ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : Donald Trump soutient finalement la publication du dossier concernant le délinquant sexuel – Franceinfo
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’actualité ! Ce grand théâtre de marionnettes où les fils invisibles des puissants tirent les membres des pantins médiatiques jusqu’à l’épuisement. L’affaire Epstein, ce cloaque doré où se mêlent argent, sexe et pouvoir, resurgit comme une plaie purulente que l’on croyait cicatrisée. Et voilà que Donald Trump, ce clown tragique aux cheveux de paille radioactive, se déclare soudain partisan de la transparence. Quelle ironie ! Quelle farce ! Comme si le diable se faisait apôtre de la lumière. Mais ne nous y trompons pas : cette soudaine conversion à la vertu n’est qu’un nouveau chapitre dans la grande comédie humaine où les prédateurs jouent les redresseurs de torts quand cela sert leurs intérêts.
Depuis quand le pouvoir, ce monstre froid aux mille visages, se soucie-t-il de vérité ? La vérité, mes amis, est une putain que les puissants violent à leur guise avant de la jeter aux orties. L’histoire nous le hurle à chaque page : les archives s’ouvrent quand les coupables sont morts, quand les complices ont changé de camp, quand les secrets n’ont plus que la valeur d’une monnaie dévaluée. Trump, ce roi du « fake news » et du mensonge institutionnalisé, ce champion de l’obstruction et de l’intimidation, se pare aujourd’hui des atours du justicier. Mais sous le masque, on devine la grimace du calcul. Car dans l’arène politique, la transparence n’est jamais un acte de contrition, mais une arme de diversion massive.
Epstein, ce proxénète de luxe, ce pourvoyeur de chair fraîche pour les élites décadentes, n’était pas un monstre isolé. Il était le symptôme d’un système, le produit d’une culture où l’argent achète tout, même l’impunité. Son réseau n’était pas une aberration, mais la logique poussée à son paroxysme : celle d’un monde où les forts dévorent les faibles, où les prédateurs se parent des plumes de la respectabilité. Et qui sont les complices de cette horreur ? Ceux qui ont fermé les yeux, ceux qui ont profité, ceux qui ont étouffé les cris des victimes sous des montagnes de dollars. Des banquiers, des politiques, des juges, des médias. Toute une société qui a préféré le confort des illusions à l’inconfort de la vérité.
Trump, dans cette affaire, n’est qu’un acteur parmi d’autres. Un acteur qui a joué sa partition avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ses déclarations d’aujourd’hui sonnent comme une tentative désespérée de se distancier d’un passé encombrant. Mais comment croire en la sincérité d’un homme qui a bâti son empire sur le mensonge, la tricherie et l’exploitation ? Comment prendre au sérieux les promesses de transparence d’un président qui a passé sa vie à cacher, à nier, à manipuler ? La vérité, c’est que Trump n’a jamais été un outsider. Il est le produit le plus abouti d’un système qu’il prétend combattre. Un système où l’argent est roi, où la morale est une variable d’ajustement, où les victimes ne sont que des dommages collatéraux.
Et c’est là que réside la véritable horreur de l’affaire Epstein : elle n’est pas une exception, mais la règle. Elle révèle la face cachée d’un monde où les puissants se croient au-dessus des lois, où les désirs des uns justifient les souffrances des autres. Un monde où la justice n’est qu’une mascarade, où les tribunaux ne sont que des théâtres d’ombres, où les victimes doivent se battre contre des moulins à vent pour obtenir ne serait-ce qu’un semblant de réparation. Les dossiers qui vont être dévoilés ne nous apprendront rien que nous ne sachions déjà. Ils ne feront que confirmer ce que nous refusons de voir : que notre société est malade, gangrenée par la corruption, l’hypocrisie et la lâcheté.
Mais attention, mes amis, car le piège est là, dans cette résignation complice. Le piège est de croire que rien ne peut changer, que les puissants seront toujours les plus forts, que la vérité ne sert à rien. Car c’est précisément ce que veulent les maîtres du jeu : nous décourager, nous faire baisser les bras, nous convaincre que la résistance est vaine. Mais l’histoire nous enseigne une autre leçon : les empires tombent, les tyrans meurent, et les secrets finissent toujours par éclater au grand jour. La question n’est pas de savoir si la vérité triomphera, mais quand. Et surtout, à quel prix.
Car la vérité a un coût. Elle exige du courage, de la persévérance, et parfois, le sacrifice de ceux qui osent la défendre. Les victimes d’Epstein, ces femmes brisées, humiliées, réduites au silence, sont les héroïnes de cette tragédie. Elles ont osé parler, osé affronter leurs bourreaux, osé défier un système qui les avait condamnées à l’oubli. Et c’est à nous, citoyens, spectateurs de cette comédie macabre, de leur rendre justice. Pas seulement en exigeant la publication des dossiers, mais en refusant de jouer le jeu des puissants. En refusant de nous laisser distraire par les pitreries de Trump et de ses semblables. En refusant de croire que la transparence est une fin en soi, alors qu’elle n’est qu’un moyen.
