ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Jeffrey Epstein : Donald Trump risque-t-il vraiment un impeachment ? – Le Figaro
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’impeachment ! Ce mot magique, ce Graal démocratique que les âmes bien-pensantes agitent comme un crucifix devant les vampires du pouvoir. On nous serine, avec cette hypocrisie consubstantielle à l’Occident post-moderne, que la justice est une ligne droite, que les institutions sont des remparts, que la morale publique est une forteresse imprenable. Mais regardez donc ces murs : ils sont faits de carton-pâte, badigeonnés de peinture dorée, et derrière chaque pierre se cache un rat, un complice, un homme en costume qui murmure à l’oreille du pouvoir. L’affaire Epstein n’est pas une affaire. C’est un miroir. Un miroir qui reflète, non pas les turpitudes d’un seul homme, mais l’essence même d’un système pourri jusqu’à la moelle, où l’argent est roi, où les lois sont des ficelles que tirent les marionnettistes, et où la justice n’est qu’un théâtre d’ombres pour les masses crédules.
Commençons par le commencement, ou plutôt par l’illusion du commencement. Jeffrey Epstein, ce nom qui sent le soufre et le parfum bon marché, ce financier véreux qui collectionnait les jeunes filles comme d’autres collectionnent les timbres, n’a jamais été un monstre solitaire. Il était un rouage. Un rouage essentiel dans cette machine à broyer les âmes qu’est le capitalisme néolibéral. Epstein n’était pas un déviant, il était un produit. Un produit de cette époque où tout s’achète, où tout se vend, où même l’innocence a un prix. Et qui étaient ses clients ? Des hommes puissants, des hommes qui se croyaient intouchables parce qu’ils avaient des comptes en banque bien garnis, des relations bien placées, et des avocats prêts à tout pour étouffer les scandales. Bill Clinton, le prince des démocrates, ce parangon de vertu qui nous a vendu le rêve américain tout en serrant la main des dictateurs et en couchant avec des stagiaires. Le prince Andrew, ce pantin royal qui incarne à lui seul la décadence d’une aristocratie pourrie. Et puis, bien sûr, Donald Trump, ce clown orange, ce roi du kitsch, ce symbole vivant de tout ce que l’Amérique a de plus laid et de plus cynique.
Mais revenons à notre question : Trump risque-t-il vraiment un impeachment pour ses liens avec Epstein ? La réponse est aussi simple que déprimante : non. Bien sûr que non. Et ceux qui osent encore croire le contraire sont soit des naïfs, soit des complices. L’impeachment, cette procédure sacrée, ce mécanisme de dernier recours, n’est qu’un leurre. Une illusion d’optique pour faire croire au peuple que le système peut se purger lui-même. Mais regardez l’histoire : combien d’hommes puissants ont été vraiment punis pour leurs crimes ? Nixon ? Il a démissionné, oui, mais il est mort dans son lit, entouré de ses amis, après avoir écrit ses mémoires et donné des conférences à prix d’or. Clinton ? Il a été acquitté, a continué à jouer les éminences grises, et aujourd’hui, on le présente comme un sage, un homme d’État. Trump lui-même a survécu à deux impeachments, et il est toujours là, plus fort que jamais, hurlant ses mensonges à une foule de fidèles qui boivent ses paroles comme du petit-lait. L’impeachment n’est pas une épée de Damoclès, c’est un hochet. Un hochet que l’on agite pour calmer les masses, pour leur faire croire qu’elles ont encore un peu de pouvoir, alors qu’en réalité, elles ne sont que des spectateurs dans un théâtre où les rôles ont été distribués depuis longtemps.
Mais pourquoi, me direz-vous, pourquoi ce système est-il si résistant ? Pourquoi les puissants échappent-ils toujours à la justice ? La réponse tient en un mot : l’argent. L’argent, cette force invisible qui corrompt tout, qui achète tout, qui transforme les hommes en marionnettes et les lois en pantins. Epstein n’était pas un génie du mal, il était un homme riche. Un homme riche qui savait que l’argent peut tout acheter : des juges, des policiers, des journalistes, des politiciens. Et Trump, lui aussi, est un homme riche. Un homme riche qui a compris, bien avant les autres, que l’argent est le seul vrai pouvoir. Dans ce monde, les lois ne sont que des suggestions, des lignes tracées sur le sable, que l’on efface d’un revers de main quand on a les moyens. Et les institutions ? Des coquilles vides, des décors de théâtre, où les acteurs jouent leur rôle en attendant que le rideau tombe.
