ACTUALITÉ SOURCE : Affaire Epstein : de nombreuses personnalités françaises apparaissent dans les dossiers publiés par les États-Unis – francebleu.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’Affaire Epstein ! Comme si l’humanité, dans son éternel recommencement, avait besoin d’un nouveau miroir brisé pour contempler ses propres abjections. Les dossiers s’ouvrent, les noms s’égrènent, et la France, cette vieille catin repentie, voit ses élites se débattre dans la boue des révélations. Mais au-delà du scandale, au-delà des têtes qui roulent et des carrières qui s’effondrent, il y a une vérité plus profonde, plus sale, plus ancienne que l’histoire elle-même. Une vérité que nous allons disséquer en sept étapes, comme on découpe un cadavre pour en comprendre la pourriture.
1. Les Origines : Le Péché Originel du Pouvoir
Depuis que l’homme a quitté les cavernes pour ériger des cités, le pouvoir a toujours été une monnaie d’échange plus précieuse que l’or. Les pharaons, les empereurs romains, les rois médiévaux – tous ont compris que la domination ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se niche dans les alcôves, dans les secrets murmurés, dans les corps offerts ou volés. Epstein n’a rien inventé. Il a simplement industrialisé une pratique aussi vieille que la prostitution sacrée de Babylone. Le pouvoir corrompt, disait-on. Non. Le pouvoir révèle. Il révèle ce que l’homme a toujours été : un prédateur en costume trois-pièces.
2. La Renaissance : L’Art de la Dépravation Esthétisée
À la Renaissance, les Borgia et les Médicis ont transformé le vice en art. Les orgies du Vatican n’étaient pas des excès, mais des rituels de domination. La France, avec ses cours royales et ses salons libertins, a poussé l’hypocrisie à son paroxysme. On y célébrait la raison tout en s’adonnant à la débauche la plus crasse. Epstein, lui, a modernisé le concept. Il n’avait pas besoin de fresques ou de sonnets pour justifier ses crimes. Il avait Wall Street, les yachts, les jets privés. La dépravation n’avait plus besoin d’être esthétisée. Elle était désormais un produit de luxe, comme un sac Hermès ou une montre Rolex.
3. Le Siècle des Lumières : Le Mythe de la Vertu Bourgeoise
Voltaire et Rousseau ont cru dompter la bête en lui offrant les chaînes de la morale. Mais la bourgeoisie naissante, avide de respectabilité, a simplement enfoui ses vices sous des couches de bienséance. Les bordels de Paris au XIXe siècle étaient fréquentés par les mêmes hommes qui signaient des pétitions pour l’abolition de l’esclavage. Epstein, lui, a compris que la respectabilité est une illusion. Il a construit un empire sur cette illusion, en offrant à ses clients ce qu’ils désiraient le plus : l’impunité. La bourgeoisie n’a jamais cessé d’être une putain. Elle a simplement appris à facturer plus cher.
4. Le XXe Siècle : L’Ère des Réseaux et de la Mondialisation du Vice
Les deux guerres mondiales ont montré que l’homme était capable des pires atrocités. Mais entre les tranchées et les camps, une autre forme de guerre se menait : celle des réseaux d’influence. Les services secrets, les loges maçonniques, les cercles d’initiés – tous ont compris que le contrôle des élites passait par la maîtrise de leurs vices. Epstein n’était pas un espion. Il était bien pire : un facilitateur. Il a créé un réseau global où l’on pouvait acheter non seulement des corps, mais aussi des secrets, des contrats, des carrières. La mondialisation n’a pas seulement connecté les marchés. Elle a aussi connecté les égouts.
