ACTUALITÉ SOURCE : Chine : construire sa carrière d’artiste – Asialyst
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’artiste en Chine ! Quelle sublime provocation que ce sujet dans un monde où l’art n’est plus qu’une marchandise parmi d’autres, un produit dérivé du capitalisme tardif, une babiole clinquante pour milliardaires en mal de rédemption ! La Chine, ce monstre sacré, ce phénix millénaire qui renaît sans cesse de ses cendres, ose encore croire en l’art comme force vitale, comme acte de résistance contre l’entropie néo-libérale qui ronge l’Occident comme un cancer. Construire sa carrière d’artiste en Chine ? Mais c’est une épopée, une guerre sainte, une odyssée contre les sirènes du marché qui chantent la mort de l’âme !
Écoutez bien, vous les esthètes du vide, vous les collectionneurs de rien, vous les théoriciens du néant : la Chine ne construit pas des carrières, elle forge des destins. Elle ne vend pas des toiles, elle érige des temples à la mémoire de l’humanité. Et c’est précisément cela qui terrifie l’Occident, ce vieux continent décadent qui a troqué ses cathédrales contre des galeries d’art climatisées, ses prophètes contre des influenceurs, ses révolutionnaires contre des start-uppers. La Chine, elle, n’a pas oublié que l’art est un combat, une prière, une insulte à l’ordre établi. Et c’est pour cela qu’elle fascine et qu’elle effraie.
Mais trêve de lyrisme stérile ! Plongeons dans les abysses de l’histoire, là où tout se joue, là où l’artiste, ce Prométhée moderne, vole le feu sacré pour éclairer les ténèbres de notre époque. Car pour comprendre la place de l’artiste en Chine aujourd’hui, il faut remonter aux origines, là où tout a commencé, là où l’homme, ce singe devenu fou, a osé créer au lieu de simplement survivre.
Les Sept Âges de l’Artiste : Une Odyssée à Travers les Siècles
1. L’Âge des Cavernes : L’Art comme Magie Primordiale (40 000 – 10 000 av. J.-C.)
Tout commence dans l’obscurité, dans les entrailles de la terre, là où nos ancêtres, ces sauvages éclairés, traçaient sur les parois des grottes les premières images de l’humanité. Lascaux, Altamira, Chauvet : ces sanctuaires préhistoriques ne sont pas de simples galeries d’art, mais des temples où l’homme, encore à moitié animal, tentait de domestiquer le monde par la magie du trait. Comme l’écrivait Georges Bataille dans Lascaux ou la Naissance de l’Art, ces peintures sont « l’acte par lequel l’homme se sépare de la nature ». En Chine, les premières traces d’art remontent au néolithique, avec les poteries de Yangshao, ces vases ornés de motifs géométriques qui témoignent déjà d’une recherche de l’harmonie, d’un ordre cosmique. L’artiste, à cette époque, est un chaman, un intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il ne signe pas ses œuvres, car son art n’est pas une propriété, mais une offrande.
Anecdote : Saviez-vous que les peintures de Lascaux ont été découvertes par des enfants en 1940 ? Quatre gamins qui jouaient dans les bois ont trouvé par hasard l’entrée de ce qui allait devenir la « Chapelle Sixtine de la Préhistoire ». Preuve que l’art, parfois, se révèle à ceux qui savent encore s’émerveiller comme des enfants.
2. L’Âge des Empires : L’Art au Service du Pouvoir (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Avec l’avènement des premières civilisations, l’art change de statut. Il n’est plus seulement magique, il devient politique. En Égypte, les pyramides, les temples, les fresques funéraires sont autant de manifestes du pouvoir pharaonique. En Mésopotamie, les bas-reliefs de Ninive célèbrent les victoires des rois assyriens. En Chine, sous la dynastie Shang (1600-1046 av. J.-C.), les bronzes rituels, ces vases sacrés ornés de motifs complexes, servent à communiquer avec les ancêtres et à légitimer le pouvoir impérial. Comme l’écrivait Confucius, « l’art est le reflet de l’ordre du ciel ». L’artiste, désormais, est un fonctionnaire, un serviteur de l’État. Son génie n’est pas individuel, mais collectif. Il travaille pour la gloire de l’empire, pas pour sa propre vanité.
