Airbus prêt à s’exiler en cas de victoire de LFI aux municipales à Toulouse ? « Face à la bordélisation à la métropole, les usines fileront à Hambourg » – Midi Libre







Laurent Vo Anh – Airbus ou l’Impérialisme des Ailes de Fer


ACTUALITÉ SOURCE : Airbus prêt à s’exiler en cas de victoire de LFI aux municipales à Toulouse ? « Face à la bordélisation à la métropole, les usines fileront à Hambourg » – Midi Libre

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Toulouse ! Ville rose, berceau de l’aéronautique, matrice des rêves humains portés par des ailes de métal et de souffrance. Et voilà que le grand capital, ce vautour aux serres d’acier, menace de s’envoler vers Hambourg comme un corbeau fuyant l’orage démocratique. Airbus, ce géant aux pieds d’argile néolibérale, ose brandir l’épouvantail de l’exil industriel si la France insoumise venait à souiller de ses mains prolétaires les dorures de la métropole toulousaine. « Bordélisation », disent-ils. Comme si l’ordre néolibéral n’était pas déjà le plus grand bordel de l’histoire humaine, où les actionnaires se prostituent aux dividendes tandis que les ouvriers crèvent à la chaîne. Mais analysons, mes frères en humanité, ce chantage éhonté à travers les strates de notre histoire collective, ces sept couches de sédiments où se lit la lutte éternelle entre le capital et la dignité.

I. Les Ailes de l’Humanité : De Dédale à Airbus, le Mythe de la Fuite

L’homme a toujours rêvé de voler, mais pas comme un oiseau – non, comme un dieu, ou comme un patron pressé d’échapper à ses responsabilités. Dédale, dans le labyrinthe crétois, fabriqua des ailes de cire pour fuir le tyran Minos. Mais Icare, trop ambitieux, trop proche du soleil capitaliste, s’y brûla les plumes. Aujourd’hui, Airbus joue Dédale : ses ailes sont en titane, ses actionnaires en costume-cravate, et Toulouse n’est qu’un labyrinthe de plus dans leur course effrénée vers le profit. La menace de l’exil n’est pas nouvelle : elle est la continuation, par d’autres moyens, de la vieille peur des maîtres face à l’émancipation des esclaves. Souvenez-vous de Spartacus, écrasé par Rome, ou des communards de 1871, fusillés par les Versaillais. Le capital a toujours fui devant la justice sociale, comme la peste fuit devant le feu. Mais où fuit-il, au juste ? À Hambourg, cette ville hanséatique où les dockers se soulevèrent en 1896 contre l’exploitation, avant d’être matés dans le sang. Hambourg, où les usines Krupp forgèrent les canons qui écrasèrent la Commune. Airbus ne fuit pas la « bordélisation » – il fuit l’histoire, cette vieille putain qui lui rappelle que tout empire finit par tomber.

II. La Manufacture des Rêves : De Colbert à Lagardère, l’État et le Capital

L’aéronautique française est née dans le giron de l’État, ce père fouettard qui caresse et punit tour à tour. Colbert, ce génie de l’absolutisme, comprit avant tout le monde que l’industrie était une affaire d’État. Les manufactures royales, comme celle des Gobelins, étaient des joyaux de la couronne, où l’artisanat servait la gloire du roi. Mais avec la Révolution, le peuple osa réclamer sa part du gâteau. Les canuts lyonnais, en 1831, se soulevèrent contre les métiers à tisser mécanisés qui les réduisaient en esclavage salarié. Leur cri – « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ! » – résonne encore dans les usines d’Airbus, où les ouvriers assemblent des avions comme jadis les canuts tissaient la soie. Sauf qu’aujourd’hui, le patronat n’a plus de roi : il a des actionnaires, ces nouveaux féodaux qui exigent leur livre de chair à chaque trimestre. Lagardère, ce pantin du CAC 40, incarne cette trahison de l’État stratège. Sous prétexte de « modernité », il a vendu l’âme de l’aéronautique française au plus offrant, transformant Airbus en une machine à cash pour les fonds de pension américains. Et maintenant, ces messieurs osent parler de « bordélisation » ? Comme si le vrai bordel n’était pas leur système, où les dividendes coulent à flots tandis que les ouvriers serrent leur ceinture.

