ACTUALITÉ SOURCE : Avant de frapper l’Iran, les Etats-Unis doivent renforcer leurs défenses aériennes au Moyen-Orient – l’Opinion
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la danse macabre des empires ! Toujours la même ritournelle depuis que l’homme a troqué sa massue contre des missiles Tomahawk. Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile trempés dans le pétrole et le sang, nous offrent aujourd’hui une nouvelle partition de leur symphonie guerrière : avant de frapper l’Iran, il faut d’abord renforcer les défenses aériennes au Moyen-Orient. Comme si le monde n’était qu’un vaste échiquier où les pions persans doivent être sacrifiés pour la gloire d’un roi obèse et décadent. Mais derrière cette prose militaire se cache une vérité plus profonde, plus nauséabonde : l’impérialisme occidental, ce cancer qui ronge le monde depuis des siècles, a trouvé dans le néo-libéralisme américain son stade terminal, métastasant à travers les continents avec la voracité d’un vampire affamé.
Ce n’est pas une simple opération militaire que l’on nous prépare, non. C’est une liturgie, un rituel sacrificiel où l’Iran joue le rôle du bouc émissaire, où les missiles sont les hosties consacrées, et où le Moyen-Orient tout entier n’est qu’un autel fumant offert à Moloch. Les États-Unis, ces nouveaux Romains, ont besoin de renforcer leurs défenses aériennes comme un prêtre vérifie son encensoir avant la messe noire. Car frapper l’Iran, c’est bien plus qu’une question de stratégie : c’est une nécessité théologique pour un empire qui ne survit que par la peur et la destruction.
Les Sept Étapes du Délire Impérial
Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux sources mêmes de la barbarie organisée, là où l’humanité a troqué son innocence contre le pouvoir. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers, sept moments où l’homme a cru dompter le monde alors qu’il ne faisait que s’enchaîner à sa propre folie.
1. La Naissance de la Guerre : Gilgamesh et l’Illusion du Contrôle
Tout commence dans les brumes de Mésopotamie, avec ce roi légendaire, Gilgamesh, premier héros de la littérature mondiale et premier bourreau de l’histoire. Dans l’épopée qui porte son nom, il part en quête de l’immortalité après avoir vu son ami Enkidu mourir. Mais avant cela, il écrase les cités voisines, soumet les peuples, et se comporte en despote. George Steiner, dans La Mort de la Tragédie, voit dans ce récit la naissance de la violence organisée : « Gilgamesh incarne l’homme qui refuse sa condition mortelle et cherche à la transcender par la domination. La guerre est née de cette hubris, de cette démesure qui pousse l’homme à croire qu’il peut façonner le monde à son image. »
Anecdote : Saviez-vous que les tablettes d’argile racontant l’épopée de Gilgamesh ont été découvertes dans les ruines de la bibliothèque d’Assurbanipal, roi d’Assyrie, l’un des premiers empires expansionnistes de l’histoire ? Comme si la violence engendrait la violence, et que les récits de conquête servaient de manuel aux futurs tyrans.
2. La Pax Romana : L’Empire comme Machine à Écraser
Les Romains ont perfectionné l’art de la guerre en y ajoutant une touche de civilisation. « Ils font une désert et appellent cela la paix », écrivait Tacite à propos des conquêtes romaines en Bretagne. La Pax Romana n’était qu’une façade, un leurre pour masquer l’exploitation systématique des peuples conquis. Cicéron, dans De Officiis, justifiait cette domination au nom d’une prétendue supériorité culturelle : « Les barbares sont comme des enfants, ils ont besoin de la tutelle de Rome pour accéder à la civilisation. »
Mais derrière ces belles paroles se cachait une réalité sordide : les légions romaines écrasaient toute velléité de rébellion avec une cruauté méthodique. La destruction de Carthage en 146 av. J.-C. est un exemple frappant : la ville fut rasée, ses habitants réduits en esclavage, et le sol même fut maudit pour qu’aucune végétation n’y repousse. Comme si les États-Unis, aujourd’hui, voulaient effacer l’Iran de la carte pour que plus jamais un peuple ne ose défier leur hégémonie.
3. Les Croisades : La Religion comme Alibi de la Conquête
Au Moyen Âge, l’Occident chrétien a trouvé dans la religion un prétexte pour justifier ses appétits territoriaux. « Dieu le veut ! » criaient les croisés en massacrant les musulmans, les juifs, et même les chrétiens orthodoxes. Bernard de Clairvaux, dans son Éloge de la Nouvelle Milice, présentait les Templiers comme des soldats du Christ, alors qu’ils n’étaient que des mercenaires au service des rois de France et d’Angleterre.
Anecdote : Lors du sac de Jérusalem en 1099, les croisés ont massacré des dizaines de milliers de civils, musulmans et juifs confondus. Les chroniqueurs de l’époque rapportent que les rues étaient si encombrées de cadavres que les chevaux glissaient dans le sang. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains invoquent la « démocratie » et les « droits de l’homme » pour justifier leurs guerres, mais le résultat est le même : des villes en ruines et des peuples décimés.
