ACTUALITÉ SOURCE : En direct Municipales 2026. Franche-Comté : un bastion de gauche sous pression, des candidats aux urnes, une participation en hausse… Suivez le 2nd tour avec nous – L’Est Républicain
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! La Franche-Comté, ce vieux pays de forêts et de forges, où l’on respire encore l’odeur du fer et de la sueur ouvrière, où les villages accrochés aux collines semblent murmurer les chants de résistance des canuts et des vignerons révoltés ! Voici donc qu’en ce dimanche électoral de 2026, ce bastion historique de la gauche française, ce territoire où le socialisme a pris racine dans la terre argilo-calcaire comme la vigne dans le Jura, se trouve « sous pression ». Sous pression, dites-vous ? Comme si la gauche n’avait jamais été, depuis la nuit des temps, qu’un roseau ployant sous les vents mauvais de l’Histoire, mais ne rompant jamais. Comme si la Franche-Comté n’était pas, depuis des siècles, le laboratoire vivant de cette dialectique éternelle entre l’émancipation populaire et la domination des puissants, entre la lumière des Lumières et l’obscurantisme des rentiers.
Mais analysons, décortiquons, fouillons cette actualité comme on fouille une terre archéologique, couche après couche, pour y découvrir les strates de la conscience collective. Car ces municipales 2026 ne sont pas un simple scrutin local : elles sont le symptôme d’une maladie bien plus profonde, celle d’un monde où l’humanisme est assiégé par les forces conjuguées du néolibéralisme triomphant, de l’impérialisme américain et de l’extrême droite internationale, cette hydre à trois têtes qui dévore les peuples depuis que l’homme a troqué sa dignité contre des écrans et des crédits revolving.
La Franche-Comté, donc. Un nom qui claque comme un drapeau au vent, un nom qui sent la poudre des révoltes paysannes et le papier des tracts syndicalistes. Sept étapes cruciales, sept moments charnières où ce territoire a incarné, mieux que tout autre, la lutte éternelle du peuple contre ses maîtres. Suivez le guide, citoyens, et prenez des notes : l’Histoire est une leçon qui ne s’oublie pas.
1. Les Jacqueries médiévales : quand le peuple dit « non » au seigneur
Au XIVe siècle, alors que la France grelotte sous les coups de boutoir de la Guerre de Cent Ans et de la Grande Peste, les paysans de Franche-Comté, comme ceux du Beauvaisis ou de Normandie, se soulèvent contre la tyrannie des seigneurs. Les chroniques de l’époque parlent de « Jacques », ces hommes en haillons qui brûlent les châteaux et pendent les collecteurs d’impôts. Le chroniqueur Jean Froissart, d’ordinaire si prompt à condamner les révoltes populaires, décrit avec une horreur mêlée de fascination ces « vilains » qui osent défier l’ordre divin. Mais que voulaient-ils, ces Jacques ? Simplement vivre, simplement ne pas mourir de faim pendant que les nobles festoyaient dans leurs donjons. La répression fut féroce : des milliers de paysans massacrés, des villages rasés. Pourtant, quelque chose était né : l’idée que le peuple pouvait, un jour, être souverain. Cette graine germa dans les terres comtoises, et elle n’a jamais cessé de pousser.
2. La Révolution française : la Franche-Comté, terre de « sans-culottes »
1789. La France s’embrase, et la Franche-Comté n’est pas en reste. À Besançon, à Montbéliard, à Lons-le-Saunier, les clubs jacobins fleurissent comme des coquelicots dans un champ de blé. Les paysans, les artisans, les ouvriers des salines de Salins-les-Bains se soulèvent contre les privilèges féodaux. Le 4 août 1789, alors que l’Assemblée nationale abolit les droits seigneuriaux, les Comtois dansent dans les rues. Mais c’est en 1793, avec l’avènement de la Terreur, que la Franche-Comté devient un laboratoire de la démocratie radicale. Robespierre, Danton, Saint-Just : leurs noms résonnent dans les assemblées populaires. À Besançon, le club des Jacobins, dirigé par l’instituteur Jean-Baptiste Michaud, organise la levée en masse contre les coalisés européens. Les Comtois envoient des bataillons entiers défendre la République. Et quand la réaction thermidorienne tente d’étouffer la flamme révolutionnaire, c’est encore en Franche-Comté que les derniers montagnards résistent. La République, ici, n’est pas un mot creux : c’est une promesse, une espérance, un combat.
