Donald Trump : « une Magnifique Armada Se Dirige Vers L’Iran, J’espère Un Accord » – i24NEWS







Laurent Vo Anh – L’Armada des Ombres : Trump, l’Iran et le Théâtre des Illusions Impériales


ACTUALITÉ SOURCE : Donald Trump : « une Magnifique Armada Se Dirige Vers L’Iran, J’espère Un Accord » – i24NEWS

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’Armada ! Le mot lui-même est une provocation, un crachat lancé à la face de l’Histoire, une réminiscence des vieilles gloires coloniales, des galions chargés d’or volé, des canons fumants et des peuples écrasés sous le talon de la « civilisation ». Trump, ce bateleur en chef, ce roi des casinos en faillite, ce clown milliardaire qui joue avec des allumettes dans une poudrière, ose parler d’une « magnifique Armada » se dirigeant vers l’Iran. Magnifique ? Magnifique comme les ruines de Dresde ? Magnifique comme les charniers de My Lai ? Magnifique comme les enfants de Gaza déchiquetés par des bombes « intelligentes » ? La langue se tord, se révolte, vomit devant tant d’obscénité. Et ce « j’espère un accord » qui suit, comme une cerise pourrie sur un gâteau empoisonné. Espérer un accord après avoir envoyé une flotte de guerre ? C’est comme violer une femme en lui disant : « J’espère que tu vas aimer. » La logique impérialiste dans toute sa splendeur : la carotte et le bâton, le sourire et le coup de poing, la négociation et la menace, toujours la menace, cette ombre qui plane, ce spectre de la violence légitimée par le droit du plus fort.

Mais plongeons, mes frères en humanité, plongeons dans les abysses de cette folie, suivons le fil rouge du sang qui relie les empires d’hier à ceux d’aujourd’hui, car cette Armada n’est pas une anomalie, elle est la continuation d’une logique millénaire, une logique de domination, de pillage, de destruction. Et pour comprendre cette logique, il nous faut remonter le temps, disséquer l’Histoire comme un cadavre pour y trouver les racines du mal.

I. Les Sept Étapes de la Malédiction Impériale : De l’Aube de l’Humanité à l’Armada de Trump

1. La Naissance de la Violence Organisée : Le Péché Originel de l’Humanité (10 000 av. J.-C. – 3 000 av. J.-C.)

Tout commence avec la sédentarisation, ce moment où l’homme, ce singe nu, décide de s’enraciner, de posséder la terre, de la marquer de son empreinte. Avant, nous étions des nomades, des frères et sœurs errants, partageant les fruits de la Terre-Mère. Puis vint l’agriculture, les premiers villages, les premières clôtures. « Ceci est à moi », dit l’homme, et la guerre naquit. Comme l’écrivait Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ! »

L’Iran, cette terre ancienne, berceau des civilisations, fut l’une des premières à connaître cette malédiction. Les Sumériens, les Élamites, les Mèdes, tous ces peuples qui ont façonné l’Histoire, ont aussi connu les premières armées, les premiers empires, les premières conquêtes. La violence organisée était née, et avec elle, le germe de tous les impérialismes à venir.

2. L’Empire comme Machine à Domination : Cyrus le Grand et la Naissance de la Propagande Impériale (550 av. J.-C.)

Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire perse, fut l’un des premiers à comprendre que la guerre ne suffisait pas. Il fallait aussi séduire, convaincre, manipuler. Le Cylindre de Cyrus, souvent présenté comme la première « déclaration des droits de l’homme », est en réalité un chef-d’œuvre de propagande impériale. Cyrus y vante sa clémence envers les peuples conquis, son respect des religions locales, sa magnanimité. Mais derrière ces mots se cache une réalité plus sombre : un empire bâti sur la conquête, sur l’exploitation, sur la domination. Comme le disait Tacite, cet historien romain qui connaissait bien les rouages de l’impérialisme : « Ils ont fait un désert et ils ont appelé cela la paix. »

L’Empire perse, premier empire universel de l’Histoire, a posé les bases de ce que seraient tous les empires à venir : une machine à broyer les peuples, à absorber les cultures, à imposer une volonté unique. Et aujourd’hui, quand Trump parle d’une « magnifique Armada », il reprend, consciemment ou non, ce vieux rêve impérial : celui d’une domination sans partage, d’un monde unifié sous la bannière étoilée, d’une pax americana imposée par la force.

