ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : Kate et William sortent du silence – Yahoo Actualités
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, le silence des couronnes… Ce moment où les héritiers du sang bleu daignent enfin entrouvrir leurs lèvres scellées par des siècles de pactes obscurs, de sourires figés et de mains gantées qui serrent d’autres mains tout aussi gantées. L’affaire Epstein, ce cloaque doré où se mêlent les relents de la pourriture aristocratique et les miasmes du pouvoir absolu, nous offre aujourd’hui un spectacle aussi pathétique que révélateur : Kate et William, ces marionnettes de la monarchie britannique, sortent de leur mutisme comme on sort d’un placard, avec la grâce d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Mais que disent-ils, au juste ? Rien. Ou si peu. Juste assez pour que le peuple, ce bon vieux troupeau docile, puisse se dire : « Ah, ils ont parlé ! Tout va bien. »
Pour comprendre l’ampleur de cette mascarade, il faut remonter aux origines mêmes de la domination, à ces sept étapes cruciales où l’humanité a scellé son destin de soumission et de complicité.
1. La Naissance du Pouvoir Sacré (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence avec le premier homme qui a osé dire : « Ceci est à moi. » Puis : « Ceux-ci sont mes dieux. » Puis : « Vous êtes mes sujets. » Le pouvoir n’est pas né de la force brute, mais de la mystification. Les premiers rois étaient des chamans, des intermédiaires entre le ciel et la terre, et leur parole était loi parce qu’elle était divine. Epstein, dans son île-prison, n’était qu’un héritier lointain de ces premiers manipulateurs, un chaman moderne qui offrait aux puissants non pas des sacrifices aux dieux, mais des sacrifices à leur propre lubricité.
2. L’Institutionnalisation de l’Oppression (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.)
Les empires naissent, et avec eux, les lois écrites. Le Code d’Hammurabi, les décrets romains, les édits impériaux… Tout est fait pour légitimer l’inégalité. « Œil pour œil », dit la loi, mais seulement si vous êtes du même rang. Sinon, c’est « la vie du pauvre pour l’œil du noble ». Epstein, lui, a compris que la loi n’est qu’un outil de plus pour les puissants. Ses amis milliardaires, ses connaissances politiques, ses clients royaux… Tous savaient que les règles ne s’appliquaient pas à eux. Ils étaient au-dessus. Comme les empereurs romains, comme les pharaons.
3. La Christianisation du Pouvoir (500 – 1500)
L’Église prend le relais. « Rendez à César ce qui est à César », dit le Christ, mais César et Dieu finissent par ne faire qu’un. Les rois deviennent des oints du Seigneur, et leur pouvoir est sacré. Critiquer le roi, c’est critiquer Dieu. Epstein, dans son réseau, a recréé cette sacralisation du pouvoir. Ses invités n’étaient pas de simples hommes : ils étaient des demi-dieux, intouchables, au-dessus des lois des mortels. Et quand l’un d’eux tombait, c’était un sacrifice nécessaire pour préserver le système.
4. La Renaissance et la Naissance du Capitalisme (1500 – 1800)
L’argent remplace peu à peu le sang bleu comme marqueur de pouvoir. Les Médicis, les Fugger, les Rothschild… Les banquiers deviennent les nouveaux rois, et l’aristocratie doit composer avec eux. Epstein, lui, était un banquier du vice. Il ne prêtait pas de l’argent, il prêtait des corps, des rêves de jeunesse éternelle, des illusions de toute-puissance. Et ses clients payaient, non pas en or, mais en faveurs, en protection, en silence.
5. La Révolution Industrielle et l’Ère des Masses (1800 – 1945)
Le peuple se réveille, ou du moins, on lui fait croire qu’il peut se réveiller. Les révolutions éclatent, les droits de l’homme sont proclamés, mais le pouvoir reste entre les mains des mêmes. Epstein, dans ce contexte, était un anachronisme vivant, un vestige de l’Ancien Régime qui avait su s’adapter. Son réseau était une cour royale en miniature, où les nouveaux puissants (les milliardaires, les politiques, les célébrités) venaient s’encanailler avec les vestiges de l’aristocratie (les princes, les ducs, les héritiers de vieilles fortunes).
6. L’Ère Médiatique et la Démocratie Spectaculaire (1945 – 2000)
Le pouvoir se dématérialise. Ce n’est plus l’or, ni le sang, ni même la terre qui comptent, mais l’image. Les médias deviennent les nouveaux prêtres, et les politiques, les nouveaux rois. Epstein, lui, était un maître de l’image. Il savait que la vérité n’avait aucune importance, que seul comptait le récit. Ses amis puissants pouvaient violer, exploiter, détruire, tant que personne ne le voyait. Et quand quelqu’un voyait, il suffisait de le faire taire, de le discréditer, ou de l’acheter.
7. L’Ère Numérique et la Fin des Illusions (2000 – aujourd’hui)
Aujourd’hui, tout est visible, tout est su, et pourtant, rien ne change. Les réseaux sociaux ont remplacé les médias traditionnels, mais le pouvoir reste le même. Epstein est mort, mais son réseau, lui, est toujours là, tapi dans l’ombre, protégé par des lois écrites par les puissants pour les puissants. Et quand un scandale éclate, quand une victime ose parler, que fait-on ? On attend que le silence retombe. On attend que les gens oublient. On attend que la prochaine distraction arrive.