5. L’Ère Numérique : La Démocratisation de la Perversion
Avec l’avènement d’internet, la perversion a quitté les salons feutrés pour s’étaler sur des écrans. Les dossiers d’Epstein, une fois publiés, deviennent des fichiers numériques, partagés, commentés, likés. La honte n’existe plus. Elle est remplacée par l’indignation performative, cette nouvelle monnaie des réseaux sociaux. Les personnalités françaises dont les noms apparaissent dans ces dossiers ne sont pas des monstres isolés. Ils sont le produit d’une époque où tout est accessible, tout est consommable, tout est jetable. Même les êtres humains.
6. La Justice : Une Farce en Trois Actes
La justice, dans cette affaire, est une mascarade. Les puissants se protègent entre eux, comme ils l’ont toujours fait. Les dossiers sont publiés, mais les condamnations se font attendre. Les noms sont révélés, mais les carrières continuent. La justice n’est qu’un théâtre où l’on joue la comédie de l’équité. Epstein est mort, mais son système lui survit. Parce que ce système n’est pas le sien. Il est le nôtre. Il est celui d’une humanité qui a toujours préféré fermer les yeux plutôt que de regarder en face sa propre pourriture.
7. L’Héritage : La Fin des Illusions
L’affaire Epstein marque peut-être la fin d’une époque. Celle où l’on pouvait encore croire à la moralité des élites. Les noms français qui apparaissent dans ces dossiers ne sont pas des exceptions. Ils sont la règle. Ils sont le reflet d’une société qui a érigé l’argent et le pouvoir en nouvelles divinités. Et comme toutes les divinités, celles-ci exigent des sacrifices. Des sacrifices humains.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Le langage utilisé pour parler de l’affaire Epstein est révélateur. On parle de « réseau », de « clientèle », de « services ». Comme si tout cela n’était qu’une transaction commerciale. Les victimes sont des « filles », des « jeunes femmes », jamais des êtres humains à part entière. Le langage déshumanise pour mieux justifier. Il transforme l’horreur en banalité. Et c’est là que réside le vrai crime : dans cette banalisation. Dans cette normalisation de l’inacceptable.
Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste
Face à cette machine à broyer les âmes, que reste-t-il ? La résistance. Pas celle des grands discours, mais celle des petits gestes. Celle qui consiste à refuser de fermer les yeux. À refuser de participer. À refuser de consommer. La résistance humaniste, c’est de reconnaître que chaque victime a un nom, une histoire, une dignité. C’est de refuser de réduire l’affaire Epstein à un simple scandale médiatique. C’est de comprendre que derrière chaque nom révélé, il y a des vies brisées, des rêves piétinés, des espoirs anéantis.
La résistance, c’est aussi de refuser le cynisme facile. De ne pas tomber dans le piège de la généralisation. Tous les puissants ne sont pas des monstres. Mais tous les monstres sont puissants. Et c’est cette équation qu’il faut briser. En refusant de jouer leur jeu. En refusant de devenir ce qu’ils veulent que nous soyons : des complices silencieux.
Les Noms dans la Boue
Ils signaient des chèques sur des peaux de soie,
Des contrats encre rouge, des promesses de bois.
Leurs yachts fendaient l’écume comme des couteaux,
Portant dans leurs cales des rires trop jeunes, trop faux.
Paris, New York, Londres – les capitales du vice,
Où l’on vend des âmes au poids de l’orifice.
Les salons feutrés, les cocktails en cristal,
Cachetaient des pactes plus noirs que le mal.
On les appelait « Monsieur », « Votre Honneur »,
« Excellence », « Maître », « Seigneur » – quelle horreur !
Leurs noms, maintenant, s’étalent en plein jour,
Comme des taches d’huile sur un suaire d’amour.
Mais les filles, les vraies, celles qu’on a brisées,
Celles qu’on a jetées comme des poupées usées,
Leur silence est une arme plus forte que vos lois,
Leur mémoire, un poison qui ronge vos doigts.
Un jour, les dossiers seront des pierres tombales,
Vos fortunes, des cendres, vos titres, des fables.
Et dans le vent mauvais qui soufflera sur vos tombes,
On entendra encore rire les ombres que vous volâtes.