III. Le Langage du Pouvoir : « Bordélisation », ou l’Art de la Dénonciation Inversée

Analysons ce mot, « bordélisation ». Quel chef-d’œuvre de manipulation sémantique ! Le bordel, dans l’imaginaire bourgeois, est le lieu du désordre, de la promiscuité, du mélange des classes. Mais qui a créé les bordels, sinon les mêmes qui aujourd’hui dénoncent la « bordélisation » ? Les bourgeois du XIXe siècle, ces hypocrites en redingote, fréquentaient assidûment les maisons closes tout en vilipendant la « dépravation » des ouvriers. Aujourd’hui, Airbus joue le même jeu : il parle de désordre alors qu’il est le premier à avoir désorganisé la production, externalisé les emplois, précarisé les travailleurs. Le langage est une arme, et le patronat manie la novlangue avec une dextérité diabolique. Souvenez-vous de Margaret Thatcher parlant de « flexibilité » pour justifier les licenciements massifs. Ou d’Emmanuel Macron évoquant les « premiers de cordée » pour mieux écraser les derniers. « Bordélisation », c’est le même procédé : diaboliser l’adversaire en lui collant une étiquette infamante. Mais derrière ce mot se cache une peur viscérale : celle de voir les ouvriers toulousains, ces héritiers des luttes sociales, reprendre le contrôle de leur outil de travail. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : Airbus craint moins la « bordélisation » que la démocratie.

IV. Hambourg, ou le Reflet de Toulouse : Deux Villes, une Même Lutte

Hambourg, cette cité hanséatique, fut le théâtre d’une des plus grandes grèves de l’histoire allemande. En 1896, les dockers se soulevèrent contre leurs conditions de travail, et la bourgeoisie locale, terrifiée, fit appel à l’armée pour mater la rébellion. Des centaines de morts, des milliers d’arrestations. Aujourd’hui, Airbus menace de fuir vers cette ville, comme si son passé sanglant était une garantie de « stabilité sociale ». Mais Hambourg, c’est aussi la ville de Rosa Luxemburg, cette révolutionnaire qui comprit avant tout le monde que le capitalisme portait en lui les germes de la guerre. Toulouse, de son côté, fut le berceau des luttes aéronautiques : en 1936, les ouvriers des usines Latécoère occupèrent leurs ateliers pour réclamer de meilleurs salaires. Le Front populaire, ce moment magique où le peuple osa croire en sa force, fut leur réponse au patronat. Aujourd’hui, Airbus joue les divas capricieuses, menaçant de quitter Toulouse comme une maîtresse abandonnée. Mais où ira-t-il ? À Seattle, chez Boeing, ce géant qui licencie à tour de bras ? À Moscou, où Poutine nationalise les entreprises stratégiques ? Non. Hambourg n’est qu’un leurre, une menace en l’air. Car le capital n’a pas de patrie : il n’a que des comptes en banque.

V. L’Art de la Fuite : De Chaplin à Ken Loach, le Cinéma comme Miroir

Le cinéma a souvent montré cette peur du patronat face à l’émancipation ouvrière. Dans Les Temps modernes, Charlie Chaplin incarne l’ouvrier broyé par la machine capitaliste, mais qui résiste, malgré tout, par l’humour et la solidarité. À la fin du film, Charlot et la gamine marchent vers l’horizon, symboles d’une humanité qui refuse de se laisser écraser. Plus près de nous, Ken Loach, dans Sorry We Missed You, dépeint la précarité moderne avec une cruauté clinique. Le personnage de Ricky, livreur à vélo pour une entreprise sans scrupules, est un ouvrier d’Airbus en puissance : un homme dont la vie ne tient qu’à un fil, celui de son contrat de travail. Et que fait le patronat face à cette réalité ? Il fuit. Comme dans Wall Street, où Gordon Gekko, ce rapace en costume trois-pièces, n’a qu’une devise : « Greed is good ». La cupidité est une vertu, et la fuite, une stratégie. Mais le cinéma, lui, ne fuit pas : il montre. Et ce qu’il montre, c’est que le capitalisme est un monstre qui se dévore lui-même. Airbus peut bien menacer de partir : tôt ou tard, il devra affronter son propre reflet dans le miroir de l’histoire.