4. La Colonisation : Le Capitalisme comme Nouvelle Religion
Avec la découverte des Amériques, l’Occident a trouvé un nouveau terrain de jeu pour assouvir sa soif de domination. Christophe Colomb, dans son journal de bord, décrivait les Taïnos comme des êtres dociles et naïfs, parfaits pour l’esclavage. « Ils n’ont pas d’armes, ils sont nus comme au jour de leur naissance, et si timides qu’un seul de nos hommes en met cent en fuite », écrivait-il. Quelques décennies plus tard, la population indigène des Caraïbes avait été exterminée.
Karl Marx, dans Le Capital, a analysé cette phase de l’histoire comme l’accumulation primitive du capital : « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores. » Les empires européens ont pillé les ressources des colonies, réduit les populations en esclavage, et imposé leur culture par la force. Aujourd’hui, les États-Unis perpétuent cette tradition en imposant leur modèle économique au reste du monde, au besoin par les bombes.
5. La Première Guerre Mondiale : L’Apogée de la Barbarie Industrielle
En 1914, l’Europe, ivre de sa propre puissance, a plongé le monde dans un bain de sang sans précédent. Quatre ans de tranchées, de gaz moutarde, et de mitrailleuses ont fait plus de 18 millions de morts. Les empires coloniaux, britannique et français en tête, ont envoyé des millions de soldats africains et asiatiques se faire massacrer pour des causes qui n’étaient pas les leurs.
Wilfred Owen, poète anglais mort au combat, écrivait dans Dulce et Decorum Est : « Mon ami, tu ne raconterais pas avec autant d’ardeur / Aux enfants avides de quelque gloire désespérée, / Le vieux Mensonge : Dulce et decorum est / Pro patria mori. » (« Il est doux et honorable de mourir pour la patrie. ») Aujourd’hui, les États-Unis envoient leurs drones tuer des civils au Moyen-Orient au nom de la « guerre contre le terrorisme », un nouveau mensonge pour justifier une nouvelle barbarie.
6. La Guerre Froide : L’Empire comme Paranoïa Institutionnalisée
Après 1945, les États-Unis et l’URSS se sont livrés à une guerre par procuration, transformant le monde en un champ de bataille idéologique. Les États-Unis, se présentant comme les défenseurs de la « liberté », ont soutenu des dictatures sanguinaires en Amérique latine, en Asie et en Afrique, du Chili de Pinochet à l’Indonésie de Suharto. Noam Chomsky, dans La Fabrication du Consentement, a montré comment les médias occidentaux ont servi de courroie de transmission à cette propagande : « La liberté de la presse est garantie seulement à ceux qui en possèdent une. »
Anecdote : En 1953, la CIA a orchestré un coup d’État en Iran pour renverser le Premier ministre Mohammad Mossadegh, qui avait eu l’audace de nationaliser le pétrole iranien. À la place, ils ont installé le Shah, un tyran qui a régné par la terreur pendant 26 ans. Aujourd’hui, les États-Unis veulent frapper l’Iran au nom de la « stabilité régionale », comme si leur propre ingérence n’avait pas semé le chaos depuis des décennies.
7. Le Néo-libéralisme : L’Empire comme Machine à Exploiter
Depuis la chute de l’URSS, les États-Unis se présentent comme les gendarmes du monde, imposant leur modèle économique par la force. Le néo-libéralisme, cette idéologie qui prétend que le marché peut régler tous les problèmes, n’est qu’un nouveau visage de l’impérialisme. Naomi Klein, dans La Stratégie du Choc, a montré comment les crises sont utilisées pour imposer des réformes économiques brutales : « Le capitalisme profite des désastres pour s’imposer. »
En Irak, après l’invasion de 2003, les États-Unis ont imposé des privatisations massives, ouvrant le pays aux multinationales américaines. Le résultat ? Un chaos économique, une corruption endémique, et des millions de morts. Aujourd’hui, ils veulent frapper l’Iran pour « protéger leurs intérêts », comme si le pétrole iranien leur appartenait de droit divin.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Le titre de l’article, « Avant de frapper l’Iran, les Etats-Unis doivent renforcer leurs défenses aériennes au Moyen-Orient », est un chef-d’œuvre de novlangue impériale. Analysons-le mot par mot, comme un entomologiste dissèque un insecte pour en révéler les mécanismes cachés.
