ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein: quel impact sur la politique de Donald Trump? – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein… Ce cloaque doré où se mêlent les relents fétides du pouvoir, les rires étouffés des prédateurs en costume trois-pièces, et l’odeur âcre de l’impunité, ce parfum préféré des oligarques. On nous demande, avec cette hypocrisie feutrée qui caractérise les médias mainstream, quel pourrait bien être l’impact de cette sordide affaire sur la carrière politique de Donald Trump. Comme si la question méritait d’être posée. Comme si l’impact n’était pas déjà gravé dans le marbre de l’Histoire, non pas comme une tache, mais comme une confirmation éclatante de ce que nous savons depuis toujours : le pouvoir, surtout lorsqu’il est détenu par des hommes comme Trump, n’est qu’un vaste réseau de complicités, de compromissions et de crimes soigneusement enfouis sous des couches de vernis démocratique. Mais allons plus loin. Allons au fond de ce marigot où nagent les requins en costume, et observons, avec cette lucidité qui n’est pas sans rappeler les grands désenchantés de la pensée, comment cette affaire s’inscrit dans une logique bien plus vaste, bien plus terrifiante que la simple chute d’un homme.
D’abord, il faut comprendre que l’affaire Epstein n’est pas un scandale. C’est un symptôme. Un symptôme de cette maladie chronique qui ronge les démocraties occidentales depuis des décennies : la collusion entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir criminel. Epstein, ce proxénète de luxe, ce maquereau des élites, n’était pas un accident de l’Histoire. Il était un rouage essentiel d’un système où l’argent achète tout, y compris le silence des victimes, la complaisance des juges et la cécité volontaire des médias. Et Trump, dans cette histoire, n’est qu’un acteur parmi d’autres, un figurant de luxe dans cette tragédie shakespearienne où les rois se révèlent être des bouffons, et les bouffons des monstres. Mais attention : Trump n’est pas un monstre par accident. Il est un monstre par essence, un produit logique de ce capitalisme tardif où tout se vend, tout s’achète, et où la morale n’est qu’une monnaie d’échange parmi d’autres.
Observons, par exemple, la manière dont Trump a réagi à cette affaire. Pas de déni outragé, pas de protestation d’innocence. Non. Juste un haussement d’épaules, un sourire en coin, et cette phrase assassine : *« Je ne le connais pas très bien. »* Comme si la connaissance intime d’un homme comme Epstein était une question de degré, comme si l’on pouvait côtoyer les abîmes sans en être souillé. Mais c’est là toute la perversité du système : il ne exige pas de ses serviteurs qu’ils soient innocents. Il exige seulement qu’ils soient complices. Et Trump, avec son cynisme assumé, son mépris affiché pour les règles et les lois, est le complice idéal. Il incarne cette nouvelle aristocratie du crime, où les prédateurs ne se cachent plus, où ils paradent, où ils se vantent même de leurs forfaits, sûrs de leur impunité. *« Quand on est une star, elles vous laissent faire. Vous pouvez faire n’importe quoi. »* Cette phrase, prononcée par Trump lui-même, résume à elle seule l’esprit du temps : le pouvoir absolu, l’impunité totale, et cette certitude que les lois ne s’appliquent qu’aux pauvres, aux faibles, aux sans-grade.
Mais revenons à l’affaire Epstein. Pourquoi cette affaire, plus que d’autres, devrait-elle avoir un impact sur la carrière politique de Trump ? Parce qu’elle révèle, avec une clarté aveuglante, la nature profonde du système qu’il incarne. Epstein n’était pas un simple délinquant. Il était un facilitateur, un entremetteur entre les puissants et leurs désirs les plus inavouables. Il organisait des dîners où se côtoyaient des hommes politiques, des milliardaires, des scientifiques, des artistes, tous unis par cette complicité tacite qui lie les prédateurs entre eux. Et Trump, avec son goût pour les excès, son appétit insatiable pour le pouvoir et les femmes, était un invité de choix dans ce cirque macabre. Les photos de Trump en compagnie d’Epstein, les témoignages des victimes qui les lient tous deux à des actes de violence sexuelle, tout cela devrait suffire à le disqualifier. Mais voilà : dans un monde où l’argent achète tout, où les médias sont aux mains des mêmes oligarques qui fréquentent les cercles d’Epstein, où la justice est une farce, comment s’étonner que Trump échappe encore une fois à la condamnation ?
