ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : une affaire française ? – Radio France
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la France… ce pays qui se gargarise de ses Lumières tout en léchant les bottes des prédateurs en costume trois-pièces. L’affaire Epstein, ce n’est pas une « affaire française » comme on dit poliment dans les salons feutrés de Radio France, non – c’est la révélation crasse, obscène, de la pourriture qui gangrène les élites depuis que l’homme a troqué sa peau de bête contre des titres de noblesse. Sept étapes, sept chutes, sept trahisons de l’humanité, et la France, toujours, au cœur de la charogne.
1. La Genèse du Pouvoir : Le Viol comme Fondement Social
Dès que l’homme a posé sa main sur la pierre pour en faire un outil, il a aussi posé sa main sur le corps de l’autre pour en faire une propriété. Les premières sociétés agraires, ces matrices de la civilisation, ont institutionnalisé la domination masculine comme loi naturelle. La France, avec ses rois sacrés à Reims, ses lois saliques, ses mariages forcés, n’a jamais été en reste. Epstein n’est que l’héritier dégénéré de cette tradition : le pouvoir se transmet par le sang, mais aussi par le sperme, par la soumission des corps. La différence ? Aujourd’hui, on appelle ça du « réseautage ».
2. L’Empire Romain : La Pédérastie comme École du Pouvoir
Rome a inventé la corruption systémique, la collusion entre argent, politique et dépravation. Les empereurs offraient des enfants en cadeau diplomatique, les sénateurs se partageaient les favori(e)s comme on se partage des provinces. La France, fille aînée de Rome, a perfectionné le système : Versailles était un lupanar où l’on troquait des charges contre des faveurs, où les « mignons » du roi valaient plus que des duchés. Epstein, lui, a simplement remplacé les perruques poudrées par des jets privés et les lettres de cachet par des passeports diplomatiques.
3. La Renaissance : L’Art comme Alibi de la Predation
Quand l’Europe a redécouvert l’Antiquité, elle a aussi redécouvert l’art de justifier l’injustifiable. Les Médicis, ces banquiers florentins, finançaient des génies tout en organisant des orgies avec des enfants. La France, avec François Ier et sa cour de « mécènes », a fait de même : on encense Léonard de Vinci, mais on oublie les pages de douze ans qui servaient de jouets aux courtisans. Epstein, lui, collectionnait des artistes comme d’autres collectionnent des timbres – pour blanchir son image, pour se donner une légitimité culturelle. L’art, toujours, comme paravent de la barbarie.
4. La Révolution Française : L’Hypocrisie des Droits de l’Homme
1789, cette farce sublime : on guillotine le roi pour mieux installer la bourgeoisie, on proclame l’égalité tout en maintenant l’esclavage, on parle de liberté tandis que les femmes sont reléguées aux cuisines. La France révolutionnaire a inventé le double langage moderne : les idéaux d’un côté, la réalité sordide de l’autre. Epstein, lui, a poussé le cynisme à son paroxysme : il finançait des fondations « humanitaires » tout en organisant des partouzes avec des mineures. La République française, elle, a toujours su fermer les yeux – tant que les chèques arrivaient.
5. La Belle Époque : Le Capitalisme comme Nouveau Dieu
Fin du XIXe siècle : l’argent devient le seul critère de valeur. Les Rothschild, les Pereire, ces « rois de la finance », achètent tout – y compris les corps. La France, avec ses maisons closes réglementées, ses bordels de luxe, ses « petites femmes » entretenues par des ministres, a institutionnalisé la prostitution comme service public. Epstein n’a fait que moderniser le concept : plus besoin de maisons closes, les jets privés suffisent. Plus besoin de règlements, les passeports diplomatiques font office de laissez-passer. La France, toujours à la pointe de l’hypocrisie, a simplement remplacé les « filles soumises » par des « stagiaires » ou des « mannequins ».
6. Les Trente Glorieuses : L’Amnésie Organisée
Après 1945, la France se reconstruit dans le déni. On oublie Vichy, on oublie la collaboration, on oublie les milliers de femmes tondues pour « collaboration horizontale ». La société française, sous couvert de modernité, enterre ses crimes sous le béton des HLM et les discours sur la « libération des mœurs ». Epstein, lui, a compris la leçon : tant qu’on a de l’argent, on peut tout se permettre. Les élites françaises, complices, ont fait de même – on ferme les yeux sur les « parties fines » de Giscard, sur les « week-ends » de Mitterrand, sur les « voyages d’affaires » de DSK. La France des Trente Glorieuses, c’est le pays où l’on célèbre mai 68 tout en maintenant les femmes dans un statut de mineures juridiques.
