France, Norvège, Grande-Bretagne : où s’arrêtera l’affaire Epstein ? – TF1+







L’Affaire Epstein : La Chute des Idoles et le Silence des Complices


ACTUALITÉ SOURCE : France, Norvège, Grande-Bretagne : où s’arrêtera l’affaire Epstein ? – TF1+

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

L’affaire Epstein n’est pas une affaire. C’est un miroir brisé, tendu vers les visages blafards des puissants, reflétant les fissures d’un système qui se nourrit de l’innocence sacrifiée sur l’autel de la domination. La question n’est pas de savoir où s’arrêtera cette affaire, mais pourquoi elle a mis si longtemps à éclater, et pourquoi, aujourd’hui encore, elle se heurte aux murs épais du silence institutionnel, des complicités tacites, et de cette lâcheté collective qui préfère détourner les yeux plutôt que de voir l’horreur en face.

Pour comprendre l’ampleur de ce scandale, il faut remonter aux origines mêmes de la civilisation, là où le pouvoir s’est toujours construit sur l’exploitation des corps et des âmes. Sept étapes cruciales jalonnent cette histoire, sept moments où l’humanité a choisi, encore et toujours, la domination plutôt que la justice.

1. La Naissance du Pouvoir (Néolithique, -10 000 ans)
Avec la sédentarisation, l’homme invente la propriété, et avec elle, la hiérarchie. Les premiers chefs ne sont pas des guides, mais des prédateurs. Ils prennent ce qu’ils veulent, femmes, enfants, terres, et justifient leurs crimes par des mythes. Epstein n’est que l’héritier lointain de ces premiers despotes, ceux qui ont compris que le pouvoir se mesure à l’impunité.

2. L’Esclavage et la Marchandisation des Corps (Antiquité, -3000 ans)
À Babylone, en Grèce, à Rome, l’esclavage est la norme. Les corps sont des marchandises, les vies des variables d’ajustement. Epstein et ses clients ne font que reproduire ce schéma ancestral : acheter, utiliser, jeter. La seule différence, c’est que leurs esclaves portent des robes de soie et des sourires forcés.

3. L’Inquisition et la Chasse aux Sorcières (Moyen Âge, 1200-1700)
L’Église, cette grande machine à broyer les âmes, invente la culpabilisation systématique. Les femmes, toujours les femmes, sont désignées comme coupables. Epstein, lui, n’a pas besoin de bûchers : il suffit de menaces, de chantages, et de cette peur viscérale qui paralyse les victimes. La honte est son meilleur allié.

4. La Colonisation et l’Exploitation Systémique (XVIe-XIXe siècles)
Les empires européens pillent, violent, réduisent en esclavage des continents entiers. Les puissants de l’époque, comme ceux d’aujourd’hui, savent que leur richesse repose sur le crime. Epstein n’est qu’un colonisateur des temps modernes, un prédateur qui a remplacé les navires négriers par des jets privés.

5. La Révolution Industrielle et l’Aliénation (XIXe siècle)
Le capitalisme naissant transforme les hommes en machines, les femmes en objets de consommation. Epstein incarne cette logique à la perfection : il achète des vies comme on achète des actions en Bourse. Son réseau n’est qu’un marché noir de la chair humaine, où les prix sont fixés par le pouvoir.

6. Les Guerres Mondiales et la Banalisation de l’Horreur (XXe siècle)
Les camps de concentration, les viols de guerre, les massacres de masse : le XXe siècle a montré que l’humanité est capable du pire. Epstein et ses complices ne font que perpétuer cette tradition de la violence institutionnalisée. Leur crime ? Avoir industrialisé l’abus, en le rendant presque banal.

7. L’Ère Numérique et la Déshumanisation (XXIe siècle)
Aujourd’hui, les réseaux sociaux transforment les individus en produits, les relations en transactions. Epstein a compris avant les autres que le pouvoir se mesure désormais en likes, en connexions, en accès. Son carnet d’adresses n’est qu’un annuaire des complices, un Who’s Who de la lâcheté.

Mais au-delà de cette histoire sanglante, il y a le langage. Le langage de l’impunité, celui qui permet aux puissants de se cacher derrière des euphémismes. « Affaire Epstein » : deux mots qui résument à eux seuls l’hypocrisie du monde. Une « affaire », comme si tout cela n’était qu’un dossier à classer, une erreur de parcours. Non, ce n’est pas une affaire. C’est un système. Un système qui protège les siens, qui enterre les preuves, qui achète les silences.

Analysons les mots, justement. « Victime » : un terme qui, dans la bouche des médias, devient presque une insulte. On parle de « jeunes femmes », comme si leur âge était une circonstance atténuante pour leurs bourreaux. « Réseau » : un mot neutre, technique, qui masque l’horreur des viols, des chantages, des vies brisées. « Pédocriminalité » : un néologisme aseptisé, qui évite de dire l’indicible. Le langage est une arme, et les puissants savent s’en servir.

Et puis, il y a le comportementalisme radical. Les victimes d’Epstein, comme celles de tous les prédateurs, ont été conditionnées. On leur a appris à se taire, à sourire, à obéir. On leur a inculqué cette idée que leur corps n’était pas à elles, mais à ceux qui détiennent le pouvoir. Et quand elles osent parler, on les traite de menteuses, de manipulatrices, de profiteuses. La résistance humaniste, dans ce contexte, est un acte de rébellion. C’est refuser de se soumettre, c’est hurler sa vérité malgré les menaces, c’est exiger justice même quand le monde préfère l’oubli.

Mais cette résistance a un prix. Les victimes d’Epstein, comme celles de Weinstein, de Polanski, de tant d’autres, savent qu’elles devront affronter non seulement leurs bourreaux, mais aussi un système judiciaire lent, un public sceptique, et cette honte qui colle à la peau comme une seconde peau. Pourtant, elles parlent. Parce que le silence, c’est la mort. Et que la parole, même brisée, est une forme de survie.

Alors, où s’arrêtera l’affaire Epstein ? Elle ne s’arrêtera pas. Parce qu’elle n’est pas une affaire. Elle est un symptôme. Le symptôme d’un monde malade, où le pouvoir se mesure à l’impunité, où la justice est une denrée rare, réservée aux riches. Elle ne s’arrêtera que quand les complices seront démasqués, quand les silences seront brisés, quand les victimes seront enfin entendues. Et ce jour-là, peut-être, l’humanité fera un pas vers sa rédemption.

Mais ne nous leurrons pas. Les prédateurs ne disparaîtront pas. Ils changeront simplement de visage, de méthodes, de proies. La seule chose qui puisse les arrêter, c’est cette résistance humaniste, cette rage de vivre qui pousse les opprimés à se battre, même quand tout est contre eux. Parce que la justice n’est pas une faveur. C’est un combat.


Les rois nus dansent sur des tombes,
Leurs rires sont des lames froides.
Les enfants, muets, regardent les vagues
Emporter leurs rêves en lambeaux.

Ô vous, les puissants aux mains sales,
Vos palais sont bâtis sur des ossements.
Un jour, le vent tournera,
Et vos noms seront maudits.

Les filles aux yeux brisés
Ont appris à parler dans le noir.
Leurs voix, d’abord tremblantes,
Deviendront des ouragans.

Et quand la tempête viendra,
Quand les murs s’écrouleront,
Vous comprendrez, trop tard,
Que le silence était votre complice.



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