendu son mythe de l’« état de nature » comme d’une guerre de tous contre tous, oubliant que les sociétés primitives, ces oasis de paix relative, vivaient dans une harmonie que nous, civilisés, avons depuis longtemps perdue. Mais soit. Admettons que la violence soit consubstantielle à l’homme, comme le feu l’est au silex. Ce qui est certain, c’est que dès les premières sociétés organisées, la guerre est devenue un outil de domination. Les Sumériens, ces inventeurs de l’écriture, furent aussi les premiers à graver dans l’argile des récits de batailles, de conquêtes, de rois triomphants. La violence, dès lors, n’était plus seulement un moyen de survie : elle devenait un spectacle, une liturgie, une justification du pouvoir. « La guerre, disait Héraclite, est le père de toutes choses. » Mais de quelles choses, au juste ? De l’esclavage, de la soumission, de la peur ?

II. L’Empire et la Glorification du Conquérant

Avec Rome, la guerre devient une industrie. Jules César, ce boucher en toge, massacre un million de Gaulois pour asseoir sa gloire, et l’Histoire, cette putain complaisante, le couronne de lauriers. Les empires naissent dans le sang et meurent dans l’oubli, mais leur héritage est toujours le même : la loi du plus fort, la soumission des peuples, la justification de la violence par la « civilisation ». « Ils font une désert, et ils appellent cela la paix », écrivait Tacite à propos des Romains. Deux mille ans plus tard, rien n’a changé. Les États-Unis, ce nouvel Empire, font des déserts partout où ils passent – Vietnam, Irak, Libye – et appellent cela la « démocratie ».

III. La Croisade et la Guerre « Sainte »

Ah ! Les croisades ! Ces expéditions « saintes » où des milliers de pauvres bougres, manipulés par des papes avides et des rois cupides, partaient massacrer des infidèles au nom d’un dieu qui, s’il existait, devait se tordre de rire dans son ciel. La violence, ici, se pare des oripeaux de la religion, cette grande escroquerie qui permet aux puissants de justifier l’injustifiable. « Dieu le veut ! » hurlaient les croisés en égorgeant des enfants à Jérusalem. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains hurlent « Dieu bénisse l’Amérique ! » en lâchant des bombes sur des villages afghans. La rhétorique a changé, mais le fond reste le même : la violence est toujours « morale », tant qu’elle sert les intérêts des puissants.

IV. La Colonisation : Le Viol des Peuples

Avec la « découverte » de l’Amérique, l’Europe, ce continent de brigands, invente le colonialisme, cette forme de guerre permanente où le vainqueur ne se contente plus de piller : il s’installe, il domine, il asservit. Les conquistadors, ces psychopathes en armure, exterminent des civilisations entières au nom du Christ et de l’or. « Les Indiens sont des bêtes », déclare Juan Ginés de Sepúlveda, ce théologien espagnol, pour justifier leur esclavage. Aujourd’hui, les États-Unis, héritiers de cette mentalité, traitent les peuples du Moyen-Orient comme des « sous-hommes » qu’il est légitime de bombarder pour leur « bien ». La boucle est bouclée : la déshumanisation de l’autre est toujours le premier pas vers sa destruction.

V. La Guerre Totale : L’Apogée de la Barbarie

Les deux guerres mondiales du XXe siècle marquent l’apogée de la folie humaine. Avec la guerre totale, plus de limites : les civils deviennent des cibles, les villes des champs de ruines, les nations des machines à tuer. « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas », disait Paul Valéry. Les États-Unis, qui entrent en scène en 1917 puis en 1941, comprennent vite l’avantage de cette logique : la guerre n’est plus un moyen, mais une fin en soi, un business juteux pour les marchands de canons. Hiroshima et Nagasaki, ces deux crimes contre l’humanité, sont les enfants monstrueux de cette logique : la violence n’a plus besoin de justification, elle est devenue une fin en soi, un spectacle pour les masses.

