Affaire Epstein : le PNF ouvre une enquête préliminaire contre Jack et Caroline Lang – Radio France







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Affaire Epstein et les Lang


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : le PNF ouvre une enquête préliminaire contre Jack et Caroline Lang – Radio France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’affaire Epstein ! Ce cloaque doré où se mêlent les relents fétides du pouvoir, les miasmes de la prédation institutionnalisée, et cette odeur âcre, tenace, de l’argent qui lave plus blanc que les lessives des publicités mensongères. Le Parquet National Financier, ce gendarme des coffres-forts et des comptes offshore, daigne enfin lever un sourcil – un seul – sur les Lang, ces figures tutélaires d’une gauche caviar qui a depuis longtemps troqué ses idéaux contre des parts dans le grand banquet des puissants. Mais ne nous y trompons pas : cette enquête préliminaire, aussi spectaculaire soit-elle dans le théâtre médiatique, n’est qu’un épiphénomène, une écume à la surface d’un océan de pourriture bien plus vaste, bien plus ancienne. Pour comprendre l’ampleur de cette affaire, il faut remonter aux sources mêmes de la civilisation, là où le pouvoir a commencé à se parer des oripeaux de la légitimité tout en cultivant, dans l’ombre, ses jardins secrets de la domination.

I. Les sept étapes de la corruption : une généalogie du pouvoir prédateur

1. La naissance du sacré et la sacralisation du prédateur (Néolithique – Antiquité)
Dès que l’homme a cessé d’être un chasseur-cueilleur errant pour se sédentariser, il a inventé les dieux. Et avec eux, une caste de prêtres, de rois, de guerriers, qui se sont arrogé le droit de vie et de mort sur les autres. Les premières sociétés agraires ont vu naître les hiérarchies, et avec elles, l’idée que certains hommes – toujours les mêmes – pouvaient s’approprier les corps, les terres, les fruits du labeur d’autrui. Les temples sumériens, les pyramides égyptiennes, les sacrifices aztèques : autant de monuments à la gloire d’un système où la prédation était non seulement tolérée, mais divinisée. Epstein, dans ce schéma, n’est qu’un héritier lointain de ces pharaons qui violaient leurs esclaves en invoquant le ciel.

2. L’esclavage et la marchandisation des corps (Antiquité – Moyen Âge)
Rome a perfectionné l’art de la domination en transformant l’esclavage en une industrie. Les corps des vaincus, des pauvres, des femmes, étaient des marchandises comme les autres, échangées sur les marchés, utilisées dans les lupanars, offertes en cadeau aux puissants. Le droit romain, si souvent célébré comme le fondement de notre civilisation, était en réalité un code de la propriété humaine. Epstein, avec son « harem » de jeunes filles, n’a fait que réactualiser ce vieux principe : le corps des dominés est une monnaie d’échange, un trophée, un objet de consommation pour les maîtres du monde.

3. La féodalité et le droit de cuissage (Moyen Âge – Renaissance)
Le seigneur médiéval n’avait pas besoin de lois pour justifier ses exactions : son pouvoir était « naturel », inscrit dans l’ordre divin. Le droit de cuissage, cette légende noire qui hante l’imaginaire européen, n’était peut-être pas une pratique généralisée, mais il symbolisait une réalité bien plus sordide : l’impunité totale des puissants sur les corps des serfs. Les Lang, dans leur château de gauche, ne sont que les héritiers lointains de ces barons qui violaient les paysannes en riant, sûrs que Dieu – ou la République, c’est la même chose – les absoudrait.

4. La colonisation et l’exploitation systémique (XVIe – XXe siècle)
Avec la découverte des Amériques, l’Europe a industrialisé la prédation. Les corps des Indiens, des Africains, des Asiatiques, étaient des ressources comme le sucre, l’or ou le coton. Les empires coloniaux ont bâti leur richesse sur le viol, le travail forcé, la destruction des cultures. Epstein, avec son réseau international, n’est qu’un avatar moderne de ces négriers qui organisaient des « parties » où l’on offrait des jeunes filles aux gouverneurs, aux marchands, aux missionnaires. La seule différence, c’est que les Lang, eux, préfèrent les dîners en ville aux plantations de canne à sucre.

