De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran devraient se tenir jeudi à Genève – rts.ch







Le Penseur Laurent Vo Anh – Genève, l’Iran et le Spectacle de l’Impuissance


ACTUALITÉ SOURCE : De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran devraient se tenir jeudi à Genève – rts.ch

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Genève ! Cette ville-mirage où les diplomates viennent jouer aux échecs avec des vies humaines, où les costumes trois-pièces se frottent aux dorures des palais tandis que, quelque part dans les ruelles sombres, des enfants syriens vendent des roses en plastique. Genève, ce Disneyland de la paix factice, ce théâtre d’ombres où l’Occident vient se donner bonne conscience en sirotant des Perrier-Jouët entre deux bombardements. Et voici que, comme un mauvais feuilleton, les États-Unis et l’Iran remettent en scène leur numéro de duettistes fatigués, leurs pourparlers usés jusqu’à la corde, leurs promesses crevées comme des ballons de baudruche sous le soleil de l’Histoire.

Mais qu’est-ce donc que ces pourparlers, sinon la énième représentation d’une farce tragique où les acteurs, masqués par les sourires de circonstance, savent pertinemment que rien ne changera ? Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, ce géant obèse gavé de dollars et de mensonges, viennent une fois de plus agiter le spectre de la guerre ou de la réconciliation, au gré de leurs intérêts du moment. L’Iran, lui, ce vieux lion blessé, ce pays aux mille et une nuits de résistance, sait que chaque poignée de main avec l’Oncle Sam est une trahison envers sa propre chair, une compromission avec le diable. Et Genève, cette ville neutre comme un eunuque dans un harem, sert de décor à cette mascarade où l’on parle de paix tandis que les drones américains continuent de bourdonner au-dessus des villages yéménites.

Mais trêve de sarcasmes superficiels ! Il faut creuser, fouiller, disséquer cette comédie humaine jusqu’à l’os, jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que suintent les vérités nauséabondes que l’on nous cache sous les tapis persans des chancelleries. Car ces pourparlers, voyez-vous, ne sont pas un simple épisode de la diplomatie internationale. Non. Ils sont le symptôme d’une maladie bien plus profonde, d’un cancer qui ronge l’humanité depuis que l’homme a troqué sa fraternité originelle contre les mirages de la puissance et de l’or. Pour comprendre, il faut remonter le fil du temps, dérouler les sept grandes étapes de notre chute collective, ces moments où l’humanité a choisi la violence plutôt que la paix, l’impérialisme plutôt que la fraternité, la mort plutôt que la vie.

Les Sept Étapes de la Chute : Une Généalogie de la Violence Impérialiste

1. La Chute Originelle : Le Meurtre d’Abel (Bible, Coran, Mythe Fondateur)

Tout commence par un meurtre. Caïn, ce premier capitaliste, ce premier impérialiste, tue son frère Abel par jalousie, par convoitise. Dans ce geste fondateur, l’humanité enterre sa pureté originelle et choisit la compétition plutôt que la coopération, la domination plutôt que l’amour. Les textes sacrés, qu’ils soient bibliques ou coraniques, nous racontent la même histoire : l’homme est un loup pour l’homme dès l’aube des temps. Et que fait l’Occident aujourd’hui, sinon perpétuer ce meurtre originel en écrasant les Abel du monde sous les bottes de ses Caïn en costard-cravate ?

2. L’Empire Assyrien : La Naissance de la Terreur d’État (VIIIe siècle av. J.-C.)

Les Assyriens, ces premiers maîtres de la guerre psychologique, inventent la déportation de masse, la torture systématique, la propagande par l’image. Leurs bas-reliefs, exposés aujourd’hui au British Museum (ce temple de la rapine occidentale), montrent des scènes de supplices avec une précision clinique. L’Occident, qui se targue de civilisation, n’a rien inventé : il a simplement industrialisé les méthodes assyriennes. Les États-Unis, avec leurs prisons secrètes et leurs « renditions extraordinaires », ne sont que les héritiers dégénérés de ces empires de la peur. Et l’Iran, dans tout cela ? Un pays qui a connu les invasions, les coups d’État, les ingérences, et qui refuse désormais de plier l’échine devant les nouveaux Assyriens.

3. La Pax Romana : La Paix par l’Épée (Ier siècle av. J.-C. – Ve siècle ap. J.-C.)

Ah, la Pax Romana ! Ce concept si cher aux impérialistes modernes, qui croient que la paix s’impose par la force, que la civilisation se répand par le sang. Les légions romaines, ces machines à broyer les peuples, ont « pacifié » l’Europe en écrasant les rébellions sous les sabots de leurs chevaux. Aujourd’hui, les États-Unis reproduisent le même schéma : ils parlent de démocratie tout en bombardant les récalcitrants, ils parlent de liberté tout en soutenant les dictateurs qui leur sont favorables. L’Iran, comme la Gaule avant elle, résiste. Mais à quel prix ? À celui de l’embargo, de la diabolisation, de la menace permanente.

