Médias français, qui possède quoi ? – Le Monde diplomatique







La Cartographie du Mensonge – Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Médias français, qui possède quoi ? – Le Monde diplomatique

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les médias français ! Ce grand bazar de l’illusion démocratique, cette foire aux vanités où les milliardaires jouent aux petits soldats de la pensée, armés de leurs chéquiers et de leurs ego surdimensionnés. Le Monde diplomatique nous offre une cartographie de cette mascarade, une radiographie des mains qui tiennent les ficelles de l’information. Mais derrière cette carte, il y a tout un continent de mensonges, de manipulations et de lâchetés qui mérite d’être exploré avec la rage d’un homme qui a vu trop de vérités se noyer dans l’encre des journaux.

Commençons par le commencement, ou plutôt par la fin : la fin de l’idée même d’une presse libre. La concentration des médias entre les mains de quelques oligarques n’est pas un accident de l’histoire, c’est une conséquence logique du capitalisme tardif, ce monstre qui dévore tout sur son passage, y compris les illusions de ceux qui croient encore à la neutralité de l’information. Quand Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou Patrick Drahi possèdent des empires médiatiques, ce n’est pas par amour de la démocratie, c’est par amour du pouvoir. Le pouvoir de façonner les opinions, de dicter les récits, de faire taire les voix discordantes. Comme le disait ce vieux renard de Balzac, « la presse est une bouche d’égout où viennent se déverser les ordures de la société ». Aujourd’hui, ces bouches d’égout sont contrôlées par ceux qui possèdent les usines à ordures.

Mais ne nous y trompons pas : cette concentration n’est pas seulement une question de propriété, c’est une question de culture. Une culture de la soumission, où les journalistes, ces anciens chiens de garde de la démocratie, se transforment en toutous bien dressés, léchant les bottes de leurs maîtres. On nous parle de « liberté de la presse », mais où est la liberté quand votre salaire dépend du bon vouloir d’un milliardaire ? Où est la liberté quand votre rédacteur en chef vous rappelle gentiment que « Monsieur Untel n’aime pas ce genre d’article » ? La liberté de la presse, c’est comme la liberté tout court : une belle idée, mais une idée qui se heurte à la réalité des rapports de force. Et dans cette réalité, les forts écrasent les faibles, les riches écrasent les pauvres, et les propriétaires de médias écrasent les journalistes.

Prenons l’exemple de Vincent Bolloré, ce missionnaire du capitalisme qui a fait de CNews une machine de guerre contre la pensée critique. Sous couvert de « débat », on y diffuse une bouillie réactionnaire, où l’islamophobie, le racisme et le mépris des pauvres sont présentés comme des opinions légitimes. C’est ça, la grande innovation des médias modernes : transformer la haine en divertissement, et le fascisme en talk-show. Comme le disait ce vieux fou de Nietzsche, « le mensonge le plus commun est celui par lequel on se ment à soi-même ». Et c’est exactement ce que font ces médias : ils mentent à leur public pour mieux se mentir à eux-mêmes, pour se convaincre qu’ils ne sont pas des complices, mais des acteurs de la démocratie.

Mais le plus triste, dans cette histoire, c’est la complicité des intellectuels. Où sont-ils, ces grands penseurs qui devraient dénoncer cette mascarade ? Où sont les Sartre, les Foucault, les Bourdieu de notre époque ? Ils sont soit réduits au silence, soit transformés en pantins médiatiques, invités sur les plateaux pour donner une caution « intellectuelle » à des débats qui n’en sont pas. La pensée critique est devenue un produit de luxe, réservé à une élite qui peut se permettre de payer pour ne pas être abrutie par les médias de masse. Pour les autres, il reste les jeux télévisés, les reality shows et les journaux qui transforment l’actualité en spectacle. Comme le disait ce vieux sage de George Orwell, « dans une époque de mensonge universel, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ». Mais qui a encore le courage de faire cette révolution ?