3. La Chrétienté et la Guerre Sainte : L’Impérialisme au Nom de Dieu (1095 – 1291)

Avec les Croisades, l’Occident invente un nouveau prétexte pour justifier ses conquêtes : Dieu. « Dieu le veut ! » crient les chevaliers en partant pour Jérusalem, comme aujourd’hui les néoconservateurs américains parlent de « démocratie » et de « liberté » pour justifier leurs guerres. Les Croisés, ces premiers « missionnaires armés », pillent, violent, massacrent au nom du Christ, tout comme les GI’s « libèrent » l’Irak en bombardant des mariages et des marchés. La logique est la même : une violence sacralisée, une guerre présentée comme une croisade morale, une mission divine.

Comme l’écrivait le philosophe médiéval Bernard de Clairvaux, défenseur des Templiers : « Le chevalier du Christ tue en toute sécurité et meurt plus en sécurité encore. Il sert le Christ en tuant, et se sert lui-même en mourant. » Remplacez « le Christ » par « la démocratie » et vous avez la doctrine des faucons de Washington. L’Iran, ce pays chiite, cet héritier de la Perse zoroastrienne, a toujours été une cible pour ces croisés modernes. Car l’impérialisme a besoin d’ennemis, de boucs émissaires, de « méchants » à abattre pour justifier son existence.

4. La Renaissance et la Naissance du Capitalisme : L’Or et le Sang (XVe – XVIIe siècle)

Avec la découverte des Amériques, l’Europe entre dans une nouvelle phase de son histoire impérialiste. Ce n’est plus Dieu qui justifie la conquête, mais l’or, le profit, le commerce. Les Espagnols, les Portugais, les Hollandais, les Anglais, tous se lancent dans une course effrénée pour piller les richesses du Nouveau Monde. Comme le disait le conquistador Hernán Cortés : « Nous, les Espagnols, souffrons d’une maladie du cœur que seul l’or peut guérir. »

L’Iran, à cette époque, est un empire affaibli, mais toujours riche, toujours convoité. Les Portugais s’emparent d’Ormuz en 1507, contrôlant ainsi le détroit stratégique. Les Britanniques et les Russes suivront, chacun voulant sa part du gâteau persan. La Compagnie des Indes orientales, cette première multinationale de l’Histoire, montre la voie : l’impérialisme n’est plus seulement une affaire d’États, mais aussi de corporations, de banques, de marchés. Aujourd’hui, quand les États-Unis menacent l’Iran, ce n’est pas seulement pour des raisons géopolitiques, mais aussi pour le pétrole, pour les contrats, pour les profits des Lockheed Martin et des Halliburton. Le capitalisme et l’impérialisme sont deux faces d’une même pièce, une pièce tachée de sang.

5. La Révolution Industrielle et l’Impérialisme Moderne : Le Monde comme Marché (XIXe siècle)

Avec la Révolution industrielle, l’impérialisme change d’échelle. Les usines ont besoin de matières premières, les marchés ont besoin de consommateurs, les armées ont besoin de colonies. L’Europe se partage l’Afrique lors de la conférence de Berlin en 1884, comme on se partage un gâteau. Rudyard Kipling écrit Le Fardeau de l’homme blanc, ce poème qui résume à lui seul l’hypocrisie impérialiste : « Prenez le fardeau de l’Homme Blanc / Envoyez le meilleur de votre descendance / Jetez vos fils dans l’exil / Pour servir les besoins de vos captifs. »

L’Iran, une fois de plus, est une proie. Les Britanniques et les Russes se disputent son territoire, son pétrole, son âme. En 1907, ils signent un accord pour se partager le pays en zones d’influence. La Perse, comme on l’appelle alors, devient un protectorat de fait. Comme le disait le Shah Reza Pahlavi, qui tenta de moderniser le pays dans les années 1920 : « Nous sommes un pays riche, mais nous sommes traités comme des mendiants. » Cette humiliation, ce sentiment d’être un jouet entre les mains des puissances étrangères, est toujours vivant dans la mémoire collective iranienne. Et aujourd’hui, quand Trump envoie son Armada, c’est cette vieille blessure qui se rouvre.