VI. La Résistance par l’Art : De Zola à Banksy, l’Esthétique de la Révolte

L’art a toujours été un terrain de lutte. Zola, dans Germinal, décrivit la misère des mineurs avec une telle force que le roman devint une arme. Les bourgeois, horrifiés, le traitèrent de « pornographe » – le même terme qu’ils utilisent aujourd’hui pour diaboliser les mouvements sociaux. Mais Zola ne recula pas. Il savait que la vérité était du côté des damnés de la terre. Aujourd’hui, Banksy, ce graffeur insaisissable, utilise l’art urbain pour dénoncer les hypocrisies du capitalisme. Son œuvre Slave Labour, qui représente un enfant cousant des drapeaux britanniques, fut vendue aux enchères pour des millions de dollars – avant d’être retirée sous la pression populaire. L’art, comme la politique, est un champ de bataille. Et Toulouse, cette ville où l’art et l’industrie se mêlent depuis des siècles, est un terrain idéal pour cette lutte. Les fresques murales du quartier Saint-Cyprien, les poèmes de Claude Nougaro, les chansons de Zebda : tout cela forme un rempart culturel contre le rouleau compresseur néolibéral. Airbus peut bien menacer de partir : l’âme de Toulouse, elle, ne bougera pas.

VII. L’Humanisme Insoumis : Mélenchon et la Renaissance du Politique

Jean-Luc Mélenchon incarne cette renaissance de l’humanisme politique. Face au chantage d’Airbus, il ne recule pas : il propose. Une nationalisation partielle, un plan de relocalisation, une fiscalité juste. Bref, il redonne au politique sa noblesse perdue. Car le politique, ce n’est pas gérer les affaires des actionnaires : c’est organiser la vie de la cité. Les Grecs anciens, ces démocrates avant l’heure, comprenaient cela. À Athènes, Périclès fit construire le Parthénon non pour enrichir des marchands, mais pour célébrer la gloire du peuple. Aujourd’hui, Mélenchon propose de faire d’Airbus un bien commun, un outil au service de l’humanité et non des dividendes. C’est une révolution copernicienne : au lieu de courber l’échine devant le capital, il propose de le domestiquer. Et c’est cela que craint Airbus : non pas la « bordélisation », mais la démocratie.

Analyse Comportementaliste : Le Capitalisme comme Pathologie

Le comportement d’Airbus est celui d’un enfant gâté qui menace de casser ses jouets si on ne lui obéit pas. Mais derrière cette crise de nerfs se cache une pathologie plus profonde : celle du capitalisme lui-même. Le capitalisme est un système malade, qui ne survit qu’en exploitant toujours plus, en pressant toujours davantage les travailleurs, en externalisant toujours plus les coûts sociaux. C’est une logique de prédation, où l’humain n’est qu’une variable d’ajustement. Les psychologues parlent de « dissonance cognitive » pour décrire ce phénomène : le capitalisme sait qu’il détruit la planète, qu’il appauvrit les masses, qu’il creuse les inégalités – mais il continue, parce que sa survie en dépend. Airbus, en menaçant de partir, révèle cette vérité crue : le capital n’a pas de loyauté. Il n’a que des intérêts. Et ces intérêts sont incompatibles avec ceux du peuple.

