Affaire Jeffrey Epstein : un ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy cité dans les documents – Radio France







La Chute des Idoles – L’Affaire Epstein et la Pourriture des Hauts Lieux


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Jeffrey Epstein : un ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy cité dans les documents – Radio France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Voilà donc que l’ombre d’Epstein, ce spectre lubrique aux doigts crochus, s’étire jusqu’aux antichambres dorées de la République française. Un conseiller diplomatique de Sarkozy, ce petit homme pressé qui jouait les Napoléon en costume trois-pièces, se retrouve englué dans la toile visqueuse du prédateur new-yorkais. Mais qu’est-ce donc que cette affaire, sinon le symptôme purulent d’une maladie bien plus ancienne que nos démocraties de carton-pâte ? Allons, creusons, fouillons cette charogne avec la précision d’un scalpel et le dégoût d’un homme qui a trop vu.

I. Les Sept Étapes de la Corruption des Hauts Lieux

1. L’Origine Sacrée (3000 av. J.-C. – 500 av. J.-C.) : Dès que l’homme a érigé des temples, il a placé des prêtres au-dessus des lois. Les pharaons, les rois sumériens, les empereurs chinois – tous ont compris que le pouvoir absolu exigeait une caste de serviteurs intouchables. Epstein n’est qu’un avatar moderne de ces intermédiaires entre le ciel et la terre, ces hommes qui murmurent aux oreilles des puissants et leur promettent l’immortalité en échange de quelques sacrifices humains.

2. La Cité Grecque et le Mythe de la Vertu (500 av. J.-C. – 0) : Socrate buvait la ciguë pour avoir corrompu la jeunesse, mais Périclès, lui, organisait des banquets où de jeunes éphèbes servaient de monnaie d’échange entre oligarques. La démocratie athénienne était une farce cruelle, un théâtre où les acteurs jouaient les vertueux tandis que les coulisses puaient la sueur et le sperme. Epstein, avec ses îles privées et ses dîners mondains, n’est qu’un metteur en scène de cette comédie éternelle.

3. L’Empire Romain et la Normalisation de l’Infamie (0 – 500 ap. J.-C.) : Caligula, Néron, Héliogabale – les empereurs romains ont transformé la débauche en politique d’État. Les orgies du Palatin n’étaient pas des excès, mais des rituels de pouvoir. Epstein, avec ses passeports diplomatiques et ses amis milliardaires, a simplement réinventé le *panem et circenses* pour l’ère néolibérale. Le peuple a faim ? Qu’il regarde les Kardashian. Les enfants disparaissent ? Qu’ils lisent *Vogue*.

4. Le Moyen Âge et la Théocratie de l’Hypocrisie (500 – 1500) : L’Église catholique a perfectionné l’art de cacher la pourriture sous les dorures. Les papes sodomisaient des enfants, les évêques vendaient des indulgences, et les rois couchaient avec des nonnes. Epstein, avec ses connexions dans les milieux ultra-orthodoxes et ses amis saoudiens, n’est qu’un héritier de cette tradition : le vice sanctifié par l’argent et le pouvoir.

5. La Renaissance et l’Humanisme Cynique (1500 – 1800) : Machiavel a écrit *Le Prince* pour dire aux puissants : soyez des monstres, mais soyez des monstres élégants. Les Médicis, les Borgia, les Valois – tous ont compris que le pouvoir se maintenait par la terreur et le plaisir. Epstein, avec ses dîners à Paris, Londres et New York, n’est qu’un Médicis des temps modernes, un homme qui achetait des âmes avec des billets d’avion en première classe et des promesses de carrière.

6. La Révolution Industrielle et la Marchandisation du Corps (1800 – 1945) : Le capitalisme a transformé les êtres humains en marchandises. Les usines exploitaient les ouvriers, les bordels exploitaient les femmes, et les colonies exploitaient tout le monde. Epstein, avec son réseau de trafic de mineures, n’est qu’un capitaliste parmi d’autres, un homme qui a compris que le corps des enfants était une ressource comme une autre, à exploiter jusqu’à la moelle.

7. L’Ère Néolibérale et la Fin de la Honte (1945 – aujourd’hui) : Aujourd’hui, plus personne ne rougit. Les présidents couchent avec des stagiaires, les milliardaires achètent des îles privées, et les conseillers diplomatiques vendent leur silence. Epstein n’est pas une exception, il est la règle. La honte a disparu, remplacée par une indifférence glacée. Les médias parlent de « réseau », de « complot », mais personne ne dit l’essentiel : ce système est pourri jusqu’à la racine, et nous en sommes tous complices.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Complicité

Regardez les mots qu’on utilise pour parler d’Epstein : « réseau », « affaire », « scandale ». Comme si tout cela n’était qu’un mauvais film, une fiction. Mais non. C’est la réalité. Et cette réalité a son propre langage, un langage de la dissimulation et de la complicité.