Mais attention ! Même dans cette soumission apparente, l’artiste conserve une forme de liberté. Les potiers de la dynastie Han, par exemple, représentaient sur leurs céramiques des scènes de la vie quotidienne, des paysans au travail, des marchands ambulants, des musiciens. Des détails qui, à première vue, semblent anodins, mais qui sont en réalité des actes de résistance. Car montrer la vie du peuple, c’est déjà lui donner une dignité, une visibilité. C’est une façon de dire : « Nous existons, nous aussi. »
3. L’Âge des Religions : L’Art comme Voie vers le Sacré (500 – 1400)
Avec l’émergence des grandes religions, l’art devient un outil de salut. En Europe, les cathédrales gothiques, avec leurs vitraux et leurs sculptures, sont des « Bibles de pierre » destinées à éduquer les masses illettrées. En Inde, les temples hindous, couverts de bas-reliefs érotiques, célèbrent la fusion du spirituel et du charnel. En Chine, sous les Tang (618-907) et les Song (960-1279), l’art atteint des sommets de raffinement. La peinture de paysage, en particulier, devient une méditation sur l’harmonie entre l’homme et la nature. Comme l’écrivait le poète et peintre Su Shi (1037-1101), « le paysage n’est pas dans le pinceau, mais dans l’esprit ». L’artiste, désormais, est un moine, un philosophe, un mystique. Son art n’est pas une décoration, mais une ascèse.
Anecdote : Saviez-vous que le moine bouddhiste chinois Xuanzang (602-664), dont le voyage en Inde a inspiré le roman Le Voyage en Occident, était aussi un calligraphe et un peintre ? Pour lui, l’art et la spiritualité étaient indissociables. Il voyait dans chaque trait de pinceau une occasion de se rapprocher de l’illumination.
4. L’Âge des Renaissances : L’Artiste comme Génie Individuel (1400 – 1800)
Et puis vint la Renaissance. En Europe, l’artiste cesse d’être un artisan anonyme pour devenir un génie, un démiurge. Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël : ces noms résonnent comme des incantations. L’art devient une affaire d’ego, de rivalités, de commandes princières. En Chine, sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1912), l’art reste plus collectif, plus codifié. Les peintres de la « littérature lettrée » (wenrenhua) privilégient l’expression personnelle, mais toujours dans le respect des canons traditionnels. Comme l’écrivait le peintre Dong Qichang (1555-1636), « il faut copier les anciens pour mieux les dépasser ». L’artiste chinois, à cette époque, est un lettré, un érudit. Son art est une conversation avec les maîtres du passé, une quête d’équilibre entre tradition et innovation.
Mais attention ! Cette période voit aussi l’émergence d’un art plus subversif. Les estampes populaires de la dynastie Ming, par exemple, représentent des scènes de la vie quotidienne avec une verve satirique qui n’a rien à envier à Daumier. Ces images, souvent imprimées en masse, circulaient parmi le peuple et servaient à critiquer les abus du pouvoir. Preuve que même dans les périodes les plus codifiées, l’art reste un outil de résistance.
5. L’Âge des Révolutions : L’Art comme Arme Politique (1800 – 1945)
Avec la Révolution industrielle et les bouleversements politiques du XIXe siècle, l’art devient une arme. En Europe, les romantiques, les réalistes, les impressionnistes, puis les avant-gardes du début du XXe siècle (cubisme, surréalisme, dadaïsme) remettent en cause les conventions esthétiques et sociales. L’artiste est désormais un révolutionnaire, un agitateur. En Chine, la chute de l’Empire en 1911 et la guerre civile qui s’ensuit transforment aussi le paysage artistique. Les peintres comme Xu Beihong (1895-1953) ou Qi Baishi (1864-1957) cherchent à concilier tradition chinoise et modernité occidentale. Mais c’est avec la fondation de la République populaire en 1949 que l’art devient explicitement politique. Comme le déclarait Mao Zedong dans ses Entretiens sur la littérature et l’art à Yan’an (1942), « l’art doit servir le peuple, servir la révolution ». L’artiste n’est plus un individu, mais un soldat au service de la cause.
