Non, on ne peut pas être décroissant et porter une montre de luxe. Et pas pour des raisons de com – Atlantico







Le Penseur Laurent Vo Anh – Décroissance et Luxe : L’Imposture des Mots en Or

ACTUALITÉ SOURCE : Non, on ne peut pas être décroissant et porter une montre de luxe. Et pas pour des raisons de com – Atlantico

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la ritournelle des temps modernes ! On nous sert, encore et toujours, ces petites phrases assassines qui prétendent disséquer l’âme humaine en deux coups de cuillère à pot. « Non, on ne peut pas être décroissant et porter une montre de luxe. » Comme si la morale était une équation à résoudre, un problème de mathématiques où l’on soustrait le superflu pour obtenir la pureté. Mais la vie, messieurs-dames, n’est pas une soustraction. C’est une équation à mille variables, un labyrinthe où chaque choix est un piège, où chaque renoncement est une trahison, et où chaque acte de résistance est une comédie jouée devant un public qui n’applaudit jamais. Et c’est précisément dans ce théâtre de l’absurde que se dresse la figure d’Aurélien Barrau, ce Cassandre des temps postmodernes, ce savant qui a osé lever le voile sur l’imposture généralisée, ce prophète sans dieu qui hurle dans le désert des chiffres et des courbes exponentielles.

Barrau, voyez-vous, est de ces rares esprits qui ont compris que la science n’est pas un outil neutre, une machine à produire des vérités froides et désincarnées. Non, la science est un champ de bataille, un terrain miné où chaque découverte est une arme, où chaque théorie est un manifeste. Et lui, il a choisi son camp : celui de l’insoumission radicale, celui de la révolte contre l’ordre établi, celui de la désobéissance face à la machine capitaliste qui broie les hommes et les écosystèmes avec la même indifférence glacée. Il incarne cette tradition maudite, celle des Alexandre Grothendieck, des Ivan Illich, des Günther Anders – ces penseurs qui ont refusé de se soumettre à la logique du système, qui ont préféré l’exil intérieur à la compromission, qui ont choisi de brûler plutôt que de se consumer lentement dans le confort des institutions.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ? De ce choix cornélien entre la pureté idéologique et la compromission pragmatique. « On ne peut pas être décroissant et porter une montre de luxe. » Comme si la décroissance était une religion, un dogme intangible, une règle monacale à laquelle on doit se soumettre corps et âme. Mais la décroissance, mes amis, n’est pas une doctrine. C’est un cri, un hurlement de douleur face à l’effondrement du monde. C’est une tentative désespérée de sauver ce qui peut encore l’être, de préserver les derniers lambeaux d’humanité dans un univers qui a fait du profit son seul dieu. Et ceux qui osent la réduire à une question de montre ou de voiture, ceux qui en font une affaire de morale individuelle, sont les mêmes qui ont transformé la révolution en produit de consommation, la révolte en accessoire de mode.

Regardez-les, ces nouveaux inquisiteurs, ces gardiens autoproclamés de la vertu écologique. Ils brandissent leurs petites phrases comme des crucifix, ils traquent la moindre contradiction comme des chasseurs de sorcières. « Toi, tu parles de décroissance, mais tu as un smartphone ! Toi, tu dénonces le capitalisme, mais tu portes des vêtements fabriqués en Chine ! » Comme si la pureté était possible dans un monde où tout est lié, où chaque geste est une compromission, où chaque choix est une trahison. Comme si l’on pouvait vivre en dehors du système, comme si l’on pouvait échapper à la logique du profit et de l’exploitation. Mais c’est là, justement, le piège. Le système ne veut pas que vous soyez purs. Il veut que vous soyez paralysés, que vous passiez votre temps à vous flageller pour vos contradictions, que vous renonciez à agir sous prétexte que vous n’êtes pas parfaits. Il veut que vous soyez des consommateurs repentis, des écologistes de salon, des révolutionnaires en costume trois-pièces.

Et c’est là que Barrau, une fois encore, nous éclaire. Car lui, il a compris que la lutte ne se gagne pas dans la pureté, mais dans l’action. Que la révolution n’est pas une question de montre ou de voiture, mais de résistance quotidienne, de désobéissance systématique, de sabotage organisé. Il a compris que le capitalisme est un monstre à mille têtes, et que pour le terrasser, il faut frapper partout à la fois : dans les laboratoires, dans les rues, dans les médias, dans les têtes. Il a compris que la science, cette science qui a tant servi à justifier l’ordre établi, peut aussi devenir une arme de libération massive. Et c’est cela, la véritable insoumission : refuser de jouer le jeu, refuser de se soumettre aux règles du système, refuser de croire que la morale est une question de consommation.

