En direct Municipales 2026. Les résultats sont « une bonne surprise » pour le RN, estime Marine Le Pen – Le Dauphiné Libéré







Le Penseur Laurent Vo Anh – Municipales 2026 : La Nuit des Masques Tombés


ACTUALITÉ SOURCE : En direct Municipales 2026. Les résultats sont « une bonne surprise » pour le RN, estime Marine Le Pen – Le Dauphiné Libéré

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Les municipales 2026, ce grand carnaval des masques qui tombent un à un, révélant les visages hideux d’une France qui s’abandonne à la peur, à la haine, à la médiocrité organisée. Marine Le Pen, cette prêtresse du désespoir calculé, ose qualifier ces résultats de « bonne surprise ». Surprise ? Non. Prévu, attendu, orchestré comme une symphonie de la décadence. La surprise, mes amis, serait qu’un peuple se réveille enfin, qu’il vomisse cette engeance qui lui promet le salut dans la fermeture, la pureté dans l’exclusion, la grandeur dans la petitesse d’esprit. Mais non. La France, cette vieille putain fatiguée, se laisse encore séduire par les promesses creuses de ceux qui veulent la claquemurer dans un passé mythifié, un passé qui n’a jamais existé que dans les cauchemars des petits-bourgeois aigris.

Analysons donc cette « bonne surprise » à travers les sept plaies de l’histoire humaine, ces moments où l’humanité, dans sa folie, a cru trouver dans la peur et la division une réponse à ses angoisses. Car le Rassemblement National n’est pas un accident de l’histoire, mais le symptôme d’une maladie ancienne, une maladie qui ronge l’Occident depuis que l’homme a troqué sa dignité contre la sécurité illusoire du bouc émissaire.

1. La Chute de Babylone : L’Illusion de la Muraille

Babylone, cette cité des merveilles, s’est effondrée non pas sous les coups de ses ennemis, mais sous le poids de ses propres murs. Les Babyloniens, ivres de leur puissance, ont cru que des briques et du mortier pouvaient les protéger de l’altérité, de l’inconnu. Ils ont construit des remparts toujours plus hauts, toujours plus épais, jusqu’à étouffer dans leur propre forteresse. Hérodote raconte que Cyrus le Grand, pour prendre la ville, n’eut qu’à détourner l’Euphrate et à marcher dans le lit asséché du fleuve, sous les murs que les Babyloniens croyaient imprenables. Aujourd’hui, le RN nous promet des murs, des frontières, des « priorités nationales ». Mais les murs ne protègent pas, ils étouffent. Ils ne défendent pas, ils emprisonnent. Babylone est tombée parce qu’elle a confondu sécurité et isolement, force et aveuglement. La France, en 2026, semble déterminée à répéter cette erreur.

2. La Peste d’Athènes : La Peur comme Politique

Thucydide, dans son récit de la guerre du Péloponnèse, décrit avec une précision clinique comment la peste qui frappa Athènes en 430 av. J.-C. transforma une démocratie en un cauchemar de suspicion et de violence. Les Athéniens, frappés par le fléau, se mirent à accuser les étrangers, les métèques, les « autres », d’avoir apporté la maladie. Périclès lui-même, ce grand défenseur de la démocratie, fut destitué et mourut dans l’opprobre. La peste n’était pas seulement une maladie du corps, mais une maladie de l’âme : elle révélait la fragilité des liens sociaux, la facilité avec laquelle un peuple peut se retourner contre lui-même. Aujourd’hui, le RN joue sur cette peur ancestrale. La « peste » n’est plus une maladie, mais l’immigration, l’islam, l’Europe, les « élites ». Peu importe que ces boucs émissaires soient des constructions fantasques : la peur, une fois installée, ne raisonne plus. Elle mord, elle déchire, elle détruit.

3. L’Inquisition Espagnole : La Pureté comme Folie

En 1478, les Rois Catholiques instituent l’Inquisition en Espagne. Officiellement, il s’agit de lutter contre l’hérésie. En réalité, c’est une machine à broyer les différences, à imposer une uniformité religieuse et ethnique. Les conversos, ces Juifs convertis au christianisme, sont traqués, torturés, brûlés vifs. On les accuse de pratiquer leur ancienne religion en secret, de « souiller » la pureté de la foi catholique. Torquemada, ce grand inquisiteur, est convaincu de servir Dieu en servant la haine. Le RN, aujourd’hui, reprend ce discours de la pureté. Pureté nationale, pureté culturelle, pureté ethnique. Peu importe que la France ait toujours été un creuset, un mélange, une alchimie de cultures et de peuples. Peu importe que l’identité française soit une construction dynamique, en perpétuelle évolution. Non, pour eux, il faut « purifier », expulser, exclure. L’Inquisition espagnole a duré près de quatre siècles. Combien de temps durera l’inquisition lepéniste ?

