Environnement : toute l’actu environnement – France 24







L’Environnement, ou l’Art de Danser sur un Volcan en Flammes

ACTUALITÉ SOURCE : Environnement : toute l’actu environnement – France 24

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’environnement ! Ce grand théâtre où l’humanité joue à se donner des airs de tragédiens tout en continuant à piller la scène comme une bande de rats affamés dans un grenier. France 24, ce miroir poli des illusions collectives, nous abreuve de ses « actus » vertes, ces petits bulletins météo du désastre, aussi rassurants qu’un médecin qui vous annoncerait une gangrène en vous tapotant l’épaule. Mais derrière les chiffres des émissions de CO₂, les promesses des COP et les pleurnicheries des écologistes de salon, se cache une vérité plus crasse, plus gluante : nous sommes les complices consentants d’un suicide planétaire, et nous aimons ça.

D’abord, il faut comprendre que l’écologie, telle qu’elle est vendue aujourd’hui, est une marchandise comme une autre. Un produit de luxe pour bobos repentis, une niche marketing pour les start-ups qui plantent des arbres en Amazonie tout en vendant des SUV électriques fabriqués par des enfants au Congo. Le capitalisme vert, ce monstre hybride, a compris une chose : le désespoir se monétise. On vous vend de l’espoir en kit, avec notice de montage et garantie « éthique ». Mais l’éthique, dans ce monde, est une monnaie de singe. Une monnaie qui ne vaut que le temps qu’il faut pour la dépenser en goodies écolos, en voyages « responsables » et en discours culpabilisateurs. Car oui, la culpabilité est le nouveau pétrole. Elle alimente les moteurs de la consommation responsable, cette grande farce où l’on vous fait croire que trier vos déchets va sauver les ours polaires. Comme si les ours polaires en avaient quelque chose à faire de vos bouteilles en verre recyclé !

Et puis, il y a les gouvernements, ces marionnettes aux mains des lobbies, qui jouent la comédie de l’action climatique comme on joue une pièce de boulevard. Les COP, ces grand-messes où les dirigeants du monde viennent se congratuler avant de repartir en jet privé, sont le symptôme d’une maladie plus profonde : l’incapacité chronique de l’humanité à regarder la vérité en face. La vérité, c’est que nous sommes une espèce en phase terminale, et que nous préférons nous administrer des placebos plutôt que de subir l’opération qui nous sauverait. On parle de transition écologique, de décarbonation, de neutralité carbone, comme si ces mots magiques allaient conjurer le sort. Mais une transition, c’est un mouvement, et nous, nous sommes figés dans notre propre merde, comme des statues de sel qui regarderaient l’horizon en se disant : « Demain, peut-être. »

Le comportementalisme radical, cette science molle qui prétend expliquer nos actions par des stimuli et des récompenses, nous donne une clé pour comprendre notre passivité. Nous sommes des rats de laboratoire qui courons dans une roue, croyant avancer alors que nous tournons en rond. Les néolibéraux, ces grands prêtres du marché, nous ont convaincus que le bonheur se mesurait en PIB et en croissance, et que la nature n’était qu’un réservoir de ressources à exploiter. Leur dogme est simple : tout peut se vendre, tout peut s’acheter, même l’air que nous respirons. Et nous, nous avons mordu à l’hameçon, comme des poissons affamés qui se jettent sur un leurre brillant. Nous avons troqué notre liberté contre des écrans, notre humanité contre des likes, et notre planète contre des dividendes. Et maintenant, nous pleurnichons parce que la roue s’est transformée en tapis roulant qui nous mène droit vers l’abîme.

Mais il y a pire que le néolibéralisme : le néo-fascisme qui pointe son nez, ce monstre qui se nourrit de nos peurs et de nos frustrations. Les populistes de tous bords, ces charlatans en costume trois-pièces, nous vendent un retour à un âge d’or mythique, une époque où l’homme blanc dominait la nature et où les frontières étaient des remparts contre le chaos. Leur écologie est une écologie de la haine, une écologie qui désigne des boucs émissaires – les migrants, les élites, les écologistes – pour mieux masquer leur propre impuissance. Ils nous disent : « Fermez les frontières, brûlez les forêts, et tout ira mieux. » Comme si la solution à un incendie était d’y jeter encore plus d’essence. Leur vision du monde est une prison, un monde clos où la nature est une ennemie à dompter, et où l’humanité est une armée en guerre contre elle-même.