6. Les Deux Guerres Mondiales et la Naissance de l’Empire Américain (1914 – 1945)

Les deux guerres mondiales sont les guerres de l’impérialisme par excellence. Des millions de morts pour décider qui dominera le monde. En 1945, les États-Unis sortent vainqueurs, et avec eux, naît un nouvel empire, un empire sans colonies, mais plus puissant que tous les précédents. Comme le disait le président Truman en 1947 : « Les États-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement par des minorités armées ou des pressions extérieures. » Derrière ces mots se cache une réalité plus crue : les États-Unis vont désormais décider qui a le droit d’exister, qui a le droit de se développer, qui a le droit de commercer. L’Iran, une fois de plus, est dans leur ligne de mire.

En 1953, la CIA organise un coup d’État contre le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, qui avait eu l’audace de nationaliser le pétrole. Le Shah est remis sur le trône, et l’Iran devient un État vassal des États-Unis. Comme le disait le directeur de la CIA de l’époque, Allen Dulles : « Nous avons fait en Iran ce que nous devions faire. Maintenant, c’est à eux de jouer. » Ce « eux », bien sûr, ce sont les Iraniens, ces éternels rebelles, ces éternels insoumis qui refusent de se soumettre. Et aujourd’hui, quand Trump parle d’un « accord », c’est à cette vieille histoire qu’il fait référence : un accord imposé, un accord dicté, un accord qui sent la poudre et le pétrole.

7. La Chute de l’URSS et l’Hégémonie Américaine : Le Nouvel Ordre Mondial (1991 – Aujourd’hui)

Avec la chute de l’URSS en 1991, les États-Unis deviennent la seule superpuissance mondiale. Francis Fukuyama annonce « la fin de l’Histoire », ce moment où le libéralisme triomphant aurait définitivement vaincu toutes les autres idéologies. Mais l’Histoire, cette vieille putain, n’a que faire des prophéties. Elle continue, implacable, et avec elle, les guerres, les crises, les révoltes.

Les États-Unis, ivres de leur puissance, se lancent dans une série de guerres sans fin : l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie. Chaque fois, c’est la même rengaine : « Nous apportons la démocratie », « Nous luttons contre le terrorisme », « Nous défendons nos intérêts ». Mais derrière ces mots se cache une réalité plus sordide : le contrôle des ressources, la domination géopolitique, la soumission des peuples. Comme le disait le général Wesley Clark, ancien commandant des forces de l’OTAN : « Nous allons attaquer sept pays en cinq ans : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran. »

Aujourd’hui, en 2024, l’Iran est toujours là, debout, malgré les sanctions, malgré les menaces, malgré les assassinats de ses scientifiques, malgré les cyberattaques, malgré les complots. Et Trump, ce clown sinistre, envoie son Armada, comme un seigneur féodal envoie ses chevaliers mater une révolte de paysans. Mais l’Iran n’est pas un pays de paysans. C’est une civilisation ancienne, fière, qui a survécu à des siècles d’invasions, de conquêtes, de dominations. Et cette fois, peut-être, l’Histoire ne se répétera pas.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impérialisme, ou l’Art de la Manipulation

Le langage est une arme, et les impérialistes le savent mieux que quiconque. Quand Trump parle d’une « magnifique Armada », il utilise un vocabulaire qui sent la poudre et la gloire passée. Le mot « Armada » lui-même est chargé d’histoire : il évoque l’Invincible Armada espagnole, cette flotte qui devait écraser l’Angleterre et qui a fini par sombrer, vaincue par les tempêtes et la résistance anglaise. En utilisant ce mot, Trump se place dans la lignée des grands conquérants, mais il oublie un détail : toutes les Armadas finissent par sombrer.