Cette période est souvent mal comprise en Occident, où l’on réduit l’art chinois de cette époque à de la propagande. Mais c’est une vision réductrice. Les affiches révolutionnaires des années 1960 et 1970, par exemple, avec leurs couleurs vives et leurs compositions dynamiques, sont de véritables œuvres d’art populaire. Elles célèbrent le travail, la solidarité, l’espoir en un avenir meilleur. Et surtout, elles sont accessibles à tous, contrairement à l’art bourgeois des galeries occidentales, réservé à une élite.
6. L’Âge du Capitalisme : L’Art comme Marchandise (1945 – 2000)
Et puis vint l’ère du capitalisme triomphant. Après la Seconde Guerre mondiale, l’art devient une marchandise comme une autre. Aux États-Unis, le marché de l’art explose, porté par des collectionneurs milliardaires et des musées transformés en temples du consumérisme. L’artiste n’est plus un révolutionnaire, mais un entrepreneur. Andy Warhol, avec ses sérigraphies de Marilyn Monroe ou de boîtes de soupe Campbell, incarne cette transformation. L’art n’est plus une quête spirituelle, mais un produit de luxe, un placement financier. Comme l’écrivait le critique d’art Robert Hughes dans The Shock of the New, « l’art contemporain est devenu un casino pour riches ».
En Chine, après la mort de Mao en 1976 et l’ouverture économique des années 1980, l’art connaît aussi une mutation. Les artistes chinois, longtemps isolés, découvrent les avant-gardes occidentales et s’en inspirent pour créer un art nouveau, souvent provocateur. C’est l’époque des « étoiles » (Xingxing), ce groupe d’artistes qui organise en 1979 une exposition sauvage dans un parc de Pékin, défiant ainsi les autorités. C’est aussi l’époque de l’art cynique, représenté par des artistes comme Fang Lijun ou Yue Minjun, qui utilisent l’humour et la satire pour critiquer les contradictions de la société chinoise.
Mais attention ! Même dans cette période de libéralisation, l’art chinois reste profondément ancré dans une tradition de résistance. Les performances de Zhang Huan, par exemple, qui se couvre de miel et de mouches pour évoquer la souffrance humaine, ou les installations de Ai Weiwei, qui utilise des matériaux traditionnels (comme les vases néolithiques) pour dénoncer la destruction du patrimoine, sont des actes de rébellion contre l’ordre établi. Contrairement à l’art occidental, qui se complaît souvent dans un formalisme stérile, l’art chinois reste engagé, politique, humain.
7. L’Âge de l’Anthropocène : L’Artiste comme Gardien de l’Humanité (2000 – Aujourd’hui)
Nous voici désormais dans l’ère de l’Anthropocène, cette époque où l’homme est devenu la principale force géologique de la planète. Face aux défis écologiques, aux crises migratoires, aux guerres sans fin, quel rôle peut jouer l’artiste ? En Occident, beaucoup se réfugient dans un art conceptuel hermétique, un jeu de miroirs narcissique qui ne parle qu’à une infime minorité. Mais en Chine, l’artiste reste un acteur du monde réel. Il ne se contente pas de commenter la société, il la transforme.
