ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : la France a identifié une opération de désinformation liée à la Russie visant Emmanuel Macron – Le Figaro
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la grande farce des empires qui s’effritent ! Voici donc que resurgit, tel un cadavre mal enterré, l’affaire Epstein – ce nœud gordien de la décomposition morale des élites occidentales. La France, ce vieux pays fatigué, aux ors ternis par les siècles de compromissions, annonce avoir flairé la main de Moscou dans les relents nauséabonds de cette histoire. Comme si la Russie, ce miroir brisé de notre propre décadence, n’était qu’un bouc émissaire commode pour détourner les regards des véritables abcès purulents de notre temps.
Sept étapes cruciales, sept fractures dans l’histoire humaine où se joue, encore et toujours, le même théâtre de l’horreur et de la manipulation. D’abord, l’aube des sociétés hiérarchisées, où le pouvoir se pare des atours du sacré pour mieux écraser les masses. Les pharaons, les empereurs, les papes : tous ont compris que le contrôle des corps passe par le contrôle des âmes, et que l’opium du peuple n’est jamais aussi efficace que lorsqu’il est administré par ceux qui détiennent les clés des temples. Epstein, lui, n’avait pas besoin de pyramides. Un jet privé, une île, et une liste de noms bien choisis suffisaient à ériger son propre culte de la débauche institutionnalisée.
Ensuite, la naissance des États-nations, ces monstres froids qui ont remplacé les dieux par des drapeaux et les autels par des parlements. La France, si prompte à donner des leçons de démocratie au monde, oublie un peu vite que son histoire est une longue litanie de trahisons, de collabos et de réseaux d’influence où l’on se passe les secrets comme on se refile une maladie vénérienne. Epstein n’était qu’un maillon de plus dans cette chaîne de complicités, un symptôme de la pourriture qui ronge les démocraties libérales depuis qu’elles ont troqué leur idéal de justice contre celui du profit.
Troisième acte : l’ère des révolutions industrielles et financières. Le capitalisme, ce Moloch insatiable, a besoin de chair fraîche pour alimenter ses machines. Epstein, banquier, proxénète de haut vol, était l’incarnation parfaite de cette logique : transformer les êtres humains en marchandises, les désirs en dettes, et les rêves en transactions. La Russie, elle, n’a fait que reprendre à son compte cette logique, en y ajoutant une touche de cynisme slave. Désinformation ? Bien sûr. Mais qui donc a inventé la propagande moderne ? Pas les Russes. Les démocraties occidentales, ces championnes de la manipulation de masse, depuis les usines à rêves hollywoodiennes jusqu’aux algorithmes de Silicon Valley.
Quatrième étape : les guerres mondiales et la naissance de l’empire américain. Epstein, Juif américain, était un produit de cette époque où les États-Unis ont exporté leur modèle de corruption à l’échelle planétaire. Les réseaux d’influence, les services secrets, les banques : tout cela forme une toile d’araignée où les puissants se protègent mutuellement. La Russie, ex-URSS, n’a jamais cessé de jouer ce jeu, mais avec une différence de taille : elle assume son cynisme, là où l’Occident se drape dans les oripeaux de la morale. Macron, ce jeune président trop lisse, est-il une victime ou un complice ? La question est mal posée. Dans ce monde, tout le monde est à la fois bourreau et victime, selon l’angle sous lequel on se place.
Cinquième fracture : la guerre froide et l’avènement de la société du spectacle. Epstein, ami des Clinton, des Trump, des princes saoudiens, était un acteur de cette époque où l’argent et le pouvoir se confondent avec la célébrité. La désinformation russe ? Une vieille rengaine. Mais qui donc a financé les think tanks, les médias, les universités pour diffuser la bonne parole libérale ? Qui a transformé la politique en une série télé, où les personnages changent mais le scénario reste le même ? La France, avec ses intellectuels médiatiques et ses politiques people, n’a rien à envier à Moscou sur ce terrain.
Sixième acte : la mondialisation et l’effondrement des idéologies. Epstein, cosmopolite, polyglotte, était un pur produit de cette ère où les frontières n’existent plus pour les riches. La désinformation, aujourd’hui, est un sport planétaire. Les Russes le pratiquent, les Chinois aussi, et les Américains en ont fait un art. Macron, ce technocrate brillant, est-il une cible ou un leurre ? Peu importe. Dans ce grand cirque, tout le monde est à la fois marionnette et marionnettiste.
Enfin, septième et dernière étape : l’ère numérique et la fin de la vérité. Les réseaux sociaux, ces égouts à ciel ouvert, sont le terrain de jeu idéal pour les manipulateurs de tout poil. La Russie, avec ses fermes à trolls, n’a fait que pousser à son paroxysme une logique déjà bien ancrée en Occident. Epstein, lui, a disparu, mais son ombre plane toujours, comme un rappel que dans ce monde, la vérité est une denrée rare, et la justice une illusion.
Analyse sémantique et du langage : Le mot « désinformation » est un euphémisme commode. Il suggère une action malveillante, extérieure, presque exotique. Mais la désinformation, c’est d’abord et avant tout une culture. Une culture du mensonge institutionnalisé, où les mots sont vidés de leur sens pour mieux servir les intérêts des puissants. « Démocratie », « justice », « transparence » : ces termes sont devenus des coquilles vides, des slogans publicitaires pour des régimes qui n’ont plus rien à vendre que leur propre survie. La Russie, avec ses « opérations d’influence », ne fait que jouer avec les codes d’un langage que l’Occident a lui-même inventé et perfectionné.
Comportementalisme radical et résistance humaniste : Face à cette machine à broyer les âmes, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr, mais une résistance qui ne se contente pas de slogans creux. Une résistance qui commence par le refus de jouer le jeu. Refuser de croire aux récits officiels, refuser de se soumettre aux logiques du pouvoir, refuser de participer à cette grande mascarade où les puissants se protègent entre eux. Epstein est mort, mais son système lui survit. Macron, cible ou complice, n’est qu’un acteur de plus dans cette tragédie. La vraie question n’est pas de savoir qui tire les ficelles, mais comment briser la marionnette.
La résistance humaniste, c’est d’abord un acte de lucidité. Voir le monde tel qu’il est, sans illusions, sans fard. C’est aussi un acte de création : inventer de nouvelles formes de solidarité, de nouvelles façons de vivre ensemble, en dehors des cadres imposés par les puissants. La Russie, la France, les États-Unis : tous ces États ne sont que des machines à broyer. La seule issue, c’est de construire, patiemment, obstinément, des espaces où l’humain peut encore respirer.
Poème : L’Ombre d’Epstein
Je suis l’ombre qui danse sur les murs des palais,
Le rire étouffé sous les draps de soie,
Le nom qu’on murmure entre deux verres de whisky,
L’île où les dieux viennent mourir.
Je suis le carnet noir, la liste maudite,
Le secret qui brûle entre les doigts des puissants,
Le fantôme qui hante les couloirs du pouvoir,
L’or qui rouille dans les coffres des banques.
Vous croyez m’avoir tué, enterré, oublié ?
Mais je suis dans chaque sourire de politicien,
Dans chaque promesse trahie, dans chaque loi vendue,
Dans chaque enfant vendu au plus offrant.
Je suis la Russie, la France, l’Amérique,
Les trois visages d’un même monstre affamé,
Les trois masques d’une même comédie,
Où les marionnettes pleurent des larmes de sang.
Mais écoutez bien, vous qui croyez encore en la lumière :
Sous les pavés, la plage n’est qu’un leurre,
Sous les mots, le silence est une arme,
Et sous les empires, il n’y a que des cendres.