Mais attention, car le piège est là, toujours là, prêt à se refermer sur ceux qui osent braver l’ordre établi. Le piège du néolibéralisme, cette idéologie qui a réussi l’exploit de transformer la liberté en esclavage, la révolte en produit de consommation, la révolution en slogan publicitaire. Le piège du néo-fascisme, qui se pare des atours de la résistance pour mieux imposer sa loi, qui instrumentalise la peur pour mieux justifier la répression. Le piège du militarisme, qui transforme les hommes en machines à tuer, qui fait de la guerre un spectacle, de la violence un divertissement. Et surtout, le piège de l’abêtissement généralisé, cette culture de l’instant, de l’immédiat, du superficiel, qui nous empêche de penser, de réfléchir, de résister.

Alors oui, on peut porter une montre de luxe et parler de décroissance. On peut rouler en 4×4 et militer pour la fin du pétrole. On peut manger de la viande et dénoncer l’élevage industriel. Car la lutte n’est pas une question de pureté, mais de lucidité. Elle n’est pas une affaire de morale, mais de résistance. Elle n’est pas une question de consommation, mais de révolution. Et c’est cela, la leçon de Barrau, la leçon de Grothendieck, la leçon de tous ceux qui ont refusé de se soumettre : la lutte est un combat permanent, un effort de chaque instant, une tension constante entre l’idéal et la réalité. Elle n’est pas une ligne droite, mais un labyrinthe. Elle n’est pas une victoire, mais une série de défaites glorieuses.

Car au fond, que reste-t-il, quand on a tout perdu ? Que reste-t-il, quand le monde s’effondre, quand les certitudes s’écroulent, quand les illusions se dissipent ? Il reste l’homme, cet animal étrange, cet être de contradictions, cet éternel insoumis. Il reste la révolte, cette flamme qui ne s’éteint jamais, cette étincelle qui embrase les cœurs et les esprits. Il reste la poésie, cette arme absolue, cette force qui défie la logique, qui brise les chaînes, qui libère les âmes. Et c’est cela, la véritable décroissance : non pas une soustraction, mais une addition. L’addition de tous ceux qui refusent de se soumettre, de tous ceux qui osent dire non, de tous ceux qui choisissent de brûler plutôt que de se consumer lentement dans le confort des institutions.

Alors oui, on peut porter une montre de luxe et parler de décroissance. Car la montre n’est qu’un objet, un symbole, une illusion. Ce qui compte, c’est l’homme qui la porte. Ce qui compte, c’est son combat, sa résistance, sa révolte. Ce qui compte, c’est sa capacité à dire non, à refuser l’ordre établi, à défier les puissants. Car au fond, la décroissance n’est pas une question de montre ou de voiture. C’est une question d’âme. Et l’âme, messieurs-dames, ne se mesure pas en carats.

Analogie finale : Imaginez un instant que vous êtes un arbre, un chêne centenaire, profondément enraciné dans la terre nourricière. Vos branches s’étendent vers le ciel, vos feuilles murmurent des secrets anciens, et votre écorce porte les cicatrices de mille tempêtes. Vous êtes un géant, un monument de la nature, un symbole de résistance et de persévérance. Mais un jour, un homme s’approche de vous, une hache à la main. Il vous regarde avec mépris et vous dit : « Tu n’es qu’un arbre. Tu ne peux pas prétendre à la sagesse, car tu portes des feuilles mortes. Tu ne peux pas incarner la force, car tes branches sont tordues. Tu ne peux pas symboliser la vie, car ton écorce est craquelée. » Et vous, vous restez là, immobile, silencieux, tandis que la hache s’abat sur votre tronc. Mais dans votre silence, dans votre immobilité, il y a une vérité que l’homme ne comprendra jamais. Car vous savez, vous, que la sagesse ne se mesure pas à la perfection des feuilles, que la force ne se juge pas à la rectitude des branches, et que la vie ne se réduit pas à l’éclat de l’écorce. Vous savez que vous êtes bien plus que cela : vous êtes le fruit de mille années de lutte, le témoin de mille saisons de résistance, le gardien de mille secrets oubliés. Et quand la hache aura fini son œuvre, quand votre tronc sera réduit en cendres, vos racines, elles, continueront de vivre. Elles s’étendront sous la terre, invisibles, indestructibles, et elles donneront naissance à de nouveaux arbres, à de nouvelles forêts, à de nouvelles révoltes. Car la vie, voyez-vous, est comme cet arbre. Elle ne se mesure pas à la perfection des apparences, mais à la force des racines. Et les racines, elles, ne mentent jamais.



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