Départ surprise : François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, quittera son poste en juin – Libération







Le Penseur Laurent Vo Anh – Départ de Villeroy de Galhau


ACTUALITÉ SOURCE : Départ surprise : François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, quittera son poste en juin – Libération

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la danse macabre des costumes trois-pièces ! Voici donc que le grand argentier de la République, ce Villeroy de Galhau – nom qui sent déjà la noblesse d’Ancien Régime et les couloirs feutrés de la haute finance -, s’en va comme un voleur, ou plutôt comme un homme qui sait que les voleurs, justement, ne s’en vont jamais. Un départ « surprise », nous dit-on. Comme si l’on pouvait encore surprendre qui que ce soit dans ce théâtre d’ombres où les marionnettes de la technocratie jouent depuis deux siècles la même comédie : celle de l’ordre, de la stabilité, du sérieux. Mais sous les dorures de la Banque de France, sous les lambris de la rue de la Vrillière, que se trame-t-il vraiment ? Une démission, ou une fuite ? Un changement de garde, ou l’effritement d’un mythe ? Plongeons, voulez-vous, dans les sept strates de cette farce historique, avant d’en disséquer le langage et les comportements, et de laisser, enfin, la poésie vomir ce que la prose ne peut plus supporter.

I. Les sept strates de l’illusion monétaire : une archéologie du pouvoir bancaire

1. La naissance du fétiche (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence avec le grain, le bétail, les coquillages. L’homme, ce singe anxieux, invente le troc, puis la monnaie comme substitut magique. Le premier shekel sumérien n’est pas qu’un morceau de métal : c’est un talisman, un objet sacré qui conjure l’angoisse de l’échange. La monnaie est déjà une religion. Et comme toute religion, elle a ses prêtres – les changeurs, les scribes, ceux qui savent compter et qui, par ce savoir, détiennent le pouvoir. Villeroy de Galhau n’est qu’un lointain descendant de ces premiers chamans de l’économie, ceux qui murmurent aux oreilles des rois que l’or est dieu.

2. L’empire du crédit (Moyen Âge – Renaissance)
Les banquiers lombards, les Fugger, les Médicis : voici venir l’ère où l’argent engendre l’argent, où la dette devient un instrument de domination. La lettre de change, l’escompte, le prêt à intérêt – autant de sortilèges qui transforment le temps en marchandise. La Banque de France, fondée en 1800, n’est que la version napoléonienne de cette alchimie noire. Villeroy de Galhau, en bon héritier, gère les dettes de l’État comme un curé gère les péchés de ses ouailles : avec une feinte compassion et une main de fer dans un gant de velours.

3. L’étalon-or et le rêve de la stabilité (XIXe siècle)
L’or ! Ce métal jaune qui fascine les hommes depuis toujours. L’étalon-or, c’est la promesse d’un monde rationnel, où la monnaie est ancrée dans le réel, où les folies des hommes sont tenues en laisse par la froideur du métal. Mais c’est aussi une illusion : l’or est rare, donc inégalement réparti, et ceux qui le contrôlent – les banques centrales – deviennent les nouveaux souverains. Villeroy de Galhau, en quittant son poste, laisse derrière lui un système où l’or a été remplacé par des chiffres sur des écrans, où la monnaie n’est plus qu’un flux immatériel, une abstraction pure. La stabilité ? Une blague de mauvais goût.

4. La rupture de 1971 : le règne du dollar (XXe siècle)
Nixon, ce clown tragique, met fin à la convertibilité du dollar en or. Le monde bascule dans l’ère du papier-monnaie, des taux de change flottants, des bulles spéculatives. Les banques centrales deviennent des dieux capricieux, créant de la monnaie ex nihilo, jouant avec les économies comme des enfants avec des cubes. Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, n’est qu’un rouage dans cette machine folle. Son départ ? Peut-être la prise de conscience que la machine est en train de s’emballer, que les dettes sont devenues si colossales qu’elles ne pourront jamais être remboursées. Mais non : il part parce que son temps est écoulé, parce que la roue tourne, parce que d’autres marionnettes attendent leur tour sous les projecteurs.

