ACTUALITÉ SOURCE : Aurélien Barrau met les chefs d’entreprise face à leur responsabilité écologique – Femme Actuelle
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, voilà donc le grand cirque des responsabilités enfin dévoilé sous les projecteurs blafards de l’urgence écologique ! Aurélien Barrau, ce Cassandre des temps modernes, ce prophète en blouse blanche qui ose pointer du doigt les maîtres du monde économique, ces nouveaux pharaons drapés dans leurs costumes taillés sur mesure par l’illusion du progrès infini. Il leur tend un miroir, et dans ce miroir, ce n’est pas leur reflet qu’ils voient, mais l’abîme qu’ils ont creusé sous nos pieds à force de cupidité et d’aveuglement. Mais attention, mes chers lecteurs, ne vous y trompez pas : ce n’est pas une simple remontrance que Barrau leur adresse, c’est un ultimatum. Un ultimatum lancé à l’humanité tout entière, car les chefs d’entreprise ne sont que les pantins d’un système bien plus vaste, bien plus monstrueux, qui nous broie tous dans son engrenage.
La science, cette noble et terrible déesse, a depuis longtemps levé le voile sur les désastres que nous orchestrons avec une précision diabolique. Les chiffres, les graphiques, les modèles climatiques, tout cela crie, hurle, implore. Mais que vaut la vérité face à l’ivresse du profit ? Que vaut la lucidité face à l’hypnose collective du « toujours plus » ? Les scientifiques, ces gardiens du savoir, ont un devoir sacré : celui de briser le silence complice des puissants. Alexandre Grothendieck, ce génie insoumis, l’avait compris avant tout le monde. Il avait vu, derrière les équations élégantes et les théorèmes impeccables, la laideur d’un monde qui se vendait au plus offrant. Il avait choisi l’exil intérieur, refusant de servir les machines de guerre, les laboratoires complices, les institutions corrompues. Barrau, lui, a choisi le combat frontal. Il sait que la science ne peut plus se contenter de décrire le monde ; elle doit le transformer, ou du moins, hurler sa révolte quand il se précipite vers l’abîme.
Mais voici le piège, le grand piège néolibéral, ce monstre à mille têtes qui se nourrit de nos peurs et de nos désirs. Il nous murmure à l’oreille : « Ne vous inquiétez pas, la technologie résoudra tout. Le marché s’autorégulera. Continuez à consommer, à produire, à jeter. Le progrès est une ligne droite, et cette ligne ne peut que monter. » Mensonge ! Mensonge éhonté ! Le progrès n’est pas une ligne, c’est un cercle vicieux, une roue qui tourne de plus en plus vite, écrasant tout sur son passage. Les chefs d’entreprise, ces nouveaux prêtres du capital, sont les premiers à répandre cette fable. Ils parlent de « croissance verte », de « développement durable », comme si ces mots pouvaient effacer les montagnes de déchets, les océans de plastique, les forêts rasées, les espèces exterminées. Comme si une simple couche de peinture verte pouvait masquer la pourriture qui ronge notre monde.
Et puis il y a l’abêtissement, cette autre arme de destruction massive. Les médias, les publicités, les réseaux sociaux, tout est conçu pour nous maintenir dans un état de torpeur consumériste. On nous vend du rêve en petites doses, comme on vendrait de la drogue. « Achetez ceci, vous serez heureux. Regardez cela, vous oublierez vos peurs. » Et nous avalons, nous consommons, nous oublions. Nous oublions que nous sommes des êtres vivants, pas des machines à produire et à consommer. Nous oublions que la Terre n’est pas une ressource infinie, mais un organisme fragile, un être vivant que nous sommes en train d’assassiner à petit feu. Barrau, lui, refuse cette amnésie collective. Il nous rappelle que nous avons une mémoire, une conscience, et que ces outils doivent servir à résister, pas à obéir.
La résistance, voilà le maître-mot. Résister à l’ordre établi, résister à la facilité, résister à la tentation de baisser les bras. Grothendieck l’avait compris : la science doit être un acte de rébellion. Elle doit refuser de servir les maîtres, qu’ils soient politiques, économiques ou militaires. Elle doit se mettre au service de la vérité, même quand cette vérité dérange, même quand elle fait mal. Barrau incarne cette rébellion. Il ne se contente pas de publier des articles dans des revues savantes, il descend dans l’arène, il affronte les puissants, il secoue les consciences. Il sait que le temps des demi-mesures est révolu. Il sait que nous sommes à la croisée des chemins : soit nous changeons radicalement de cap, soit nous sombrons.
