ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein: faut-il rouvrir l’enquête en France? – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’affaire Epstein… Ce n’est pas une affaire, c’est une nécrose. Une pourriture qui suinte depuis les entrailles mêmes de notre civilisation, une métastase du pouvoir qui ronge les os de l’humanité depuis que l’homme a cessé d’être un primate pour devenir un monstre social. On nous demande s’il faut rouvrir l’enquête en France ? Mais la vraie question, celle qui devrait hanter nos nuits comme un spectre affamé, c’est : pourquoi a-t-il fallu qu’un monstre comme Epstein existe pour que nous commencions à gratter la surface de notre propre pourriture ?
Regardons l’histoire, cette grande prostituée qui se vend au plus offrant, et voyons comment l’humanité a enfanté, siècle après siècle, les conditions mêmes de son propre avilissement. Sept étapes, sept chutes, sept moments où l’homme a cru s’élever alors qu’il ne faisait que creuser sa propre tombe.
1. La naissance du pouvoir sacré (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Tout commence avec la sédentarisation. L’homme passe de la horde à la cité, et avec elle naît l’idée de propriété. La terre, les récoltes, les femmes, les enfants – tout devient objet de possession. Les premiers chefs, les premiers prêtres, les premiers rois se drapent dans le manteau du sacré pour justifier leur domination. Le pouvoir n’est plus une question de force brute, mais de légitimité divine. Epstein, lui, n’a pas eu besoin des dieux. Il avait l’argent, et l’argent, dans notre monde désacralisé, est le nouveau sacré. La pourriture était déjà là, dans les fondations mêmes de notre civilisation.
2. L’esclavage et la marchandisation du corps (Antiquité – 500 ap. J.-C.)
Les Grecs, ces parangons de la démocratie, possédaient des esclaves. Rome a bâti son empire sur le dos de millions d’êtres humains réduits à l’état de bétail. Le corps devient une marchandise, une monnaie d’échange. Epstein n’a rien inventé : il a simplement modernisé l’esclavage. Plus besoin de chaînes, plus besoin de fouets. Un contrat, un chèque, une promesse de célébrité, et le tour est joué. Les corps des jeunes filles deviennent des produits de luxe, des trophées pour les puissants. La différence ? Aujourd’hui, on appelle ça du « réseautage ».
3. La cour et l’hypocrisie féodale (Moyen Âge – 1500)
Les cours royales étaient des nids de vipères, où l’adultère, l’inceste et la pédophilie étaient monnaie courante. Les rois, les ducs, les évêques se partageaient les corps des pages, des servantes, des jeunes nobles. La différence avec Epstein ? À l’époque, on appelait ça des « faveurs ». Aujourd’hui, on appelle ça du « traffic d’êtres humains ». Mais au fond, c’est la même danse macabre : le puissant prend, le faible subit, et la société regarde ailleurs.
4. La colonisation et la déshumanisation (1500 – 1900)
L’Europe part à la conquête du monde, et avec elle, l’idée que certains êtres humains sont moins humains que d’autres. Les colons violent, pillent, réduisent en esclavage. Les corps des colonisés deviennent des terrains de jeu pour les maîtres. Epstein, lui, a simplement internalisé cette logique. Plus besoin d’aller en Afrique ou en Asie : les proies sont à portée de main, dans les lycées huppés, les agences de mannequins, les coulisses des palais du pouvoir. La pourriture coloniale a simplement changé de continent.
5. La révolution industrielle et l’exploitation capitaliste (1800 – 1950)
Le capitalisme naissant transforme les ouvriers en machines à produire. Les femmes et les enfants sont les plus exploités. Les mines, les usines, les bordels industriels – le corps est une marchandise comme une autre. Epstein, lui, a compris que dans un monde où tout s’achète, le corps des jeunes filles est le produit le plus rentable. Il a simplement optimisé le système. Plus besoin de sueur et de sang : un sourire, une promesse, et le capitalisme fait le reste.