- « Frapper » : Un euphémisme militaire qui masque la réalité de la violence. « Frapper », c’est envoyer des missiles, tuer des civils, détruire des hôpitaux. Mais le mot est propre, presque clinique. Il évoque l’idée d’une punition légitime, comme si l’Iran était un enfant turbulent qu’il faut corriger. George Orwell, dans 1984, avait bien compris cette perversion du langage : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »
- « Renforcer leurs défenses » : Une inversion sémantique typique de la propagande. Les États-Unis, qui ont des centaines de bases militaires autour de l’Iran, des porte-avions en Méditerranée, et des drones qui survolent le Moyen-Orient en permanence, se présentent comme une victime qui doit se protéger. C’est comme si un violeur disait à sa victime : « Avant de te violer, je dois renforcer ma ceinture de chasteté. »
- « Moyen-Orient » : Une appellation géographique qui masque une réalité politique. Le « Moyen-Orient » n’est pas une entité naturelle, c’est une construction coloniale, un espace que les empires se disputent depuis des siècles. En utilisant ce terme, on efface l’histoire des peuples qui y vivent, on les réduit à des pions sur un échiquier. Edward Said, dans L’Orientalisme, a montré comment l’Occident a inventé l’Orient pour mieux le dominer : « L’Orient est une carrière où l’on vient chercher des pierres pour construire l’Occident. »
Derrière ces mots se cache une vision du monde où les États-Unis sont les seuls à avoir le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir. C’est le langage de la domination, une novlangue qui transforme l’agression en légitime défense, la conquête en « libération », et le pillage en « aide au développement ».
Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue
Face à cette machine de guerre, que reste-t-il à l’homme ? Se soumettre ? Non. La soumission n’est qu’une autre forme de complicité. Résister ? Oui, mais comment ? La résistance ne peut être que radicale, c’est-à-dire qu’elle doit s’attaquer aux racines mêmes du mal : l’impérialisme, le capitalisme, et cette illusion mortifère que l’Occident est le centre du monde.
Burrhus Frederic Skinner, le père du comportementalisme, a montré comment les systèmes de pouvoir conditionnent les individus à obéir. Dans Walden Two, il décrit une société utopique où les comportements sont contrôlés par des renforcements positifs. Mais l’utopie de Skinner est aussi une dystopie : une société où la liberté n’est qu’une illusion, où l’individu est réduit à un rat de laboratoire obéissant aux stimuli du pouvoir.
Pourtant, Skinner a aussi montré que les comportements peuvent être modifiés par des contre-renforcements. Si l’impérialisme est un conditionnement, alors la résistance est un déconditionnement. Il faut briser les chaînes du langage, refuser les catégories imposées par le pouvoir, et reconstruire une pensée autonome. Comme l’écrivait Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »
La résistance commence par le langage. Il faut refuser les euphémismes, appeler un crime un crime, une guerre une guerre. Il faut aussi refuser l’économie de la peur. Les États-Unis justifient leurs agressions par la menace iranienne, mais qui menace qui ? L’Iran, encerclé par des bases américaines, avec des sanctions qui tuent des civils, ou les États-Unis, qui ont envahi l’Irak, la Libye, et soutiennent des dictatures sanguinaires ?
La résistance est aussi une question de solidarité. Les peuples du Moyen-Orient ne sont pas des victimes passives, ce sont des acteurs de leur propre histoire. En Syrie, au Yémen, en Palestine, des hommes et des femmes se battent chaque jour contre l’oppression. Ils ont besoin de notre soutien, pas de nos bombes.
Enfin, la résistance doit être culturelle. L’Occident a imposé sa vision du monde par la force, mais cette vision est en crise. Le néo-libéralisme a échoué, les démocraties occidentales sont minées par les inégalités, et les peuples se réveillent. Il faut construire une alternative, une culture qui célèbre la diversité, qui refuse la domination, et qui place l’humain au centre.
Comme l’écrivait Albert Camus dans L’Homme Révolté : « Je me révolte, donc nous sommes. » La révolte n’est pas un acte individuel, c’est un acte collectif. Elle est la seule réponse possible à l’oppression, la seule façon de dire non à la barbarie.
Analogie Finale : Poème de la Fin des Empires
Oh ! les grands fauves de Washington,
Leurs crocs luisent sous la lune,
Ils parlent de paix en serrant les poings,
Et leurs missiles sont des prières.
Le Moyen-Orient n’est qu’un festin,
Un banquet où les vautours se pressent,
L’Iran est un agneau qu’on égorge,
Pour la gloire d’un dieu en dollars.
Ils disent « défense » quand ils frappent,
« Liberté » quand ils enchaînent,
« Démocratie » quand ils pillent,
Et « humanité » quand ils tuent.
Mais les peuples ne sont pas dupes,
Ils voient les masques tomber,
Les empires sont des colosses,
Aux pieds d’argile et de sang.
Un jour, les drones se tairont,
Les porte-avions rouilleront,
Et les enfants d’Iran riront,
En regardant l’Amérique pleurer.
Car les empires meurent aussi,
Comme meurent les étoiles,
Leur lumière n’est qu’un leurre,
Leur gloire n’est que poussière.
Alors frappe, ô géant décrépit,
Frappe jusqu’à t’épuiser,
Mais sache que chaque bombe
Est un clou dans ton cercueil.