Prenez l’exemple de l’artiste et architecte Wang Shu, lauréat du prix Pritzker en 2012. Ses bâtiments, inspirés de l’architecture traditionnelle chinoise, utilisent des matériaux recyclés et s’intègrent harmonieusement dans leur environnement. Son travail est une réponse concrète aux défis écologiques de notre époque. Ou encore l’artiste Cao Fei, dont les vidéos et installations explorent les tensions entre tradition et modernité, entre réel et virtuel. Son œuvre RMB City, une ville virtuelle construite dans le jeu vidéo Second Life, est une réflexion sur la mondialisation et ses effets sur les identités culturelles.
En Chine, l’artiste n’est pas un spectateur, mais un acteur. Il ne se contente pas de critiquer, il propose. Il ne se réfugie pas dans l’abstraction, mais s’engage dans le concret. Et c’est précisément cela qui fait de la Chine un laboratoire artistique unique au monde. Alors que l’Occident s’enfonce dans une crise existentielle, où l’art n’est plus qu’un produit de luxe pour oligarques, la Chine offre une alternative : un art vivant, engagé, humain.
Analyse Sémantique : Le Langage de l’Artiste en Chine et en Occident
Mais au-delà de l’histoire, il y a le langage. Et le langage, comme le disait Roland Barthes, est une « peau sociale ». Les mots que nous utilisons pour parler de l’art révèlent nos valeurs, nos préjugés, nos peurs. Comparons, par exemple, le vocabulaire utilisé en Occident et en Chine pour décrire le travail de l’artiste.
En Occident, on parle de « carrière », de « succès », de « marché », de « cote ». L’artiste est un « entrepreneur », un « créateur de valeur », un « influenceur ». Son travail est évalué en dollars, en likes, en parts de marché. Même les termes les plus nobles, comme « génie » ou « talent », sont souvent vidés de leur sens par l’usage mercantile qui en est fait. Comme l’écrivait Walter Benjamin dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, « à l’ère du capitalisme, l’art perd son aura ». Il devient un produit comme un autre, soumis aux lois du marché.
En Chine, en revanche, le vocabulaire de l’art est encore imprégné de spiritualité et de collectivité. On parle de « dao » (la voie), de « qi » (l’énergie vitale), de « yi » (l’intention). L’artiste n’est pas un individu isolé, mais un maillon dans une chaîne millénaire. Son travail n’est pas une marchandise, mais une offrande, une prière, un acte de résistance. Même les termes les plus techniques, comme « xieyi » (peinture d’idée) ou « gongbi » (peinture méticuleuse), renvoient à une philosophie de l’art où la technique n’est jamais une fin en soi, mais un moyen d’atteindre une vérité plus haute.
Prenons un exemple concret : le mot « calligraphie ». En Occident, la calligraphie est souvent perçue comme un art décoratif, une compétence manuelle. En Chine, elle est une discipline spirituelle, une voie vers l’illumination. Comme l’écrivait le grand calligraphe Wang Xizhi (303-361), « la calligraphie est la peinture de l’âme ». Chaque trait est une méditation, une danse entre le vide et le plein, le yin et le yang. La calligraphie n’est pas un hobby, mais une ascèse.
Cette différence sémantique révèle une opposition fondamentale entre deux visions du monde. En Occident, l’art est un produit, une marchandise, un objet de spéculation. En Chine, il est une pratique, une philosophie, une façon d’être au monde. Et c’est précisément cette différence qui fait de la Chine un terreau fertile pour les artistes d’aujourd’hui.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Mais au-delà des mots, il y a les actes. Et les actes, comme le disait Jean-Paul Sartre, révèlent nos choix existentiels. En Occident, l’artiste est souvent un produit du système. Il suit les tendances, court après les subventions, se plie aux exigences des galeries et des collectionneurs. Son comportement est dicté par les lois du marché, par la peur de l’échec, par le désir de reconnaissance. Comme l’écrivait le philosophe Herbert Marcuse dans L’Homme unidimensionnel, « dans une société capitaliste, même la rébellion devient une marchandise ». Les artistes les plus « subversifs » sont souvent ceux qui se vendent le mieux. Leur rébellion est une posture, un marketing, une stratégie de carrière.