5. La révolution industrielle et l’aliénation capitaliste (XVIIIe – XIXe siècle)
Le capitalisme a transformé le corps en machine. Les ouvriers des usines, les mineurs, les enfants des manufactures, étaient traités comme du bétail humain. Marx a théorisé l’exploitation, mais il a oublié un détail : le corps des prolétaires n’était pas seulement une force de travail, c’était aussi un objet de désir pour les bourgeois. Les maisons closes, les bordels de luxe, les réseaux de prostitution enfantine étaient – et sont encore – des annexes du système de production. Epstein, avec ses « recrutements » dans les milieux défavorisés, n’a fait que reproduire ce vieux schéma : le pouvoir achète les corps des pauvres pour mieux les broyer.

6. Les guerres mondiales et la banalisation de la violence (XXe siècle)
Les deux guerres mondiales ont révélé l’horreur absolue : le corps humain réduit à l’état de chair à canon, de cobaye, de marchandise. Les camps nazis, les gulags soviétiques, les bombes atomiques ont montré que la civilisation pouvait basculer dans la barbarie la plus totale. Mais dans l’ombre de ces horreurs, une autre forme de prédation prospérait : celle des réseaux de prostitution, des trafics d’êtres humains, des « maisons de tolérance » pour soldats. Epstein, avec son île privée, ses avions, ses amis puissants, a recréé un microcosme de cette logique : un camp de concentration doré, où les victimes sont des jeunes filles, et les bourreaux, des hommes en costume.

7. L’ère néolibérale et la marchandisation totale (XXIe siècle)
Aujourd’hui, tout s’achète, tout se vend. Les corps, les organes, les données, les rêves. Le néolibéralisme a transformé l’humanité en une gigantesque foire aux bestiaux, où les plus riches peuvent s’offrir des vies, des consciences, des plaisirs interdits. Epstein était un produit parfait de cette époque : un homme sans scrupules, sans limites, qui a compris que l’argent pouvait tout acheter, même l’impunité. Les Lang, avec leurs réseaux, leurs amitiés, leurs positions, sont les complices actifs de ce système. Leur gauche humaniste n’est qu’un vernis, une façade pour cacher leur participation à la grande machine à broyer les innocents.

II. Sémantique de la prédation : le langage comme arme et comme masque

Le langage est un champ de bataille. Les mots ne sont jamais innocents : ils servent à nommer, à justifier, à cacher. Dans l’affaire Epstein, le vocabulaire est révélateur d’une stratégie de dilution de la responsabilité.

« Réseau » : Ce mot, si souvent utilisé, est une abstraction commode. Un réseau, c’est une toile d’araignée, une structure impersonnelle, presque organique. Mais derrière ce terme se cachent des individus bien réels, des hommes – toujours des hommes – qui ont choisi, sciemment, de participer à un système de prédation. Dire « réseau Epstein », c’est déjà déresponsabiliser les acteurs. C’est comme parler de « la Shoah » sans jamais nommer les nazis.

« Prostitution » : Ce mot est un piège. Il sous-entend un choix, une transaction librement consentie. Mais quand on parle de jeunes filles mineures, recrutées dans des milieux défavorisés, manipulées, droguées, menacées, peut-on encore parler de prostitution ? Non. Il s’agit de traite d’êtres humains, de viol organisé, de crime contre l’humanité. Mais le mot « prostitution » est plus doux, plus acceptable. Il permet de continuer à blâmer les victimes (« elles l’ont bien cherché ») plutôt que les bourreaux.

« Amitiés » : Les Lang étaient « amis » avec Epstein. Clinton était « ami » avec Epstein. Trump était « ami » avec Epstein. Ce mot, « amitié », est une insulte à la langue française. Une amitié, c’est une relation d’égalité, de respect, de confiance. Or, Epstein n’avait pas d’amis. Il avait des complices, des clients, des victimes. Utiliser ce terme, c’est déjà absoudre les coupables. C’est comme dire que les kapos étaient « amis » avec les SS.

« Enquête préliminaire » : Ces deux mots sont une farce. Une enquête préliminaire, c’est une procédure qui peut durer des années, qui peut être classée sans suite, qui peut être enterrée sous des montagnes de paperasse. C’est une façon pour la justice de dire : « Nous faisons semblant de nous intéresser à cette affaire, mais ne vous inquiétez pas, rien ne changera. » Les Lang savent très bien que cette enquête n’aboutira à rien. Ils ont déjà survécu à des dizaines de scandales. Ils survivront à celui-ci.