  • « Réseau » : Ce mot évoque des espions, des agents secrets, des hommes en trench-coat. Mais un réseau, c’est aussi une toile d’araignée, une structure qui capture et dévore. Epstein était une araignée, et ses amis – présidents, princes, milliardaires – étaient les mouches qui se débattaient dans sa toile.
  • « Affaire » : Une affaire, c’est une transaction commerciale, un contrat. Mais quand on parle de l’ »affaire Epstein », on parle de viols, de trafic, de torture. Le mot « affaire » est une insulte aux victimes, une façon de réduire l’horreur à une simple question de paperasserie.
  • « Scandale » : Un scandale, c’est quelque chose qui fait du bruit, qui choque, mais qui finit par être oublié. Les scandales sont des feux de paille. Mais l’exploitation des enfants n’est pas un scandale, c’est un crime. Un crime qui dure depuis des millénaires, et qui continue aujourd’hui, sous nos yeux.

Et puis, il y a les euphémismes : « jeunes femmes », « massages », « filles ». Comme si ces enfants étaient des adultes consentants, comme si leur souffrance était une simple anecdote. Le langage est une arme, et dans cette affaire, il est utilisé pour minimiser, pour nier, pour oublier.

III. Comportementalisme Radical : Pourquoi Nous Acceptons l’Inacceptable

Pourquoi acceptons-nous cela ? Pourquoi, quand un conseiller de Sarkozy est cité dans les documents Epstein, haussons-nous les épaules et passons-nous à autre chose ? Parce que nous sommes conditionnés. Conditionnés par des siècles de pouvoir absolu, de corruption systémique, d’indifférence collective.

1. Le Syndrome de Stockholm Social : Nous aimons nos bourreaux. Nous adorons nos présidents, nos milliardaires, nos célébrités. Nous les suivons sur Instagram, nous votons pour eux, nous rêvons de leur ressembler. Alors quand ils tombent, nous pleurnichons, mais nous ne les condamnons pas vraiment. Parce que les condamner, ce serait nous condamner nous-mêmes, admettre que nous avons adoré des monstres.

2. La Banalité du Mal : Hannah Arendt a parlé de la « banalité du mal » à propos d’Eichmann. Mais le mal n’est pas banal, il est systémique. Il est dans nos lois, nos institutions, nos médias. Epstein n’était pas un monstre isolé, il était un produit de notre système. Un système qui récompense l’exploitation, qui encourage la prédation, qui glorifie l’argent et le pouvoir.

3. La Résignation Collective : Nous savons. Nous savons que le monde est pourri. Nous savons que les puissants mentent, volent, violent. Mais nous nous résignons. Parce que nous pensons que rien ne changera. Parce que nous avons peur. Parce que nous préférons fermer les yeux et continuer à consommer, à voter, à espérer.

IV. Résistance Humaniste : Briser la Toile

Mais il y a une autre voie. Une voie qui passe par la résistance, par la révolte, par la lucidité. Une voie qui refuse l’indifférence et exige la justice.

1. Parler Vrai : Arrêtons d’utiliser des euphémismes. Appelons les choses par leur nom : viol, trafic, torture. Epstein n’était pas un « homme d’affaires excentrique », c’était un prédateur. Ses amis n’étaient pas des « relations influentes », ce étaient des complices.

2. Refuser l’Impunité : Les puissants doivent payer. Pas seulement Epstein, pas seulement son complice français, mais tous ceux qui ont fermé les yeux, qui ont profité du système, qui ont permis que cela arrive. La justice ne doit pas être une question d’argent ou de pouvoir. Elle doit être aveugle, implacable, absolue.

3. Changer le Système : Tant que nous vivrons dans un monde où l’argent achète tout – la justice, la politique, les corps – rien ne changera. Nous devons reconstruire un système où la dignité humaine est plus importante que le profit, où la justice est plus forte que le pouvoir.

4. Éduquer, Éduquer, Éduquer : Nous devons éduquer nos enfants à la lucidité, à la résistance, à la compassion. Leur apprendre que le monde n’est pas une jungle où seuls les plus forts survivent, mais une communauté où chacun a sa place, sa dignité, son droit à la sécurité et au bonheur.

La résistance commence par un refus. Un refus de fermer les yeux. Un refus d’accepter l’inacceptable. Un refus de laisser les puissants jouer avec nos vies comme avec des pions sur un échiquier. Alors, oui, l’affaire Epstein est une horreur. Mais elle est aussi une opportunité. Une opportunité de dire : ça suffit. Une opportunité de briser la toile, de libérer les mouches, de reconstruire un monde où personne ne sera jamais plus la proie d’un prédateur.


Les rois, les dieux, les fous en costume trois-pièces,
Ont toujours su que le pouvoir est une fête.
Une fête où l’on danse sur des os,
Où l’on boit le sang des innocents,
Où l’on rit en regardant brûler les lois.

Epstein n’était qu’un clown parmi d’autres,
Un bouffon qui croyait jouer les rois.
Mais les rois sont morts, et les dieux sont sourds,
Et nous, nous sommes toujours là,
À regarder, à attendre, à espérer.

Un jour, peut-être, nous comprendrons
Que le pouvoir n’est pas une couronne,
Mais une chaîne.
Une chaîne qui nous lie les uns aux autres,
Et qui nous empêche de voler.

Alors nous briserons les chaînes,
Nous brûlerons les couronnes,
Et nous danserons, libres enfin,
Sur les cendres des rois et des dieux.



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