Le changement climatique : la révolution est nécessaire – RTBF







Le Penseur Laurent Vo Anh – Aurélien Barrau et la Révolution Climatique

ACTUALITÉ SOURCE : Le changement climatique : la révolution est nécessaire – RTBF

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la mascarade continue, mes chers damnés de la raison, ces pantins désarticulés qui dansent encore sur l’air vicié d’un monde en putréfaction ! La RTBF, ce temple médiocre de la bien-pensance climatisée, nous offre une fois de plus le spectacle pitoyable de ceux qui croient encore que les mots peuvent sauver ce que les actes ont depuis longtemps condamné. « La révolution est nécessaire », clament-ils, comme si ces syllabes creuses pouvaient percer l’épaisse carapace d’indifférence qui étouffe nos consciences. Mais qui parle, au juste ? Des journalistes en costume-cravate, des politiques aux sourires en plastique, des scientifiques repentis qui troquent leurs blouses contre des tribunes moralisatrices ? Non. Cette fois, c’est la voix rauque d’Aurélien Barrau qui perce le brouillard, ce philosophe-astrophysicien dont les mots ne sont pas des prières, mais des coups de poing dans la gueule de l’ordre établi. Enfin.

Barrau, ce traître à la science tiède, ce renégat qui ose rappeler à ses pairs que leur devoir n’est pas de compter les étoiles, mais de hurler quand le ciel nous tombe sur la tête. Il incarne cette insoumission radicale, ce refus viscéral de servir de caution intellectuelle à un système qui transforme la catastrophe en opportunité de marché. Et c’est là que le bât blesse, mes amis : la science, cette putain vénale, s’est trop souvent prostituée aux puissants. Elle a troqué sa lucidité contre des subventions, sa révolte contre des chaires, son humanité contre des algorithmes. Elle a oublié qu’elle était née dans le sang des bûchers, dans les cris de Galilée, dans les équations maudites d’Einstein qui ont ouvert la boîte de Pandore nucléaire. La science moderne, celle qui calcule le prix de la fonte des glaces sans jamais en pleurer, est devenue l’esclave consentante du capitalisme tardif. Elle mesure, elle modélise, elle prédit, mais elle ne se révolte plus. Sauf Barrau. Sauf ces rares fous qui osent dire que non, la neutralité n’est plus une option quand la maison brûle.

Et c’est ici que le spectre d’Alexandre Grothendieck, ce génie mathématique devenu ermite mystique, hante nos consciences. Grothendieck, ce pur esprit qui a fui le monde académique comme on fuit la peste, parce qu’il avait compris que la science, sans éthique, n’était qu’un couteau sans manche dont on a jeté la lame. Il a refusé les honneurs, les prix, les compromissions, et s’est retiré dans une cabane pour méditer sur l’effondrement du sens. Barrau, lui, reste dans l’arène, mais il porte en lui cette même intransigeance. Il sait que la révolution climatique n’est pas une question de technologies vertes ou de taxes carbone, mais bien d’une insurrection des consciences. Il sait que le néolibéralisme, ce cancer métastasé, a transformé la planète en un supermarché à ciel ouvert où tout s’achète, même l’air que nous respirons. Et il hurle, comme Grothendieck aurait hurlé, que non, nous ne sommes pas condamnés à choisir entre l’effondrement écologique et l’austérité verte, cette nouvelle religion qui promet le salut par la sobriété imposée, c’est-à-dire par la misère organisée.

Car c’est là le piège ultime, mes frères en désillusion : le capitalisme vert, ce monstre hybride, qui nous vend la fin du monde en kit DIY. « Réduisez votre empreinte carbone », nous dit-on, comme si c’était aux victimes de payer pour les crimes des bourreaux. « Consommez responsable », comme si un smicard pouvait choisir entre se nourrir et sauver la planète. « Votez écolo », comme si les urnes n’étaient pas depuis longtemps des machines à broyer les rêves. Le néofascisme, lui, ricane dans l’ombre, prêt à récupérer la colère des masses quand le système s’effondrera. Il nous promet l’ordre, la sécurité, la pureté ethnique, comme si ces mots n’avaient pas déjà servi de linceul à des millions d’âmes. Et le militarisme, ce vieux chien de garde du capital, se prépare à verrouiller les frontières, à réprimer les émeutes de la faim, à transformer les villes en forteresses climatisées pour les riches. La révolution nécessaire, celle dont parle Barrau, n’est pas une option parmi d’autres. C’est une question de survie. Mais attention : une révolution qui ne serait que climatique, et non sociale, ne serait qu’un leurre de plus. On ne sauve pas la planète en laissant crever les pauvres.