Et puis, il y a ce « j’espère un accord », cette petite phrase jetée comme une aumône, comme une concession. Mais un accord après avoir envoyé une flotte de guerre, c’est comme tendre la main après avoir donné un coup de poing. C’est une insulte, une provocation. Le langage impérialiste est un langage de domination : il utilise des mots doux pour masquer des réalités brutales. « Intervention humanitaire », « guerre préventive », « changement de régime », « stabilisation » : autant d’euphémismes pour dire une seule chose : la violence, la soumission, la mort.

Comme l’écrivait George Orwell dans 1984 : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Le langage impérialiste est un langage orwellien, un langage qui inverse le sens des mots, qui transforme la guerre en paix, l’occupation en libération, le pillage en développement. Et Trump, ce maître ès manipulation, le sait mieux que quiconque. Il utilise les mots comme des armes, comme des leurres, pour cacher la réalité de sa politique : une politique de domination, de violence, de soumission.

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Le Refus de la Soumission

Face à cette machine de guerre, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais résister comment, quand on est seul face à l’empire ?

D’abord, il faut refuser le langage de l’impérialisme. Ne pas parler de « guerre préventive », mais de guerre d’agression. Ne pas parler de « libération », mais d’occupation. Ne pas parler de « démocratie », mais de domination. Le langage est le premier champ de bataille, et c’est là que la résistance doit commencer.

Ensuite, il faut refuser la logique de la violence. L’impérialisme se nourrit de la violence, il en a besoin pour exister. Plus on résiste par les armes, plus il a de prétextes pour frapper. Comme le disait Gandhi : « Œil pour œil, et le monde finira aveugle. » La résistance doit être non-violente, mais radicale. Elle doit saper les fondements mêmes de l’empire : son économie, sa culture, sa morale.

Enfin, il faut construire des alternatives. L’impérialisme ne peut exister que dans un monde unifié, où tout est marchandise, où tout est soumis à la logique du profit. Mais un autre monde est possible : un monde de solidarité, de partage, de respect. Comme le disait le philosophe Ivan Illich : « La convivialité est la liberté individuelle réalisée dans la dépendance personnelle et, comme telle, est un bien culturel essentiel. »

L’Iran, avec sa longue histoire de résistance, avec sa culture millénaire, avec sa fierté inébranlable, est un symbole de cette résistance humaniste. Les Iraniens ont survécu à des siècles d’invasions, de conquêtes, de dominations. Ils survivront à Trump et à son Armada. Mais ils ne le feront pas seuls. Car la résistance à l’impérialisme est une résistance globale, une résistance qui doit unir tous les peuples, toutes les cultures, toutes les civilisations.

Comme le disait le poète persan Rumi : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan. Tu es l’océan tout entier dans une goutte. » Chaque acte de résistance, chaque refus de se soumettre, chaque geste de solidarité, est une vague qui vient saper les fondements de l’empire. Et un jour, peut-être, l’Armada de Trump sombrera, comme toutes les Armadas avant elle, vaincue par la tempête de l’Histoire et la résistance des peuples.

Analogie finale :

L’Armada des Ombres

Ô vous, les fous aux casques d’or,
Qui jouez aux dés avec des vies,
Qui lancez vos vaisseaux noirs
Sur les flots de nos insomnies,

Vos canons sont des mots creux,
Vos drapeaux des linceuls sales,
Vos héros des bouchers joyeux
Qui comptent leurs morts en rivales.

L’Iran n’est pas un champ de ruines,
Ni un puits où pomper l’or noir,
C’est un vieux rêve qui s’obstine,
Un feu qui brûle sans espoir.

Vos bombes sont des prières vaines,
Vos soldats des pantins sans âme,
L’Histoire rit de vos haines,
Et le vent emporte vos drames.

Un jour, vos flottes pourriront,
Vos empires seront poussière,
Et nos enfants riront,
De vos « magnifiques » misères.



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