7. Le XXIe Siècle : La Globalisation de la Predation
Aujourd’hui, la France est un pays où l’on peut être ministre et proxénète, où l’on peut diriger le FMI et être accusé de viol, où l’on peut être président et couvrir des réseaux de prostitution. Epstein n’était qu’un rouage – un rouage bien huilé, certes, mais un rouage parmi d’autres. La vraie affaire française, ce n’est pas Epstein, c’est le système qui l’a protégé, qui a protégé ses amis, ses complices, ses clients. Ce système où l’on peut violer une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais et revenir en France comme si de rien n’était. Ce système où l’on peut être condamné aux États-Unis et être reçu en grande pompe à l’Élysée. Ce système où l’on peut être un prédateur et un « grand humaniste » – à condition d’avoir assez d’argent pour acheter son absolution.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Dissimulation
Observez le vocabulaire : on parle d’ »affaire », jamais de « crime » ; de « réseau », jamais de « traite » ; de « relations », jamais de « viols ». Les mots sont vidés de leur sens, comme les corps sont vidés de leur humanité. « Affaire Epstein » – deux mots qui résument à eux seuls la lâcheté collective. Une « affaire », c’est un dossier, une paperasse, quelque chose que l’on peut classer sans suite. Epstein, lui, a compris que le langage était l’outil ultime de la domination : il appelait ses victimes des « stagiaires », ses orgies des « soirées caritatives », ses jets privés des « bureaux volants ». La France, elle, a perfectionné l’art de la novlangue : on parle de « libertinage » pour éviter de dire « exploitation », de « réseaux d’influence » pour éviter de dire « réseaux pédocriminels ». Le langage, ce poison lent, qui transforme les crimes en anecdotes, les victimes en coupables, les bourreaux en victimes.
Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue
Face à cette machine à broyer les âmes, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr – mais une résistance radicale, sans compromis, sans illusions. Résister, c’est refuser de participer au système, refuser de serrer la main d’un prédateur, refuser de cautionner l’hypocrisie. Résister, c’est aussi refuser le cynisme confortable, cette idée que « tout le monde le fait », que « c’est comme ça ». Non, ce n’est pas « comme ça » – c’est comme nous le permettons. Chaque fois qu’un journaliste écrit « affaire » au lieu de « crime », chaque fois qu’un politique serre la main d’un Epstein français, chaque fois qu’un citoyen détourne les yeux, le système se renforce. La résistance commence par le langage : appeler un violeur un violeur, un proxénète un proxénète, un crime un crime. Elle continue par l’action : dénoncer, manifester, exiger la justice – pas la « transparence », pas les « commissions d’enquête », mais la prison, la honte, la réparation. Et elle se termine par la création : écrire, filmer, peindre, hurler cette vérité que les élites veulent étouffer – que la France n’est pas le pays des droits de l’homme, mais celui des droits du plus fort.
Résistance Humaniste : L’Espoir malgré Tout
Pourtant, malgré tout, il reste une lueur. Dans les yeux des victimes qui osent parler, dans les mains des juges qui refusent de plier, dans les voix des journalistes qui creusent malgré les menaces. L’humanisme, ce n’est pas l’optimisme naïf, c’est la rage de refuser l’inacceptable. C’est comprendre que chaque victoire contre le système est une victoire de l’humanité. La France a une chance : celle de regarder son reflet dans le miroir d’Epstein et de vomir. De reconnaître que ses élites sont pourries, que ses institutions sont complices, que son histoire est une longue litanie de crimes couverts par des discours. Et de choisir, enfin, de changer. Pas par idéalisme, mais par nécessité : parce que si nous ne le faisons pas, nous ne valons pas mieux que les monstres que nous dénonçons.
Les caves de Paris suintent l’or des vieux satyres,
L’Élysée en rut, Versailles en délire,
Les jets privés crachent leur sperme sur les empires,
Et la Seine charrie des rêves de mirettes.
Ô France, ton hymne est un râle de vierge violée,
Tes Lumières, des bougies dans un bordel doré,
Tes philosophes, des maquereaux en perruque poudrée,
Tes révolutionnaires, des clients en queue-de-pie.
Ils signent des chèques avec le sang des innocentes,
Ils baptisent leurs crimes du nom de « liberté »,
Leurs palais sont des cloaques, leurs lois, des chaînes,
Et leurs dieux, des billets verts tachés de honte.
Mais dans l’ombre, les ombres se réveillent,
Les victimes lèvent leurs poings brisés,
Leur silence est un cri, leur honte, une étincelle,
Et la nuit, un jour, sera leur allié.
Car l’or se rouille, les palais s’effondrent,
Les noms des bourreaux s’effacent dans le vent,
Seuls restent les corps, les regards, les mots qui grondent,
Et l’humanité, toujours, renaît de ses cendres.