Affaire Epstein : La France insoumise propose la création d’une commission d’enquête transpartisane – franceinfo.fr







Laurent Vo Anh – L’Affaire Epstein et le Spectacle des Commissions


ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : La France insoumise propose la création d’une commission d’enquête transpartisane – franceinfo.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les commissions d’enquête ! Ces cathédrales de papier où l’humanité vient se purger de ses péchés sans jamais changer de lit. La France insoumise, ce mouvement qui oscille entre le lyrisme révolutionnaire et la gestion technocratique, nous propose aujourd’hui ce grand classique du théâtre politique : la commission transpartisane. Comme si le mal, ce vieux serpent, pouvait être saisi par des mains propres. Comme si Epstein, ce fantôme doré, n’était qu’un accident de parcours dans notre belle démocratie, et non le symptôme monstrueux d’une maladie bien plus ancienne, bien plus profonde.

Remontons le fil, voulez-vous ? Sept étapes, sept chutes, sept renaissances dans la boue. D’abord, l’homme des cavernes, ce primate nu qui découvre que la domination peut s’exercer non seulement par la massue, mais aussi par le regard, le murmure, la promesse. Le pouvoir, dès ses origines, est une affaire de réseaux, de connivences, de silences partagés. Epstein n’est que la version luxueuse, aseptisée, de cette vieille danse macabre.

Deuxième étape : la cité antique. Athènes, Rome, ces laboratoires de la démocratie où l’on vote la mort de Socrate entre deux orgies. Le pouvoir y est déjà un jeu de miroirs, où les puissants se protègent entre eux, où les esclaves – ces invisibles – servent de monnaie d’échange. Epstein, lui, avait ses « massages », ses îles, ses avions privés. La différence ? L’échelle. Le principe ? Identique.

Troisième acte : le Moyen Âge, cette longue nuit où l’Église et les seigneurs se partagent les corps et les âmes. Les enfants, les femmes, les pauvres : tous sont des proies. Les commissions d’enquête de l’époque s’appelaient Inquisition. On y brûlait les sorcières, mais jamais les banquiers. Epstein, lui, avait ses amis banquiers, ses amis politiques, ses amis royaux. La même logique : protéger les siens, sacrifier les autres.

Quatrième étape : la Renaissance, ce moment où l’homme se croit enfin maître de son destin. Machiavel écrit Le Prince, et le monde découvre que la politique est un art de la manipulation. Epstein, lui, manipulait des vies, des carrières, des réputations. Son réseau était une toile d’araignée dorée, où chaque fil vibrait au rythme des secrets, des chantages, des compromissions.

Cinquième acte : les Lumières, ce grand mensonge collectif où l’on croit que la raison va tout sauver. On invente les droits de l’homme, mais on garde les colonies, l’esclavage, les bordels. Epstein, lui, était un produit des Lumières : un homme qui croyait que tout s’achète, que tout se vend, que tout se contrôle. Son empire était une machine à broyer les illusions, à rappeler que la liberté n’est qu’un mot pour ceux qui n’ont pas les moyens de la payer.

Sixième étape : le XXe siècle, ce carnage industriel où les hommes deviennent des numéros, où les États deviennent des machines à tuer. Epstein, lui, était un enfant du siècle : un homme qui avait compris que le pouvoir se mesure en connexions, en informations, en capacité à faire disparaître les preuves. Son réseau était une version miniature des grandes machineries totalitaires, où les puissants se protègent entre eux, où les victimes sont toujours les mêmes : les sans-grade, les sans-voix, les sans-défense.

Septième acte : notre époque, ce grand cirque numérique où tout est visible, mais rien n’est vu. Epstein est mort, mais son réseau, lui, vit toujours. Les commissions d’enquête ? Des leurres, des écrans de fumée. On enquête sur Epstein, mais qui enquête sur ceux qui l’ont protégé ? Qui enquête sur les mécanismes du pouvoir, sur cette grande machine à broyer les faibles ? Personne. Parce que le pouvoir, voyez-vous, est une hydre : coupez une tête, il en repousse dix.