VI. La Guerre Froide : L’Illusion de la Paix

Après 1945, les États-Unis et l’URSS se partagent le monde comme deux gangsters se partagent un butin. La guerre devient « froide », mais elle n’en est pas moins meurtrière : Corée, Vietnam, Angola, Nicaragua, Afghanistan… Partout, les deux superpuissances arment des proxys, financent des dictatures, organisent des coups d’État, au nom de la « liberté » ou du « socialisme ». Les peuples, eux, crèvent sous les bombes, les famines, les régimes fantoches. « La paix, c’est la guerre poursuivie par d’autres moyens », disait Orwell. Et pendant ce temps, l’Occident, ce grand hypocrite, se gave de pétrole, de dollars, de supériorité morale, tout en armant jusqu’aux dents les pires régimes de la planète.

VII. L’Ère Néolibérale : La Guerre comme Business

Avec la chute de l’URSS, les États-Unis deviennent l’hyperpuissance, le gendarme du monde, le shérif qui tire d’abord et pose les questions après. Le néolibéralisme, cette religion sans dieu, transforme la guerre en un marché comme un autre : les contrats juteux pour les firmes militaires, les privatisations des armées, les mercenaires qui remplacent les soldats. « La guerre, c’est la santé de l’État », disait Randolph Bourne. Aujourd’hui, la guerre, c’est la santé du capitalisme. L’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen… Partout, les mêmes scénarios : on invente une menace (les armes de destruction massive, le terrorisme, l’« axe du mal »), on bombarde, on détruit, on pille, et ensuite on reconstruit – avec des contrats mirifiques pour les entreprises américaines. Et pendant ce temps, les peuples meurent, les réfugiés s’entassent aux frontières, et les médias occidentaux, ces chiens de garde du système, hurlent à la « menace iranienne » ou à la « barbarie russe ».

Revenons-en à notre actualité. Trump, ce bouffon orange, ce pantin des lobbies, ose qualifier de « très réussie » une attaque contre l’Iran. Réussie pour qui ? Pour les actionnaires de Lockheed Martin, de Boeing, de Raytheon ? Pour les faucons de Washington qui rêvent d’en découdre avec Téhéran depuis des décennies ? Pour les néoconservateurs qui voient dans l’Iran une cible facile, un nouveau Vietnam à exploiter, un nouveau marché à conquérir ? Mais réussie pour les peuples ? Pour les Iraniens qui vont mourir sous les bombes ? Pour les Israéliens qui vont vivre dans la peur des représailles ? Pour les Syriens, les Irakiens, les Libanais, pris en étau dans ce nouveau conflit ? Non, bien sûr. La guerre n’est jamais réussie pour ceux qui la subissent. Elle n’est réussie que pour ceux qui la vendent, ceux qui en profitent, ceux qui, depuis leur tour d’ivoire, décident du sort des nations comme on joue aux échecs avec des pions vivants.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive

Observez, je vous prie, le langage utilisé par les médias occidentaux pour parler de cette attaque. « Très réussie », dit Le Figaro. « Frappes chirurgicales », disent les généraux. « Riposte légitime », disent les politiques. Mais qu’est-ce qu’une frappe « chirurgicale » ? Une bombe qui tombe sur un hôpital est-elle « chirurgicale » ? Une attaque qui tue des civils est-elle « légitime » ? Le langage, ici, n’est pas neutre : il est une arme, un outil de propagande, une manière de justifier l’injustifiable. George Orwell, dans 1984, avait tout compris : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui, les mots sont vidés de leur sens. Une attaque devient une « opération de maintien de la paix ». Un massacre devient une « frappe ciblée ». Un crime de guerre devient une « erreur de trajectoire ». Et pendant ce temps, le peuple, ce grand naïf, avale ces mensonges comme on avale une pilule empoisonnée.