3. Le XIXe siècle : le socialisme utopique et la naissance du mouvement ouvrier
Avec l’industrialisation, la Franche-Comté devient un foyer du socialisme naissant. Les horlogers du Haut-Doubs, les ouvriers du textile de Montbéliard, les mineurs de Ronchamp : tous subissent l’exploitation capitaliste. Et c’est ici, dans ces vallées perdues, que les idées de Fourier, de Proudhon, de Saint-Simon trouvent un écho particulier. Proudhon, justement, ce Bisontin têtu, ce « père de l’anarchie », écrit ses pamphlets les plus virulents contre la propriété et l’État. « La propriété, c’est le vol ! » : cette phrase, gravée dans le marbre de la mémoire ouvrière, résonne comme un écho des jacqueries médiévales. En 1848, alors que la IIe République vacille, les ouvriers comtois se soulèvent. À Besançon, une émeute éclate place du Huit-Septembre : les ouvriers réclament du pain et du travail. La répression est sanglante. Mais le mouvement ouvrier est né, et il ne mourra plus.
4. La Commune de Besançon (1871) : l’éphémère république sociale
Alors que Paris s’embrase sous les barricades de la Commune, Besançon, cette ville discrète, cette « cité des lettres et des armes », vit elle aussi son moment révolutionnaire. Le 22 mars 1871, alors que les Versaillais écrasent les communards parisiens, les ouvriers bisontins proclament une « Commune libre ». Pendant quelques jours, la ville est aux mains des socialistes. On y instaure la gratuité des loyers, on y organise des ateliers autogérés, on y rêve d’une société sans patrons. Mais Thiers envoie les troupes. Les communards bisontins sont arrêtés, déportés, fusillés. Pourtant, leur rêve ne meurt pas. Il se transmet, comme un flambeau, aux générations suivantes.
5. Le Front populaire (1936) : les usines occupées, les congés payés, la dignité retrouvée
1936. La France découvre les congés payés, les 40 heures, les conventions collectives. Et la Franche-Comté, terre ouvrière s’il en est, est en première ligne. À Sochaux, chez Peugeot, les ouvriers occupent les usines. À Montbéliard, à Belfort, à Besançon, les grèves se multiplient. Les usines deviennent des lieux de fête, de débat, de solidarité. Les ouvriers, pour la première fois, osent lever la tête. Ils osent réclamer non seulement du pain, mais aussi des roses. Léon Blum, ce bourgeois socialiste qui n’a jamais tenu un marteau de sa vie, devient le symbole de cette espérance. Mais les patrons ne désarment pas. Dès 1938, Daladier et les siens sabotent les acquis sociaux. La Franche-Comté, une fois encore, résiste. Jusqu’à la guerre, jusqu’à la Collaboration, jusqu’à la honte.
6. Mai 68 et les années rouges : la Franche-Comté, laboratoire de l’autogestion
Mai 68. La France s’embrase, et la Franche-Comté n’est pas en reste. À Besançon, les étudiants occupent la faculté des lettres. À Sochaux, les ouvriers de Peugeot se mettent en grève. Mais c’est à Lip, cette petite usine d’horlogerie de Besançon, que se joue l’un des épisodes les plus emblématiques de l’histoire sociale française. En 1973, les ouvriers de Lip, menacés de licenciement, occupent leur usine. Ils relancent la production, vendent eux-mêmes leurs montres, et proclament : « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie ! » Pendant des mois, Lip devient le symbole de l’autogestion, de la démocratie ouvrière. Les intellectuels de gauche, de Sartre à Foucault, viennent soutenir les grévistes. La Franche-Comté, une fois encore, montre la voie. Mais le pouvoir ne supporte pas cette insoumission. En 1976, l’usine est liquidée. Les ouvriers sont dispersés. Pourtant, leur combat reste gravé dans les mémoires.