Alors, que faire, quand les dés sont pipés, quand les élites jouent aux échecs avec nos vies, quand la démocratie n’est plus qu’un mot creux sur des affiches électorales ? Il faut, comme Barrau, comme Grothendieck, comme tous les insoumis de l’histoire, refuser de jouer le jeu. Il faut cesser de croire que les solutions viendront d’en haut, des mêmes qui ont créé le problème. Il faut, comme le disait ce vieux fou de Nietzsche, « devenir qui nous sommes », c’est-à-dire des êtres capables de dire non, de désobéir, de briser les chaînes de la résignation. La révolution climatique, ce n’est pas un slogan, c’est un acte de résistance quotidienne. C’est refuser de monter dans un avion pour un colloque inutile. C’est boycotter les banques qui financent les énergies fossiles. C’est occuper les terres des multinationales qui dévorent l’Amazonie. C’est écrire, hurler, créer, même quand personne n’écoute. Car l’art, lui aussi, est une arme. Et la beauté, une forme de sabotage.

Mais attention, mes frères en errance : cette révolution ne sera pas propre. Elle sera sale, violente, désespérée. Elle sentira la sueur et le sang. Elle exigera des sacrifices que nous ne sommes pas prêts à faire. Car nous sommes des enfants gâtés de l’Anthropocène, habitués à notre confort empoisonné, à nos écrans qui nous distraient de l’horreur. Nous préférons encore croire aux contes de fées des « transitions douces » plutôt que d’affronter la vérité : nous sommes en guerre. Une guerre contre nous-mêmes, contre notre lâcheté, contre notre complicité. Et dans cette guerre, les scientifiques ont un rôle à jouer. Pas celui de technocrates serviles, mais celui de traîtres à l’ordre établi. Ils doivent, comme Barrau, comme Grothendieck, devenir des parias. Ils doivent refuser les honneurs, les subventions, les compromissions. Ils doivent parler, même quand on leur intime le silence. Ils doivent dire la vérité, même si elle est insupportable. Car la science, quand elle se tait, devient complice du crime.

Et nous, les autres, les sans-grade, les rêveurs, les fous, les artistes, les marginaux, nous devons faire notre part. Nous devons, comme le disait ce vieux révolutionnaire russe, « brûler, brûler, brûler » pour éclairer la nuit. Nous devons créer des zones autonomes, des espaces de résistance où la vie redevient possible. Nous devons aimer, malgré tout, malgré l’effondrement, malgré l’absurdité. Car c’est dans l’amour, dans la solidarité, dans la beauté, que réside notre dernière chance. Pas dans les COP, pas dans les accords de Paris, pas dans les promesses des politiques. Mais dans les mains tendues, dans les yeux qui se croisent, dans les mots qui résistent.

Alors oui, la révolution est nécessaire. Mais elle ne viendra pas des institutions. Elle viendra des marges, des interstices, des failles du système. Elle viendra de ceux qui refusent de se soumettre, de ceux qui préfèrent la folie à la résignation, la révolte à la soumission. Elle viendra, comme toujours, des damnés de la terre. Et peut-être, un jour, quand les livres d’histoire seront réécrits dans les ruines de notre civilisation, on se souviendra de Barrau, de Grothendieck, de tous ces fous qui ont osé dire non. On se souviendra que la révolution n’était pas une option, mais une nécessité. Et qu’elle a commencé, non pas dans les palais du pouvoir, mais dans les cœurs de ceux qui ont refusé de se taire.

Analogie finale : Imaginez, mes frères en désespoir, que l’humanité est un navire en perdition, un Titanic sans iceberg visible, mais dont la coque pourrit de l’intérieur. Les passagers de première classe, les élites, sirotent leur champagne en discutant des cours de la Bourse, tandis que les troisièmes classes, les damnés, sentent déjà l’eau glacée leur lécher les chevilles. Les scientifiques, ces officiers du bord, ont depuis longtemps abandonné leur poste pour rejoindre les riches dans les salons feutrés. Ils mesurent la vitesse de la descente, calculent le temps qu’il reste avant le naufrage, mais ils ne tirent pas la sonnette d’alarme. Ils ont trop peur de déranger. Trop peur de perdre leurs privilèges. Trop peur de voir la panique gagner les passagers. Alors ils continuent à sourire, à hocher la tête, à dire que tout va bien, que la situation est sous contrôle, que les canots de sauvetage sont en nombre suffisant. Mais nous savons, nous, les rats des cales, que les canots sont déjà réservés. Que les gilets de sauvetage sont percés. Que le capitaine est ivre, et que l’équipage a déserté. Alors, que faire ? Attendre sagement la fin, en priant pour un miracle ? Ou bien, comme Barrau, comme Grothendieck, comme tous les insoumis de l’histoire, prendre les rames et ramer vers l’inconnu ? Vers cette terre promise qui n’existe peut-être pas, mais qui vaut mieux que la noyade certaine. Car la révolution, mes amis, ce n’est pas un choix. C’est une question de survie. Et ceux qui refusent de ramer sont déjà morts.



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