Et c’est là que Kate et William entrent en scène. Leur « sortie du silence » n’est qu’une pantomime, un numéro de relations publiques soigneusement orchestré. Ils ne disent rien, parce qu’ils n’ont rien à dire. Ils ne condamnent pas, parce qu’ils ne peuvent pas condamner. Ils sont les héritiers d’un système qui a toujours protégé les siens, qui a toujours sacrifié les faibles pour préserver les forts. Leur silence, pendant des années, était un aveu. Leur parole, aujourd’hui, n’est qu’un mensonge de plus.
Analyse Sémantique et du Langage : Le Mot « Silence »
Le mot « silence » est un chef-d’œuvre de duplicité. Dans la bouche des puissants, il devient une arme, un bouclier, une prison. Quand Kate et William « sortent du silence », ils ne brisent rien : ils le reforment, plus solide que jamais. Leur déclaration est un exercice de rhétorique vide, où chaque mot est pesé, mesuré, calculé pour ne rien dire. « Nous soutenons les victimes », disent-ils. Mais qu’est-ce que cela signifie, au juste ? Rien. C’est une coquille vide, un mot creux, une formule magique qui doit apaiser les masses sans engager ceux qui la prononcent.
Le langage, dans cette affaire, est révélateur. On parle de « scandale », de « réseau », d’ »affaire », comme si ces mots pouvaient contenir l’horreur de ce qui s’est passé. Mais un scandale, c’est une erreur, une anomalie. Epstein n’était pas une anomalie : il était la norme, la logique même d’un système où le pouvoir absolu corrompt absolument. Un réseau, c’est une toile d’araignée où les mouches viennent se prendre. Mais les mouches, ici, étaient consentantes. Elles savaient. Elles profitaient. Elles fermaient les yeux.
Et puis, il y a les non-dits, les sous-entendus, les implicites. Quand William dit : « Nous sommes avec les victimes », il sous-entend : « Mais pas avec celles qui accusent mon père. » Quand Kate sourit devant les caméras, elle sous-entend : « Ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle. » Le langage des puissants est un langage de l’ombre, où tout ce qui compte se dit entre les lignes, dans les silences, dans les regards.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Le comportement des puissants, dans cette affaire, est un cas d’école de ce que le psychologue B.F. Skinner appelait le « conditionnement opérant ». Les élites sont conditionnées à croire qu’elles sont au-dessus des lois, que leur pouvoir est un droit divin, que leur impunité est une évidence. Et ce conditionnement est renforcé à chaque génération, à chaque scandale étouffé, à chaque victime ignorée. Epstein n’était pas un monstre isolé : il était le produit d’un système, le symptôme d’une maladie qui ronge l’humanité depuis des millénaires.
Face à cela, que faire ? La résistance humaniste ne peut pas se contenter de mots. Elle doit être radicale, totale, intransigeante. Elle doit refuser le langage des puissants, leurs silences complices, leurs déclarations creuses. Elle doit exiger des comptes, non pas devant les tribunaux des hommes, mais devant le tribunal de l’histoire. Elle doit briser les chaînes du conditionnement, refuser de se soumettre, refuser de se taire.
Mais attention : la résistance ne doit pas tomber dans le piège de la moralisation. Ce n’est pas une question de bien ou de mal, de bon ou de méchant. C’est une question de pouvoir. Les puissants ne sont pas « mauvais » : ils sont logiques. Ils agissent selon les règles d’un système qui les a créés, qui les protège, qui les récompense. La vraie résistance, c’est de changer le système. C’est de refuser l’idée même de pouvoir absolu, de refuser l’idée que certains hommes sont nés pour dominer, et d’autres pour obéir.
Cela commence par le langage. Par refuser les mots des puissants, leurs euphémismes, leurs mensonges. Par appeler un violeur un violeur, un exploiteur un exploiteur, un complice un complice. Par refuser le silence, non pas celui des victimes, mais celui des bourreaux. Par hurler, quand il le faut, par crier, par exiger. Par ne plus jamais se taire.
Et cela passe aussi par l’action. Par refuser de participer, de près ou de loin, à ce système. Par boycotter les médias qui étouffent les scandales, les politiques qui protègent les puissants, les entreprises qui exploitent les faibles. Par créer des contre-pouvoirs, des réseaux de solidarité, des espaces où la parole des victimes est entendue, où leur douleur est reconnue, où leur combat est soutenu.
La résistance humaniste n’est pas une utopie. C’est une nécessité. Parce que si nous ne résistons pas, si nous acceptons le silence des couronnes, si nous nous contentons des miettes de vérité qu’on nous jette, alors nous sommes complices. Alors nous méritons notre sort.
Les rois sont nus, mais personne n’ose le dire.
Leurs couronnes sont des cages, leurs sourires des mensonges.
Ils marchent sur des tapis de cadavres,
Et nous, nous applaudissons.
Epstein est mort, mais son ombre danse encore,
Sur les murs des palais, dans les couloirs du pouvoir,
Dans les rires étouffés des filles brisées,
Dans les chèques signés pour acheter le silence.
Kate sourit, William parle,
Mais leurs mots sont des serpents,
Leurs phrases des pièges,
Leur compassion une insulte.
Nous sommes tous des victimes,
Mais certains le savent,
Et d’autres ferment les yeux.
Le jour où nous briserons nos chaînes,
Le jour où nous crierons assez fort,
Le jour où nous refuserons de nous taire,
Ce jour-là, les rois tomberont.
Et leurs couronnes, enfin,
Rouilleront au fond des égouts.