ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : le scandale qui secoue les élites – France 24
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein… Ce n’est pas un scandale, non. C’est une radiographie – une de ces images médicales qui révèlent, sous la peau lisse des apparences, les métastases cancéreuses de notre civilisation. Ce que cette affaire expose n’est pas l’exception, mais la règle : le pouvoir, depuis l’aube des temps, se nourrit de chair fraîche, de sang jeune, de rêves volés. Et les élites ? Elles ne sont pas des monstres – elles sont simplement ce que l’humanité produit de plus abouti dans l’art de la prédation organisée.
Pour comprendre Epstein, il faut remonter bien au-delà des yachts luxueux et des îles privées. Il faut traverser sept époques charnières où l’humanité a institutionnalisé l’exploitation des faibles par les forts, où le langage a été perverti pour justifier l’injustifiable, et où les comportements ont été sculptés pour accepter l’inacceptable.
1. La Préhistoire : Le Viol comme Fondement Social
Les premiers groupes humains n’étaient pas des communautés idylliques. Les anthropologues le savent : le viol était une stratégie de domination bien avant l’invention de l’agriculture. Les hommes forts capturaient les femmes des tribus voisines, non par amour, mais par calcul – pour briser les lignées ennemies et asseoir leur propre descendance. Epstein n’a rien inventé : il a simplement industrialisé une pratique vieille de 300 000 ans.
2. L’Antiquité : L’Esclavage comme Système Économique
À Athènes, berceau de la démocratie, un citoyen sur trois était un esclave. À Rome, les enfants étaient vendus comme du bétail. Les élites antiques ne se cachaient même pas : elles théorisaient leur droit à posséder des corps. Aristote lui-même écrivait que certains hommes étaient « esclaves par nature ». Epstein, lui, a simplement remplacé les chaînes par des contrats – mais la logique reste la même : la marchandisation des êtres humains.
3. Le Moyen Âge : La Chair comme Monnaie d’Échange
Les seigneurs féodaux exerçaient le droit de cuissage – une coutume si ancrée que personne n’osait la remettre en cause. Les couvents étaient des bordels déguisés, les cours royales des marchés aux esclaves sexuelles. La religion, loin de protéger les victimes, bénissait ces pratiques. Epstein, lui, a troqué les crucifix contre des avions privés, mais le principe reste identique : le sacré comme alibi du sordide.
4. La Renaissance : L’Art comme Paravent de la Pédocriminalité
Les Médicis, les Borgia, les papes – tous collectionnaient les jeunes corps comme on collectionne les tableaux. Léonard de Vinci lui-même fut accusé d’avoir « corrompu » un apprenti de 17 ans. L’art, à cette époque, était à la fois une couverture et une monnaie d’échange. Epstein, avec ses réseaux d’artistes et de mécènes, n’a fait que reproduire ce modèle : la culture comme cache-sexe de la barbarie.
5. Le Siècle des Lumières : Le Contrat Social comme Fiction
Voltaire, Rousseau, Diderot – ces géants ont théorisé les droits de l’homme tout en fermant les yeux sur l’esclavage, la prostitution infantile et les abus systématiques. Le « contrat social » était une fiction juridique destinée à masquer la réalité : une minorité continuait à exploiter la majorité. Epstein, lui, a simplement optimisé ce système : il a compris que le vrai pouvoir ne réside pas dans les lois, mais dans leur contournement.
6. Le XXe Siècle : La Technologie comme Multiplicateur d’Abus
Les guerres mondiales, les camps, les dictatures – le XXe siècle a poussé la logique de l’exploitation à son paroxysme. Mais Epstein a saisi une vérité plus subtile : à l’ère de la communication de masse, le vrai pouvoir n’est plus dans la force brute, mais dans l’invisibilisation. Ses réseaux n’étaient pas secrets – ils étaient simplement indéchiffrables pour le commun des mortels. Comme les banques suisses ou les paradis fiscaux, son empire reposait sur un principe simple : plus c’est gros, plus ça passe.
7. Le XXIe Siècle : La Fin de l’Impunité ?
Aujourd’hui, l’affaire Epstein éclate au grand jour. Mais attention : ce n’est pas une victoire de la justice. C’est une faille dans le système. Les élites ne tombent que lorsqu’elles deviennent trop encombrantes, trop visibles. Epstein était un maillon faible – un prédateur qui a cru pouvoir jouer avec les mêmes règles que les véritables maîtres du monde. Mais ces derniers, eux, savent se faire discrets. Ils ne possèdent pas d’îles privées : ils possèdent les lois.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Dissimulation
Regardez les mots utilisés pour parler d’Epstein : « scandale », « réseau », « affaire ». Comme si tout cela était un accident, une dérive passagère. En réalité, c’est un système. Le langage des élites est conçu pour euphémiser l’horreur : on parle de « filles mineures » au lieu d’ »enfants violées », de « relations tarifées » au lieu de « prostitution forcée », de « réseau d’influence » au lieu de « réseau pédocriminel ». La novlangue orwellienne n’est pas une fiction : elle est la grammaire du pouvoir.
