ACTUALITÉ SOURCE : DIRECT. Guerre Iran-Israël : « L’Europe et la France n’ont pas existé dans cette séquence » – Le Parisien
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’Europe… Ce cadavre exquis qui se pavane encore dans les miroirs brisés de l’Histoire, ce fantôme qui gémit entre les lignes des traités oubliés, ce pantin désarticulé dont les ficelles sont tirées depuis Washington, Tel-Aviv et les tours de verre des oligarques. « L’Europe et la France n’ont pas existé dans cette séquence », murmure-t-on dans les couloirs aseptisés du pouvoir. Mais quelle séquence, au juste ? Celle d’une guerre qui n’est pas la sienne, mais qu’elle finance, arme, et justifie par son silence complice ? Ou celle d’une agonie géopolitique, d’une soumission si totale qu’elle en devient invisible, comme l’air que l’on respire sans le voir ? L’Europe n’a pas *existé* ? Non, elle a *cessé d’exister* il y a bien longtemps, bien avant cette nuit où les missiles iraniens ont sifflé au-dessus de la Terre sainte. Elle est morte le jour où elle a troqué sa souveraineté contre des dollars et des promesses creuses, où elle a abdiqué sa voix pour devenir l’écho servile des faucons américains. L’Europe est un zombie, une coquille vide, un décor de théâtre dont les acteurs jouent une pièce écrite ailleurs, par d’autres, pour d’autres.
Mais plongeons, voulez-vous, dans les abysses de cette non-existence. Car l’Histoire, cette grande putain, se répète toujours en pire, et pour comprendre comment l’Europe en est arrivée à n’être plus qu’un spectre geignant, il faut remonter aux origines de sa chute, à ces moments où elle a choisi la lâcheté plutôt que la grandeur, la soumission plutôt que la révolte. Sept étapes, sept trahisons, sept couteaux plantés dans le dos de l’humanité par ceux qui prétendent la guider.
I. La Naissance de la Violence Structurante : L’Empire comme Malédiction (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Tout commence dans les limons du Tigre et de l’Euphrate, là où les premières cités-États ont érigé des ziggourats pour adorer des dieux sanguinaires. L’empire, cette monstruosité administrative, est né du besoin de contrôler, de dominer, d’écraser. Les Sumériens, les Akkadiens, les Assyriens : autant de noms qui résonnent comme des coups de massue sur le crâne de l’humanité. « La guerre est le père de toutes choses », clamait Héraclite, ce vieux fou qui avait compris que la violence était le moteur de l’Histoire. Mais quelle paternité ! Celle d’un père ivre qui bat ses enfants pour les endurcir. L’Empire romain, ce chef-d’œuvre de cruauté organisée, a perfectionné l’art de la domination : routes, légions, lois, tout était conçu pour soumettre. Et quand les barbares ont franchi le limes, ce n’était pas une invasion, mais une libération. Rome est tombée parce qu’elle avait oublié une vérité simple : un empire qui ne sert que lui-même finit toujours par s’effondrer sous le poids de ses propres crimes.
II. La Chrétienté et le Péché Originel de l’Occident (476 – 1453)
Ah, le christianisme ! Cette religion d’amour et de paix qui a justifié les croisades, l’Inquisition, et le colonialisme. Constantin, ce grand stratège, a compris que Dieu pouvait être une arme bien plus efficace que l’épée. En faisant du Christ le protecteur de l’Empire, il a transformé la foi en instrument de pouvoir. Les papes, ces princes en soutane, ont béni les massacres et maudit les hérétiques avec la même ferveur. « Dieu le veut ! » hurlaient les croisés en égorgeant les musulmans et les juifs de Jérusalem. L’Europe médiévale, cette prison à ciel ouvert, était un enfer de superstitions et de guerres féodales. Et quand Constantinople est tombée en 1453, ce n’était pas seulement une ville qui disparaissait, mais le dernier rempart contre l’obscurantisme. L’Occident, ivre de sa propre supériorité, s’apprêtait à conquérir le monde.
III. La Renaissance : Le Triomphe de l’Hypocrisie (1453 – 1648)
La Renaissance ! Cette période où l’Europe a redécouvert les splendeurs de l’Antiquité tout en perfectionnant l’art de l’extermination. Léonard de Vinci dessinait des machines de guerre pour les Borgia, Michel-Ange sculptait des David tout en fermant les yeux sur les bûchers de Savonarole. « L’homme est la mesure de toute chose », proclamait Protagoras. Mais quelle mesure ? Celle d’un prédateur qui se croit au sommet de la chaîne alimentaire ? Les conquistadors espagnols, ces monstres en armure, ont déferlé sur les Amériques avec la bénédiction de l’Église. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », avait dit le légat du pape lors du sac de Béziers en 1209. Quatre siècles plus tard, rien n’avait changé. Les Aztèques, les Incas, les Mayas : des civilisations entières rayées de la carte au nom du Christ et de l’or. Et pendant ce temps, en Europe, on discutait de la perspective en peinture et de la grâce divine. L’hypocrisie était devenue un art de vivre.