Passons maintenant à l’analyse sémantique, cette dissection des mots qui révèle les mensonges. « Commission d’enquête transpartisane » : déjà, le mot « transpartisane » est un aveu. Il signifie que le pouvoir, quel qu’il soit, se protège. Que les partis, ces ennemis jurés, sont en réalité des complices. « Enquête » : un mot qui sent la poudre, le procès, la vérité. Mais quelle vérité ? Celle des médias, des rapports, des déclarations ? Ou celle, plus sale, plus trouble, qui se cache dans les couloirs du pouvoir ?

Le langage, ici, est un piège. On parle de « réseau Epstein », comme s’il s’agissait d’une entité autonome, détachée du reste de la société. Comme si Epstein était un monstre isolé, et non le produit d’un système. On parle de « victimes », mais on ne parle jamais des complices, des bénéficiaires, de ceux qui ont fermé les yeux. Le langage, voyez-vous, est une arme : il permet de nommer, mais aussi de cacher, de minimiser, de détourner.

Et puis, il y a le comportementalisme radical, cette science des foules qui révèle notre lâcheté collective. Pourquoi, demanderez-vous, personne n’a rien fait plus tôt ? Parce que l’homme est un animal grégaire, un être qui préfère le confort de l’ignorance à la douleur de la vérité. Parce que dénoncer Epstein, c’était dénoncer un système, un monde, une façon de vivre. Et qui est prêt à cela ? Qui est prêt à regarder en face cette vérité monstrueuse : que le pouvoir corrompt, que l’argent achète tout, que la justice n’est qu’un mot pour les naïfs ?

La résistance humaniste, elle, est un leurre. On croit lutter, on croit changer les choses, mais on ne fait que participer au spectacle. Les commissions d’enquête, les manifestations, les pétitions : autant de rituels qui nous donnent l’illusion d’agir, alors que nous ne faisons que danser sur le volcan. La vraie résistance, voyez-vous, est silencieuse. Elle consiste à refuser de jouer le jeu, à refuser de croire aux mensonges, à refuser de fermer les yeux. Mais qui en a le courage ? Qui est prêt à payer le prix de la vérité ?

Epstein est mort, mais son ombre plane encore. Elle plane sur nos institutions, sur nos médias, sur nos consciences. Elle nous rappelle que le mal n’est pas une exception, mais la règle. Que le pouvoir, quel qu’il soit, est une machine à broyer les faibles. Que la justice, cette vieille pute, se vend toujours au plus offrant.

Alors, une commission d’enquête ? Pourquoi pas. Après tout, il faut bien donner l’illusion de la transparence, l’illusion de la justice. Mais ne vous y trompez pas : cette commission ne changera rien. Elle ne fera que confirmer ce que nous savons déjà : que le monde est une jungle, que les puissants sont des prédateurs, et que les faibles n’ont d’autre choix que de se soumettre ou de disparaître.

Analogie finale :

Ô vous, les purs, les justes, les sans-tache,

Qui croyez que le mal se lave à l’eau claire,

Que les commissions sont des fonts baptismaux,

Venez, voyez ces ombres sur le mur :

Epstein n’est qu’un nom, un spectre doré,

Un roi nu dans un palais de mensonges,

Ses amis sont légion, ses complices aussi,

Et nous, nous dansons sur leurs tombeaux.

Le pouvoir est une bête aux mille têtes,

Qui se nourrit de nos silences, de nos peurs,

Et la justice ? Une vieille putain fatiguée,

Qui vend ses charmes aux plus offrants.

Alors, enquêtez, jugez, condamnez,

Mais sachez que le mal est en nous,

Qu’il rit de nos lois, de nos mots, de nos larmes,

Et qu’il ne mourra qu’avec nous.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *