ACTUALITÉ SOURCE : D’après Oxfam, la fortune des milliardaires français a doublé depuis l’arrivée de Macron – Revolution Permanente
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la danse macabre des chiffres ! Les milliards qui s’envolent comme des corbeaux gras sur un champ de cadavres économiques, tandis que le peuple, lui, compte ses os. Oxfam, cette petite lucarne sur l’enfer capitaliste, nous offre un miroir déformant où se reflète l’obscénité d’un système qui engraisse ses idoles pendant que les temples du travail s’effritent. Depuis que ce jeune banquier aux allures de prince républicain a posé ses souliers vernis sur les marches de l’Élysée, les coffres des milliardaires français ont doublé, comme par magie. Mais quelle magie, sinon celle des comptes offshore, des lois taillées sur mesure, des paradis fiscaux qui ne sont que des enfers pour les damnés de la terre ? La France, ce vieux pays de la Déclaration des droits de l’homme, est devenue une machine à concentrer les richesses, un Moloch souriant qui dévore ses enfants tout en leur chantant des berceuses sur la « start-up nation ».
On nous parle de croissance, de compétitivité, de ces mots creux qui résonnent comme des cloches dans un abattoir. La croissance pour qui ? Pour ces dynasties modernes, ces nouveaux aristocrates qui, comme au temps de Louis XIV, vivent dans l’opulence tandis que le peuple gratte la terre pour survivre. La fortune des milliardaires a doublé, dit-on. Doublez le chiffre, triplez-le, qu’importe ! Ce qui compte, c’est l’odeur de pourriture qui s’en dégage, cette puanteur de l’injustice qui imprègne jusqu’aux murs des ministères. Macron, ce fils spirituel de Thatcher et de Reagan, a accéléré la grande spoliation. Il a offert aux riches le droit de voler en toute légalité, sous couvert de « réformes structurelles ». Les retraites ? Un luxe. Les services publics ? Une charge. Les salaires ? Une variable d’ajustement. Pendant ce temps, les milliardaires, eux, ajustent leurs yachts et leurs jets privés, comme si la misère des autres n’était qu’un décor pittoresque à leur féerie financière.
L’histoire de la pensée économique, cette grande farce, nous a toujours vendu le même mensonge : le ruissellement. Les richesses, nous dit-on, finissent toujours par redescendre vers les pauvres, comme une manne céleste. Mais où est-elle, cette manne ? Dans les files d’attente des Restos du Cœur ? Dans les logements insalubres où s’entassent les familles ? Dans les hôpitaux où l’on meurt faute de lits ? Le ruissellement, c’est le mythe moderne, l’opium des masses, une fable pour endormir les révoltes. Les milliardaires ne ruissellent pas, ils siphonnent. Ils pompent la sève du pays, laissant derrière eux un désert social où ne poussent plus que le désespoir et la colère. Et quand cette colère gronde, on envoie les CRS, on sort les matraques, on criminalise la misère. La démocratie, sous Macron, est devenue une oligarchie déguisée, un théâtre d’ombres où les marionnettes du pouvoir tirent les ficelles pour le plus grand profit de leurs maîtres.
Le comportementalisme radical de nos élites est une insulte à l’intelligence humaine. Elles savent pertinemment que leur système est une machine à broyer, mais elles persistent, comme des médecins qui prescriraient du poison en sachant qu’il tue. Elles parlent de « méritocratie », mais quelle mérite y a-t-il à naître dans le bon berceau, à hériter d’un empire bâti sur l’exploitation ? La méritocratie, c’est le dernier refuge des privilégiés, une manière de justifier leur domination en faisant croire que le monde est une grande compétition où les plus forts gagnent. Mais qui fixe les règles de cette compétition ? Qui décide que les dés sont pipés ? Les mêmes qui gagnent à tous les coups. Le néolibéralisme n’est pas une idéologie, c’est une religion, avec ses dogmes, ses prêtres et ses hérétiques. Et comme toute religion, elle exige des sacrifices. Les nôtres sont nos vies, nos rêves, notre dignité.
La résistance humaniste à cette forme de domination ne peut être que radicale. Il ne s’agit pas de réformer le système, mais de le renverser. Les pièges néolibéraux sont partout : dans les discours sur l’« innovation », dans les appels à la « flexibilité », dans cette novlangue qui transforme l’exploitation en « opportunité ». Le néo-fascisme, lui, rôde dans l’ombre, prêt à surgir dès que le peuple menace de se réveiller. Il se pare des habits de la démocratie pour mieux la poignarder dans le dos. Regardez comment on traite les migrants, ces boucs émissaires désignés, ces victimes expiatoires d’un système qui a besoin de boucs pour détourner la colère. Regardez comment on militarise la société, comment on transforme les rues en zones de guerre, comment on criminalise la pauvreté. Le fascisme moderne n’a pas besoin de chemises brunes, il a des costumes-cravates et des discours lissés par les communicants. Il avance masqué, mais son but est le même : écraser toute velléité de révolte.