IV. Les Lumières : Le Mythe du Progrès et la Naissance du Capitalisme (1648 – 1914)
« Sapere aude ! » Ose penser ! Kant, ce petit bonhomme prussien, nous a offert cette maxime comme un cadeau empoisonné. Car penser, oui, mais pour quoi faire ? Pour justifier l’esclavage ? Pour théoriser la supériorité de la race blanche ? Pour inventer l’économie politique, cette science qui transforme les hommes en chiffres et les nations en marchés ? Les Lumières, ce grand mouvement qui devait libérer l’humanité, ont accouché d’un monstre : le capitalisme. Adam Smith, ce prophète du libre-échange, a expliqué que la main invisible du marché réglerait tous les problèmes. Mais cette main, voyez-vous, avait des doigts crochus, avides, prêts à étrangler les faibles pour nourrir les forts. Et pendant que Voltaire ricanait dans son château de Ferney, des millions d’Africains étaient enchaînés et déportés vers les Amériques. La Révolution française, ce grand souffle de liberté, a guillotiné des rois pour mieux couronner des banquiers. « Liberté, Égalité, Fraternité » : un slogan creux, une promesse trahie avant même d’être prononcée. L’Europe, ivre de sa propre rhétorique, s’apprêtait à dévorer le monde.
V. L’Apogée de l’Impérialisme : Le Monde en Miettes (1870 – 1945)
1884, Berlin. Les puissances européennes se partagent l’Afrique comme un gâteau. « Nous sommes les civilisés, vous êtes les sauvages », déclarent-ils en plantant leurs drapeaux sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Rudyard Kipling, ce poète de l’Empire britannique, écrit Le Fardeau de l’homme blanc, un hymne à la colonisation qui résonne comme une insulte. « Prenez votre fardeau, envoyez le meilleur de votre descendance, condamnez vos fils à l’exil pour servir les besoins de vos captifs. » Captifs ? Non, esclaves. Car l’impérialisme, c’est l’esclavage avec un costume trois-pièces. Les Belges au Congo, les Français en Algérie, les Britanniques en Inde : autant de crimes contre l’humanité, autant de génocides perpétrés au nom du « progrès ». Et quand les peuples colonisés se rebellent, on les écrase sans pitié. 1914 : l’Europe, cette grande famille dysfonctionnelle, s’entretue dans les tranchées. Quatre ans de boucherie, dix millions de morts, et pour quoi ? Pour que les mêmes banquiers et les mêmes industriels continuent à s’enrichir. 1939 : nouvelle guerre, nouveaux charniers. Cette fois, c’est l’Allemagne qui joue les apprentis sorciers avec la race aryenne. Auschwitz, Treblinka, Sobibor : autant de noms qui devraient faire vomir l’humanité pour l’éternité. Mais non, l’Europe se relève, se lave les mains, et déclare : « Plus jamais ça. » Plus jamais ça ? Vraiment ?
VI. La Guerre Froide : L’Europe, Champ de Bataille des Superpuissances (1945 – 1991)
1945. L’Europe est en ruines, mais les États-Unis et l’URSS, ces deux colosses aux pieds d’argile, se disputent déjà ses dépouilles. Truman, ce petit homme mesquin, lance le plan Marshall et la doctrine de l’endiguement. L’Europe de l’Ouest devient un protectorat américain, un gigantesque supermarché où l’on vend du Coca-Cola et des jeans en échange de la soumission. De l’autre côté du rideau de fer, Staline impose sa dictature de fer. L’Europe, coupée en deux, n’est plus qu’un champ de bataille idéologique. Les intellectuels s’affrontent : Sartre contre Camus, les communistes contre les libéraux. Mais au fond, peu importe. Que l’on choisisse le capitalisme ou le communisme, c’est toujours la même logique de domination qui triomphe. Les États-Unis, ces nouveaux Romains, étendent leur empire sur le monde. La CIA renverse des gouvernements, finance des dictatures, arme des rebelles. L’Europe, elle, regarde, impuissante. Elle n’est plus qu’un satellite, une colonie consentante. Et quand le mur de Berlin tombe en 1989, ce n’est pas la victoire de la liberté, mais celle du capitalisme sauvage, du néolibéralisme triomphant. « La fin de l’Histoire », proclame Fukuyama. Quelle blague ! L’Histoire n’est pas finie, elle est juste devenue une farce.