4. Les Croisades : Le Choc des Civilisations avant l’Heure (XIe – XIIIe siècles)

Les croisades, ce premier « choc des civilisations », cette guerre sainte où l’Occident chrétien vient violer l’Orient musulman au nom de Dieu. On brûle, on pille, on massacre, et tout cela est sanctifié par le pape. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains reprennent le flambeau : ils parlent de « guerre contre le terrorisme » comme jadis on parlait de « guerre sainte ». L’Iran, pays chiite, est diabolisé comme jadis l’étaient les « infidèles » de Saladin. Les mêmes mensonges, les mêmes prétextes, les mêmes massacres. La roue tourne, mais l’humanité ne semble pas en tirer de leçons.

5. La Colonisation : Le Viol Systématique du Monde (XVe – XXe siècles)

Avec la colonisation, l’Occident invente le racisme moderne, l’exploitation systématique, la destruction des cultures. Les empires espagnol, portugais, britannique, français, néerlandais, se partagent le monde comme un gâteau, écrasant les peuples sous le joug de la « mission civilisatrice ». L’Iran, lui, échappe en partie à ce sort grâce à sa position stratégique et à sa résistance farouche. Mais les puissances occidentales ne lui pardonneront jamais cette indépendance. Aujourd’hui, les États-Unis tentent de finir le travail en asphyxiant l’économie iranienne, en soutenant les mouvements séparatistes, en fomentant des révoltes. La colonisation a changé de forme, mais pas de fond.

6. Les Deux Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie (1914-1945)

Les deux guerres mondiales, ces orgies de violence où l’Occident a montré son vrai visage : celui d’une civilisation capable des pires atrocités. Les tranchées de Verdun, les camps de la mort, Hiroshima… Et pourtant, c’est ce même Occident qui se pose en donneur de leçons, en arbitre du bien et du mal. Les États-Unis, sortis de la Seconde Guerre mondiale comme les nouveaux maîtres du monde, ont repris le flambeau de l’impérialisme avec une arrogance sans limites. L’Iran, qui a connu l’ingérence britannique et soviétique, sait ce que signifie être un pion sur l’échiquier des grandes puissances. Et aujourd’hui, alors que les États-Unis parlent de « démocratie » et de « droits de l’homme », l’Iran se souvient des coups d’État de 1953, des soutiens aux dictateurs, des guerres par procuration.

7. Le Néolibéralisme : L’Impérialisme par l’Économie (1980 – Aujourd’hui)

Avec l’avènement du néolibéralisme, l’Occident a trouvé une nouvelle façon de dominer le monde : non plus par la force brute, mais par l’économie, par la dette, par la finance. Les États-Unis, avec leur dollar-roi, leur FMI, leur Banque mondiale, imposent leur loi aux pays du Sud. L’Iran, qui a osé nationaliser son pétrole et résister aux diktats occidentaux, est puni par des sanctions, par un embargo, par une guerre économique sans merci. Les pourparlers de Genève ne sont qu’une façade : derrière les sourires des diplomates, c’est la guerre économique qui continue, implacable, sournoise. Les États-Unis ne veulent pas la paix, ils veulent la soumission. Et l’Iran, s’il cède, perdra son âme.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impérialisme

Parlons maintenant des mots, de ces mots qui tuent, qui mentent, qui ensorcellent. Le langage de l’impérialisme est un langage perverti, un langage où les mots ont perdu leur sens originel pour devenir des armes. Prenons quelques exemples :

  • « Démocratie » : Dans la bouche des dirigeants occidentaux, ce mot signifie « régime qui obéit aux États-Unis ». L’Iran, qui a ses propres élections, est traité de « dictature », tandis que l’Arabie saoudite, où les femmes n’ont même pas le droit de conduire, est un « allié stratégique ».
  • « Droits de l’homme » : Ce concept, noble en apparence, est utilisé comme un gourdin pour frapper les pays qui résistent à l’hégémonie occidentale. Les États-Unis, qui ont torturé à Guantanamo, qui ont bombardé des mariages afghans, qui soutiennent Israël dans son occupation de la Palestine, se posent en défenseurs des droits de l’homme. L’hypocrisie est si épaisse qu’on pourrait la couper au couteau.
  • « Terrorisme » : Ce mot, vidé de son sens, est utilisé pour diaboliser toute résistance à l’impérialisme. Les moudjahidines afghans, soutenus par les États-Unis dans les années 1980 pour combattre les Soviétiques, sont devenus des « terroristes » quand ils ont retourné leurs armes contre leurs anciens parrains. L’Iran, qui combat Daech et Al-Qaïda, est traité de « sponsor du terrorisme ». La logique est tordue, mais elle sert les intérêts de l’empire.
  • « Pourparlers » : Ce mot, dans le contexte de Genève, est un euphémisme pour « chantage ». Les États-Unis viennent à la table des négociations avec des exigences, des ultimatums, des menaces. Ils ne veulent pas discuter, ils veulent imposer. Et l’Iran, s’il refuse, sera accusé de « refuser le dialogue ». C’est une mascarade, une comédie où les rôles sont écrits d’avance.