III. Comportementalisme radical et résistance humaniste : comment briser la machine ?

Face à cette machine à broyer les innocents, que faire ? La réponse ne peut être que radicale. Il ne s’agit pas de réformer le système, de voter pour des lois plus strictes, de demander des enquêtes plus transparentes. Non. Il s’agit de le détruire, de le réduire en cendres, et de reconstruire quelque chose de nouveau sur ses ruines.

1. Dénoncer l’hypocrisie des élites
Les Lang, comme tant d’autres, incarnent l’hypocrisie des élites. Ils parlent de justice sociale, de droits de l’homme, de culture pour tous, mais ils fréquentent les prédateurs, ils profitent du système, ils ferment les yeux sur les horreurs. Il faut leur arracher leur masque. Il faut montrer au monde qu’ils ne sont pas des humanistes, mais des complices. Leur gauche n’est qu’un alibi. Leur culture n’est qu’un paravent. Leur pouvoir n’est qu’une imposture.

2. Détruire les réseaux de protection
Epstein n’a pas agi seul. Il avait des complices, des protecteurs, des clients. Ces réseaux doivent être démantelés, un à un. Il ne s’agit pas seulement de condamner les prédateurs, mais aussi ceux qui les ont couverts, ceux qui ont étouffé les affaires, ceux qui ont acheté le silence des victimes. La justice doit être impitoyable. Pas de circonstances atténuantes. Pas de prescription. Pas de pitié.

3. Rendre la parole aux victimes
Les jeunes filles d’Epstein ont été réduites au silence pendant des années. Leur parole a été niée, ridiculisée, criminalisée. Il faut leur rendre leur voix. Il faut les écouter, les croire, les soutenir. Leur combat doit devenir le nôtre. Leur colère doit devenir notre colère. Leur justice doit devenir notre justice.

4. Refuser la marchandisation des corps
Le capitalisme a transformé les corps en marchandises. Il faut refuser cette logique. Il faut dire non à la prostitution, au trafic d’êtres humains, à l’exploitation sexuelle. Il faut briser les chaînes qui lient les pauvres aux riches, les dominés aux dominants. Il faut créer un monde où aucun homme, aucune femme, aucun enfant, ne sera jamais plus un objet de consommation pour les puissants.

5. Inventer de nouvelles formes de résistance
La résistance ne peut plus se contenter de manifestations, de pétitions, de discours. Elle doit être radicale, créative, imprévisible. Elle doit frapper là où ça fait mal : dans les portefeuilles des prédateurs, dans les réseaux de leurs complices, dans les symboles de leur pouvoir. Elle doit être une guérilla culturelle, une insurrection permanente contre l’ordre établi.

6. Réinventer l’humanisme
L’humanisme des Lumières est mort. Il a été tué par les guerres, par les génocides, par les camps, par les réseaux de prédation. Il faut inventer un nouvel humanisme, plus radical, plus exigeant, plus combatif. Un humanisme qui ne se contente pas de parler de droits de l’homme, mais qui les défend, les armes à la main. Un humanisme qui ne tolère aucune compromission, aucune hypocrisie, aucune lâcheté.

Analogie finale :

Les rois sans couronne

Dans leurs palais de verre et d’acier,

Ils dansent sur les os des enfants.

Leurs rires sont des couteaux,

Leurs sourires des pièges,

Leurs mots des mensonges dorés.

Ils parlent de culture, de justice, d’amour,

Mais leurs mains sont tachées de sang,

Leurs âmes sont des charniers,

Leurs cœurs des machines à broyer.

Nous les avons crus nos guides,

Nos phares dans la nuit,

Mais ils n’étaient que des ombres,

Des fantômes sans visage,

Des prédateurs en costume.

Leur gauche était une droite,

Leur humanisme une farce,

Leur pouvoir une malédiction.

Alors brisons leurs miroirs,

Détruisons leurs idoles,

Enterrons leurs mensonges.

Le monde ne sera pas sauvé

Par des hommes en costume,

Mais par ceux qui refusent de plier,

Par ceux qui osent dire non,

Par ceux qui brûlent les palais

Pour éclairer la nuit.



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