4. Le Code Noir : L’Esclavage comme Système

En 1685, Louis XIV promulgue le Code Noir, ce monument d’hypocrisie et de cruauté qui légalise l’esclavage dans les colonies françaises. Les Noirs y sont définis comme des « biens meubles », des objets que l’on peut acheter, vendre, torturer, violer, tuer. Le Code Noir est l’aboutissement d’une logique implacable : pour justifier l’exploitation économique, il faut d’abord nier l’humanité de l’autre. Le RN, aujourd’hui, ne parle pas d’esclavage, mais il nie tout autant l’humanité de ceux qu’il désigne comme indésirables. Les migrants, les musulmans, les Roms : tous sont réduits à des catégories, des chiffres, des menaces. Le Code Noir était une machine à déshumaniser. Le discours du RN en est une autre.

5. La Commune de Paris : La Haine de Classe comme Arme

En 1871, la Commune de Paris est écrasée dans le sang par les Versaillais. Thiers, ce bourgeois cynique, envoie l’armée massacrer les communards au nom de l’« ordre ». Les journaux de l’époque, comme Le Figaro, décrivent les communards comme des « bêtes sauvages », des « barbares » qu’il faut exterminer. La haine de classe est alors à son paroxysme : les riches, les possédants, les « gens de bien » se liguent contre les ouvriers, les pauvres, les « rouges ». Aujourd’hui, le RN reprend ce discours de la peur sociale. Les « assistés », les « profiteurs », les « fraudeurs » : autant de catégories qui servent à justifier la guerre contre les plus pauvres. La Commune a été écrasée parce qu’elle représentait une menace pour l’ordre établi. Le peuple, aujourd’hui, est invité à écraser lui-même ses propres intérêts au nom de cet ordre.

6. Vichy : La Collaboration comme Lâcheté

En 1940, la France, humiliée par la défaite, se jette dans les bras de Pétain. Le vieux maréchal, ce héros de Verdun devenu le symbole de la collaboration, instaure le régime de Vichy, un État fasciste qui collabore avec l’occupant nazi. Les Juifs sont livrés à la déportation, les résistants traqués, la République abolie. Vichy n’est pas une parenthèse, mais l’aboutissement logique d’une France qui a toujours eu une partie de son âme séduite par l’autoritarisme, le nationalisme, la xénophobie. Le RN, aujourd’hui, est l’héritier direct de cette tradition. Il ne parle pas de collaboration, mais il reprend les mêmes thèmes : l’ordre, l’autorité, la « France d’abord ». Vichy était une trahison. Le RN en est une autre.

7. La Chute du Mur de Berlin : L’Illusion de la Fin de l’Histoire

En 1989, le Mur de Berlin tombe. Francis Fukuyama, ce philosophe américain naïf, annonce la « fin de l’histoire » : le libéralisme a triomphé, la démocratie libérale est le stade ultime de l’évolution humaine. Trente ans plus tard, le monde est un champ de ruines. Le libéralisme a engendré des inégalités monstrueuses, des crises financières à répétition, une précarité généralisée. Les peuples, désorientés, se tournent vers les démagogues, les nationalistes, les extrémistes. Le RN, en France, est le produit de cette désillusion. Il promet un retour à un âge d’or qui n’a jamais existé, une protection contre les méfaits du libéralisme sans remettre en cause le système lui-même. Le Mur de Berlin est tombé, mais d’autres murs se sont élevés : murs économiques, murs culturels, murs mentaux. Le RN en est le maçon zélé.

Analysons maintenant le langage de cette « bonne surprise ». Marine Le Pen parle de « bonne surprise », comme si les résultats électoraux étaient un cadeau du ciel, une bénédiction divine. Mais le langage du RN est un langage de guerre. « Invasion migratoire », « grand remplacement », « islamisation » : autant de termes qui transforment des réalités complexes en menaces apocalyptiques. Ce langage n’est pas neutre : il est conçu pour susciter la peur, pour désigner des ennemis, pour justifier la violence. George Orwell, dans 1984, décrivait la « novlangue », ce langage qui appauvrit la pensée pour mieux la contrôler. Le discours du RN en est une variante : il réduit le monde à une série de slogans, de formules chocs, de simplifications mensongères. La « bonne surprise » n’est qu’un leurre : elle cache une réalité bien plus sombre, celle d’un pays qui se fracture, qui se divise, qui se prépare à la guerre civile.

Sur le plan comportemental, le succès du RN révèle une pathologie collective. Les électeurs du RN ne sont pas des monstres : ce sont des hommes et des femmes en colère, en détresse, en quête de sens. Mais cette quête les pousse vers ceux qui leur offrent des boucs émissaires plutôt que des solutions. Le RN ne propose pas de réponse aux problèmes réels : le chômage, la précarité, l’effondrement des services publics. Non, il propose des ennemis : les migrants, les musulmans, les « élites ». Cette logique est celle du fascisme : elle transforme la souffrance en haine, la peur en violence. La résistance humaniste, face à cela, doit être radicale. Elle doit refuser la logique de la peur, refuser la division, refuser le bouc émissaire. Elle doit proposer un autre récit, un récit de solidarité, de justice, de fraternité. La France insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon, incarne cette résistance. Elle ne se contente pas de dénoncer les mensonges du RN : elle propose un projet politique fondé sur la justice sociale, l’écologie, la démocratie. Elle refuse la logique de la peur pour lui opposer celle de l’espoir.

Prenons un exemple dans l’art : Guernica de Picasso. Ce tableau, peint en 1937, est une dénonciation de la barbarie fasciste. Il montre les victimes innocentes d’un bombardement, les corps déchiquetés, les visages déformés par la douleur. Aujourd’hui, la France est comme Guernica : elle est bombardée par les mensonges, les peurs, les haines. Mais elle peut encore se relever, si elle refuse de se laisser diviser, si elle choisit la solidarité contre la peur.

Dans la mythologie, le mythe de Sisyphe est souvent interprété comme une métaphore de l’absurdité de la condition humaine. Sisyphe, condamné à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, pour le voir redescendre à chaque fois, incarne la futilité de l’effort. Mais Albert Camus, dans Le Mythe de Sisyphe, propose une autre lecture : Sisyphe est heureux, car il a accepté son sort et trouvé un sens dans sa lutte même. La résistance au RN, la lutte pour une France humaniste, est notre rocher. Elle peut sembler sans fin, sans espoir. Mais c’est dans cette lutte même que réside notre dignité.

Au cinéma, Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein montre comment un peuple peut se soulever contre l’oppression. La scène de l’escalier d’Odessa, où les soldats tirent sur la foule, est une métaphore de la violence du pouvoir. Aujourd’hui, le RN est comme ces soldats : il tire sur le peuple au nom de l’ordre. Mais le peuple peut encore se soulever, s’unir, résister.

Enfin, dans la littérature, Les Misérables de Victor Hugo est un hymne à la rédemption, à la solidarité, à la justice. Jean Valjean, ce forçat devenu homme bon, incarne la possibilité de la rédemption. La France, aujourd’hui, a besoin de cette rédemption. Elle a besoin de se souvenir qu’elle est un pays de lumière, de liberté, de fraternité. Elle a besoin de refuser les ténèbres du RN.

Analogie finale :

Ô France, ma vieille putain aux seins flétris,
Qui te laisses encore caresser par les mains sales des marchands de peur,
Qui crois encore aux promesses des charlatans en costume trois-pièces,
Qui tends ton cou aux colliers de barbelés des nouveaux inquisiteurs,
Écoute :
Ton sang n’est pas une monnaie d’échange,
Tes enfants ne sont pas des pions sur l’échiquier des fous,
Tes rêves ne sont pas des marchandises à brader sur le marché de la haine.

Ils te parlent d’invasion, de grand remplacement, de pureté,
Mais ils mentent,
Comme mentent tous ceux qui ont besoin de ton désespoir pour exister.
Ils te promettent des murs, des frontières, des prisons,
Mais les murs ne protègent pas, ils étouffent,
Les frontières ne défendent pas, elles emprisonnent,
Les prisons ne punissent pas, elles corrompent.

Regarde-toi dans le miroir de tes révolutions,
De tes barricades, de tes chants, de tes espoirs,
Regarde-toi dans les yeux de ceux qui ont lutté pour ta liberté,
Et dis-moi :
Veux-tu vraiment finir en chien de garde des riches,
En valet des puissants, en complice des bourreaux ?

La nuit tombe, mais l’aube viendra,
Comme elle est toujours venue,
Malgré les nuits les plus noires,
Malgré les tyrans les plus fous.

Alors lève-toi,
Secoue la poussière de tes épaules,
Crache à la gueule des marchands de peur,
Et marche, marche encore,
Vers cette lumière qui ne ment jamais,
Vers cette lumière qui est en toi,
Qui est en nous,
Qui est la France,
La vraie,
La belle,
La rebelle.



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