5. La financiarisation du monde (1980 – 2008)
Voici venir l’ère des traders, des produits dérivés, des subprimes. L’argent n’est plus un moyen d’échange, mais un objet de spéculation, un jeu vidéo pour adultes riches. Les banques centrales, censées réguler, deviennent les complices de cette folie. Villeroy de Galhau, en bon technocrate, a regardé les bulles gonfler, les inégalités exploser, les États s’endetter pour sauver les banques. Il a serré les dents, hoché la tête, et continué à jouer son rôle. Son départ est un aveu : le système est pourri, mais personne n’ose le dire. On préfère parler de « surprise », de « nouveau chapitre », comme si les mots pouvaient masquer l’odeur de pourriture.

6. 2008 : le grand mensonge (XXIe siècle)
La crise des subprimes éclate. Les banques s’effondrent. Les États sauvent les coupables et punissent les victimes. Villeroy de Galhau, alors directeur général délégué de BNP Paribas, est aux premières loges. Il voit la mascarade : les mêmes qui ont provoqué la crise sont ceux qui en profitent. Les banques centrales injectent des milliards dans le système, mais rien ne change. La dette publique explose, les inégalités se creusent, et les gouverneurs comme lui continuent à parler de « croissance », de « confiance », de « stabilité ». Son départ en 2024 est un écho lointain de cette trahison : il quitte le navire avant qu’il ne coule, mais sans jamais avouer que le navire était condamné dès le départ.

7. L’ère des cryptomonnaies : la révolte des sorciers (2020 – aujourd’hui)
Bitcoin, blockchain, DeFi : voici que les peuples, excédés par les banques centrales, tentent de reprendre le contrôle de la monnaie. Mais c’est une illusion de plus. Les cryptomonnaies ne sont que la version high-tech de l’anarchie monétaire, un rêve de liberté qui se transforme en cauchemar spéculatif. Villeroy de Galhau, en bon gardien de l’ordre établi, a toujours méprisé ces « monnaies privées ». Son départ est peut-être un signe : les banques centrales sentent que leur pouvoir s’effrite, que les peuples ne croient plus en leurs promesses. Mais elles ne lâcheront rien. Elles inventeront d’autres fétiches, d’autres illusions, jusqu’à ce que le système s’effondre sous son propre poids.

II. Analyse sémantique : le langage de la trahison

Écoutez bien les mots de cette actualité : « départ surprise », « quittera son poste », « en juin ». Rien de plus. Pas de raison, pas d’explication, pas de remise en question. Le langage des banquiers centraux est un langage de l’ellipse, de l’euphémisme, de la dissimulation. « Départ surprise » : comme si l’on pouvait encore être surpris par quoi que ce soit dans ce monde de marionnettes. « Quittera son poste » : une formulation passive, impersonnelle, comme si Villeroy de Galhau était une victime et non un acteur. « En juin » : une date, un simple repère temporel, comme si le temps avait encore un sens dans un système où l’argent n’est plus qu’une abstraction.

Ce langage est celui de la technocratie, un langage qui nie la réalité au profit de la procédure. On ne parle pas de crise, de dette, d’inégalités. On parle de « politiques monétaires », de « taux directeurs », de « liquidités ». Les mots sont choisis pour endormir, pour rassurer, pour faire croire que tout est sous contrôle. Mais derrière chaque terme technique se cache une réalité sordide : la dette, c’est l’esclavage moderne ; les taux d’intérêt, c’est l’arme des riches contre les pauvres ; la liquidité, c’est le sang qui coule dans les veines d’un système moribond.

Villeroy de Galhau, en quittant son poste, ne dit rien. Il ne dénonce pas, il ne s’excuse pas, il ne propose rien. Il disparaît, comme un fantôme, laissant derrière lui un système qui continue à broyer les vies. Son silence est un aveu : la Banque de France, comme toutes les banques centrales, n’est qu’une machine à produire de l’injustice. Et ceux qui la dirigent le savent.