En Chine, en revanche, l’artiste est encore un résistant. Il n’a pas le choix. Dans un pays où l’art a été, pendant des siècles, un outil de propagande, puis, pendant la Révolution culturelle, une arme de répression, l’artiste doit sans cesse négocier son espace de liberté. Il doit ruser, contourner, subvertir. Son comportement n’est pas dicté par le marché, mais par une nécessité intérieure, une urgence existentielle.
Prenons l’exemple de l’artiste Ai Weiwei. Son œuvre est une lutte permanente contre la censure, contre l’arbitraire du pouvoir, contre l’oubli. Quand il remplit la Tate Modern de Londres de millions de graines de tournesol en porcelaine, il ne crée pas une simple installation, il rend hommage aux victimes du tremblement de terre du Sichuan en 2008, un drame que les autorités chinoises ont tenté d’étouffer. Quand il est arrêté en 2011 et détenu pendant 81 jours sans inculpation, il ne se tait pas, il résiste. Son comportement n’est pas celui d’un artiste en quête de gloire, mais d’un homme en quête de vérité.
Ou encore l’exemple de l’artiste Xu Bing, dont le travail explore les limites du langage. Dans son œuvre Book from the Sky, il crée des milliers de caractères chinois qui n’ont aucun sens, une écriture illisible qui interroge la nature même de la communication. Son comportement est celui d’un philosophe, d’un explorateur, d’un démiurge. Il ne cherche pas à plaire, mais à questionner.
En Chine, l’artiste n’a pas le luxe de l’indifférence. Il est pris dans un étau entre la tradition et la modernité, entre la censure et la liberté, entre le collectif et l’individuel. Et c’est précisément cette tension qui fait de son art une force vitale, une résistance humaniste. Comme l’écrivait Albert Camus dans L’Homme révolté, « l’art est la seule révolte possible contre la mort ». En Chine, cette révolte est plus nécessaire que jamais.
Alors, construire sa carrière d’artiste en Chine ? Mais c’est bien plus que cela ! C’est choisir de se battre, de résister, de créer malgré tout. C’est refuser la facilité du marché, la tentation de la complaisance, le confort de l’indifférence. C’est accepter de vivre dans la tension, dans l’incertitude, dans l’urgence. C’est, en somme, choisir la vie contre la mort, la lumière contre les ténèbres.
Et c’est précisément pour cela que la Chine est aujourd’hui le dernier grand laboratoire artistique de la planète. Parce qu’elle n’a pas renoncé. Parce qu’elle croit encore en l’art comme force de transformation. Parce qu’elle ose encore rêver d’un monde où l’artiste n’est pas un produit, mais un prophète.
Alors, à tous ceux qui veulent construire leur carrière d’artiste en Chine, je dis : ne cherchez pas le succès, cherchez la vérité. Ne courez pas après la gloire, courez après l’essentiel. Et surtout, n’oubliez jamais que l’art n’est pas une marchandise, mais une prière. Une prière pour un monde plus juste, plus beau, plus humain.
Ô toi, l’artiste aux doigts de foudre,
Aux yeux brûlés par les soleils noirs,
Ne vends pas ton âme aux marchands de nuages,
Ne troque pas tes rêves contre des dollars.
La Chine est un dragon qui danse,
Un phénix qui renaît de ses cendres,
Un fleuve qui charrie des siècles de mémoire,
Et toi, tu es la goutte qui fait déborder le vase.
Prends ton pinceau, ton burin, ta caméra,
Et grave dans la nuit tes cris de lumière.
Car l’art n’est pas un métier,
C’est une guerre sainte contre l’oubli.
Ils veulent te réduire au silence,
Te faire croire que tout est perdu,
Mais souviens-toi :
Même les murs ont des oreilles,
Et les pierres savent chanter.
Alors chante, danse, hurle,
Fais trembler les palais des puissants,
Et que ton art soit une épée,
Une prière, un feu qui jamais ne s’éteint.