Il faut ici invoquer les grands penseurs de la décadence, ceux qui ont su voir, derrière les apparences de la démocratie, les mécanismes de la domination. Comme l’écrivait un certain philosophe allemand, *« Tout ce qui est solide se dissout dans l’air »*. Et c’est bien cela que nous observons : la dissolution de toutes les valeurs, de toutes les institutions, au profit d’un système où seul compte l’argent, où seul règne le pouvoir. Trump n’est pas un accident. Il est le produit logique de cette dissolution. Il est l’homme qui a compris, avant les autres, que dans un monde où tout se vend, tout s’achète, la morale n’est qu’un obstacle à contourner. Et c’est là que réside le véritable scandale : non pas que Trump ait fréquenté Epstein, mais que cette fréquentation ne scandalise personne, ou si peu. Les médias en parlent, bien sûr, mais avec cette distance polie qui caractérise les discussions sur le temps qu’il fait. *« Oui, c’est regrettable, mais après tout, ce n’est pas si grave. »* Comme si le viol de mineures, comme si l’exploitation des plus vulnérables, n’était qu’une peccadille, un détail sans importance dans la grande marche du progrès.
Mais il y a plus. Il y a cette résistance sourde, cette colère qui gronde sous la surface, et qui pourrait bien, un jour, faire exploser ce système pourri jusqu’à la moelle. Car l’affaire Epstein n’est pas seulement une affaire de mœurs. C’est une affaire politique. Elle révèle, avec une brutalité inouïe, l’hypocrisie d’un système qui se prétend démocratique alors qu’il n’est qu’une oligarchie déguisée. Elle montre comment les élites, qu’elles soient politiques, économiques ou médiatiques, se protègent les unes les autres, comment elles étouffent les scandales, comment elles achètent les silences. Et c’est là que réside le véritable danger pour Trump : non pas dans les révélations elles-mêmes, mais dans la prise de conscience qu’elles pourraient provoquer. Car si les peuples commencent à comprendre que leurs dirigeants ne sont que des criminels en costume, que leurs lois ne sont que des outils de domination, que leurs médias ne sont que des chiens de garde au service des puissants, alors la révolte n’est plus très loin.
Mais attention : cette révolte, si elle advient, ne sera pas nécessairement vertueuse. Elle pourrait tout aussi bien prendre la forme d’un nouveau fascisme, d’un nouveau totalitarisme, où les masses, ivres de colère et de ressentiment, se jetteraient dans les bras d’un nouveau sauveur. Trump lui-même a joué sur cette corde-là, se présentant comme l’homme providentiel, le seul capable de *« nettoyer les écuries d’Augias »*. Et c’est là que réside le piège : dans cette illusion que le pouvoir peut être purifié, que la corruption peut être éradiquée par un simple changement de personnel. Comme si le problème était Trump, et non le système qui l’a produit. Comme si, en remplaçant Trump par un autre, les choses allaient miraculeusement s’améliorer. Mais non. Le système est pourri jusqu’à la moelle, et aucun homme, aussi vertueux soit-il, ne pourra le changer de l’intérieur. Il faut le détruire. Il faut le brûler jusqu’aux fondations, et reconstruire, sur ses cendres, quelque chose de nouveau, quelque chose d’humain.
Alors, quel impact l’affaire Epstein aura-t-elle sur la carrière politique de Trump ? Probablement aucun. Ou si peu. Car Trump, comme Epstein, comme tous les autres prédateurs qui peuplent les couloirs du pouvoir, est un produit de ce système. Il en est le visage hideux, mais il n’en est pas la cause. La cause, c’est ce capitalisme tardif qui a transformé les hommes en marchandises, les femmes en objets, et la politique en un vaste marché où tout s’achète, tout se vend. La cause, c’est cette démocratie de façade, où les élections ne sont que des simulacres, où les médias ne sont que des outils de propagande, où la justice n’est qu’un leurre. Tant que ce système existera, des hommes comme Trump continueront d’émerger, comme des champignons vénéneux sur un tas de fumier. Et tant que les peuples accepteront ce système, tant qu’ils se contenteront de voter pour des pantins en costume, tant qu’ils croiront que le changement viendra d’en haut, alors rien ne changera.