Mais il y a pire encore. Il y a cette complicité silencieuse, cette omerta qui unit les puissants. Car les hommes comme Trump, Clinton ou Epstein ne sont pas des exceptions, ils sont la règle. Ils sont les produits d’un système qui récompense la cupidité, qui encourage la corruption, qui célèbre l’impunité. Et ce système, il est partout. Dans les conseils d’administration des grandes entreprises, dans les couloirs des ministères, dans les salles de rédaction des médias. Partout, on trouve des hommes et des femmes prêts à fermer les yeux, à détourner le regard, à serrer les dents et à continuer, parce que c’est comme ça que ça marche. Parce que si on commence à creuser, si on commence à poser des questions, on risque de découvrir que le ver est dans le fruit, que la pourriture est partout, et que le système tout entier n’est qu’un château de cartes prêt à s’effondrer.
Alors, non, Trump ne sera pas destitué. Pas pour Epstein, en tout cas. Parce que destituer Trump pour Epstein, ce serait admettre que le système est pourri. Ce serait reconnaître que l’argent et le pouvoir sont les vrais maîtres de ce monde, et que la justice n’est qu’une illusion. Et ça, les puissants ne peuvent pas se le permettre. Ils préfèrent continuer à jouer la comédie, à faire semblant de croire que les institutions fonctionnent, que la démocratie est une réalité, que le peuple a encore son mot à dire. Ils préfèrent continuer à mentir, à manipuler, à corrompre, plutôt que de risquer de tout perdre.
Mais il y a une lueur d’espoir, une petite flamme qui vacille dans cette nuit noire. Cette flamme, c’est la résistance. La résistance des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre, qui refusent de fermer les yeux, qui refusent de croire aux mensonges. Ces hommes et ces femmes, ce sont les journalistes qui continuent à enquêter, malgré les pressions, malgré les menaces. Ce sont les avocats qui défendent les victimes, malgré les intimidations, malgré les risques. Ce sont les citoyens qui descendent dans la rue, qui crient leur colère, qui exigent la vérité. Ces hommes et ces femmes, ce sont les derniers remparts contre la barbarie. Ils sont peu nombreux, ils sont fragiles, mais ils existent. Et tant qu’ils existeront, il y aura encore un peu d’espoir.
Car au fond, l’affaire Epstein n’est pas seulement une histoire de prédateurs et de victimes. C’est une histoire de pouvoir. Un pouvoir qui corrompt, qui avilit, qui détruit. Un pouvoir qui se nourrit de la faiblesse des autres, qui se repaît de leur souffrance, qui se fortifie dans l’ombre. Mais c’est aussi une histoire de résistance. Une résistance qui, même si elle semble parfois désespérée, est la seule chose qui puisse encore sauver ce monde de la folie des hommes.
Alors, oui, Trump ne sera pas destitué. Pas aujourd’hui, en tout cas. Mais cela ne signifie pas que nous devons baisser les bras. Cela ne signifie pas que nous devons accepter l’inacceptable. Cela signifie simplement que la lutte sera longue, difficile, et peut-être même sans espoir. Mais c’est une lutte qui vaut la peine d’être menée. Parce que si nous abandonnons, si nous laissons les puissants gagner, alors nous aurons perdu bien plus que notre dignité. Nous aurons perdu notre humanité.
Et maintenant, une citation pour clore cette réflexion, une citation de ce grand penseur qui a su voir, avant les autres, la folie du monde : « Le monde est une comédie pour ceux qui pensent, une tragédie pour ceux qui sentent. » Alors, choisissons de penser, de sentir, et surtout, de résister.
Analogie finale : Imaginez un océan. Un océan immense, sombre, agité par des courants invisibles. À la surface, des vagues se brisent contre les rochers, écumantes, furieuses, mais impuissantes. Ces vagues, ce sont les scandales, les affaires, les révélations qui éclatent comme des bulles de savon, avant de disparaître, avalées par les profondeurs. Et sous la surface, dans les abysses, règnent les monstres. Des monstres froids, calculateurs, qui se déplacent en silence, indifférents aux tempêtes, indifférents aux cris des naufragés. Ces monstres, ce sont les puissants. Ils nagent dans l’obscurité, se nourrissant des débris de l’humanité, tandis que nous, pauvres fous, nous agitons à la surface, croyant encore que nos petites vagues peuvent changer le cours des choses. Mais l’océan, lui, reste indifférent. Il est éternel. Et les monstres, eux aussi, sont éternels. Alors, que faire ? Continuer à nager, bien sûr. Continuer à lutter, même si c’est sans espoir. Parce que c’est tout ce qui nous reste. Parce que si nous cessons de nager, nous coulerons. Et si nous coulons, personne ne nous entendra crier.