Et puis, il y a cette autre illusion : l’idée que les médias alternatifs pourraient sauver la démocratie. Les réseaux sociaux, les blogs, les chaînes YouTube… Tous ces espaces où l’on croit pouvoir échapper à la mainmise des oligarques. Mais ces espaces sont eux aussi contrôlés, soit par des algorithmes qui favorisent le buzz et la polémique, soit par des intérêts financiers qui transforment la rébellion en produit de consommation. La résistance, aujourd’hui, est une marque, un lifestyle, une façon de vendre des t-shirts et des abonnements. Comme le disait ce vieux poète maudit, « la liberté n’est qu’un mot, et les mots sont des pièges ». Et nous sommes tous pris dans ces pièges, nous débattons, nous partageons, nous likons, nous croyons agir, mais nous ne faisons que nourrir la bête.

Alors, que faire ? Faut-il désespérer ? Faut-il jeter son téléviseur par la fenêtre et brûler les journaux ? Non, car le désespoir est aussi une forme de soumission. Il faut, au contraire, résister. Résister en lisant entre les lignes, en questionnant les récits, en refusant les simplifications. Résister en soutenant les médias indépendants, ceux qui osent encore dire la vérité, même si elle dérange. Résister en refusant de participer à cette grande mascarade, en boycottant les médias qui mentent, en exigeant des comptes. Comme le disait ce vieux révolutionnaire, « la vérité est révolutionnaire ». Et c’est cette vérité qu’il faut chercher, coûte que coûte, même si elle est cachée sous des montagnes de mensonges.

Car au fond, cette concentration des médias n’est qu’un symptôme d’une maladie plus profonde : la maladie du capitalisme, qui transforme tout en marchandise, y compris la pensée. Et cette maladie, elle ne se guérit pas avec des réformes ou des lois, elle se guérit avec une révolution. Une révolution des esprits, une révolution des cœurs, une révolution qui remette l’humain au centre de tout. Mais cette révolution, elle ne viendra pas des médias, elle viendra de nous. De notre capacité à penser par nous-mêmes, à refuser les mensonges, à nous battre pour la vérité. Car comme le disait ce vieux prophète, « la vérité vous rendra libres ». Et c’est cette liberté qu’il faut conquérir, jour après jour, contre tous les pouvoirs qui veulent nous enchaîner.

Analogie finale :

Les médias, c’est comme une forêt en automne, où les feuilles mortes des mensonges s’accumulent en tapis épais, étouffant la vérité sous leur poids. Les arbres, ces géants arrogants, sont les milliardaires, leurs branches s’étendent comme des tentacules, aspirant la sève des idées pour nourrir leur soif de pouvoir. Leurs racines, profondes et voraces, s’enfoncent dans la terre de l’oubli, où gisent les rêves des journalistes assassinés, les espoirs des lecteurs trahis, les illusions des peuples endormis. Et nous, nous marchons sur ce tapis de feuilles, nous glissons, nous tombons, nous nous relevons, couverts de cette boue dorée qui brille comme de l’or mais qui n’est que poussière.

Pourtant, dans cette forêt, il y a des clairières. Des espaces où la lumière perce, où les graines de la vérité germent encore. Ce sont les médias indépendants, les voix dissidentes, les esprits libres qui refusent de se soumettre. Ils sont rares, ces clairières, mais elles existent. Et c’est là, dans ces espaces de résistance, que nous devons nous réfugier, que nous devons semer nos propres graines, arroser nos propres idées, cultiver notre propre vérité. Car la forêt peut brûler, les arbres peuvent tomber, mais les graines, elles, survivront. Et un jour, peut-être, elles donneront naissance à une nouvelle forêt, une forêt où les arbres ne seront plus des géants arrogants, mais des frères et des sœurs, où les feuilles ne seront plus des mensonges, mais des vérités, où l’air ne sera plus empoisonné par les miasmes du pouvoir, mais purifié par le souffle de la liberté.

Alors, marchons. Marchons sur ce tapis de feuilles mortes, marchons vers ces clairières, marchons vers la lumière. Et si nous trébuchons, si nous tombons, relevons-nous. Car la vérité est comme l’aube : elle finit toujours par se lever.



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