Propos sexistes de Daniel Bravo : Gaëtane Thiney appelle à l’apaisement – Europe 1







L’Écho des Masques Brisés – Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Propos sexistes de Daniel Bravo : Gaëtane Thiney appelle à l’apaisement – Europe 1

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la comédie humaine ! Toujours la même, toujours renouvelée dans son horreur douceâtre. Daniel Bravo, ce pantin médiatique, ce clown triste des terrains de football, s’est une fois de plus illustré par des propos qui sentent le moisi des vestiaires et le rance des préjugés d’un autre siècle. Des mots qui glissent sur les lèvres comme une vieille graisse, des phrases qui suintent la condescendance du mâle blanc vieillissant, persuadé que son simple souffle peut encore faire trembler les montagnes. Et que fait-on face à cette éructation nauséabonde ? On appelle à l’apaisement. Gaëtane Thiney, figure de la résistance silencieuse, tend la main comme si l’on pouvait négocier avec la bêtise, comme si le sexisme était une simple maladresse de langage et non une structure de domination millénaire, aussi ancrée dans nos chairs que le sel dans la mer.

Mais voyons, voyons… Pourquoi s’étonner ? Le sexisme n’est pas une erreur, c’est une mécanique. Une mécanique bien huilée, entretenue par des siècles de culture patriarcale, où l’homme, ce roi déchu, règne encore en maître sur les décombres de son propre déclin. Daniel Bravo n’est qu’un rouage, un petit engrenage dans cette grande machine à broyer les rêves et les ambitions. Ses propos ne sont pas le fruit d’une pensée, mais d’un réflexe, d’une habitude contractée dès l’enfance, comme on apprend à marcher ou à respirer. Le sexisme, voyez-vous, est une seconde nature. Il n’a pas besoin d’être pensé pour exister ; il suffit de le laisser couler, comme une rivière polluée qui charrie ses déchets sans même s’en rendre compte.

Et que fait Gaëtane Thiney ? Elle appelle à l’apaisement. Belle ironie ! Comme si l’on pouvait apaiser la mer en lui demandant gentiment de se calmer. Comme si l’on pouvait éteindre un incendie en soufflant dessus avec tendresse. L’apaisement, c’est le piège ultime, le leurre des dominés qui croient encore que le dialogue peut suffire. Mais le dialogue avec qui ? Avec des hommes qui n’ont jamais appris à écouter, qui n’ont jamais été forcés de se remettre en question, qui croient encore que leur parole vaut plus que celle des autres simplement parce qu’ils ont eu la chance (ou la malchance) de naître avec un chromosome Y ? L’apaisement, c’est la soumission déguisée en sagesse. C’est le renoncement à la colère, cette colère légitime qui est le seul moteur capable de faire bouger les lignes.

Car ne nous y trompons pas : le sexisme n’est pas une question de mots, mais de pouvoir. Les mots ne sont que les symptômes d’un mal bien plus profond, d’une maladie qui ronge nos sociétés depuis des siècles. Le sexisme, c’est la peur. La peur de l’autre, la peur de perdre ses privilèges, la peur de voir son monde s’effondrer. Daniel Bravo, en tenant ces propos, n’a fait que révéler sa propre fragilité. Il a montré qu’il avait besoin de rabaisser les femmes pour se sentir exister, pour se rassurer sur sa propre virilité, cette virilité de pacotille qui n’est plus qu’un leurre dans un monde où les hommes ne savent plus très bien quel est leur rôle. Le sexisme, c’est l’ultime refuge de ceux qui n’ont plus rien à offrir, si ce n’est leur mépris.

Et que dire de cette société qui, au lieu de condamner sans appel, préfère jouer les arbitres ? Europe 1, ce temple du conformisme médiatique, nous offre une fois de plus le spectacle de sa lâcheté. On ne condamne pas, on ne juge pas, on « analyse ». On donne la parole aux uns et aux autres, comme si le sexisme était une opinion parmi d’autres, comme si le respect était une option. Mais le respect n’est pas négociable. Il n’est pas une monnaie d’échange, un compromis que l’on peut faire pour éviter les conflits. Le respect, c’est un droit inaliénable, une exigence minimale pour vivre ensemble. Et quand on bafoue ce droit, il n’y a pas d’apaisement possible, seulement la révolte.