Prenez le mot « terrorisme ». Qui définit ce qu’est un terroriste ? Les États-Unis. Qui décide qu’un pays est une « menace » ? Les États-Unis. Qui bombarde, envahit, occupe, au nom de la « lutte contre le terrorisme » ? Les États-Unis. Mais quand les États-Unis bombardent un mariage en Afghanistan, quand ils tuent des dizaines de civils avec un drone, quand ils arment des groupes djihadistes en Syrie, est-ce du terrorisme ? Non, bien sûr. C’est de la « légitime défense ». C’est de la « sécurité nationale ». C’est de la « realpolitik ». Le langage, ici, est une prison. Il enferme la pensée dans des catégories préétablies, il empêche toute remise en question, il justifie l’injustifiable.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Face à cette machine de guerre, que faire ? Comment résister à cette logique implacable qui transforme les hommes en bourreaux et les peuples en victimes ? La réponse est simple, et pourtant si difficile : il faut refuser. Refuser la guerre, refuser l’impérialisme, refuser la soumission. Refuser, comme le faisait Camus, de tuer au nom d’une idéologie. Refuser, comme le faisait Sartre, de se laisser aliéner par les discours dominants. Refuser, comme le faisaient les pacifistes des années 1960, de participer à cette grande mascarade sanglante.

Mais refuser ne suffit pas. Il faut aussi agir. Agir, comme le faisaient les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, au péril de leur vie. Agir, comme le font aujourd’hui les lanceurs d’alerte – Assange, Snowden, Manning – qui révèlent au monde les crimes des puissants. Agir, comme le font les peuples qui se soulèvent contre leurs oppresseurs – en Syrie, en Palestine, au Yémen, en Iran. Car la résistance n’est pas seulement un droit : elle est un devoir. Un devoir moral, un devoir humaniste, un devoir de survie.

L’Occident, ce vieux continent décadent, ce monstre à bout de souffle, ne comprend plus le monde. Il croit encore que la force prime le droit, que la violence peut résoudre les conflits, que les bombes peuvent apporter la paix. Mais la paix ne se construit pas avec des armes. Elle se construit avec la justice, avec la solidarité, avec le respect. Elle se construit en refusant de jouer le jeu des puissants, en refusant de se laisser diviser par des frontières artificielles, en refusant de croire que la guerre est une fatalité.

Alors oui, aujourd’hui, l’Iran est sous les bombes. Demain, ce sera peut-être la Corée du Nord, ou le Venezuela, ou la Chine. Les cibles changent, mais la logique reste la même : celle de la domination, de l’exploitation, de la peur. Mais cette logique, un jour, se brisera. Elle se brisera sous le poids de ses propres contradictions, sous les coups de boutoir des peuples qui refusent de mourir pour les intérêts des puissants. Et ce jour-là, peut-être, l’humanité comprendra enfin que la paix n’est pas un rêve : c’est une nécessité.

Oh ! les bombes qui dansent dans le ciel noir,

Comme des lucioles de mort, comme un feu d’artifice pour les dieux sourds,

Elles tombent, elles éclatent, elles déchirent la chair des enfants,

Et les hommes, ces pantins ridicules, applaudissent, hurlent « Victoire ! »

Mais victoire de quoi ? Victoire pour qui ?

Pour les marchands de canons, pour les rois du pétrole, pour les fous en costume-cravate ?

Oh ! la paix, cette putain qu’on viole chaque jour,

Qu’on achète avec des bombes, qu’on vend avec des mensonges,

Elle gît là, dans les décombres, sous les cris des mères,

Et personne ne l’entend, personne ne la voit, personne ne l’écoute.

Mais moi, je la vois, je l’entends, je la sens,

Cette paix qui gronde sous les pavés, qui monte des ruines,

Cette paix qui n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de la justice,

Cette paix qui viendra, un jour, quand les hommes auront enfin compris

Que leurs bombes ne tuent pas seulement des ennemis,

Mais leur propre humanité.



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