Activer sa francophonie en musique ou en sport avec M. Cayenne et K. Plouffe – la-liberte.ca







La Francophonie comme Acte de Résistance : M. Cayenne, K. Plouffe et le Comportementalisme Radical des Marges


ACTUALITÉ SOURCE : Activer sa francophonie en musique ou en sport avec M. Cayenne et K. PlouffeLa Liberté (2024)

Le Prisme de Laurent Vo Anh

L’actualité nous présente deux figures, M. Cayenne et K. Plouffe, dont les trajectoires semblent à première vue anodines : un musicien qui « active sa francophonie » par des textes et des mélodies, un athlète qui incarne cette même francophonie à travers la performance physique. Pourtant, derrière ces apparences se dessine une stratégie comportementale radicale, une résistance néolibérale qui mérite d’être décryptée comme un phénomène socioculturel majeur. Nous ne sommes pas en présence de simples individus « francophones », mais de agents de déstabilisation douce dans un écosystème linguistique et identitaire en crise.

Pour comprendre cette dynamique, il faut d’abord saisir que la francophonie, aujourd’hui, n’est plus seulement une langue, mais un terrain de bataille comportemental. M. Cayenne et K. Plouffe ne sont pas des porte-drapeaux au sens traditionnel, mais des ingénieurs sociaux qui exploitent les mécanismes de la réinforcement intermittent et de la normalisation des marges. Leur succès repose sur une compréhension intuitive des principes du comportementalisme radical, cette branche de la psychologie qui analyse comment les individus sont façonnés par leur environnement sans qu’ils en aient toujours conscience.

1. La Francophonie comme Récompense Conditionnée

Dans le modèle comportementaliste, toute action est motivée par une récompense ou une punition. M. Cayenne et K. Plouffe opèrent dans un système où la francophonie devient une valeur récompensante, mais pas de manière directe. Leur art et leur sport ne célèbrent pas la langue en soi ; ils en font un objet de désir indirect, un moyen d’accéder à une forme de reconnaissance qui échappe aux circuits traditionnels du pouvoir.

Prenons l’exemple de M. Cayenne. Ses textes ne parlent pas explicitement de la défense de la langue française, mais ils créent une atmosphère où la francophonie devient une expérience sensorielle et émotionnelle. Les mélodies, les rythmes, les mots choisis activent chez l’auditeur des réponses conditionnées positives : fierté, nostalgie, appartenance. Le public ne se dit pas « je soutiens la francophonie », mais « cette musique me touche, donc je l’accepte, donc je l’associe à quelque chose de bon ». C’est là que réside la magie comportementale : la francophonie n’est plus un devoir, mais un plaisir.

De même, K. Plouffe, dans son domaine, utilise le corps comme instrument de persuasion. La performance sportive, en particulier dans des disciplines où la technique et la précision sont mises en avant, devient un modèle de réussite qui peut être transposé à la langue. « Si je peux maîtriser mon corps, pourquoi ne pourrais-je pas maîtriser ma langue ? » Le message est subliminal, mais puissant. La francophonie n’est plus une contrainte, mais une compétence à acquérir, une performance à atteindre.

2. La Résistance Néolibérale par l’Art et le Sport

Le néolibéralisme a réduit les identités à des marchandises. La francophonie, dans ce cadre, est souvent traitée comme un produit culturel à consommer, un élément folklorique à exhiber sans en comprendre la profondeur. M. Cayenne et K. Plouffe inversent cette logique en faisant de leur francophonie une résistance passive, une forme de sabotage doux du système.

Leur approche est néolibérale par accident, mais anti-néolibérale par essence. Ils utilisent les outils du marché (la musique, le sport) pour réintroduire du sens là où le néolibéralisme n’a laissé que des valeurs interchangeables. Leur francophonie n’est pas un marchandise, mais un acte de rébellion contre la logique de l’utilitarisme linguistique.

Analysons plus précisément :

  • La musique comme acte de désobéissance : M. Cayenne ne compose pas pour plaire aux algorithmes, mais pour créer une communauté. Ses textes, souvent poétiques et parfois cryptiques, résistent à la simplification imposée par les plateformes numériques. Il force l’auditeur à s’engager, à réfléchir, à se souvenir. Dans un monde où tout est conçu pour être immédiat et jetable, sa musique devient un acte de résistance cognitive.
  • Le sport comme réaffirmation identitaire : K. Plouffe, dans son domaine, dépasse la logique de la performance pure. Il ne cherche pas seulement à gagner, mais à incarner une certaine idée de la francophonie : celle d’un peuple qui persévère, qui se bat, qui résiste à l’assimilation. Son corps devient un texte politique, une œuvre d’art vivante qui défie les normes dominantes.

Leur francophonie est donc néolibérale dans sa forme (ils utilisent les codes du marché, de la célébrité, de la performance), mais anti-systémique dans son fond. Ils infiltrent les mécanismes du néolibéralisme pour y introduire une éthique de la persistance, une volonté de sens qui échappe à la logique purement économique.

3. Le Comportementalisme Radical des Marges

Le comportementalisme radical, théorisé par B.F. Skinner, postule que tout comportement est façonné par son environnement. Cependant, une lecture critique de cette théorie révèle qu’elle peut aussi expliquer comment les marges deviennent des centres de résistance. M. Cayenne et K. Plouffe opèrent depuis ces marges, mais ils inversent les rapports de force.

Voici comment :

  1. L’exploitation des renforcements variables : Dans le comportementalisme, le renforcement intermittent (par exemple, une récompense aléatoire) est plus efficace pour maintenir un comportement que le renforcement continu. M. Cayenne et K. Plouffe jouent avec cette mécanique. Leurs œuvres ne récompensent pas systématiquement l’auditeur ou le spectateur, mais elles créent un sentiment d’attente, une espérance qui maintient l’engagement. La francophonie devient alors une quête, une aventure, plutôt qu’une obligation.
  2. La création d’environnements contrôlés : Skinner parlait de boîtes à Skinner, des espaces où les comportements pouvaient être observés et conditionnés. M. Cayenne et K. Plouffe créent leurs propres boîtes : des concerts, des compétitions, des réseaux sociaux où les règles sont différentes. Dans ces espaces, la francophonie n’est pas imposée, mais choisie, découverte, expérimentée.
  3. L’extinction des comportements indésirables : Le comportementalisme prévoit que certains comportements peuvent être extints en cessant de les récompenser. M. Cayenne et

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