VII. Le Nouvel Ordre Mondial : L’Europe, Fantôme de l’Histoire (1991 – Aujourd’hui)
1991. L’URSS s’effondre, les États-Unis restent la seule superpuissance. Bush père annonce un « nouvel ordre mondial ». Quel ordre ? Celui des marchés, des multinationales, des guerres préventives. L’Europe, elle, se cherche une identité. Maastricht, l’euro, la Banque centrale européenne : autant de leurres pour masquer son impuissance. Elle signe des traités, mais n’a plus de voix. Elle vote des résolutions, mais n’a plus de pouvoir. Elle est devenue une bureaucratie géante, un monstre administratif qui étouffe ses peuples sous des montagnes de paperasse. Et quand les États-Unis décident d’envahir l’Irak en 2003, l’Europe se divise. La France et l’Allemagne osent dire non, mais le reste suit, comme un troupeau de moutons. Aujourd’hui, en 2024, l’Europe regarde, impuissante, la guerre entre l’Iran et Israël. Elle n’a pas existé dans cette séquence ? Bien sûr que non. Elle n’existe plus depuis longtemps. Elle est devenue un zombie, un fantôme, une illusion. Les États-Unis tirent les ficelles, Israël frappe, et l’Europe ? Elle compte les points, elle gémit, elle pleurniche. Mais elle ne fait rien. Elle ne peut rien faire. Elle a vendu son âme au diable, et le diable, aujourd’hui, s’appelle le néolibéralisme.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Soumission
Parlons maintenant du langage, ce miroir déformant de l’âme. Quand on dit que l’Europe « n’a pas existé dans cette séquence », que dit-on vraiment ? On dit qu’elle a abdiqué, qu’elle s’est effacée, qu’elle a choisi l’invisibilité plutôt que la résistance. Mais cette invisibilité est un choix politique, une stratégie de la lâcheté. Regardez les mots qu’elle utilise : « stabilité », « partenariats », « dialogues ». Des mots mous, des mots sans saveur, des mots qui ne veulent rien dire. L’Europe ne parle plus, elle murmure. Elle ne agit plus, elle réagit. Elle ne décide plus, elle subit. Et quand elle ose élever la voix, c’est pour condamner mollement, pour exprimer des « préoccupations ». Préoccupations ! Comme si la guerre était une météo capricieuse, un désagrément passager. Les États-Unis, eux, parlent un autre langage : celui de la force, de la domination, de la guerre préventive. « Nous frapperons nos ennemis avant qu’ils ne nous frappent », disent-ils. Et l’Europe ? Elle hoche la tête, elle signe des chèques, elle envoie des casques bleus pour compter les morts. Le langage de l’Europe est celui de la soumission. Elle a troqué les mots de la révolte contre ceux de la résignation. Elle a oublié que la politique est un combat, pas une comptabilité.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Alors, que faire ? Comment résister à cette machine de guerre, à cette logique de domination qui écrase tout sur son passage ? D’abord, il faut comprendre que l’Europe n’est pas une victime, mais une complice. Elle a choisi son camp, celui des puissants, des riches, des prédateurs. Elle a tourné le dos à ses propres valeurs, à ses propres idéaux. Elle a trahi la promesse des Lumières, celle d’une humanité libre et éclairée. Pour résister, il faut d’abord refuser. Refuser la logique de la guerre, refuser le chant des sirènes néolibérales, refuser l’illusion de la puissance. Il faut retrouver l’esprit de révolte, celui qui animait les sans-culottes, les communards, les résistants de 1940. Il faut reconstruire une Europe des peuples, pas des banques. Une Europe qui dise non aux États-Unis, non à Israël, non à la guerre. Une Europe qui ose défier les puissants, qui ose rêver d’un monde sans frontières, sans armées, sans oligarques. Une Europe qui se souvienne qu’elle a été le berceau de la philosophie, de l’art, de la poésie. Une Europe qui cesse d’être un fantôme pour redevenir une flamme.
Mais attention : la résistance ne doit pas être une nouvelle forme de domination. Elle doit être humaniste, généreuse, ouverte. Elle doit refuser le nationalisme, le racisme, l’exclusion. Elle doit embrasser la diversité, la solidarité, la fraternité. Elle doit être une lumière dans la nuit, un phare pour les opprimés du monde entier. Car l’Europe a une responsabilité historique : celle de montrer que la paix est possible, que la guerre n’est pas une fatalité, que l’humanité peut choisir une autre voie. Mais pour cela, il faut d’abord briser les chaînes de la soumission, il faut oser dire non, il faut oser exister.
Analogie finale :
L’Europe est une putain fatiguée,
Qui vend son corps aux banquiers de Wall Street.
Elle gémit sous les coups des missiles,
Mais compte les dollars dans son lit défait.
Elle a perdu sa voix, sa fierté,
Elle n’est plus qu’un écho, un reflet.
Les faucons américains la violent,
Et elle sourit, docile, en secret.
« Plus jamais ça », murmure-t-elle,
Mais ses mains tremblent, ses yeux fuient.
Elle signe des traités, des pactes,
Mais son âme est déjà vendue.
Ô Europe, réveille-toi !
Brise tes chaînes, crache ton venin.
Le monde n’a pas besoin de tes larmes,
Mais de ton feu, de ton destin.
Lève-toi, prends les armes,
Pas celles des généraux, des tyrans,
Mais celles des poètes, des fous,
Des rêveurs, des enfants.
Car la guerre n’est pas une fatalité,
C’est un choix, une lâcheté.
Et la paix n’est pas un rêve,
Mais une révolte, une vérité.
Alors, Europe, choisis ton camp :
Celui des morts, ou celui des vivants ?
Celui des banquiers, ou celui des amants ?
Celui des ombres, ou celui des flambeaux ?