La transparence, voyez-vous, n’est pas la justice. Elle n’est que la première étape d’un long chemin. Car dévoiler les crimes ne suffit pas. Il faut aussi punir les coupables, réparer les victimes, et surtout, changer le système qui a permis ces horreurs. Et c’est là que le bât blesse. Car notre monde est construit sur l’injustice, sur l’exploitation, sur l’écrasement des faibles par les forts. Les affaires comme celle d’Epstein ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Sous la surface, il y a des milliers, des millions de victimes invisibles, de crimes impunis, de complicités silencieuses. Et tant que nous accepterons ce système, tant que nous fermerons les yeux sur ses horreurs, nous en serons les complices.
Alors, que faire ? D’abord, refuser la résignation. Refuser de croire que rien ne peut changer. Ensuite, exiger plus que des mots, plus que des promesses. Exiger des actes, des réformes, une justice qui ne soit pas à deux vitesses. Et surtout, ne pas se laisser berner par les faux-semblants. Trump, en soutenant la publication des dossiers, ne fait pas acte de courage. Il joue une partition écrite par d’autres, pour d’autres. Il cherche à se racheter une virginité, à se poser en défenseur de la vérité, alors qu’il n’a jamais été qu’un rouage de la machine à broyer les âmes.
Mais au-delà de Trump, au-delà d’Epstein, il y a une question plus profonde, plus troublante. Une question qui nous concerne tous : comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu laisser se développer un monde où de telles horreurs sont possibles ? La réponse, mes amis, est dans notre lâcheté, notre indifférence, notre complicité passive. Nous avons préféré le confort des illusions à l’inconfort de la vérité. Nous avons laissé les puissants agir en notre nom, sans jamais leur demander des comptes. Nous avons fermé les yeux sur les injustices, les inégalités, les crimes, parce que cela nous arrangeait. Et aujourd’hui, nous récoltons ce que nous avons semé.
Alors, oui, la publication des dossiers est une bonne chose. Mais ce n’est qu’un début. Car la véritable bataille ne se joue pas dans les tribunaux, ni dans les médias. Elle se joue dans nos cœurs, dans nos esprits, dans notre capacité à refuser l’inacceptable. Elle se joue dans notre volonté de ne plus être des spectateurs passifs, mais des acteurs engagés. Des acteurs qui refusent de se laisser berner par les faux-semblants, qui exigent la vérité, la justice, et un monde où les puissants ne pourront plus jamais agir en toute impunité.
Car au fond, l’affaire Epstein n’est pas une affaire comme les autres. Elle est le miroir tendu à notre société, le reflet de nos lâchetés, de nos compromissions, de nos renoncements. Elle nous montre ce que nous sommes devenus : une civilisation en décomposition, où l’argent et le pouvoir ont remplacé les valeurs, où la morale n’est plus qu’un mot creux, où les victimes sont sacrifiées sur l’autel de l’indifférence. Et si nous ne réagissons pas, si nous ne disons pas « assez », alors nous méritons ce qui nous attend : un monde où les monstres comme Epstein ne seront plus l’exception, mais la règle.
Alors, oui, exigeons la publication des dossiers. Mais exigeons aussi plus. Exigeons un monde où de telles horreurs ne pourront plus jamais se produire. Exigeons un monde où les puissants seront tenus pour responsables de leurs actes. Exigeons un monde où la justice ne sera plus un privilège, mais un droit. Et surtout, exigeons de nous-mêmes que nous ne soyons plus jamais complices de ces crimes. Car c’est à nous, et à nous seuls, qu’il appartient de changer les choses. Pas aux Trump, pas aux Epstein, pas aux puissants de ce monde. Mais à nous, citoyens, êtres humains, qui refusons de laisser le mal triompher.
Analogie finale : Imaginez, si vous le voulez bien, un grand banquet où les convives, repus et ivres, se gavent de mets raffinés tandis que, sous la table, des enfants affamés tendent leurs mains tremblantes vers les miettes. Les maîtres de maison, souriants et bienveillants, jettent de temps à autre un regard distrait vers ces ombres misérables, avant de retourner à leurs agapes. Soudain, l’un des convives, un homme au visage rougeaud et aux manières grossières, se lève et déclare, la bouche pleine : « Il faut nourrir ces enfants ! » Stupéfaction générale. Applaudissements polis. Mais personne ne bouge. Car chacun sait, au fond, que les enfants ne sont là que pour rappeler aux convives leur propre humanité. Ils ne sont que des accessoires, des figurants dans une pièce dont ils ne connaîtront jamais le dénouement. Et quand le banquet sera terminé, quand les convives seront partis, repus et satisfaits, les enfants resteront là, dans l’ombre, à se demander pourquoi personne n’a tendu la main. Pourquoi personne n’a osé briser la glace, rompre le silence, dire la vérité. Car la vérité, voyez-vous, est comme ces enfants affamés : elle attend, patiente, que quelqu’un daigne enfin la voir, l’entendre, la nourrir. Et tant que nous fermerons les yeux, tant que nous détournerons le regard, elle restera là, dans l’ombre, à nous rappeler notre lâcheté, notre indifférence, notre complicité. Alors, la question n’est pas de savoir si nous oserons enfin la regarder en face. La question est de savoir ce que nous ferons quand nous l’aurons vue.