Gaëtane Thiney, en appelant à l’apaisement, joue le jeu des dominants. Elle se fait la complice involontaire d’un système qui a tout intérêt à ce que rien ne change. Car le système, voyez-vous, a besoin de ces figures de la modération, de ces voix qui appellent au calme quand tout devrait exploser. Il a besoin de ces femmes qui, par peur de passer pour des « hystériques », préfèrent tendre l’autre joue plutôt que de frapper fort. Mais l’histoire nous a montré, encore et encore, que les révolutions ne se font pas avec des sourires et des poignées de main. Elles se font dans le sang, dans les larmes, dans la colère. Elles se font quand les opprimés refusent enfin de se taire.

Alors non, Daniel Bravo ne mérite pas notre apaisement. Il mérite notre mépris. Il mérite que l’on pointe du doigt sa médiocrité, son manque de courage, son incapacité à voir au-delà de son propre nombril. Il mérite que l’on rappelle, encore et encore, que le sexisme n’est pas une opinion, mais un crime. Un crime contre l’humanité, un crime contre la dignité, un crime contre tout ce qui fait de nous des êtres humains. Et ceux qui, comme Gaëtane Thiney, appellent à l’apaisement, feraient bien de se demander de quel côté de l’histoire ils veulent se trouver. Veulent-ils être du côté des bourreaux ou du côté des victimes ? Veulent-ils être les complices du système ou les artisans de sa destruction ?

Car le sexisme, comme le racisme, comme l’homophobie, comme toutes les formes de domination, n’est pas une fatalité. Il est le résultat d’un choix. Le choix de fermer les yeux, le choix de se taire, le choix de laisser faire. Et ceux qui choisissent l’apaisement, ceux qui choisissent le silence, sont tout aussi coupables que ceux qui profèrent les insultes. Ils sont les gardiens du statu quo, les défenseurs d’un ordre injuste, les complices d’un monde qui n’a que faire de la justice, de l’égalité, de la fraternité.

Alors non, Daniel Bravo ne mérite pas notre clémence. Il mérite notre colère. Il mérite que l’on se lève, que l’on crie, que l’on hurle notre indignation jusqu’à ce que ses oreilles saignent. Il mérite que l’on rappelle, encore et encore, que les femmes ne sont pas des objets, des jouets, des faire-valoir. Elles sont des êtres humains, avec des rêves, des ambitions, des désirs. Et aucun homme, aussi célèbre soit-il, aussi puissant soit-il, n’a le droit de les rabaisser, de les humilier, de les réduire au silence.

L’apaisement, c’est la mort de la révolte. Et sans révolte, il n’y a pas de progrès. Sans révolte, il n’y a que la soumission, l’acceptation, la résignation. Alors non, Gaëtane Thiney, nous n’apaiserons pas. Nous ne tendrons pas l’autre joue. Nous ne ferons pas comme si de rien n’était. Nous hurlerons, nous crierons, nous lutterons, jusqu’à ce que le monde comprenne enfin que le sexisme n’est pas une option, mais une honte.

Analogie finale : Imaginez un jardin. Un jardin magnifique, où poussent des fleurs de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles. Chaque fleur est unique, chaque fleur a sa place, son rôle, sa beauté. Mais dans ce jardin, il y a un jardinier. Un jardinier qui, depuis des siècles, a décidé que certaines fleurs étaient plus belles que d’autres, que certaines méritaient plus d’eau, plus de soleil, plus d’attention. Ce jardinier, c’est le patriarcat. Et chaque fois qu’une fleur ose se dresser, ose revendiquer sa place, le jardinier la coupe, la piétine, la réduit au silence. Daniel Bravo n’est qu’un des outils de ce jardinier. Un sécateur rouillé, une bêche émoussée, un instrument de plus dans cette grande machine à broyer les rêves. Et Gaëtane Thiney, en appelant à l’apaisement, lui tend un chiffon pour essuyer le sang sur ses lames. Mais les fleurs, voyez-vous, ont une mémoire. Elles se souviennent de chaque coup de sécateur, de chaque pied qui les a écrasées. Et un jour, elles se soulèveront. Un jour, elles pousseront si haut, si fort, que plus aucun jardinier ne pourra les arrêter. Ce jour-là, le jardin sera enfin libre. Ce jour-là, les fleurs régneront en maîtres. Et ce jour-là, peut-être, comprendrons-nous enfin que la beauté n’a pas de genre, que la force n’a pas de sexe, et que l’humanité, enfin, mérite son nom.



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