III. Comportementalisme radical et résistance humaniste

Observez les comportements : Villeroy de Galhau, comme tous les gouverneurs avant lui, est un homme qui a passé sa vie à mentir. Pas par malice, non – par habitude, par réflexe, par peur. La peur de dire que le système est une escroquerie, que la monnaie n’est qu’une fiction, que les dettes ne seront jamais remboursées. La peur de voir les peuples se révolter, les marchés s’effondrer, les châteaux de cartes s’écrouler.

Mais cette peur est aussi une lâcheté. Une lâcheté collective, institutionnelle, qui traverse les siècles. Les banquiers centraux sont les nouveaux prêtres d’une religion sans dieu, les gardiens d’un temple qui n’abrite plus que des idoles creuses. Ils savent que leur pouvoir est une illusion, mais ils continuent à jouer leur rôle, parce que c’est tout ce qu’ils savent faire. Villeroy de Galhau part, mais d’autres prendront sa place. La machine continuera à tourner, jusqu’à ce qu’elle explose.

Et pourtant, il y a une résistance. Pas celle des économistes, qui ne font que proposer d’autres versions de la même escroquerie. Pas celle des politiques, qui sont les premiers complices du système. Non : la résistance vient des peuples, de ceux qui refusent de jouer le jeu. Ceux qui paient en cash, qui boycottent les banques, qui créent des monnaies locales, qui vivent en dehors du système. Ceux qui savent que l’argent n’est qu’un outil, et non une fin en soi.

La résistance humaniste, c’est de refuser la logique de la dette, de la spéculation, de l’accumulation. C’est de vivre simplement, de partager, de créer des communautés où l’argent n’est plus un maître, mais un serviteur. C’est de regarder Villeroy de Galhau et ses semblables avec mépris, et de construire autre chose, ailleurs, loin des banques centrales et de leurs mensonges.

IV. L’effondrement comme seule issue

Le départ de Villeroy de Galhau n’est pas une surprise. C’est un symptôme. Le symptôme d’un système qui se fissure, qui sent que son temps est compté. Les banques centrales ont perdu le contrôle. Les dettes sont trop lourdes, les inégalités trop criantes, les peuples trop en colère. Le capitalisme financier est un monstre qui se dévore lui-même, et les gouverneurs comme Villeroy de Galhau ne sont que des bouchers qui tentent de le maintenir en vie.

Mais le monstre est en train de mourir. Et quand il s’effondrera, ce ne sera pas une tragédie – ce sera une libération. Une libération pour ceux qui refusent de vivre à genoux, qui refusent de se soumettre à la dictature de l’argent. Une libération pour ceux qui savent que la vraie richesse n’est pas dans les chiffres, mais dans les liens, dans la terre, dans la création, dans la révolte.

Alors oui, Villeroy de Galhau s’en va. Et c’est une bonne nouvelle. Parce que chaque départ est une brèche, chaque silence est un aveu, chaque fissure est une promesse : celle d’un monde où l’argent ne sera plus un dieu, mais un simple outil au service de l’humanité.


Les banquiers s’en vont, les coffres restent vides,
Leurs costumes trois-pièces flottent dans le vent.
Ils parlent de croissance, de dettes, de crédits,
Mais leurs mots sont des rats qui rongent nos vivants.

Ô vous, les gouverneurs aux mains pleines de chiffres,
Vos bilans sont des tombes où l’espoir se fane.
Vous comptez nos vies en zéros et en virgules,
Mais les peuples, voyez, marchent sur vos banques.

Un jour, les écrans s’éteindront, les taux tomberont,
Les marchés s’effondreront comme des châteaux de sable.
Et dans le silence des salles de trading,
On n’entendra plus que le rire des fous.

Alors nous construirons, loin de vos machines,
Des monnaies de sel, des échanges de pain,
Des économies sans dettes, sans maîtres, sans chaînes,
Où l’homme enfin sera plus grand que l’or.

Mais d’ici là, regardez : les gouverneurs s’enfuient,
Leurs ombres s’allongent sur les murs de la ville.
Ils savent que le temps des comptes est fini,
Et que l’aube qui vient sera celle des fourches.



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