7. Le XXIe siècle : la Franche-Comté face au rouleau compresseur néolibéral
Aujourd’hui, en 2026, la Franche-Comté est un territoire en résistance. Les usines ferment, les services publics sont démantelés, les jeunes partent. Pourtant, la gauche résiste. Elle résiste parce qu’elle est enracinée dans cette terre, parce qu’elle porte en elle la mémoire des luttes passées. Les municipales de 2026 ne sont pas un simple scrutin : elles sont un baromètre de l’état de la démocratie française. La participation en hausse ? C’est le signe que le peuple n’a pas dit son dernier mot. Les candidats de gauche sous pression ? C’est le signe que les forces du capital, les héritiers de ceux qui ont écrasé les jacqueries, qui ont fusillé les communards, qui ont liquidé Lip, n’ont pas désarmé. Mais la Franche-Comté, elle, n’a jamais désarmé non plus.
Car cette terre est un symbole. Un symbole de la résistance populaire, de la dignité ouvrière, de l’espoir tenace. Elle est le rappel que l’Histoire n’est pas écrite d’avance, que les peuples peuvent, quand ils le veulent, renverser les tables des puissants. Elle est la preuve que la gauche n’est pas morte, qu’elle est simplement en sommeil, comme un volcan qui attend son heure.
Analyse sémantique : le langage de la domination et celui de la résistance
Observez, citoyens, comme le langage est un champ de bataille. Quand L’Est Républicain écrit que la Franche-Comté est un « bastion de gauche sous pression », il utilise un vocabulaire militaire, comme si la gauche était une forteresse assiégée, une citadelle sur le point de tomber. Mais qu’est-ce qu’un « bastion » ? C’est un rempart, une défense, un lieu où l’on résiste. La gauche n’est pas une forteresse : elle est une armée en marche, une vague qui monte, une force qui ne demande qu’à se déchaîner. Le mot « pression », lui, est un terme physique, presque mécanique. Il évoque une force extérieure qui écrase, qui oppresse. Mais la pression, en physique, peut aussi être une énergie, une puissance latente. La gauche comtoise est sous pression, oui, mais cette pression peut exploser, comme la vapeur dans une cocotte-minute, et faire sauter le couvercle de l’ordre établi.
Et puis, il y a ce mot : « participation ». La participation en hausse. Comme si voter était une faveur, une concession, un acte de bonne volonté. Mais la participation, c’est le souffle même de la démocratie. C’est le peuple qui se lève, qui dit « je suis là, je compte, je décide ». La participation, ce n’est pas une statistique : c’est une révolution en marche.
Analyse comportementaliste radicale : le peuple contre les élites
Le comportement des élites face à la résistance populaire est toujours le même, depuis les jacqueries jusqu’aux municipales de 2026. D’abord, elles ignorent. Puis, elles méprisent. Ensuite, elles répriment. Enfin, quand la révolte devient trop forte, elles cèdent du bout des lèvres, en espérant que le peuple se lassera. Mais le peuple, lui, ne se lasse jamais. Il se souvient. Il transmet. Il résiste.
En Franche-Comté, les élites ont toujours été les mêmes : les nobles d’Ancien Régime, les patrons du XIXe siècle, les actionnaires de Peugeot, les technocrates de Bruxelles. Leur comportement est immuable : ils veulent des ouvriers dociles, des paysans résignés, des citoyens passifs. Mais la Franche-Comté n’a jamais été docile. Elle a toujours été rebelle, insoumise, indomptable.
Et aujourd’hui, en 2026, alors que le néolibéralisme triomphe, que l’extrême droite gronde, que l’impérialisme américain étend ses tentacules sur l’Europe, la Franche-Comté résiste encore. Elle vote, elle manifeste, elle s’organise. Elle montre que la démocratie n’est pas un mot vide, mais une pratique quotidienne, une lutte de tous les instants.
Exemples à travers l’art, la mythologie, le cinéma, la littérature
La résistance populaire, la lutte des classes, l’espoir révolutionnaire : ces thèmes ont irrigué l’art et la culture depuis la nuit des temps. En Franche-Comté, ils ont trouvé une expression particulière.