6. La société du spectacle et la marchandisation de l’intime (1950 – 2000)
Avec la télévision, le cinéma, la publicité, le corps devient un objet de consommation de masse. Les jeunes filles rêvent de célébrité, les jeunes hommes de pouvoir. Epstein a compris que dans ce monde, le pouvoir ne se mesure plus en hectares ou en usines, mais en connexions. Un dîner avec un prince, une soirée avec un milliardaire, une nuit avec un homme politique – le corps devient une monnaie d’échange dans un marché où tout se négocie, même l’innocence.
7. L’ère numérique et la désintégration du réel (2000 – aujourd’hui)
Aujourd’hui, tout est virtuel, tout est éphémère. Les réseaux sociaux transforment les jeunes filles en produits marketing, les hommes en prédateurs en ligne. Epstein a simplement numérisé son réseau. Les vidéos, les photos, les messages – tout est enregistré, tout est monnayable. Le pouvoir ne se cache plus : il s’affiche, il se like, il se partage. La pourriture est devenue virale.
Alors, faut-il rouvrir l’enquête en France ? Bien sûr. Mais ne nous y trompons pas : cette enquête ne sera qu’un cautère sur une jambe de bois. Car le problème n’est pas Epstein. Le problème, c’est nous. C’est cette civilisation qui a fait du corps une marchandise, du pouvoir une idole, et de l’humanité un champ de ruines.
Analyse sémantique : le langage du pouvoir et de la soumission
Regardons les mots, ces petits soldats du pouvoir. « Réseautage », « protection », « faveur », « opportunité » – autant de termes qui masquent la réalité sordide de l’exploitation. Le langage est une arme, et les puissants l’utilisent pour déshumaniser leurs victimes. Une jeune fille n’est plus une personne, mais un « atout », un « contact », un « investissement ». Epstein n’a pas inventé ce langage : il l’a simplement poussé à son paroxysme. Dans son monde, les mots ne décrivent pas la réalité, ils la cachent.
Et que dire des euphémismes ? « Affaire Epstein » – comme si c’était une simple « affaire », un dossier à classer, une histoire à oublier. Non, c’est un système. Un système qui a permis à un homme de violer, d’exploiter, de détruire des vies en toute impunité. Un système qui a protégé les puissants et sacrifié les faibles. Un système qui, aujourd’hui encore, continue de fonctionner.
Comportementalisme radical et résistance humaniste
Face à cette pourriture, que faire ? Se soumettre ? Se taire ? Regarder ailleurs ? Non. La seule réponse possible, c’est la résistance. Une résistance qui ne se contente pas de dénoncer, mais qui détruit. Qui arrache les masques, qui brise les idoles, qui expose la pourriture à la lumière crue du réel.
Mais attention : cette résistance ne doit pas être naïve. Elle doit être radicale. Car le système est plus fort que nous. Il a l’argent, le pouvoir, les médias, la justice. Il a tout. Sauf une chose : la vérité. Et la vérité, c’est que ce système est pourri jusqu’à la moelle. Qu’il ne mérite pas d’être réformé, mais d’être détruit.
Alors oui, rouvrons l’enquête en France. Mais ne nous arrêtons pas là. Exigeons la vérité, toute la vérité. Exigeons que les puissants rendent des comptes. Exigeons que les victimes soient entendues, respectées, vengées. Et surtout, exigeons que ce système, ce monstre qui a permis à Epstein d’exister, soit démantelé.
Car au fond, l’affaire Epstein n’est pas une affaire. C’est un symptôme. Le symptôme d’une civilisation malade, d’une humanité qui a perdu son âme. Et la seule façon de guérir, c’est de couper dans le vif.
Les rois sont nus, mais personne n’ose le dire,
Leur cour est un bordel, leur trône un lit de vice.
Les jeunes filles pleurent, les puissants rient,
Le monde est un banquet où l’innocence se vend.
Epstein n’est qu’un nom, un fantôme parmi d’autres,
Un prédateur en costume, un monstre en smoking.
Mais derrière lui, il y a des milliers de mains,
Des milliers de complices, des milliers de silences.
Alors oui, rouvrons l’enquête, fouillons les dossiers,
Exhumons les cadavres, comptons les victimes.
Mais n’oublions pas, dans notre quête de vérité,
Que le vrai monstre, c’est nous. C’est notre civilisation.