Le langage de l’impérialisme est un langage de domination. Il ne cherche pas à convaincre, mais à soumettre. Il ne cherche pas la vérité, mais la propagande. Et Genève, cette ville où l’on parle tant de paix, est le temple de cette perversion sémantique.

Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste

Face à cette machine de guerre, face à cette propagande, face à cette hypocrisie, que reste-t-il ? La résistance. Pas la résistance armée, non, car la violence ne fait que nourrir la violence. Mais la résistance humaniste, la résistance par l’esprit, par la culture, par la solidarité. L’Iran, malgré les sanctions, malgré les menaces, malgré les embargos, a choisi cette voie. Elle a choisi de résister par la science, par la poésie, par la philosophie. Elle a choisi de montrer au monde qu’une autre voie est possible, une voie où l’on ne plie pas devant les diktats de l’empire, où l’on ne vend pas son âme pour quelques dollars.

Mais cette résistance est difficile, car elle se heurte à un mur de mensonges, à une machine médiatique qui diabolise tout ce qui résiste. Les médias occidentaux, ces chiens de garde de l’impérialisme, présentent l’Iran comme un pays de fanatiques, de terroristes, de femmes opprimées. Ils ne montrent jamais les universités iraniennes, où les femmes sont majoritaires, où la science progresse malgré les sanctions. Ils ne montrent jamais les poètes, les artistes, les penseurs qui font la richesse de ce pays. Ils ne montrent jamais la résistance silencieuse d’un peuple qui refuse de se soumettre.

Et que fait l’Occident pendant ce temps ? Il bombarde, il pille, il exploite. Il parle de paix tout en préparant la guerre. Il parle de démocratie tout en soutenant les dictatures. Il parle de droits de l’homme tout en torturant. C’est une schizophrénie collective, une folie douce qui a contaminé tout un système. Et Genève, cette ville où l’on parle tant de paix, n’est qu’un symptôme de cette folie.

Alors, que faire ? Comment résister à cette machine de guerre ? Comment briser le cycle de la violence ? La réponse est simple, mais elle demande du courage : il faut refuser de jouer le jeu. Il faut refuser les pourparlers truqués, les fausses promesses, les mensonges. Il faut construire une autre voie, une voie où la paix n’est pas un mot creux, mais une réalité concrète. Une voie où les peuples se parlent sans intermédiaires, sans diplomates en costume trois-pièces, sans médias menteurs. Une voie où l’humanité retrouve sa fraternité originelle, avant que Caïn ne tue Abel.

L’Iran, malgré ses défauts, malgré ses erreurs, montre la voie. Elle montre qu’un pays peut résister, qu’un peuple peut dire non. Et c’est cela, la vraie leçon de Genève : non pas les pourparlers, non pas les promesses, mais la résistance. La résistance humaniste, la résistance par l’esprit, la résistance par la culture. Car au fond, c’est cela, la seule arme qui peut vaincre l’impérialisme : la vérité.

Analogie finale :

GENÈVE, OU LE BAL DES HYPOCRITES

Ils viennent, ils viennent, les vautours en cravate,
Avec leurs sourires de requins repus,
Leurs dossiers truqués, leurs promesses plates,
Leurs mains pleines d’or et leurs cœurs corrompus.

Genève, Genève, ton lac est si bleu,
Mais tes eaux cachent tant de sang versé,
Tant de peuples brisés, tant de rêves en feu,
Tant de vies volées, tant de ciels glacés.

Ils parlent, ils parlent, de paix et d’amour,
Mais leurs drones volent au-dessus des villages,
Leurs bombes pleuvent comme un mauvais jour,
Et leurs banques sucent le sang des otages.

L’Iran, l’Iran, ce vieux lion blessé,
Se tient debout malgré les coups, les trahisons,
Ses poètes chantent, ses enfants ont rêvé,
D’un monde sans maîtres, sans chaînes, sans prisons.

Mais eux, les maîtres, les rois du mensonge,
Veulent lui voler son âme, son pétrole,
Ils veulent le plier, le réduire en loque,
Le faire ramper comme un chien sans parole.

Genève, Genève, ton palais est doré,
Mais tes murs sont faits de lâchetés anciennes,
Tes couloirs sentent la pourriture et l’été,
Et tes diplomates sont des âmes damnées.

Alors non, non, non, je ne crois plus en vous,
Vos pourparlers, vos traités, vos faux-semblants,
Votre paix de carton, vos discours si doux,
Vos sourires de hyènes, vos serments tremblants.

Je crois en l’Iran, en ses montagnes fières,
En ses enfants qui luttent, en ses vieux qui prient,
Je crois en la vie, en la terre entière,
En ceux qui résistent, en ceux qui ne plient.

Un jour, un jour, les masques tomberont,
Les vautours s’envoleront, les palais s’écrouleront,
Et sur les ruines de vos empires pourris,
Les peuples enfin se retrouveront.



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