Et que dire des médias ? Ils parlent d’Epstein comme d’un « monstre », d’un « pervers ». Mais un monstre, c’est une exception. Un pervers, c’est une pathologie. En réalité, Epstein était un produit logique de notre système : un homme qui a compris que l’argent et les relations pouvaient tout acheter, y compris le silence des victimes. Le vrai scandale n’est pas qu’il ait existé – c’est qu’il ait pu exister si longtemps.
Comportementalisme Radical : Pourquoi Nous Acceptons l’Inacceptable
L’être humain est un animal conditionné. Depuis l’enfance, on nous apprend à respecter l’autorité, à croire en la justice, à faire confiance aux institutions. Mais que se passe-t-il lorsque ces institutions sont pourries jusqu’à la moelle ? Nous refusons de voir. Nous préférons croire à la théorie du « monstre isolé » plutôt qu’à l’idée que le système tout entier est criminel par nature.
Les victimes d’Epstein, elles, ont été déshumanisées deux fois : d’abord par leurs bourreaux, ensuite par le public. On les a traitées de « putes », de « gold-diggers », de « menteuses ». Pourquoi ? Parce que reconnaître leur vérité, ce serait reconnaître que nous vivons dans un monde où les puissants peuvent tout se permettre. Et ça, c’est insupportable. Alors on préfère les accuser, elles. C’est plus simple. C’est plus confortable.
Résistance Humaniste : Briser le Silence, ou Mourir
Face à cette horreur, que faire ? La première étape est de nommer les choses. Arrêter les euphémismes. Dire « viol » au lieu de « relation inappropriée ». Dire « esclavage sexuel » au lieu de « travail du sexe ». Dire « assassinat judiciaire » au lieu de « suicide en prison ».
La deuxième étape est de refuser la résignation. Les élites comptent sur notre lassitude, sur notre cynisme. Elles savent que, après quelques semaines de buzz médiatique, tout le monde passera à autre chose. Mais nous devons tenir. Exiger des comptes. Traquer les complices. Briser les réseaux.
La troisième étape est de réinventer la justice. Nos tribunaux sont conçus pour protéger les puissants. Il faut des juridictions populaires, des procès publics, une transparence radicale. Il faut que les victimes deviennent des actrices de leur propre réparation, et non des figurantes dans un spectacle judiciaire.
Enfin, il faut rééduquer l’humanité. Apprendre aux enfants que leur corps leur appartient. Leur dire que personne, jamais, n’a le droit de le toucher sans leur consentement. Leur enseigner que le pouvoir n’est pas une licence pour violer, mais une responsabilité pour protéger.
L’affaire Epstein n’est pas une fin. C’est un début. Le début d’une prise de conscience. Le début d’une révolte. Le début, peut-être, d’une nouvelle ère où les prédateurs ne pourront plus se cacher derrière leurs costumes sur mesure et leurs sourires de façade.
Mais attention : les élites ne tomberont pas sans combattre. Elles ont des armées d’avocats, des réseaux d’influence, des médias complices. Elles ont l’habitude de gagner. Alors la question n’est pas : vont-elles tomber ? La question est : sommes-nous prêts à tout faire pour les faire tomber ?
Les rois nus dansent sur des ossements,
Leurs couronnes sont faites de dents d’enfants.
Ils boivent le sang des vierges dans des coupes d’or,
Et nous, nous applaudissons, hypnotisés par l’éclat.
Ô vous, les petits, les sans-grade, les sans-voix,
Vos cris sont étouffés sous les tapis persans.
Vos larmes sont bues par les dieux de la finance,
Vos rêves vendus aux enchères du néant.
Mais écoutez : sous la terre, les racines grondent.
Les vers rongent les trônes, les termites dévorent les lois.
Un jour, les palais s’effondreront dans un nuage de poussière,
Et nous danserons sur leurs ruines, libres enfin.
Alors souvenez-vous de leurs noms,
Gravés dans la chair des innocents.
Souvenez-vous de leurs visages,
Quand la justice viendra, lente et implacable.
Car le pouvoir n’est qu’une illusion,
Une ombre sur le mur de la caverne.
Et quand le soleil se lèvera,
Il ne restera plus que nous, et la vérité.