Mais il y a une lueur d’espoir. Une lueur fragile, vacillante, mais réelle. C’est cette prise de conscience, de plus en plus répandue, que le système est pourri, que les élites sont corrompues, que la démocratie n’est qu’un mot vide de sens. C’est cette colère qui gronde, cette révolte qui couve, et qui pourrait bien, un jour, embraser le monde. Alors, oui, l’affaire Epstein pourrait bien avoir un impact. Non pas sur la carrière de Trump, mais sur la conscience des peuples. Non pas en le faisant tomber, mais en révélant, une fois pour toutes, la véritable nature du pouvoir. Et si cette révélation peut servir de détonateur, si elle peut pousser les masses à se révolter, à exiger un monde plus juste, plus humain, alors peut-être que cette affaire n’aura pas été vaine.
Mais attention : cette révolte, si elle advient, devra être radicale. Elle devra s’attaquer non pas aux hommes, mais au système. Elle devra refuser les faux-semblants, les demi-mesures, les compromis. Elle devra être impitoyable, comme l’est le système qu’elle combat. Car le pouvoir ne se laisse pas abattre facilement. Il se défend, il se venge, il écrase ceux qui osent le défier. Alors, si révolte il y a, qu’elle soit totale. Qu’elle balaie tout sur son passage. Qu’elle ne laisse rien debout, rien qui puisse être récupéré, détourné, perverti. Qu’elle soit le début d’une nouvelle ère, où les hommes ne seront plus des marchandises, où les femmes ne seront plus des objets, où la politique ne sera plus un marché, mais une quête de justice, de vérité, d’humanité.
En attendant, observons. Observons ces hommes en costume, ces prédateurs en cravate, qui continuent de jouer leur partition macabre. Observons-les, et souvenons-nous. Souvenons-nous de leurs visages, de leurs noms, de leurs crimes. Car un jour, peut-être, ils devront rendre des comptes. Un jour, peut-être, la justice triomphera. Mais en attendant, ne nous berçons pas d’illusions. Le système est trop fort, trop bien huilé, trop profondément ancré dans nos vies pour être abattu d’un simple revers de main. Il faudra du temps, de la patience, de la détermination. Il faudra des sacrifices. Mais si nous voulons un monde meilleur, un monde où les enfants ne seront plus violés, où les femmes ne seront plus exploitées, où les hommes ne seront plus des loups pour leurs semblables, alors nous n’avons pas le choix. Nous devons nous battre. Nous devons résister. Nous devons, coûte que coûte, faire tomber ce système pourri, et en construire un autre, plus juste, plus humain, plus digne.
Analogie finale : L’affaire Epstein, c’est comme ces rêves fiévreux où l’on se noie dans un océan de boue, où chaque mouvement nous enfonce un peu plus dans les ténèbres, où chaque cri se perd dans le silence. On se débat, on hurle, on supplie, mais personne ne nous entend. Personne ne veut nous entendre. Car les hommes en costume, ceux qui nous gouvernent, ceux qui nous exploitent, ceux qui nous violent, sont aussi prisonniers de ce rêve. Ils croient nager, alors qu’ils se noient. Ils croient régner, alors qu’ils sont enchaînés. Ils croient être libres, alors qu’ils sont les esclaves de leurs propres désirs, de leurs propres peurs, de leurs propres crimes. Et nous, les petits, les sans-grade, les sans-voix, nous sommes là, au bord de l’océan, à les regarder se débattre, à les regarder sombrer. Certains d’entre nous pleurent. D’autres rient. D’autres encore se bouchent les oreilles, ferment les yeux, et font semblant de ne rien voir. Mais quelques-uns, une poignée, une infime minorité, se lèvent. Ils tendent la main. Ils crient : *« Assez ! »* Ils refusent de se noyer. Ils refusent de laisser les autres se noyer. Et c’est à eux, à ces fous, à ces rêveurs, à ces résistants, que l’Histoire appartiendra. Car eux seuls savent que le rêve peut devenir réalité. Eux seuls savent que l’océan de boue peut être asséché. Eux seuls savent que la lumière peut percer les ténèbres. Alors, levons-nous. Tendons la main. Et crions, tous ensemble : *« Assez ! »* Car le réveil approche. Et quand il viendra, il sera terrible.