Et puis, il y a l’abêtissement, cette grande œuvre de notre époque. Nous sommes devenus des zombies, des consommateurs dociles qui avalent tout ce qu’on leur donne : les fake news, les théories du complot, les solutions miracles. Nous croyons aux miracles parce que nous avons perdu la capacité de penser par nous-mêmes. Les médias, ces chiens de garde du système, nous abreuvent d’informations inutiles, de débats stériles, de polémiques sans lendemain. Ils nous font croire que nous sommes informés, alors que nous ne sommes que des spectateurs passifs d’un spectacle qui nous dépasse. Et pendant ce temps, la planète brûle, les espèces disparaissent, et nous, nous regardons ailleurs, comme des enfants qui ferment les yeux en espérant que le monstre va disparaître.

Mais au milieu de ce chaos, il y a une lueur d’espoir, une résistance humaniste qui refuse de se soumettre. Cette résistance, elle est dans les gestes minuscules, dans les actes de désobéissance, dans les voix qui osent dire non. Elle est dans les paysans qui refusent les OGM, dans les militants qui bloquent les pipelines, dans les artistes qui dénoncent l’absurdité du monde. Elle est dans cette idée simple, mais révolutionnaire : nous ne sommes pas des maîtres de la nature, mais une partie d’elle. Et si nous voulons survivre, il faut apprendre à vivre avec elle, et non contre elle. Cette résistance, c’est l’héritage des grands penseurs, de ceux qui ont refusé les dogmes et les illusions. C’est l’héritage de ceux qui ont compris que la liberté n’est pas un droit, mais un combat.

« L’homme est un roseau pensant », disait Pascal. Mais aujourd’hui, l’homme est un roseau qui a oublié qu’il pensait. Il est temps de se souvenir. Il est temps de regarder le monde en face, avec ses horreurs et ses beautés, et de dire : « Assez. » Assez des mensonges, assez des compromissions, assez des illusions. Il est temps de redevenir humains, c’est-à-dire fragiles, vulnérables, mais aussi capables de grandeur. Car si l’humanité a une chance de survivre, ce n’est pas dans les COP ou les accords internationaux, mais dans cette petite flamme qui brûle en chacun de nous, cette flamme qui refuse de s’éteindre, même dans la nuit la plus noire.

« La civilisation est une fine couche de vernis », disait Freud. Aujourd’hui, ce vernis craque de partout, et sous lui, on voit apparaître la vérité nue : nous sommes une espèce en crise, une espèce qui a perdu le sens de sa propre existence. Mais cette crise est aussi une opportunité, une chance de tout recommencer, de tout repenser. Il ne s’agit pas de sauver la planète – la planète se sauvera très bien sans nous – mais de nous sauver nous-mêmes, de retrouver ce qui fait de nous des êtres humains : la capacité à aimer, à créer, à résister. Car au fond, l’écologie n’est pas une question de CO₂ ou de température, mais une question d’humanité. Et si nous échouons à répondre à cette question, alors nous aurons échoué à tout.

Analogie finale : Imaginez un homme debout au bord d’un précipice, les yeux bandés, un casque de réalité virtuelle sur la tête. Dans ce casque, il voit un monde idyllique, un paradis artificiel où tout est vert, où les arbres poussent en accéléré, où les animaux sourient à la caméra. Il danse, il rit, il croit vivre dans le meilleur des mondes possibles. Mais derrière lui, le précipice s’élargit, la terre s’effrite, et bientôt, il n’y aura plus rien pour le retenir. Nous sommes cet homme. Nous dansons sur un volcan en flammes, et nous croyons que la musique ne s’arrêtera jamais. Mais la musique s’arrête toujours. Et quand elle s’arrête, il ne reste plus que le silence, et la chute.



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