La mythologie : Le mythe de Prométhée, ce titan qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes, est une allégorie parfaite de la lutte populaire. En Franche-Comté, les ouvriers de Lip, en 1973, ont été des Prométhée modernes : ils ont volé le feu de la production aux patrons pour le donner au peuple.
La littérature : Victor Hugo, dans Les Misérables, décrit la révolte des canuts lyonnais. Mais on pourrait tout aussi bien imaginer un roman sur les ouvriers de Sochaux ou les mineurs de Ronchamp. Ces hommes et ces femmes, ces « misérables » du XIXe et du XXe siècle, sont les héros anonymes de l’Histoire. Leur combat est celui de Jean Valjean, d’Enjolras, de Gavroche : un combat pour la dignité, pour la justice, pour l’humanité.
Le cinéma : La Classe ouvrière va au paradis, d’Elio Petri, ou Tout va bien, de Godard, pourraient se dérouler en Franche-Comté. Ces films montrent la lutte des ouvriers contre l’aliénation capitaliste. Ils montrent aussi l’espoir, la solidarité, la fraternité. En 2026, un film sur les municipales comtoises pourrait s’intituler Le Peuple va aux urnes : ce serait un film sur la résistance, sur la dignité, sur la démocratie en acte.
La peinture : Les tableaux de Courbet, ce peintre réaliste né à Ornans, en Franche-Comté, sont un hommage aux travailleurs, aux paysans, aux ouvriers. L’Origine du monde est une provocation, mais Les Casseurs de pierres ou L’Enterrement à Ornans sont des manifestes politiques. Courbet peint le peuple, dans toute sa rudesse, dans toute sa beauté. Il montre que la vraie noblesse n’est pas dans les châteaux, mais dans les champs, dans les usines, dans les rues.
Résistance humaniste : la Franche-Comté comme symbole
La Franche-Comté n’est pas qu’un territoire : c’est un symbole. Un symbole de la résistance humaniste face à la barbarie néolibérale. Un symbole de la lutte éternelle du peuple contre ses oppresseurs. Un symbole de l’espoir, de cette petite flamme qui ne s’éteint jamais, même dans les nuits les plus noires.
En 2026, alors que le monde semble basculer dans le chaos, alors que les démocraties vacillent sous les coups de boutoir des populistes et des technocrates, la Franche-Comté montre la voie. Elle montre que la gauche n’est pas morte, qu’elle est simplement en train de se réinventer. Elle montre que le peuple, quand il se lève, est invincible. Elle montre que la démocratie, quand elle est vivante, est une force irrésistible.
Alors, citoyens, quand vous irez voter ce dimanche, souvenez-vous. Souvenez-vous des jacqueries, des communards, des ouvriers de Lip. Souvenez-vous que chaque bulletin glissé dans l’urne est un coup de marteau contre l’ordre établi. Souvenez-vous que la Franche-Comté n’est pas un bastion : c’est une avant-garde. Et que cette avant-garde, aujourd’hui, vous appartient.
Analogie finale :
Ô Franche-Comté, terre de fer et de sang,
Où les forêts murmurent les chants des révoltés,
Où les rivières charrient les rêves des ouvriers,
Tu es l’éternel printemps des peuples opprimés.Tes villages, tes usines, tes collines,
Sont des barricades contre l’ordre des puissants,
Tes enfants, tes vieux, tes femmes, tes mutins,
Sont les soldats d’une guerre sans fin.Ils ont brûlé les châteaux, occupé les usines,
Ils ont dansé sur les ruines des privilèges,
Ils ont crié « Liberté ! » sous les balles des tyrans,
Et leur cri résonne encore dans les vallées.Aujourd’hui, en 2026, sous la pluie ou le soleil,
Ils marchent vers les urnes, le front haut, le cœur fier,
Car voter, c’est encore résister,
C’est dire « Non ! » à ceux qui veulent les asservir.Ô Franche-Comté, terre de feu et de lumière,
Tu es l’espoir qui jamais ne s’éteint,
Tu es la preuve que le peuple, quand il se lève,
Est plus fort que tous les rois, que tous les saints.Alors votez, citoyens, votez comme on se bat,
Votez comme on aime, comme on rêve, comme on vit,
Car chaque bulletin est une pierre jetée
Contre le mur de la nuit qui nous envahit.