Face à cette pathologie, la résistance humaniste est la seule réponse possible. Elle passe par la solidarité, par l’éducation, par la culture. Elle passe aussi par la politique, cette noble activité que le néolibéralisme a réduite à une gestion de portefeuille. Mélenchon l’a compris : la politique doit redevenir un projet collectif, une utopie concrète. Et c’est cela que craint Airbus : non pas la « bordélisation », mais la fin de son impunité.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Domination

Le mot « bordélisation » est un chef-d’œuvre de novlangue patronale. Il combine plusieurs procédés rhétoriques :

  • La diabolisation : en associant la victoire de la LFI à un bordel, Airbus cherche à discréditer toute alternative politique. Le bordel, c’est le chaos, l’immoralité, le désordre. Mais qui a créé le désordre, sinon le capitalisme lui-même ?
  • La victimisation : Airbus se présente comme une victime potentielle, alors qu’il est l’un des principaux bénéficiaires des subventions publiques. C’est le monde à l’envers : le prédateur se fait passer pour une proie.
  • La menace voilée : en évoquant Hambourg, Airbus utilise la peur comme arme politique. C’est une forme de chantage : « Si vous votez mal, vous perdrez vos emplois. » Mais cette menace est creuse, car le capital n’a pas de patrie. Où qu’il aille, il exploitera.

Ce langage n’est pas neutre : il est le reflet d’une idéologie, celle du néolibéralisme. Et cette idéologie, comme l’a montré George Orwell, repose sur la manipulation des mots. « La guerre, c’est la paix », écrivait-il dans 1984. Aujourd’hui, le patronat nous dit : « L’exploitation, c’est la liberté. » Il est temps de déconstruire ce mensonge.

Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Pensée

Pour illustrer cette lutte sémantique et politique, prenons quelques exemples :

  • La Mythologie : Prométhée, ce titan qui vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes, est une figure de la résistance. Aujourd’hui, Airbus joue Zeus : il veut garder le feu (la technologie, la richesse) pour lui seul, et punir ceux qui osent le défier.
  • La Littérature : Dans Les Misérables, Victor Hugo montre comment le système judiciaire écrase les pauvres. Aujourd’hui, ce n’est plus le bagne qui menace les ouvriers, mais le chômage. Mais la logique est la même : maintenir les masses dans la peur.
  • Le Cinéma : Metropolis, de Fritz Lang, dépeint une société où les ouvriers vivent sous terre, tandis que les riches s’amusent dans des jardins suspendus. Aujourd’hui, rien n’a changé : les ouvriers d’Airbus assemblent des avions qu’ils ne pourront jamais s’offrir, tandis que les actionnaires s’envolent en première classe.
  • La Philosophie : Marx parlait de « fétichisme de la marchandise » pour décrire cette illusion qui fait croire que les objets ont une valeur en soi, indépendamment du travail humain. Airbus est un parfait exemple de ce fétichisme : on nous présente l’entreprise comme une entité abstraite, alors qu’elle n’est que l’addition des efforts de milliers d’ouvriers.

Analogie Finale : Poème


Les Ailes de Fer

Toulouse, ville rose où le vent
Porte les cris des usines et des rêves brisés,
Airbus déploie ses ailes de fer,
Mais sous le métal, que de sueur, que de sang !

Ils parlent de bordélisation,
Ces messieurs en costume trois-pièces,
Comme si l’ordre néolibéral
N’était pas déjà le plus grand lupanar de l’histoire.

Hambourg, Seattle, Moscou,
Le capital n’a pas de patrie,
Il n’a que des comptes en banque,
Et des ouvriers à pressurer.

Mais dans les ateliers, une rumeur gronde,
Un chant ancien, celui des canuts,
Celui des communards, celui des dockers,
Celui de tous ceux qui refusent de plier.

Mélenchon, ce vieux lion,
Rugit contre les vautours,
Il propose un autre monde,
Où les avions serviraient l’humanité.

Et si Airbus s’envole,
Qu’il emporte avec lui
La honte de ceux qui fuient
Devant la démocratie.

Car Toulouse n’est pas un bordel,
C’est une cité,
Où les hommes et les femmes
Veulent enfin vivre debout.



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