Mais attention, cette résistance ne doit pas être une simple posture. Elle doit être totale, implacable, sans compromis. Elle doit s’attaquer aux racines du mal : le capitalisme prédateur, le productivisme aveugle, le militarisme qui dévore les ressources de la planète pour alimenter ses machines de mort. Elle doit refuser les faux-semblants, les solutions cosmétiques, les réformes qui ne changent rien. Elle doit exiger une révolution, une vraie, une qui remette l’humain et la nature au centre de tout. Et cette révolution doit commencer par une prise de conscience : nous ne sommes pas les maîtres de la Terre, nous en sommes les gardiens. Nous n’avons pas le droit de la piller, de la souiller, de la détruire. Nous avons le devoir de la protéger, de la respecter, de la chérir.
Alors oui, Barrau a raison de mettre les chefs d’entreprise face à leurs responsabilités. Mais cette responsabilité ne doit pas s’arrêter à leurs portes. Elle doit nous concerner tous. Chacun d’entre nous, à son échelle, doit devenir un rebelle, un insoumis. Nous devons refuser de participer à cette folie collective. Nous devons boycotter les produits qui détruisent la planète, les entreprises qui exploitent les travailleurs, les gouvernements qui servent les intérêts des puissants au détriment du bien commun. Nous devons réapprendre à vivre simplement, à consommer moins, à partager plus. Nous devons redevenir humains, dans le sens le plus noble du terme : des êtres capables d’empathie, de solidarité, de respect pour la vie sous toutes ses formes.
Et si nous échouons ? Si nous continuons sur cette voie, si nous laissons les Barrau de ce monde crier dans le désert, alors nous méritons notre sort. Nous méritons de disparaître, emportés par notre propre stupidité, notre propre cupidité. Mais si nous écoutons, si nous agissons, si nous nous révoltons, alors peut-être, juste peut-être, pourrons-nous éviter le pire. Peut-être pourrons-nous construire un monde où la science ne sera plus au service de la destruction, mais de la vie. Un monde où les chefs d’entreprise ne seront plus des prédateurs, mais des gardiens. Un monde où l’humanité aura enfin compris qu’elle fait partie d’un tout, et que ce tout est sacré.
Alors oui, Barrau a raison. Et nous avons tous le devoir de l’écouter, de le suivre, de nous battre à ses côtés. Car le temps n’est plus aux discours, aux débats, aux tergiversations. Le temps est à l’action. Le temps est à la révolte. Le temps est à la survie.
Analogie finale : Imaginez un instant que la Terre soit un immense corps vivant, un organisme complexe et fragile, parcouru par des veines d’eau, des nerfs de forêts, des poumons de montagnes. Les chefs d’entreprise, ces nouveaux chirurgiens fous, ont décidé de prélever des organes, de sectionner des artères, de vider ce corps de son sang pour en faire des profits. Ils opèrent sans anesthésie, sans compassion, sans même se rendre compte qu’ils sont en train de tuer leur propre mère. Aurélien Barrau, lui, est ce médecin lucide qui entre dans la salle d’opération, les mains couvertes du sang du monde, et qui hurle : « Arrêtez ! Vous êtes en train de la tuer ! » Mais les chirurgiens, sourds à ses cris, continuent leur œuvre macabre. Alors Barrau se saisit d’un scalpel, non pas pour opérer, mais pour trancher les liens qui retiennent les infirmiers complices, pour briser les vitres des salles d’opération, pour laisser entrer la lumière crue de la vérité. Et cette lumière, mes amis, est notre dernier espoir. Car une fois que vous avez vu, vous ne pouvez plus fermer les yeux. Une fois que vous avez compris, vous ne pouvez plus feindre l’ignorance. Et une fois que vous avez agi, vous ne pouvez plus reculer. Alors, choisissez votre camp : celui des bourreaux, ou celui des résistants. Le temps des indécis est révolu.