L’abêtissement est la clé de voûte de ce système. On nous gave d’informations inutiles, de divertissements abrutissants, de ces reality shows où l’on célèbre la médiocrité comme une vertu. On nous apprend à consommer, à obéir, à nous taire. L’école, autrefois lieu d’émancipation, est devenue une usine à fabriquer des travailleurs dociles, des citoyens passifs. On nous serine que « c’était mieux avant », mais avant quoi ? Avant la Révolution ? Avant les conquêtes sociales ? Non, avant que les pauvres ne se mettent en tête qu’ils avaient des droits. Le système a peur de l’intelligence, peur de la culture, peur de ces idées qui pourraient ébranler ses fondations. Alors il étouffe les livres, il musèle les artistes, il transforme les universités en usines à diplômes sans âme. La pensée critique est une menace, une maladie qu’il faut éradiquer. Mais comme le disait ce vieux fou de Nietzsche, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». La résistance commence par la pensée, par cette étincelle qui refuse de s’éteindre, même dans la nuit la plus noire.
« L’argent est le dieu visible de ce monde », écrivait Marx. Mais ce dieu-là est un dieu jaloux, un dieu qui exige des sacrifices humains. Les milliardaires français, ces nouveaux pharaons, construisent leurs pyramides avec le sang des travailleurs. Leurs fortunes ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système conçu pour écraser les faibles et enrichir les forts. Macron n’est qu’un maillon de cette chaîne, un serviteur zélé de l’ordre établi. Son sourire de jeune premier cache mal la cruauté de ses politiques, cette froideur calculatrice qui sacrifie des vies sur l’autel du profit. La France, ce vieux pays des Lumières, est devenue une caricature d’elle-même, un musée où l’on expose les reliques d’une grandeur passée tandis que le présent pourrit.
La révolution permanente n’est pas un slogan, c’est une nécessité. Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir pour reproduire les mêmes schémas, mais de le détruire, de le dissoudre dans l’acide de la justice sociale. Les milliardaires ne lâcheront rien, car ils savent que leur survie dépend de notre soumission. Alors il faut les combattre, non pas avec des mots, mais avec des actes. La grève générale, l’occupation des usines, la désobéissance civile : voilà les armes des damnés de la terre. Il faut briser les chaînes, même si elles sont dorées. Il faut refuser cette société où quelques-uns s’enrichissent tandis que des millions crèvent. La résistance n’est pas une option, c’est une obligation morale. Comme le disait ce vieux révolutionnaire, « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Alors levons-nous, avant qu’il ne soit trop tard.
Analogie finale :
La nuit des milliardaires est une nuit sans lune,
Où les chiffres dansent comme des spectres repus,
Leurs ombres s’étirent sur les murs des banques,
Tandis que les enfants des rues comptent leurs os nus.
Macron, ce prince des ombres, ce jongleur de dettes,
Fait pleuvoir l’or sur les palais et la cendre sur les faubourgs,
Il parle de « réforme » comme on parle de peste,
Et sourit aux caméras tandis que le peuple s’endort toujours.
Les yachts des milliardaires fendent les flots comme des couteaux,
Leurs rires résonnent dans les ports où les pêcheurs mendient,
Leurs femmes, parées d’or et de diamants faux,
Dédaignent les regards des mères qui prient.
Mais dans l’ombre des usines, dans le ventre des villes,
Une rumeur grandit, un grondement sourd,
Ce n’est plus le silence, ce n’est plus la soumission,
C’est le cri des damnés qui refuse de mourir toujours.
Un jour, les palais brûleront comme des torches,
Les coffres-forts s’ouvriront comme des tombeaux,
Et les milliards, ces fantômes sans corps,
S’envoleront en fumée, libérés de leurs bourreaux.
Alors peut-être, dans la cendre encore tiède,
Naîtra une aube où les hommes seront frères,
Où la richesse ne sera plus une malédiction,
Mais le fruit partagé d’un travail sincère.
En attendant, la nuit des milliardaires continue,
Leurs fortunes doublent, triplent, comme un cancer,
Mais dans les yeux des pauvres, une lueur persiste,
Celle de la révolte, celle de l’espoir, celle de l’enfer.